[Vive l’Azawad libre !] « Il faut que tous les jeunes commencent à se lever. Ensemble, nous sommes une force qui pourra faire trembler le monde entier. Mais pour le moment cette force dort d’un sommeil profond. Ensemble, main dans la main, réveillons cette force (…) Ne laissez pas la lutte dans les mains des vieux loups corrompus »

Un jeune combattant demande aux jeunes intellectuels azawadiens de redoubler d’efforts

Malgré que nous sommes sur le terrain sans accès à internet, nous sommes au courant de tout ce qui se passe dans les medias internationaux et avec le reste de la population. Nos représentants à l’extérieur nous font des comptes rendus quotidiens de tout ce qui se passe.

Ce qui fait le plus mal actuellement aux jeunes combattants c’est la paralysie généralisée qui est en train d’atteindre la majorité de la jeunesse intellectuelle qui commence à oublier le lourd et important fardeau qu’elle doit porter.

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Ismaiel Ag Babahmed demande aux jeunes intellectuels de s’investir encore plus

Nous rappelons aux jeunes intellectuels que c’est nous tous qui sommes les pères de la révolution actuelle.

Nous jeunes combattants rappelons aux jeunes intellectuels que c’est nous tous ensemble qui avons créé l’association Afous-Afous (main dans la main en Tamasheq) et l’avons animé pendant des années pour faire comprendre aux Azawadiens qu’on doit tous se donner la main.

Nous rappelons aux jeunes intellectuels que c’est nous tous ensemble qui avons créé le Mouvement National de l’Azawad (MNA) le 1er Novembre 2010.

Nous rappelons aux jeunes intellectuels que c’est nous tous ensemble qui avons mené des sensibilisations depuis la création du MNA pour faire comprendre aux populations azawadiennes que le droit international et les chartes autochtones leur donnent le pouvoir de s’autodéterminer, décider de leur sort, et d’avoir enfin l’indépendance de l’Azawad dont nos populations rêvent tant depuis la colonisation française.

Nous rappelons aux jeunes intellectuels que c’est nous tous ensemble qui avions prononcé le mot « Azawad » au moment où personne au Mali n’osait prononcer ce mot. Nous avons crié ce mot sur tous les toits pour rallumer la flemme de la liberté qui sommeillait dans le cœur de beaucoup de nos cadres et officiers.

Nous rappelons aux jeunes intellectuels que c’est nous tous ensemble qui avions fait des pressions à Zakak pour que le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) soit créé le 15 Octobre 2011, et qu’il porte exactement les mots « Libération » et « Azawad ».

Nous rappelons aux jeunes intellectuels que c’est nous tous ensemble qui avions fait des pressions à Zakak pour que Bilal Ag Acherif, un jeune comme nous, soit choisi comme notre Secrétaire Général au lieu des vieux loups corrompus et bourreaux du peuple qui voulaient occuper ce poste.

Nous rappelons aux jeunes intellectuels que c’est nous les jeunes combattants qui avions fait des pressions pour que la première attaque soit lancée le 17 Janvier 2012 pour répondre aux nombreuses provocations du Mali et de son armée.

En somme, nous les jeunes combattants rappelons aux jeunes intellectuels que c’est nous tous ensemble, jeunes combattants comme jeunes cadres et intellectuels, qui sommes les pères de la révolution actuelle. En Tunisie il y avait Mohamed Bouazizi, dans l’Azawad il y a des milliers de jeunes.

Après avoir fait ce rappel aux jeunes intellectuels, nous leurs posons la question suivante : « Un père abandonne-t-il ses enfants et sa famille pour les laisser entre les mains de personnes douteuses » ?

Nous les jeunes combattants voulons que chaque jeune intellectuel qui est étudiant, cadre, ou qui est réfugié dans un pays voisin réponde à cette question.

Lorsqu’ils répondront à cette question, nous les jeunes combattants leur disons que nous sommes malheureux lorsque nous attendons que un tel jeune a abandonné la lutte, ou que un tel un tel jeune diplômé passe son temps à ne rien faire pour bénéficier la lutte et à dormir dans un camp de réfugié ou en Algérie, en Mauritanie, ou au Niger. Nous sommes très malheureux quand on entend des nouvelles comme celles-ci.

Le MNLA n’est pas mort et ne va jamais mourir parce que le MNLA se trouve dans nos cœurs. Si le Mali n’a pas pu tuer pendant 50 ans la flamme de l’Azawad libre qui brûle dans nos cœurs, ce n’est pas des terroristes qui pourront le faire.

Je communique avec vous grâce à mon téléphone Thuraya sinon je suis actuellement en mission quelque part dans l’Azawad. Dans ma mission actuelle, plus de 80% des combattants sont des jeunes de 20 à 30 ans. Sur le terrain, c’est nous qui soutenons dur comme fer le Colonel Mohamed Ag Najim et les autres officiers qui ont refusé de vendre la cause.

J’étais présent à Ménaka lors des combats contre le MUJAO. La grande majorité des combattants étaient des jeunes. Entre le Vendredi et le Lundi, nous avons tués plus de 200 terroristes, dont certains sont des terroristes très importants.

Pour faire court, c’est nous les jeunes combattants qui continuent à porter haut et fort les couleurs de l’Azawad et qui continuent à encourager nos officiers qui se battent pour la cause.

Nous on fait le travail sur le terrain. Et vous les jeunes intellectuels ? Êtes-vous en train de faire le travail dans le monde administratif et politique ? Êtes-vous en train de combattre la propagande internationale dans les medias ? Êtes-vous en train de prendre en charge la politique de l’organisation ? Êtes-vous en train d’empêcher aux vieux loups, corrompus et bourreaux du peuple d’influencer la révolution, notre révolution ?

Certains le font, mais beaucoup ne le font pas. À ceux qui ne le font pas, nous leur disons de se lever pour redoubler d’efforts. Nous leur disons de ne pas abandonner la lutte de leurs côtés car s’ils abandonnent la lutte sur le plan intellectuel, on ne réussira pas à faire grandir notre enfant qui est la révolution actuelle.

Il faut que tous les jeunes commencent à se lever. Ensemble, nous sommes une force qui pourra faire trembler le monde entier. Mais pour le moment cette force dort d’un sommeil profond. Ensemble, main dans la main, réveillons cette force, et rendons notre peuple et tous nos amis dans le monde fiers de nous.

Ne laissez pas la lutte dans les mains des vieux loups corrompus et bourreaux du peuple. Il y a beaucoup à faire et vous n’avez besoin de la permission de personne pour le faire.

Il faut écrire, il faut parler dans les medias, il faut organiser la société civile, il faut corriger les erreurs qui nous empêchent de bien avancer.

Il faut le faire pour qu’ensemble nous réussissions notre objectif. Si chacun fait son travail, personne ne pourra nous arrêter, personne. Nous les jeunes combattants portons déjà une partie du fardeau qui incombe à la jeunesse. Maintenant la partie intellectuelle de la jeunesse doit porter véritablement l’autre partie du fardeau.

Ismaiel Ag Babahmed,
Jeune combattant du MNLA

Publié par Toumast Press, agence touareg pour l’info, 10 décembre 2012

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