[Notre-Dame-des-Landes] À toutes/tous celles/ceux qui hésitent à venir sur la ZAD en soutien à la résistance, suivi de petites précisions sur le mouvement libertaire

La ZAD est grande, très grande… Environ 1650 hectares sans compter l’emprise du projet de barreau routier, ce qui porte à 2000 hectares l’emprise totale du projet. (et à plus de 20 000 hectares dans le futur, si l’on prend en compte tous les projets de développement prévus entre le projet d’aéroport de NDDL et Nantes !) [Sur l’urbanisation des terres agricoles, un article qui fait bien réfléchir].

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Du coup, vous imaginez bien que lorsque l’on dit que la ZAD est sous occupation militaire, on ne dit pas qu’il y a un flic par m², ce qui porterait les effectifs à plusieurs dizaines de milliers ! Quand il y a opération militaire, et en ce moment c’est tous les jours, les principales routes de la zone sont bloqués ou filtrés à des points clés, et les militaires sont présents sur les lieux visés. Sur le reste de la ZAD, on peut heureusement encore circuler librement (si ils en avaient les moyens, on se dit qu’ils seraient bien capables de nous empêcher de le faire !). Par des petits chemins, par les champs, par les taillis il est possible de rejoindre des lieux calmes pour prendre des nouvelles, amener du ravitaillement … comme à la Vache Rit. Si c’est pour participer directement à la résistance, vous trouverez surement au détour d’un chemin, d’un champ … un camarade qui vous indiquera facilement où et comment venir les aider.

Une petite carte mise à jour pour vous repérer

et des informations pratiques ici pour vous rendre sur la zone

Pour ceux/celles qui auraient juste peur de la violence « légitime (sic) d’État », ce qui est compréhensible, les affrontements avec les forces d’occupation militaire sont très localisés. Sur le reste de la ZAD, la vie suit son cours (enfin, sauf quand les grenades assourdissantes nous rappellent que des camarades se font sûrement mutiler !). Si vous ne souhaitez pas participer directement à la résistance, c’est largement possible de rester en retrait et d’aider : à l’infirmerie, à la logistique, à la communication des infos, à des constructions sur des cabanes (et là y’a de quoi faire :), …)

Enfin, pour ceux/celles qui ont peur des anarchistes, libertaires, encagoulés ou autrement nommés par les terroristes d’État : ultra-gauchistes (sic, bravo pour la caricature et la fabrication de l’ennemi intérieur) … il est bon de rappeler certaines choses :

• d’abord nous sommes humains comme vous toutes/tous, capables d’empathie, de gentillesse (même parfois pour un flic qui ose sourire à nos blagues, et surtout pour un flic qui démissionne) mais aussi capables de rage, de colère lorsque l’on voit des lieux magnifiques se faire détruire, nos camarades se faire gazer et mutiler, suffoquer sous les lacrymos (et alors on résiste comme on peut : cailloux, branches, bouteilles…)

• nos cagoules, vêtements noirs, lunettes, gants ne sont pas des habits professionnels. Ils servent à nous protéger de l’identification et du fichage généralisé, et de la criminalisation du militantisme. De plus en d’actions autrefois considéré comme légitimes, sont criminalisés par la justice étatique ! Et que dire du fichage ADN qui menace profondément notre liberté (n’oublions pas que pas mal de dictateurs ont été élus sous un régime démocratique, que fera-t-on de ces fichiers si cela se produit par chez nous ?! Et que dire de notre liberté de résister à des lois et projets destructeurs de nos vies et de nos libertés !)

• notre idéologie libertaire ne prône pas la violence comme une fin en soi. D’ailleurs notre idéologie n’est pas unique et figée. Elle est en perpétuel mouvement, multiple et ne se fige pas dans des carcans idéologiques. La non-violence fait partie de nos actions, comme parfois la violence, lorsqu’elle s’impose comme un acte de résistance nécessaire à la violence « légitime d’État ». Notre idéologie ne prône pas le désordre, elle prône l’auto-organisation. Oui, vous avez bien entendus : « organisation ». Nous nous battons contre l’injustice, les privations de liberté, pour l’autonomie et la solidarité. Nous ne sommes pas des professionnels de l’activisme, nous nous battons parce que nous ne voulons plus vivre dans un monde sclérosé par les intérêts de quelques-un-e-s ; et croyez-nous, la plupart d’entre nous préféreraient cultiver leur jardin, lire, construire des cabanes, discuter de tout et de rien, effectuer du troc, vivre en harmonie avec la nature et ses habitant-e-s … tiens d’ailleurs c’est ce que faisaient les camarades (majoritairement libertaires d’ailleurs) de la ZAD, avant que l’État se dise que cela représentait sûrement un danger, toute cette liberté et cette capacité à se débrouiller sans lui !

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Y’aurait beaucoup de choses à dire sur le mouvement libertaire, et avant de cracher dessus, on aimerait bien que certain-ne-s d’entre vous s’informent un peu. Voici de quoi le faire :

fra.anarchopedia.org

ecolib.free.fr

www.infokiosques.net

drapeaunoir.org

juralib.noblogs.org

et tout un tas d’autres que vous trouverez en fouillant sur le net.

Merci en tout cas du soutien affiché sur la ZAD et partout ailleurs ! Cela nourrit la lutte et les autres luttes contre le bétonnage de nos vies !

Continuons la résistance !

Défendons notre droit à l’auto-détermination !

Battons-nous contre leur monde mortifère !

Un membre du CLCA, 27 novembre 2012

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