[Le visage du capital] « Je veux que le propriétaire de l’usine soit pendu » (2)

Bangladesh : manifestation après un incendie qui a fait 122 morts près de Dacca

Plusieurs milliers d’ouvriers manifestaient lundi à Savar dans la banlieue de Dacca, la capitale du Bangladesh, pour réclamer justice après la mort de 122 ouvriers, samedi dans l’incendie d’une usine de confection de vêtements de cette zone industrielle.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/207.jpgDes manifestants ont jeté des pierres sur des usines, endommagé des véhicules et bloqué une autoroute du secteur. Quelque 200 usines de la zone industrielle étaient fermés lundi en raison du mouvement de protestation.

L’incendie a éclaté en fin de journée samedi dans un bâtiment de sept étages appartenant à la compagnie Tazreen Fashions. Selon le commandant Mohammad Mahbub, chef des opérations de secours, 100 corps ont été retrouvés tôt dimanche matin dans les décombres. Douze autres personnes, qui avaient tenté de fuir les flammes en se jetant du haut du bâtiment, ont succombé à leurs blessures.

La plupart des victimes ont été piégées dans l’usine, qui n’avait pas assez d’issue de secours selon les sauveteurs. Les syndicats au Bangladesh, pays qui compte environ 4.000 usines de vêtements, dénoncent depuis longtemps les mauvaises conditions de travail et le manque de mesures de sécurité.

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L’exportation de vêtements rapporte environ 15 milliards d’euros chaque année au Bangladesh. La production est surtout distribuée aux États-Unis et en Europe.

Presse esclavagiste (Sipa-AP, 26 novembre 2012)


Ashulia garment units announce ‘holiday’

All garment factories in Ashulia industrial zone announced daylong closure on Monday to avoid any untoward incident as workers agitated over Saturday’s fire that claimed at least 110 lives.

The announcement came as thousands of workers reportedly took to the street accusing factory owners of ‘killing’ workers by not taking adequate security measures to prevent accidents in their workplaces.

Fires in garment factories are a common phenomenon in Bangladesh, which is often blamed on poor security measures.

« Authorities of all apparel factories in Narsinghapur, Nischintapur, Beron, Ghoshbagh, Baipail and Palashbari area announced a daylong closure to avoid any untoward incident, » Deputy Director of Ashulia Industrial Police Moktar Hossain told bdnews24.com. (…)

Ashulia industrial belt hosts over 350 factories out of around 3,500 factories in Bangladesh. (…)

In December 2010, at least 25 people were killed in a fire in the same industrial area. On Feb 23, 2006 a fire in the KTS Textiles and Garments had claimed 54 lives in Chittagong.

Presse esclavagiste (bdnews24.com, 26 novembre 2012)


Bangladesh : incendie circonscrit dans une usine textile, des ouvriers manifestent

Les pompiers ont circonscrit lundi un nouvel incendie dans une usine de confection au Bangladesh tandis que des milliers d’ouvriers manifestaient pour réclamer de meilleures conditions de sécurité après la mort de 110 employés dans le pire sinistre qu’ait connu le secteur textile dans le pays.

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Le deuxième incendie, qui n’a pas fait de victime, s’est déclaré lundi matin à Dacca dans un bâtiment de douze étages abritant quatre entreprises de confection, moins de 48 heures après un gigantesque feu qui a ravagé une autre usine près de la capitale.

« La plupart des ouvriers ont défoncé des grilles au dernier étage et ont réussi à se mettre en lieu sûr dans un bâtiment voisin », a déclaré à l’AFP le commissaire adjoint de la police du district de Dacca, Nisharul Arif. « Il n’y a aucun blessé et nous avons maintenant maîtrisé l’incendie, qui s’est déclenché au premier étage, où il y avait des vêtements en acrylique inflammables », a-t-il précisé.

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Des milliers d’ouvriers de l’industrie textile manifestaient lundi pour réclamer de meilleures conditions de sécurité après le sinistre qui s’est déclenché samedi soir, pour une raison encore inconnue, dans l’entrepôt situé au rez-de-chaussée de l’usine Tazreen Fashion, à une trentaine de kilomètres au nord de Dacca. (…)

« Les ouvriers de plusieurs usines ont quitté le travail pour rejoindre la manifestation. Ils veulent que les propriétaires de Tazreen reçoivent une punition exemplaire », a déclaré le chef de la police de Dacca, Habibur Rahman.

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La police a ouvert une enquête pour homicide involontaire. Les recherches, couplées à deux autres enquêtes gouvernementales, cherchent à déterminer les responsabilités des propriétaires des usines. « Nous n’épargnerons personne », a promis un responsable de la police locale, Badrul Alam.

La Première ministre, Mme Sheikh Hasina, devait annoncer un jour de deuil national pour mardi tandis que de nombreuses usines sont restées fermées lundi.

L’inhumation collective de 59 employés n’ayant pas été identifiés en raison de leurs brûlures devait avoir lieu lundi dans un cimetière public situé dans le sud de Dacca. « Nous conservons des échantillons d’ADN des ouvriers pour pouvoir identifier leurs proches en vue d’indemnisations », a déclaré le commissaire de police du district de Dacca, Yusuf Harunhe.

Selon le site Internet de Tuba Group, la maison-mère de Tazreen Fashion, l’usine employait 1.630 personnes et fabriquait des polos, des T-shirts et des vestes. Le bâtiment comptait 60 détecteurs de fumée, plus de 200 extincteurs et 18 tuyaux pour la lutte contre les incendies, indique le site.

De nombreuses usines textiles tournées vers l’exportation sont dotées d’installations électriques défectueuses et de mesures de sécurité très laxistes.

Selon la Clean Clothes Campaign, une association de défense des travailleurs du textile dont le siège se trouve à Amsterdam, au moins 500 employés du secteur sont morts dans des incendies au Bangladesh depuis 2006. Les firmes étrangères « savent depuis des années que nombre des usines avec lesquelles elles choisissent de travailler sont des pièges mortels », a dénoncé Ineke Zeldenrust, porte-parole de l’association. « Le fait qu’elles n’agissent pas s’apparente à de la négligence criminelle », a-t-elle estimé.

Le Bangladesh est un des principaux centres de production textile en Asie, en raison de la modicité des salaires ouvriers et d’une main d’œuvre abondante. Le pays est devenu le deuxième exportateur au monde de vêtements, pour un total de 19 milliards de dollars en 2011. Le secteur représente 80% des exportations du Bangladesh.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 26 novembre 2012)


(…) Workers of Tazreen Fashions and residents blocked roads and forced the closure of other factories in the industrial suburb of Ashulia, where the huge fire started on Saturday, demanding that those responsible for the disaster be punished.

“I haven’t been able to find my mother,” said one worker, who gave her name as Shahida. “I demand justice, I demand that the owner be arrested.” (…)

Presse esclavagiste (Reuters, 26 novembre 2012)


(…) Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association (BGMEA) has announced compensation of Tk. one lakh (Rs.68, 150) each to victims’ families. The district administration has announced to provide Tk. 20,000 (Rs.13, 630) to the families of the deceased as funeral costs. (…)

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Presse esclavagiste (Haroon Habib, TheHindu.com, 25 novembre 2012)


(…) Mohammad Ripu, a survivor, said Monday that he tried to run out of the building when the fire alarm rang but was stopped. « Managers told us, ‘Nothing happened. The fire alarm had just gone out of order. Go back to work,' » Ripu said. « But we quickly understood that there was a fire. As we again ran for the exit point we found it locked from outside, and it was too late. » Ripu said he jumped from a second-floor window and suffered minor injuries.

Mahbub said the fire broke out on the ground floor, which was used as a warehouse, and spread quickly to the upper floors. He said many workers who retreated to the roof were rescued, but dozens of others were trapped; firefighters recovered 69 bodies from the second floor alone. (…)

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The Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association said it would stand by the victims’ families and offered 100,000 takas ($1,250) to each of the families of the dead. The association’s acting president, Siddiqur Rahman, said on a talk show late Sunday that Tazreen’s owner was to meet with group representatives on Monday.

« We will discuss what other things we can do for the families of the dead, » Rahman said on Rtv, a private television station. « We are worried about what has happened. We hope to discuss everything in detail in that meeting. »

Presse esclavagiste (AP via VancouverSun.com, 26 novembre 2012)


Industrie textile
112 ouvrières d’un sous-traitant d’Auchan et Carrefour brûlées vives

Occupées à confectionner des tee-shirts, des polos ou des vestes polaires, 112 personnes sont mortes dans l’incendie de leur usine — Tazreen Fashions, à Dakha, au Bangladesh. Le groupe Tuba qui possède l’usine travaille notamment pour les marques Carrefour, Pimkie, Go Sport, Casino, Auchan et C&A [Voir la liste des entreprises travaillant avec Tuba Group, propriétaire de l’usine]. Prises au piège des flammes, la plupart des employés de l’usine, majoritairement des femmes, ont été brûlés vifs, d’autres ont été contraints de sauter par la fenêtre pour s’échapper et ont fait des chutes mortelles.

D’après les premières informations obtenues sur place, l’incendie aurait été causé par un court-circuit électrique, comme plus de 80% des incendies recensés par le Collectif Éthique sur l’étiquette dans le pays. Des pompiers ont en outre indiqué que le bâtiment ne disposait pas de suffisamment d’issues de secours, toutes condamnées par l’incendie.

Ces défauts de sécurité sont dénoncés depuis de nombreuses années par le collectif. En six ans, plus de 500 personnes ont trouvé la mort dans des incendies d’usines d’habillement au Bangladesh, selon le recensement des associations Peuples solidaires et Action Aid, qui lancent un appel à solidarité. Carrefour, Pimkie, Go Sport, Casino, Auchan, C&A et cie savent que beaucoup des usines avec lesquelles elles travaillent sont des pièges mortels. Et pour Fanny Gallois, coordinatrice des appels urgents du collectif Éthique sur l’étiquette, « leur inaction face à ce problème est une négligence criminelle ». Selon le quotidien britannique The Guardian, C&A, principal donneur d’ordre de l’entreprise, n’a pas souhaité répondre.

En lien avec d’autres organisations syndicales et ONG bangladaises et internationales, le collectif a développé un programme de sécurité et de prévention des incendies contraignant et transparent. Il prévoit notamment des inspections par des experts indépendants ; l’obligation de rénover et réparer les locaux et matériels qui ne seraient pas aux normes ; la prise en compte, dans les contrats avec les fournisseurs, du coût lié à la sécurisation des usines. Il est enfin assorti de l’obligation juridique, pour les marques qui l’acceptent, de respecter leurs engagements. Pour le moment, aucune marque française ne l’a signé. Au Bangladesh, le salaire minimum d’une ouvrière du textile est de 38 dollars par mois.

Nolwenn Weiler – Basta ! Agence d’informations sur les luttes environnementales et sociales, 27 novembre 2012


Bangladesh : Après le massacre, la colère

Des milliers et des milliers d’ouvriers ont manifesté lundi 26 novembre dans les rues de Dacca après l’incendie d’une usine de confection Tazreen Fashion qui a causé la mort d’au moins 112 travailleurs et plus de 200 blessés. Les protestations ont bloqué l’importante zone industrielle d’Ashulia, au nord de Dacca, où les travailleurs ont bloqué des routes. À Savar, ville de la banlieue de Dacca où a eu lieu l’incendie, 200 usines environ ont été fermées par les protestations ouvrières.

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Les ouvriers demandent de véritables sanctions contre les patrons de Tazreen Fashion et l’amélioration des conditions de sécurité des travailleuses et travailleurs du textile.

Les témoignages commencent à affluer sur les conditions de travail et l’absence de sécurité à l’usine Tazreen Fashion, ne serait ce que l’absence de sortie en cas d’incendie.  Mohammad Ripu, rescapé de l’incendie, explique qu’il a tenté de quitter l’usine lorsqu’il a entendu l’alarme incendie, mais que les chefs ont dit de retourner au travail, que l’alarme était en panne… Et lorsque les ouvriers ont compris qu’il y avait vraiment un incendie, qu’ils ont voulu fuir… les portes étaient bloquées de l’extérieur et il était trop tard.

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Depuis 2005, plus de 700 ouvrières et ouvriers du textile, payés en moyenne 37$ par mois, sont morts dans des incendies d’usines au Bangladesh, tués par absence des règles minimum de sécurité, assassinés pour les profits du patronat local de la confection et leurs donneurs d’ordre occidentaux.

Solidarité ouvrière, 27 novembre 2012

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