[No Border Stockholm] « Serait-ce une forme nouvelle d’Internationale dont personne ne parlerait ? »

No Border Stockholm : « prequel »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/06/022.pngMais qui sont ces gens ?Installés dans un champ, ils plantent des tentes, montent des chapiteaux, une cuisine, construisent des douches, des toilettes sèches, des bancs, des tables, même un sauna, paraît-il. Ils répandent de la sciure sur les flaques de boue, font leur vaisselle dans trois grands bacs d’eau dont la provenance reste un mystère, mangent « vegan », comme ils disent. Il y a bien une tente avec une croix rouge affichant le mot « med », mais les codes vestimentaires en vigueur ne ressemblent nullement à ceux de la Croix Rouge. Tous les matins, ils se rassemblent pour discuter et s’expriment avec d’étranges signes de mains pour prendre la parole ou marquer leurs accords et désaccords. À l’entrée, un panneau affiche : « No cops, no fascism, no sexism, no homophobia, no transphobia, no journalists, no borders, etc. » Cette annonce est ponctuée d’un A cerclé. Ils vont et viennent toute la journée, parfois la nuit. Ces allers et venues semblent liés à des interventions policières dans le centre ville ou sa banlieue, mais en quoi ? Ils ont invité les habitant-es du quartier à manger dans la semaine pour se présenter et expliquer leur présence, et les désagréments qu’elle peut causer en terme de présence policière et son corolaire de contrôles, fortement renforcés ces derniers jours. Une chose est certaine, la police les décrit comme de dangereux terroristes et en arrêtent tous les jours. Parfois même alors qu’ils se baladent tranquillement seuls sur les routes avoisinantes. Il y a comme une recrudescence de « fermiers » équipés de jumelles et des « photographes amateurs » dans les parages depuis leur arrivée. Sans doute des pervers qui n’ont rien de mieux à faire que de reluquer ces jeunes marginaux. Ils parlent allemand, anglais, russe, finlandais, flamand, espagnol, italien, polonais, hollandais, français, danois, ainsi que des langues impossibles à identifier… Et suédois, évidemment. Serait-ce une forme nouvelle d’Internationale dont personne ne parlerait ? Ils disent réclamer l’abolition des frontières, des États, et en ont fait un slogan récurent : « No Border, No Nation ». Ils réclament l’arrêt des politiques migratoires et des expulsions de sans papiers, comme le dit la suite de leur slogan « Stop deportation ». Ils se battent pour une liberté de circulation totale, pour tous et toutes. Il semble cependant que leurs revendications et implications politiques dépassent largement ces enjeux, en témoignent des ateliers sur le genre, la « blanchité », les classes sociales, les relations entre l’art et la politique. Tous les jours de nouveaux « campeurs » arrivent, ils doivent être 300, peut-être plus, peut-être moins. Il faudrait demander à la police qui doit tenir les comptes.

Indymedia Bruxelles, 21 juin 2012


No Border Stockholm : troisième jour

Journée d’action contre G4S, entreprise de sécurité en contrat dans de nombreux pays, fournisseur privé de matériel de surveillance ainsi que de matons et autres vigiles en tout genre.

Lorsque la manifestation se met en route du camp, à peine a-t-elle fait 200 mètres dans les bois que deux flics en civil ont l’indélicatesse, l’arrogance, la stupidité, de se montrer derrière le groupe d’une soixantaine de personnes. Au bout de quelques minutes de « réflexion », un groupe décide de les pourchasser. Les flics reculent, ils semblent ne pas y croire en voyant un attroupement d’une trentaine de personnes déferler vers eux, une sorte de « tsunami noir ». Réalisant ce qu’il pourrait se passer si la vague les atteignait, ils rebroussent chemin, mais pas assez vite. À quelques mètres du contact, l’un d’entre eux sort son arme. Moment d’hésitation dans la vague. Il la pointe vers le ciel, calmant les ardeurs. Ils partent, sans autre heurt qu’une bonne frayeur. Maintenant ils doivent savoir ce que cela fait, que d’être pourchassé pour des personnes qui ne vous veulent aucun bien…

Devant cet élan de testostérone, des personnes décident de quitter ces encagoulés, qui ont choisi une stratégie bien claire pour cette journée. Débarrassés des encombrants suiveurs, ils poursuivent leur route jusqu’à une station de métro, et tombent nez à nez avec un groupe de flics, en très, très, très grande forme (au sens littéral). Des molosses, des colosses, des monstres. Ces derniers ne mouftent pas, mais les suivent… Le rapport de force n’étant cette fois pas en leur faveur, certaines personnes font demi tour. Le groupe se sépare donc, mais ne pourra jamais atteindre son objectif, par ailleurs déjà barricadé par des hordes de CRS locaux. Rebrousser chemin s’avère la décision la plus sage…

Dans la presque nuit suédoise (car ici il ne fait jamais nuit noire), une ou plusieurs personnes trébuchent malencontreusement sur des bombes de peinture devant la façade des bureaux de G4S. On pourra lire : « G4S kills by deportation » et « collaborators ». C’est quand même plus pratico-discret comme cela, diront certains…

Indymedia Bruxelles, 21 juin 2012

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