[Le JL vous l’avait bien dit] Merah était bel et bien « traité » par les services secrets français (2)

 

Affaire Merah : la thèse d’une manipulation par les services secrets resurgit

(…) Contactée par l’AFP, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) n’a fait aucun commentaire sur ces vidéos. De source proche de l’enquête, on se montrait cependant très réservé sur ces vidéos que le tueur aurait envoyées de son téléphone portable à son père.

Les spéculations sur les liens entre Merah et les renseignements étaient apparues peu après la mort du tueur le 22 mars, du fait notamment de ses contacts avérés avec un agent de la DCRI de Toulouse en novembre 2011, à la suite de voyages en Afghanistan et au Pakistan. C’est ce même policier de la DCRI qui était intervenu pour négocier lors du siège.

Un ancien patron du contre-espionnage, Yves Bonnet, s’était ouvertement interrogé sur un éventuel rôle d’indicateur que Merah aurait pu jouer.

Mais Bernard Squarcini, alors chef de la DCRI, avait démenti fin mars que l’homme qui avait abattu de sang froid sept personnes à Toulouse et Montauban entre les 11 et 19 mars ait été un « indic ». Ce que l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant avait également « totalement exclu ».

Une source policière a affirmé mardi à l’AFP que Merah a « pu être traité » directement de Paris par un agent de la DCRI — proche de Bernard Squarcini — car localement « ce n’était pas possible avec six agents travaillant sur une trentaine d’objectifs ».

Cet agent a « effectué des séjours à Toulouse dans cet esprit », selon elle, ce « qui ne veut pas dire que Merah a été un indicateur ».

Merah, selon plusieurs autres sources policières du Renseignement, avait « le profil de cette minorité » de Français parfois « envoyés par les services secrets faire le djihad » sous « divers prétextes et parfois sous différentes pressions aussi ». Selon ces sources policières du renseignement, cette information est toutefois « difficilement vérifiable ».

(…)

Les avocates de familles de victimes, Mes Samia Maktouf et Béatrice Dubreuil, ont indiqué à l’AFP que ces dernières étaient « extrêmement choquées de ce nouvel épisode » et attendent « des autorités que la vérité éclate ». « Elles attendent en particulier beaucoup de la déclassification promise de tous les documents nécessaires à l’enquête », ont elles déclaré.

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a demandé une étude approfondie « sur ce qui a dysfonctionné » dans l’affaire Merah en raison d’un « échec » de l’État qui « n’a pas su ou pas pu protéger des Français ».

Publié par des larbins de la police secrète d’État (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 12 juin 2012)


Alain Hamon : « Un recrutement de Merah est possible »
Interview : Alain Hamon, journaliste auteur de Police : l’envers du décor

Quelle est votre réaction aux dernières « révélations » sur Mohammed Merah, qui aurait été agent d’un service secret ?

Alain Hamon : J’ai déjà dit dans cette affaire que la DCRI n’avait pas bien fait son travail. Je ne comprends toujours pas comment ses agents n’ont pas davantage surveillé ce garçon, ses voyages au Proche et au Moyen-Orient, ses activités. Et je persiste à dire que si ce travail de surveillance avait été bien fait, il n’y aurait eu aucune victime, ni à Toulouse, ni à Montauban.

Là, des enregistrements entre les mains de son père, présenteraient Merah comme un agent des services secrets !

Si ces enregistrements existent, et que leurs contenus sont ceux qui sont reportés, cela veut dire qu’un service, on ignore lequel mais on a le choix entre DCRI, DGSE et DRM (les renseignemenst militaires), ont recruté Merah pour l’utiliser comme taupe.

Est-ce que cela vous paraît crédible ?

Un ancien des Renseignements généraux, et pas le moins bon, Claude Bardon qui a fait tomber Action directe, m’a affirmé que le profil de Mohammed Merah correspondait aux personnes qui dans les années 90 et 2000 étaient « travaillées » par les services pour être recrutées. C’est donc possible. Même si Bernard Squarcini [Ex patron de la DCRI, en place lors de tueries de Toulouse et Montauban] a affirmé que ce n’était pas le cas…

Cela vous laisse songeur…

Non. Cela fait partie du boulot de ces services . Envoyer des gens à l’étranger, en Afganisthan, en Irak, au Pakistan et les débriefer à leur retour, c’est classique. Cela peut être aussi intéressant pour connaître les mouvances islamistes en France et plus particulièrement dans le grand Sud-Ouest. En revanche, un type qui est capable de trahir ses amis, les gens qui pensent comme lui, il faut le surveiller.

Comme du lait sur le feu…

Avec au moins une laisse très courte. C’est ce que disent les spécialistes. Et on revient à mon propos liminaire : si un service avait recruté Merah, ce service devait également le surveiller de très très près. Et dans ce cas-là, comment n’ont-ils pas vu arriver la dérive meurtrière de ce garçon ?

Et si cette histoire constituait un écran de fumée ?

Pour nous montrer que les Services avaient repéré et recruté Mohammed Merah… Tout est possible mais si tout cela est mis en place pour minimiser les ratés de la DCRI ou protéger je ne sais qui, la manipulation ne durera pas longtemps !

Publié par des larbins de la police secrète d’État (Propos recueillis par Jean Cohadon in LaDepeche.fr, 13 juin 2012)

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