[Le travail tue] À l’entrée de Cattenom, les grévistes ont installé banderoles et barbecue

Le ras-le-bol de « la viande à rem »

Les salariés de SPIE, sous-traitant du nucléaire, sont en grève sur plusieurs sites, notamment dans les centrales de Cattenom et Fessenheim.

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Un piquet de grève devant la centrale nucléaire de Cattenom pour un arrêt de travail annoncé comme « illimité » : les salariés de l’entreprise SPIE ont cessé le travail depuis avant-hier. Même chose à Fessenheim en Alsace, Cruas en Ardèche ou sur le site de Centraco dans le Gard, là où l’explosion d’un four avait fait un mort et quatre blessés graves en septembre dernier.

À l’appel de la CGT, les ouvriers de ce sous-traitant du nucléaire, ont débrayé pour réclamer de meilleures conditions salariales. « Ce n’est pas un mouvement spontané, précise José Andrade, délégué CGT SPIE France, nous avons déposé un cahier revendicatif à la direction qui tarde à nous répondre. »

À l’entrée de Cattenom, les grévistes ont installé banderoles et barbecue. Très déterminés, ils disent être 90 à avoir cessé le travail sur 110 salariés présents sur le site. Des informations contredites par la direction de la centrale qui s’est rapprochée de celle de SPIE : « Ils sont 175 agents dont 65 grévistes », affirme Didier Fortuny, directeur délégué à Cattenom. Lequel assure que le mouvement est sans incidence pour l’instant. « La tranche 1 est en fin d’arrêt programmé. Le rechargement du réacteur aura lieu en fin de semaine pour un couplage au réseau début mai. »

Les SPIE ont en charge la logistique dans la centrale, ce qui recouvre de très nombreuses activités de maintenance : décontamination, tri, évacuation des déchets. « C’est eux qui prennent 80 % des doses, complète José Andrade, avec des conditions de vie indignes. » Payés 1500 € bruts par mois. Selon le délégué, la durée de vie d’un salarié dans une entreprise sous-traitante est de « trois ans. Le cheptel nucléaire, la viande à rem [Rem : unité de mesure de la radioactivité], est renouvelé par tiers. Avec ce fonctionnement, avec quelles compétences on va assurer les centrales de demain ? » Hier après-midi, David Guillon directeur de SPIE s’est rendu à Cattenom pour rencontrer une délégation et aujourd’hui, la CGT du nucléaire organise une manifestation nationale à Paris pour revendiquer un statut unique pour tous les salariés du nucléaire.

Leur presse (republicain-lorrain.fr, 18 avril 2012)


Nucléaire : grève d’un sous-traitant

Des salariés de l’entreprise SPIE DEN, sous-traitant dans le nucléaire, sont en grève depuis plusieurs jours, leur mouvement affectant notamment les centrales de Cattenom (Moselle) et de Fessenheim (Haut-Rhin), ont annoncé aujourd’hui des responsables CGT.

Ils réclament une amélioration de leurs conditions de travail, « des augmentations de salaires et que l’ancienneté soit reconnue pour les prestataires qui travaillent pour EDF », a expliqué à l’AFP Moustapha El Basri, délégué CGT à Fessenheim.

Selon le syndicat, le mouvement qui touche quelque 90 salariés à Cattenom et une vingtaine à Fessenheim depuis lundi, commence à s’étendre à la centrale de Bugey, dans l’Ain. Les salariés de Cruas, en Ardèche, « réfléchissent » également à l’éventualité de joindre à la grève, tandis que ceux de Centraco (Gard) « sont solidaires mais ne peuvent pas se mettre en grève parce qu’il n’y a pas d’activité sur le site ».

La CGT indique que les quelque 400 salariés de SPIE DEN sont spécialisés dans la radioprotection, s’occupant notamment de la décontamination des locaux.

Selon M. El Basri, à Cattenom, site le plus touché, la grève survient « en plein arrêt de la centrale », ce qui « fait que tout le travail est repoussé ».

Selon José Andrade, délégué syndical central CGT, les salariés qui vont de centrale en centrale et sont payés au Smic, ne bénéficient « même pas de l’application de la convention collective ».

« Ils ne veulent plus être à trois dans une chambre de 9m² », lors de leurs déplacements et veulent « avoir de quoi remplir leurs véhicules de carburant pour faire 45.000 km par an », a expliqué le syndicaliste.

Selon M. Andrade, la direction de SPIE DEN s’est rendue sur le site de Cattenom jeudi, et s’est montrée ouverte aux discussions mais elle a indiqué qu’elle ne « pouvait pas négocier sous la pression », aussi les salariés ont décidé de poursuivre le conflit.

La direction de SPIE DEN, filiale qui appartient au groupe SPIE, n’était pas joignable dans l’immédiat.

Leur presse (LeFigaro.fr, 19 avril 2012)

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1 Response to [Le travail tue] À l’entrée de Cattenom, les grévistes ont installé banderoles et barbecue

  1. A.D. says:

    Société nucléaire : société policière.
    C.G.T. = PAME.
    Les syndicalistes sont les nouvelles brosses à reluire de tout ce qui produit du travail et des travailleurs.
    Pis qu’un/e patron/ne : un syndicaliste.

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