[« La cruauté du Moyen Âge… »] La police travaille en Russie

Nouvelles violences policières : mort en détention, jeunes tabassés

Décès en détention, adolescents roués de coups par des policiers : les cas de violences policières continuent d’émerger un peu partout en Russie, depuis un premier scandale de torture mi-mars à Kazan, au centre du pays, selon le Comité d’enquête jeudi.

À Sourgout (district autonome des Khantys-Mansis, Sibérie) le comité d’enquête a indiqué qu’un homme de 42 ans était mort en détention, le 3 avril. Selon des résultats préliminaires, l’homme, qui se trouvait en état d’ébriété, serait mort étouffé par son vomi.

Dans la région de Rostov, au sud, une enquête a été ouverte après le décès d’un homme de 36 ans à l’hôpital. Il y avait été conduit le 2 avril par un policier, alors qu’il se trouvait en état d’ébriété. Mais selon l’autopsie, il est mort après avoir été roué de coups.

À Saint-Pétersbourg, cinq policiers des forces antiémeute ont été condamnés à quatre ans de prison avec sursis pour abus de pouvoir après avoir frappé un homme en mai 2010.

Au Bachkortostan, dans la ville de Sterlitamak, dans le Sud, une enquête a été ouverte contre trois policiers soupçonnés d’avoir battu trois adolescents, âgés de 15 à 17 ans. L’incident s’est produit après qu’un adolescent de 15 ans eut insulté des policiers  dans la rue, le 15 février. Ces derniers ont alors battu le jeune homme et deux autres qui l’accompagnaient, âgés de 16 et 17 ans.

Enfin, à Syktyvkar (république des Komis, Nord), un policier a été interpellé pour avoir roué de coups un habitant le 27 janvier.

Journaliste agressée

Les révélations sur des affaires de violences policières se sont multipliées après un scandale à la mi-mars dans un commissariat à Kazan, au Tatarstan (Russie centrale), où un homme en garde à vue est décédé après avoir été sodomisé avec une bouteille par des  policiers.

Jeudi, le ministre de l’Intérieur du Tatarstan, Asgat Safarov a d’ailleurs annoncé avoir remis sa démission, qui doit désormais être acceptée par le président russe Dmitri Medvedev, a rapporté l’agence Interfax. Dans un livre dont des extraits ont été publiés fin mars, M. Safarov fait l’apologie de la « cruauté du Moyen Âge ».

Par ailleurs, une journaliste du journal d’opposition Novaïa Gazeta a été victime d’une violente agression dans la nuit de mercredi à jeudi dans la banlieue de Moscou, ont indiqué l’intéressée et le journal. C’est dans ce quotidien que travaillait la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006.

Elena Milachina est l’auteure de plusieurs enquêtes sur la violation des droits de l’homme dans le Caucase russe et le meurtre d’Anna Politkovskaïa.

Leur presse (ATS, 5 avril 2012)


Nouveau scandale policier en Russie : ils électrocutent et torturent un suspect

Depuis plusieurs semaines, la révélation de violences policières commises en Russie se multiplient. Les autorités ont reconnu des pratiques « courantes ». Un nouveau scandale vient d’éclater.

Le Comité d’enquête de Russie a indiqué vendredi avoir ouvert une enquête visant les policiers d’un commissariat de Krasnoïarsk, en Sibérie, qui sont notamment accusés d’avoir torturé un suspect à l’électricité, dernier scandale en date de violences policières. « Selon les enquêteurs, le 16 février 2012, les policiers (…) ont frappé à la tête et au corps un habitant de 25 ans de Krasnoïarsk et l’ont soumis à des décharges électriques », relate le comité.

Pour avouer un vol

Le but de ces tortures était de faire « avouer un vol », poursuit la même source dans son communiqué, qui ne précise pas combien d’agents sont mis en cause dans cette affaire.

Les autorités reconnaissent des pratiques courantes

Les révélations de violences policières se sont multipliées ces dernières semaines après un scandale à la mi-mars dans un commissariat à Kazan, au Tatarstan (Russie centrale), où un homme en garde à vue est décédé après avoir été sodomisé avec une bouteille par des policiers. Les autorités russes, qui ont longtemps assuré que de tels abus étaient des cas « isolés », ont depuis reconnu que ces pratiques étaient courantes.

Les objectifs à tenir en cause ?

Selon les ONG, le recours aux violences est très répandu dans la police, les agents devant atteindre des objectifs fixés par leurs chefs sur le nombre de crimes et délits à élucider chaque année. Les policiers obtiennent sur cette base des primes et promotions.

Leur presse (RTL.be, 6 avril 2012)


Russie/torture : 65 plaintes visent le commissariat à l’origine du scandale

Le commissariat Dalny de Kazan au Tatarstan (centre de la Russie), où la mort d’un détenu après des tortures a déclenché un scandale d’ampleur nationale, fait l’objet de 65 plaintes pour violences policières, a annoncé le parquet général russe dans un communiqué.

Le procureur général adjoint de Russie, Sergueï Zaïtsev a rendu compte des premières conclusions de la commission d’enquête envoyée à Kazan mi-mars après la mort de Sergueï Nazarov, 52 ans, des suites d’un viol avec une bouteille dans le poste de police Dalny, explique cette même source.

La commission a reçu (les témoignages) de 417 personnes, dont 65 ont fait état de recours à la violence. Ces plaintes des citoyens sont sous le contrôle du procureur général et seront examinées de manière objective et minutieuse, indique le communiqué.

Des policiers de ce commissariat sont inculpés pour le moment dans le cadre de sept affaires.

Le bureau du procureur a insisté sur la nécessité de former les policiers de manière sérieuse pour qu’ils aient un profond sens du respect à l’égard des droits et libertés de l’homme et du citoyen, souligne encore le communiqué.

Par ailleurs, le comité d’enquête de Russie a indiqué lundi avoir lancé des poursuites contre des policiers de trois autres commissariats de Kazan pour des violences commises à l’encontre de trois victimes en avril 2010 et octobre 2011.

Selon le comité, dans l’un de ces cas, les policiers ont sodomisé un suspect avec une bouteille.

Enfin, toujours selon le comité d’enquête, deux policiers de la région d’Oulianovsk (700 km à l’est de Moscou) vont être jugés pour avoir roué e coups deux personnes le 11 novembre 2011 dans le but de leur faire avouer des crimes qu’ils n’avaient pas commis.

L’affaire Nazarov a entraîné des révélations en série de tortures, entraînant parfois la mort, dans des commissariats à travers toute la Russie afin d’extorquer des aveux.

Selon des ONG, le recours aux violences est très répandu au sein de la police russe, les agents ayant notamment recours à la torture pour atteindre des objectifs fixés par la hiérarchie, afin d’obtenir primes et promotions.

Leur presse (Agence Faut Payer, 2 avril 2012)


Chef de la police, il vante la cruauté du Moyen Âge

Le ministre de l’Intérieur du Tatarstan, république du centre de la Russie au cœur d’un scandale de tortures commis par des policiers, fait l’apologie de la « cruauté du Moyen Âge ».

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« La cruauté du Moyen Âge avait une explication logique : si on ne peut châtier un assassin plusieurs fois, on peut mettre fin à sa vie avec les méthodes les plus cruelles, afin de montrer l’exemple », écrit le ministre Asgat Safarov dans un ouvrage dont le journal Novaïa Gazeta cite de brefs passages.

« Peu importe que les humanistes me jettent la pierre, moi j’ai une profonde conviction : le criminel qui tue doit payer. Et c’est très humain », ajoute le patron de la police du Tatarstan.

Il n’a pas été précisé si le ministre faisait référence à une affaire en particulier.

Plusieurs affaires

La police du Tatarstan s’est illustrée ces derniers temps dans plusieurs affaires de violences et de tortures.

Un homme de 52 ans, Sergueï Nazarov, est mort le 10 mars dernier après avoir été sodomisé avec une bouteille de champagne par des policiers dans un commissariat de Kazan, la capitale du Tatarstan, à 700 km à l’est de Moscou.

À la mi-mars deux policiers du même commissariat ont été arrêtés pour des violences commises en octobre 2011 contre un habitant de Kazan, Oskar Krylov. Ce jeune homme accuse les policiers de l’avoir violé avec une bouteille. Sa plainte avait été ignorée jusqu’à ce que le scandale éclate à la suite de la mort de Sergueï Nazarov.

Un phénomène courant

Les violences policières sont un phénomène courant en Russie, mais cette affaire a fait scandale en raison de la cruauté des faits et dans un climat de contestation sans précédent contre le régime de Vladimir Poutine.

Mardi, le comité d’enquête de Russie, principal organe chargé des investigations criminelles, a ordonné une enquête nationale sur les pratiques des forces de l’ordre après la révélation de deux nouvelles affaires de violences policières, un problème que les autorités russes qualifient d’habitude de dérives isolées.

Un maire témoigne

Par ailleurs, Igor Bestouji, le maire de Stavropol, ville de 400’000 habitants située dans le sud-ouest de la Russie, en détention depuis le 2 février et inculpé de corruption, a affirmé de son côté mercredi, via son avocate, avoir avoué des faits de corruption après avoir été longuement torturé et menacé.

« Ils m’ont frappé à coups de poing à la tête, à la nuque, ensuite ils m’ont mis un sac en plastique (sur la tête) et l’ont scotché. Après ils m’ont menacé d’électrocution, puis de viol », a-t-il raconté dans une lettre lue par son avocate devant un tribunal, a relayé l’agence russe Interfax.

M. Bestouji a aussi affirmé que sa famille avait été menacée, et qu’il a été privé du droit de voir un avocat jusqu’au 19 mars.

Deux policiers arrêtés dans le cadre d’une enquête pour meurtre

Deux policiers russes ont été arrêtés dans la région de Kemerovo dans le cadre d’une enquête pour meurtre, a annoncé mercredi le comité d’enquête de Russie, alors que les révélations sur les violences policières se multiplient depuis début mars dans le pays.

Les deux policiers sont poursuivis pour « abus de pouvoir avec recours à des violences aux conséquences graves » et l’un de leurs amis a été inculpé de « meurtre », a indiqué dans un communiqué le comité, principal organe chargé des enquêtes criminelles en Russie.

Le corps de la victime, un jeune homme de 25 ans, avait été trouvé au bord d’une route le 11 décembre dernier.

Leur presse (Agence faut Payer, 28 mars 2012)

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