[Grèce] L’heure de la révolte

Très rapidement, car beaucoup de choses et peu de temps :

Dernier plan de rigueur assassin adopté aujourd’hui par le gouvernement grec mais sera définitivement « voté » ce dimanche.

Ce soir [jeudi 9 février] déjà quatre points de rassemblements et de manifs qui ont convergé sur Syntagma, avec une quinzaine de milliers de personnes, dont 6000 anarchistes. Quelques banques cassées et bennes brûlées mais affrontement direct évité de justesse face aux nombreux flics devant le Parlement malgré un long face à face très très tendu.

Fac de droit occupée comme centre médical pour les prochains jours, par les combattants anarchistes.
Ministère du travail occupé.
Ministère de la santé occupé.

Trois syndicats appellent à l’occupation des lieux de travail.
GRÈVE GÉNÉRALE de 48 heures décrétée à partir de demain. Manif demain 11h et samedi 11h à Syntagma.

Appel à prendre la place Syntagma et assiéger le parlement à partir de dimanche 17h « jusqu’à la chute du gouvernement ».

Cependant, moins de monde que possible sera dans les rues car le syndicat stalinien va paralyser tous les moyens de transport au lieu de les laisser gratuits, empêchant beaucoup de gens de pouvoir se rendre aux rassemblements. Stratégie d’anticipation et de contrôle de l’explosion.

Pour les prochains jours, Athènes en particulier et la Grèce en général sera un champ de bataille.

Mailing – 9 janvier 2012.


Nouveau plan d’austérité – Grève générale de 48 heures

Les présidents des partis qui forment le gouvernement de coalition (socialiste, droite et extrême droite) se sont mis d’accord pour l’application des exigences de la Troïka (FMI, Union Européenne, Banque Centrale Européenne). Un nouveau plan d’austérité est prêt à être voté au parlement grec le dimanche 12 février.

Une partie des mesures que la Troïka veut imposer pour l’aboutissement du PSI (le dit “haircut”/”la coupe” de la dette) :

• -22% pour le SMIC, à savoir 480 euro par mois net (586€ brut de 751€ brut actuellement) ;

• Pour les jeunes de 18-25 ans, la réduction s’élève à -32% donnant environ 430€ brut (510€ brut de 592€ brut actuellement) ;

• Les réductions vont s’appliquer, de manière rétroactive à partir de janvier 2012, dans tous les salaires, retraites et allocations chômage (allocation de chômage : 359€ euro de 461€ actuellement, touchable uniquement lors d’un an) ;

• La retraite minimum chute à 392€ de 503€ euro aujourd’hui ;

• Abolition des conventions collectives (par branche/métier), remplacement par des conventions individuelles au niveau de l’entreprise ;

• Suppression de 150.000 postes de fonctionnaires lors de 2012-2015 ;

• Levage de permanence dans le secteur public “large” comme l’énergie ;

• Les pertes de salaires — s’étendant aux primes de pénibilité, à ceux pour les enfants, aux retraites, et aux allocations chômage — peuvent arriver jusqu’à -40% par rapport aux revenus actuels ayant déjà subi de réductions entre 20% et 30%.

La liste est longue…

Ce nouveau plan d’austérité à évidement provoqué des réactions…

Le ministre adjoint de Travail, Yannis Koutsoukos, a présenté sa démission en annonçant qu’il ne peut pas se charger de mettre en œuvre les mesures décidées par les dirigeants politiques. Un peu hypocrite vu qu’il a rejoint ce gouvernement il y a trois mois…

D’autres députés de la coalition gouvernementale ont aussi annoncé qu’ils ne vont pas voter le plan proposé (ce nombre n’est pas encore clair).

Une grève générale a été réalisée le mardi 7 février en vue des discussions des chefs des partis et des mesures proposées. La participation n’a pas été très grande, en partie à cause du mauvais temps.

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Néanmoins, il y a eu des petits affrontements avec la police quand une partie des manifestants a essayé de se rapprocher du parlement. D’autres manifestants ont brûlé le drapeau allemand et le drapeau nazi.

Une nouvelle grève générale de 48 heures est proclamée pour le vendredi 10 et le samedi 11 février. Des manifestations sont aussi appelées pour le jeudi soir et le dimanche (jour du vote).

Aujourd’hui (jeudi 9 février 2012) le ministère de Travail ainsi que le ministère de la Santé ont été occupés par leurs travailleurs, en s’opposant aux nouvelles mesures.

L’école Polytechnique de Crète a été aussi occupée suite à la décision des ses étudiants, qui appellent à la participation aux manifestations de la grève générale.

Enfin, la faculté de Droit qui se trouve au centre d’Athènes a été occupée par des militants dans le but de créer un endroit d’organisation d’actions en vue des mobilisations/manifestations/grèves des prochains jours. (Petit rappel : pendant les événements de Décembre 2008 les trois universités du centre d’Athènes ont été occupées par des militants et ont servi d’endroit d’organisation).

Vu qu’on a fait le tour des nouvelles de la journée, un supermarché Carrefour a été exproprié dans le quartier d’Imitos (Athènes). Les produits ont ensuite été distribués à un marché en proximité.

Vous pouvez suivre les événements des jours suivants en Grèce sur le site Occupied London (en anglais), qui  d’habitude passe plein d’infos en temps réelle.

Des infos en plusieurs langues seront aussi diffusées sur Twitter : #rbnews, #Syntagma.

Le site suivant fourni d’habitude des vidéos en live streaming : stopcartel.info.

Nouvelles hors les murs va également faire l’effort de passer des infos en français.

Nouvelles hors les murs, 9 février 2012.

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1 Response to [Grèce] L’heure de la révolte

  1. Sedira says:

    TOUTES FRAICHES CES INFOS ARRIVENT DE
    GRECE PAR NOTRE CAMARADE Yorgos M…ias.

    Salut tout le monde,

    Je vous previens qu’ici en Grece ca sent enormement la poudre. Le jour J pourrait etre apres demain Dimanche, quand le Parlement sera assiege (et pris d’assaut?) par la foule qui tentera d’empecher le vote des dernieres mesures hallucinantes (des salaires de 417 et des pensions de 320 euros!). Les partis au gouvernement s’effritent, leurs deputes foutent le camp, ca demissione, on est deja en greve generale et on occupe des ministeres, les manifs sont continues (mais, toujours pas unitaires). Et voici une image pour que vous compreniez mieux l’ambiance: le syndicat des flics vient de mettre a prix la tete des membres de la Troika (pour un euro car « ca vaut pas plus ») et menace des les…arreter. Ci-jointe la photo de la banderolle qui ouvrait leur manif tres combative de ce matin…

    Hasta siempre…
    Yorgos

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