Pétition en défense des anarchistes biélorusses

À cause de la détérioration de la situation économique, Loukachenko est contraint d’utiliser son dernier recours — les négociations sur le soutien financier de l’Occident. Mais une condition de base nécessaire à la coopération de l’UE est la libération de tous les prisonniers politiques. N’ayant pas de choix, le président est contraint d’avancer : il a déjà gracié 13 participants de la manifestation du 19 décembre 2010 (ceux-ci en ont fait la demande). Maintenant, le travail continue pour libérer de nombreux prisonniers politiques qui refusent de demander la clémence. Nous évaluons cela comme une avancée positive ; le seul fait qui nous inquiète c’est que, à ce jour, la liste des prisonniers politiques, ne comprend que des manifestants du 19 décembre, ainsi que des membres du Front de la jeunesse arrêtés la veille.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1316406891.jpgDans le même temps, en détention, se trouvent également des activistes, condamnés pour la soit-disant « affaire des anarchistes biélorusses » qui  ont déjà été arrêtés au cours de la campagne électorale du président actuel.

De nombreuses violations de la loi et de l’enquête sont mises en avant par beaucoup d’organisations de défense des droits de l’homme (telles que « Vesna »).  Les accusés n’ont pas reconnu leur culpabilité, mais, néanmoins, ont été condamnés à de longues peines.

Bien sûr, les actions revendiquées par les anarchistes sont associées à la violation de la loi, elles sont parfois liées à des actes violents contre la propriété étatique ou privé. C’est ce fait-là qui entrave l’inclusion des anarchistes, par de nombreux défenseurs des droits de l’homme, dans les listes communes des prisonniers politiques. Pour cette raison, nous voulons remarquer que la plupart des détenus, condamnés suite aux émeutes du 19 décembre, ont commis, pour des raisons objectives, des actes de violence. Ils ont attaqué la Maison du Gouvernement et des « forces de l’ordre » habillés en civil quand celles-ci ont provoqué une bagarre (l’affaire de Dachkevitch et Lobanov). Le fait que, jusqu’à là, Dedok, Frantskevitch et Olinevitch, étaient inconnus du grand public en tant que militants sociaux, ne devrait pas affecter le niveau de soutien à leur égard. Par conséquent, nous croyons qu’une telle distinction entre de « vrais » prisonniers politiques et tous les autres est mauvaise. Par ailleurs, le fait que, sur Dedkov et Frantskevitch, ait été exercée la pression pour qu’ils signent la demande de clémence, démontre que les autorités, elles-mêmes, les considèrent en tant que détenus politiques.

Nous sommes aussi préoccupés par le fait que l’attention du public passe sous silence de jeunes gens qui ont commis l’attaque contre le KGB dans la ville de Bobrouïsk. Eugène Vaskovitch, Artem Prokopenko et Pavel Syromolotov qui ont reçu chacun 7 ans d’emprisonnement pour cet acte désespéré. Évidemment, cela constitue une violation de la loi et les jeunes ont avoué leur crime, mais, avant tout, il faudrait réfléchir, à ce qui force les jeunes à utiliser des méthodes similaires de lutte et de protestation. Dans les conditions où toute dissidence est étouffée, où toutes les tentatives de manifestations pacifiques sont durement réprimées, où la propagation de l’information libre devient pratiquement impossible, il n’est pas étonnant que les gens qui réfléchissent, ne voient plus aucun sens aux rassemblements pacifistes et à la résistance non-violente.  Nous ne condamnons pas et ne tolérons pas de telles actions, nous sommes préoccupés par le fait que les autorités réagissent de manière disproportionnelle à de telles infractions. Pour des escaliers carbonisés du bâtiment du KGB (dont les dégâts n’excèdent pas 250’000 roubles biélorusses (environ 25 euros), la personne obtient 7 ans d’emprisonnement, tandis que, pour les assassinats, viols et vols, on condamne souvent à une peine plus clémente.

Nous, soussignés, appelons à la reconnaissance de Nikolas Dedko,  Alexandre Frantskevitch et Igor Olinevitch, en tant que prisonniers politiques et nous exigeons leur libération et leur réhabilitation complète, et ceci de même pour les autres personnes condamnées  pour des raisons politiques. Nous insistons également sur la révision de « l’affaire de l’attaque sur le KGB de Bobrouïsk » et de la peine établie que purgent, suite à cette affaire, Eugène Vaskovitch, Artem Prokopenko et Paul Syromolotov.

Vous pouvez signer la pétition en suivant ce lien

Anarchist Black Cross Belarus (Contact)

 

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