Grève générale et répression au Chili

Chili : la mort d’un adolescent vient endeuiller 48 heures de grève et de violence

Un adolescent chilien est mort, tué par balle dans la nuit de jeudi à vendredi lors d’une troisième nuit de violences entre jeunes et police survenue au terme de 48 heures de grève nationale qui se sont soldées par près de 1.400 arrestations.

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Le jeune de 14 ans, identifié comme Manuel Gutierrez, a été atteint à la poitrine par un tir dans le quartier de Macul, dans l’est de Santiago. Ce quartier fait partie des centaines de foyers localisés de violences dans la nuit de jeudi et jusqu’à l’aube vendredi dans la périphérie de la capitale chilienne.

« Nous avons arrêté 1.394 personnes, la majorité d’entre elles pour des troubles graves et des vols. 153 policiers ont été blessés dans tout le pays, ainsi que 53 civils et un jeune est décédé », a annoncé vendredi le vice-ministre de l’Intérieur Rodrigo Ubilla, en dressant le bilan des dernières 48 heures.

Entre 100 et 150 des personnes arrêtées devaient être déférées devant la justice, selon les médias chiliens.

À Macul, la famille du jeune Manuel Gutierrez a accusé la police d’être à l’origine du tir mortel. Son frère Gerson, qui marchait à ses côtés à 3 heures du matin, a assuré au site du quotidien El Mercurio, qu’« une voiture de police est apparue, trois tirs en sont partis, dont un a atteint mon frère à la poitrine ».

Les deux frères étaient sortis pour voir les troubles, a-t-il expliqué.

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La police a exclu que ses services aient été impliqués dans la mort du jeune.

« J’écarte clairement le fait que les policiers aient usé d’armes à feu contre un jeune (…) dans les circonstances concernées », a affirmé à la presse le général de police Sergio Gajardo, chef-adjoint de la police de la métropole de Santiago.

L’officier a indiqué qu’une enquête interne n’était même pas envisagée, mais que les armes des policiers « sont à disposition de la justice si elle souhaite réaliser des analyses balistiques ».

La police elle-même avait indiqué, à l’issue d’affrontements dans la nuit de mercredi à jeudi, que six policiers avaient été blessés par des armes à feu.

« Le gouvernement espère que les circonstances de la mort de cet adolescent seront rapidement élucidées », a déclaré M. Ubilla.

Les violences nocturnes, pour la troisième nuit de suite, ont vu l’érection de barricades enflammées, des pillages de magasins, des véhicules incendiés, et des batailles rangées à coup de pierres et bâtons, principalement dans la grande périphérie de la capitale de 6 millions d’habitants.

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Le contraste était marqué avec la mobilisation pacifique de jeudi, lorsque plus de 50.000 personnes à Santiago, 175.000 à travers le pays, ont défilé à l’appel de la Centrale unitaire des Travailleurs (CUT), premier syndicat chilien, pour réclamer un meilleur partage des fruits de la croissance.

Le porte-parole du gouvernement Andres Chadwick, qui avait salué jeudi la tenue « dans l’ensemble ordonnée » et « sans problème majeur » des manifestations, a déploré vendredi que « l’extrême violence est ce dont on se souviendra de la grève » de 48 heures.

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De fait, la journée avait vu maints manifestants s’interposer, ou se heurter à des jeunes en cagoule, qui tentaient d’affronter la police en marge de la marche.

Pour les autorités, la mort d’un adolescent ajoute un problème judiciaire à la contestation sociale contagieuse : trois mois de contestation étudiante pour une réforme d’une éducation publique sinistrée ont gagné le monde syndical, avec la promesse par les étudiants comme par la CUT de nouvelles manifestations à venir.

Leur presse (Agence Faut Payer), 26 août 2011.

 

Chili : Rafles policières dans des squats à Valparaíso et à Santiago

Le dimanche 23 août dans l’après-midi, un dispositif policier massif a fait une rafle dans le squat TIAO (Atelier indépendant d’art et d’artisanat) situé à la rue Yungay à Valparaíso. Le squat TIAO a été un centre de projets autonomes et auto-organisés ces derniers cinq ans.

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Des flics lourdement armés ont brisé les portes en métal et les fenêtres pour ensuite envahir l’immeuble causant des dégâts importants, aussi à une partie de l’infrastructure du squat. Pendant l’assaut, les bourreaux de l’État chilien ont menotté les camarades à l’intérieur du squat en les pointant du fusil tandis que l’unité d’investigation a examiné le lieu. En même temps, un dispositif policier important avec des lance-eau et des véhicules à gaz lacrymogène blindés était dehors tandis que les patrouilles ordinaires et de trafic ont bouclé les rues environnantes bloquant l’accès aux gens solidaires.

L’opération policière a duré plus d’une heure ; les flics ont envahi sans la présence d’un procureur et l’adresse écrite sur le mandat de perquisition ne correspondait pas à l’adresse actuelle. Comme un peu partout dans le « monde civilisé », les mécanismes répressifs au Chili ne se préoccupent pas de suivre des procédures légales lorsqu’il s’agit d’intimider ceux qui résistent et qui luttent contre la démocratie parlementaire et le capitalisme.

Le même jour, il y a également eu une rafle dans un squat culturel dans le quartier universitaire de Santiago. Comme dans le cas du squat TIAO, la police est venue pour chercher des matériels utilisables pour faire des cocktails Molotov, mais, dans les deux cas, n’a rien trouvé de ce genre.

Ces attaques sur des centres sociaux libres nous font penser aux opérations policières excessives et le coup monté du « caso bombas » il y a un an. Elles ont eu lieu seulement quelques heures avant la grève générale de 48 heures (du 24 au 25 août) dans le but d’immobiliser le mouvement social radical qui cherche le renversement total du régime.

Nous n’oublions pas nos frères et sœurs qui luttent
contre l’État et le Capital !

NE TOUCHEZ PAS AUX SQUATS
SOLIDARITÉ AVEC LES INSURGÉS AU CHILI !

Traduit de l’espagnol (Liberación Total) par Contra Info, 25 août 2011.

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