Chasse à l’étranger partout : le calvaire des sans-papiers au Gabon

Décès de clandestins au Gabon : enquête ouverte, gendarmes suspendus

Une enquête sur les conditions de détention des trois immigrés décédés le 16 juin à Bitam (Gabon) et leurs codétenus a été ouverte par la gendarmerie qui a relevé 3 officiers supérieurs de leurs fonctions, a annoncé dimanche le ministère de la Défense gabonais.

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Un immigrant au Gabon, le 18 juin 2011, montre une photo représentant selon lui le corps d’un de ses camarades tués par l’armée.

 

« Suite à l’incarcération d’une vingtaine d’immigrés clandestins et au décès de trois d’entre eux (…) à Bitam, une enquête vient d’être ouverte par la gendarmerie nationale pour déterminer les conditions dans lesquelles ces personnes ont été détenues », affirme un communiqué.

« Par mesures conservatoires, le lieutenant major Christian Ombango, commandant de la gendarmerie de Bitam, l’adjudant chef major Séraphin Menié Mezeng, commandant adjoint et l’adjudant chef Nicaise Benga José, commandant de brigade Bitam-centre, ont été relevé de leurs fonctions, à compter du 23 juin 2011 », selon le texte.

« Un rapport d’enquête devra être rendu dans les prochains jours », conclut le communiqué.

Des immigrés clandestins ouest-africains ont affirmé à l’AFP avoir été enfermés dans une cellule bondée, battus et victimes de traitements humiliants. « On a passé deux jours et deux nuits (en cellule). Il n’y avait pas à boire, pas à manger (…) On dormait dans les excréments, les gens ne respiraient pas bien », a expliqué l’un d’eux.

Un autre immigré, également sous perfusion, a expliqué avoir été détenu avec 22 personnes dans une petite cellule : « On dormait dans (les excréments), il n’y avait pas de fenêtre. Ils (les gendarmes) disaient vous n’avez qu’à mourir dedans. (…) Les gens buvaient leur urine. »

Dans deux communiqués publiés le 16 et le 19 juin, le gouvernement estimait que les trois clandestins, interpellés avec 17 autres étrangers en situation irrégulière, étaient décédés des suites d’une épidémie et non de leurs conditions de détention.

Le directeur du cabinet du ministre de la Défense, Rufin Pacome Ondzounga, avait affirmé dimanche 19 que leur détention s’était passée « dans les normes » et avait parlé de « désinformation de la presse ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 26 juin 2011.

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