Le Vrai Visage des Indignados

Eh bien, quoi ?

Bandes d’ignares ! Vous avez marché plein tube dans l’encule du siècle, têtes baissées dans le panneau publicitaire !
Tous bernés par un tour de main de maître : feu le « Mouvement des Indignados ».

Eh oui ! Nous avons monté de toutes pièces cette supercherie ; nous vous avons fait croire ce qu’il fallait pour anesthésier vos maigres soupçons, afin de pouvoir opérer sourdement dans l’ombre de vos gesticulations.

Nous avons adopté une parole audible par la médiocrité dominante pour lubrifier nos premières manœuvres tactiques et prendre bruyamment des milliers de places à travers le monde. Nous avons caressé les oreilles nécrosées avec de l’indignation, de la démocratie — réelle, de surcroît ! — et une putain de dose de pacifisme, pour nous installer progressivement dans les esprits et les cœurs des villes.

Et quel carnage ! Tout ce que l’époque fait de plus réactif, de plus négligeable, y est passé :

— Les répugnantes petites figures d’autorité locales ont été contraintes de nous tolérer temporairement, allant parfois jusqu’à spéculer sur les points que cela pouvait leur faire gagner. Nous avons même donné dans la négociation ici et là pour asseoir l’illusion et prendre notre temps. Les coups de matraques (ici, une pensée douloureuse pour le flegme de nos agents catalans) ont, jusqu’ici, servi d’éléments révélateurs ; ils auront dorénavant de tout autres conséquences.

— Les connards de militants et autres révolutionnaires patentés se sont épuisés à vouloir nous structurer, nous politiser, voire marxistement nous analyser (nous ne sommes, semble-t-il, pas assez XIXe). Et tous ces anarchistes radicalistes, tels des jouvencelles farouches, scandalisés par les banderoles « Democracia real, ya ! » qui nous servaient de pourtant si fine couverture, n’étaient-ils pas attendrissants ?

— Les crétins de citoyens, journalistes et autres sociologues, qui, malgré tout, ne comprennent décidément rien, et qui voyaient partout des initiatives responsables, sérieuses et, évidemment, citoyennes ; nous avons presque été à leurs yeux embués un sursaut de la « Société Civile », voire son salut. Toutes nos condoléances.

Note : nous ne pouvons qu’évoquer un peu honteusement la mémoire de tous ceux qui, à un moment ou  l’autre, y ont vraiment cru ; ceux pour qui la mièvre fable démocratique est porteuse d’espoirs et pensaient voir en ce mouvement son avènement radieux. Il en précipite au contraire la chute. Et c’est sans retour.

 

Tout ragaillardis par cette magistrale entourloupe, nous pouvons maintenant réaffirmer ce par quoi nous n’avons jamais cessé d’exister, les vérités qui nous meuvent, nous émeuvent, et pour lesquelles nous combattons :

— Il n’y a pas la Société, le Système, mais la coexistence d’une multiplicité de mondes, de formes de vies irréductibles, où nous connaissons nos amis, nos ennemis, des alliances et des trahisons, des moments d’affrontement sans bornes ou de paix métastable. Ces amitiés et inimitiés traversent les classes sociales, les prédicats et les époques. Il y a, enfin, cette évidence : la joie de l’expérimentation, le vertige de l’inconnu, plutôt que l’assurance d’une vie réussie parmi les rangs de citoyens. Nous nous faisons du bonheur une idée offensive.

— En réaction, se dresse un réticulum de dispositifs locaux de conjuration, d’atténuation, de neutralisation des intensités d’amitié et d’affrontement, dont la démocratie est la forme introjectée dans les profondeurs de l’être, leur retroussement en rapport-au-monde. Cela fuit bien sûr de toutes parts, les intensités jaillissent, et tous les moyens sont bons pour occuper les corps (travail, loisirs, militance…). La police, dont le Droit est un moyen parmi d’autres, en assure la cohérence en dernier recours — il n’y a pas d’enjeu à l’affronter, elle est simplement à anéantir.

— Stratégiquement, nous dégageons des espaces de vie — fussent-ils nomades — opaques aux autorités diverses, aux tentatives d’identification et à toute gestion, capables d’assurer leur subsistance et leur défense, où expérimenter le plus finement la complicité et le conflit, où conspirer et augmenter notre force de frappe, et faire de la place à ce qui n’est pas l’enfer du présent. Prendre et habiter les places publiques, multiplier ces Zones d’Opacité Transitoire (et non des camps !), et nous y retrouver pour faire exister ici et maintenant d’autres idées de la vie.
Ils exigeaient de plus claires et universelles explications, compréhensibles par « les gens » ? Eh bien, la guerre !

Non-moins-feu les Indignados – 24 juin 2011.

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6 Responses to Le Vrai Visage des Indignados

  1. Antoine M says:

    Y’a quand même des choses intéressantes. Dommage que se soit si flou. Crack? lol

  2. Temps Dencre says:

    N’hésitez pas à envoyer des texte ici, si besoin est, vous choisirez le comment.
    http://www.untempsdencre.blogspot.com/

    Bien à tous.
    Vive le crack.

  3. Mage says:

    J’espère que tu t’as pas trop perdu de ton temps pour aligner ces jolies phrases vide de sens. J’en reste presque sans voix…

  4. gloups says:

    Moi je l’ai trouvé plutôt drôle, ce texte : on dirait du Tiqqun pété au crack.

  5. Capitaine Blackspear says:

    Bravo pour ce texte incompréhensible au titre accrocheur! Tu fais vraiment avancer la cause libertaire… vers des espaces de plus en plus étroits, renfermés et déconnectés du réel.

    Et vive l’idiotie réactionnaire!

    et pouet pouet krack boum…

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