[Montréal] Manifestation en guise de réponse aux meurtres policiers du 7 juin

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1307620623.jpgManifestation antipolicière : l’unité antiémeute intervient au centre-ville

Une marche visant à dénoncer l’intervention policière qui a coûté la vie à un sans-abri et un simple passant, mardi, a rapidement dégénéré hier soir au centre-ville. L’unité antiémeute du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est intervenue pour disperser une foule d’environ 300 personnes qui manifestaient dans une ambiance survoltée. Le SPVM rapporte plusieurs méfaits, dont le saccage de trois vitrines rue Sainte-Catherine.

La manifestation a débuté à 21 heures à la place Émilie-Gamelin, un parc fréquenté par de nombreux itinérants de la métropole. Quelques dizaines de manifestants étaient cagoulés ou avaient le visage masqué par un foulard. Selon la police de Montréal, des membres du Black Bloc faisaient partie des protestataires.

« Porcs-flics-assassins : solidarité contre la violence d’État », pouvait-on lire sur la banderole qui ouvrait la manifestation, donnant le ton à ce qui allait suivre.

Vers 22 heures, des casseurs ont fracassé les vitrines de la Rôtisserie St-Hubert, du café Républik et de la Lunetterie New Look, situés à l’angle de Saint-Urbain et Sainte-Catherine.

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À ce moment, l’ambiance a vite dégénéré. « Moi je me pousse d’ici, a dit à La Presse une jeune manifestante. Je suis ici pour dénoncer la mort de deux innocents, pas pour casser des vitres avec des idiots. »

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Dix minutes après que la première vitrine eut volé en éclats, des policiers antiémeute ont chargé dans la rue Saint-Urbain. En quelques secondes, la manifestation a été scindée en trois, puis les manifestants se sont tranquillement dispersés. Les policiers étaient toutefois très effacés au début de la marche. Seule une poignée de policiers à motocyclette étaient visibles en tête de la marche. Le SPVM aurait procédé ainsi pour éviter de jeter de l’huile sur le feu ou d’échauffer les esprits.

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Le SPVM a rapporté que des clous ont été répandus sur la chaussée à l’intersection des rues Sainte-Catherine et Saint-Denis. Des graffitis ont également été dessinés sur des stations de BIXI. Au moment de mettre sous presse, on ne signalait toutefois aucune arrestation.

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Le groupe qui a organisé la manifestation n’a pas clairement été identifié.

Les personnes qui se sont déplacées ne venaient pas toutes dans le but de faire du vandalisme ou du brasse-camarade avec les policiers. Jean-Sébastien Barbeau était là avec sa fillette de 8 ans. Ce préposé aux bénéficiaires qui travaille aux urgences affirme qu’il doit souvent travailler avec une clientèle itinérante aux prises avec des troubles de santé mentale.

« J’ai été indigné toute la journée mardi, depuis que j’ai entendu la nouvelle, ça ne me quitte pas, a-t-il lancé en marchant. Je ne comprends pas comment ils (les policiers) ont pu se rendre à ce point-là, surtout alors qu’ils se trouvaient en supériorité numérique. »

Des itinérants ont aussi participé à la manifestation.

Leur presse (Daphné Cameron et Gabriel Béland, La Presse), 8 juin 2011.

 

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La manifestation contre la brutalité policière se déroule sans trop de heurts

Quelques vitrines ont été fracassées et des projectiles remplis de peinture ont été lancés au cours de la « marche funèbre » de mercredi soir, à Montréal, mais aucune arrestation n’a été signalée au terme de l’événement, qui avait été organisé en cinquième vitesse au lendemain de l’opération policière qui a fait deux victimes dans le centre-ville.

Environ 200 manifestants ont répondu à l’invitation impromptue qui avait été lancée sur des sites internet militants, mercredi matin, et relayée sur les réseaux sociaux tout au long de la journée.

Les organisateurs de la manifestation, dont l’identité demeure nébuleuse, n’avaient pas fourni l’itinéraire de la marche au Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Seul le lieu de rendez-vous — la place Émilie-Gamelin, à l’intersection des rues Berri et Ste-Catherine — avait été dévoilé.

La foule a d’ailleurs profité de cet avantage stratégique pour jouer au chat et à la souris avec les policiers, modifiant le trajet en fonction des barrages policiers qu’ils voyaient se dresser devant eux.

La manifestation s’est mise en branle vers 21h30 et s’est terminée abruptement vers 22h45 à l’intersection des rues Sainte-Catherine et Saint-Urbain, à proximité du quartier général du SPVM, où les membres de l’escouade anti-émeute attendaient les contestataires de pied ferme.

« Ils feront ce qu’ils voudront, mais ils n’entreront pas dans le quartier général », a lancé l’un des policiers alors que l’escouade s’était repliée en constatant que des projectiles de verre volaient dans tous les sens.

Lorsqu’ils sont passés en mode offensif en frappant leurs boucliers à l’aide de leurs matraques, la foule s’est rapidement dispersée, les plus pacifiques choisissant de se retirer plutôt que de se frotter aux forces de l’ordre.

Les méfaits qui ont été commis sont l’oeuvre des membres du Black Bloc, qui figuraient parmi les manifestants, d’après le porte-parole du SPVM, le sergent Ian Lafrenière.

Les policiers se sont d’ailleurs bien gardés d’intervenir trop tôt pour éviter de jeter de l’huile sur le feu, a indiqué le sergent Lafrenière. Seuls quelques véhicules et motocyclettes étaient d’ailleurs visibles aux abords de la place Émilie-Gamelin avant le début de la manifestation.

Plusieurs personnes interrogées à ce lieu de rassemblement ont fait part de leur indignation face aux événements de mardi matin, alors que Mario Hamel, un itinérant âgé de 40 ans souffrant de troubles psychiatriques, et Patrick Limoges, un homme âgé de 36 ans qui se rendait tout bonnement au travail, sont tombés sous les balles des policiers montréalais.

Le « momentum » était parfait pour organiser cette marche et profiter de la vague d’incrédulité qu’a déclenchée cette fusillade au sein de la population, a fait valoir Blandine Rachelle, une jeune femme qui dit appartenir à réseau anarchiste montréalais.

« Il faut dénoncer l’impunité totale des policiers, qui ne sont pas tenus responsables de leurs actes », a-t-elle martelé.

Mais la participation à cette manifestation était aussi une question de responsabilité civique pour Sol Denot, qui est débarquée d’Argentine il y a un an.

« Pour moi, c’est important que les gens réagissent. Être citoyen, ce n’est pas seulement exercer son droit de vote. C’est aussi surveiller ses institutions et s’assurer du maintien de la paix sociale », a plaidé la femme âgée de 33 ans.

Leur presse (Mélanie Marquis, La Presse Canadienne), 9 juin 2011.

 

Manifestation : Vitres fracassées au centre-ville de Montréal

Des manifestants réunis pour dénoncer la mort de deux personnes tués par des policiers mardi ont fracassé quelques vitrines au centre-ville de Montréal, près des rues Saint-Urbain et Sainte-Catherine, mercredi soir.

Quelques dizaines de policiers munis d’une tenue anti-émeute sont intervenus pour disperser les quelque 200 protestataires.

Une quinzaine de manifestants membres du Black Bloc, habillé en noir et portant des foulards pour se cacher le visage, ont lancé des roches, ainsi que des ampoules remplies de peinture. Ils ont visé les policiers, mais aussi les membres des médias présents.

Personne n’a été blessé. Aucune arrestation n’a été effectuée par la police.

Après leur marche sur la rue Sainte-Catherine, une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés sur la rue Saint-Denis, près de l’UQAM à l’endroit où Mario Hamel a été abattu par la police de Montréal mardi. Ils se sont recueillis en mémoire de l’itinérant de 40 ans en allumant des chandelles dans le calme.

Leur presse (Agence QMI), 8 juin 2011.

 

Pas de paix dans les rues avec la police dans la rue ! Manifestation en guise de réponse aux meurtres policiers du 7 juin

Carré Berri 21h00
Mercredi 8 juin 2011

Le mardi 7 juin, le SPVM tira sur un homme regardant dans des déchets lors de l’heure de pointe ce qui résulta de la mort en cet homme et d’un passant.

Ces cinq derniers mois, la police de la région de Montréal a tiré sur sept personnes causant des blessures graves ou la mort. Comme d’habitude, la police ne diffuse rien de plus qu’un bref résumé des événements relié à toute fusillade.

La violence policière n’est pas un accident — c’est le train-train habituel. Depuis 1987, le SPVM a tué 47 personnes, et la police continue de battre, d’arrêter, de blesser et de harceler des personnes tous les jours. Des histoires de brutalité et d’impunité policière sont partout, et non seulement le résultat de quelques mauvais individus. Nous avons remarqué à maintes reprises que la police ne rend pas nos vies ni nos rues plus sécuritaires. Les policiers et policières sont payéEs et entrainéEs pour être brutaux et brutales lors de la protection de la propriété, des riches et du train-train habituel du capital et du profit. Le problème n’est pas que certainEs policierÈREs tuent. Le problème c’est la police et c’est pourquoi nous combattons pour les enlever le plus possible de nos vies.

La fusillade d’hier ne peut être examinée sans prendre en compte le contexte des mesures d’austérité et de contrôle social, de la construction de nouvelles prisons, des lois plus sévères et de l’intensification des technologies de surveillance. La prolifération des ces mesures de répression et de contrôle social nécessite une réponse. Maintes fois, la police et l’État nous démontrent qu’ils ne nous prendrons sérieusement que lorsque nous amenons notre rage dans les rues, comme les gens l’ont fait après le meurtre de Freddy Villanueva à Montréal-Nord en 2008, et en réponse aux meurtres policiers sur la côte Ouest des États-Unis. Voici peut-être quelque-unes des plus vives réactions contre la police et le monde qu’elle défend, mais on n’a pas besoin — et on ne devrait pas avoir besoin — d’un meurtre policier pour contre-attaquer.

Jusqu’à ce qu’il n’y aura plus de police patrouillant les rues, arrêtant les personnes que nous aimons, et nous harcelant constamment, nous combattrons la police, leurs cages et le monde de domination qu’elle cherche à protéger.

On n’oublie pas, on ne pardonne pas.

Centre des médias alternatifs du Québec, 8 juin 2011.

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