[Espagne] Por una anarquia total ya ! / Pour une anarchie totale maintenant !

Ce texte provient de notre indignation de voir le mouvement « Démocratie Réelle Maintenant » se présenter lui-même comme une vraie révolution, alors que ce qu’il représente réellement ce qu’il défend est la continuation du système capitaliste raccommodé avec quelques réformes sans autres effets que de lui donner une légitimité. Les idées que reflètent le manifeste de ce mouvement sont des appels de politiciens, exigeants un système qui tourne à la perfection, pour une démocratie qui permet un désaccord canalisé et contrôlable, tant qu’il ne menace pas sa survie.

Nous n’approuvons pas la pétition du manifeste, depuis que c’est un discours vide, ambigu et qui dévalue la vraie révolution.

Nous ne nous reconnaissons pas nous-mêmes comme des citoyens, nous ne nous incluons pas dans le mouvement « Démocratie Réelle Maintenant » car nous sommes contre tout pouvoir, même celui qui émane du peuple. Nous sommes contre la social-démocratie, la représentation et le fait d’être des esclaves du système. Nous ne voulons pas d’un monde de consommation heureuse, d’usines et d’entreprises d’exploitation.

Nous demandons de respecter l’usage du mot « anti-système » ; l’appliquer à des politiciens et des banquiers est une incohérence car ils représentent l’essence du système actuel, ils le renforcent et le protègent. Dans une déclaration de M-15 ils disent que l’officier de police qui attaque est anti-système ; ce n’est rien de plus que de la chirurgie esthétique sur l’actuel fonctionnement du système, qui inclut le domaine de la violence à travers les forces de sécurité. Nous sommes fiers d’être anti-système, comme nous marchons dans la direction de la destruction de tout ce qui nous opprime, nous voulons un changement réel dans nos vies.

Nous rejetons l’arrogance avec laquelle ce mouvement se distingue lui-même des actions révolutionnaires violentes, promouvant la forme pacifique comme « le seul outil possible de changement social ». Nous comprenons que cette affirmation ne reconnaît pas les révolutions historiques telles que les actions violentes durant la révolution sociale dans la Seconde République et pendant la guerre civile dans ce pays [en Espagne]. Cela discrédite aussi les luttes de divers commandos et groupes autonomes des années 70, 80 et 90 (Mouvement Ibérique de Libération, Action Directe, et beaucoup d’autres), tout comme les actions violentes de résistance de certains mouvements ouvriers. Et pour mentionner d’autres luttes dans d’autres endroits, qui incluent aussi une réaction violente, nous nous souvenons de la révolution Sandiniste et des luttes armées de libération nationale telles que l’EZLN. Actuellement la lutte insurrectionnelle se répand à travers le globe sous la forme d’actions violentes et autonomes contre les structures et les symboles du capital et de l’autorité.

Le système n’est pas à réformer, il doit être détruit. Ils ne vont rien nous donner de ce que nous voulons et nous ne demanderons rien. Nous n’allons pas tomber dans des revendications à ceux que nous ne reconnaissons pas, nous décidons de les prendre de nous-même. Ce système est fait pour les banquiers, les politiciens, les travailleurs, les citoyens et leurs droits civils. Depuis, la pétition du manifeste appelle à un fonctionnement correct du système, de s’assurer du respect des droits civils, du progrès, du travail, de la consommation et du bonheur. Nous ne voulons pas d’un système du bien-être qui est continuellement contre la vie et la liberté. Nous ne voulons pas être des sujets pacifiques et passifs qui se conforment. Nous sommes contre la logique travail-consommation. Le travail salarié c’est l’esclavage, la prostitution de nos corps, de nos esprits et de notre énergie au service du capitalisme. Ainsi ils maintiennent les structures sur lesquelles tient l’état de domination : la masse des travailleurs-consommateurs est complice et est une part fondamentale du fonctionnement propre de ce système.

Une lutte ne trouve pas sa mesure dans la quantité de masse qui bouge et par son degré de spectacularité, mais plutôt dans son contenu, ses formes, sa cohérence et sa continuité. La révolution est au jour le jour, dans nos vies, dans ce que nous sommes.

Nous sommes outragés par votre outrage, qui réagit seulement défensivement pour des intérêts égoïstes et cherche des solutions confortables et superflues, qui ne cherche pas une révolution profonde et radicale (aller à la racine des problèmes) mais plus une amélioration des conditions d’exploitation à l’intérieur de ce modèle de faux bien-être.

Pour tout cela nous revendiquons et proposons :

— Aucune reconnaissance d’aucun système de gouvernement qui décide pour nous-mêmes à propos de nos vies, qu’il soit néo-libéral, démocratique, socialiste, communiste, populiste, fasciste, dictatorial, social-démocrate, etc.

— Aucune légitimation de l’autorité, dans chacune de ses formes, institutions et structures du pouvoir : famille patriarcale, armée, police, gouvernement, docteurs, hôpitaux, psychiatres, asiles, écoles, universités, genres, prisons (incluant celles pour mineurs, les centres de rétention, les zoos, etc.), commerces, religions…

— Abolition du travail salarié et de toute forme d’exploitation.

— Fin de la société carcérale, démolition des prisons et liberté pour tous les prisonniers.

— Fin du système de contrôle social, de la vidéo-surveillance, de la police et des citoyens-flics.

— Solidarité avec nos compagnons en lutte, persécutés, emprisonnés ou tués par les mains de ceux qui représentent le système d’extermination.

— Fin du système économique basé sur l’argent et sur les relations humaines capitalistes qu’il engendre tout autour de lui.

— Destruction du système industrio-technologique ; retour à une vie en équilibre et en respect envers la nature et les autres animaux, loin de la non-vie, l’encombrement et l’artificialité des villes.

— Fin des rôles sexuels que la société inculque, inversion des genres. Nous sommes des individus au-delà de nos appareils reproducteurs.

— Libération de la terre et des animaux. Fin de l’utilisation d’autres animaux comme des objets/produits pour la nourriture, l’habillement, la distraction, la compagnie, l’expérimentation… et de l’utilisation et de l’abus de la nature comme étant une ressource au service de besoins humains irréels et dévastateurs.

— Rupture de l’apathie générale et continuité des luttes individuelles et collectives, menées sincèrement et de façon cohérente.

Signé : Quelques terroristes anti-système anti-sociaux violents – 27 mai 2011.

Traduit de l’anglais (Angry News From Around The World) – Indymedia Paris, 2 juin 2011.

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