Allo maman bobo (j’ai mal à ma masculinité)

Petite perturbation d’une conférence réac et sexiste qui avait lieu à Bruxelles le 2 juin 2011

Nos petits yeux affutés étaient tombés sur une affiche intrigante en rue, une conférence intitulée « Les effets pervers du féminisme ». Conférence organisée par « SOS papa » et tenue en la présence d’un certain Gilbert Claes. Il n’en fallait pas tant pour titiller notre curiosité.

Une rapide  recherche par mots-clés sur internet nous a vite orienté vers des sites à tendance « masculiniste » (voir plus bas), nous avons donc relevé l’invitation et nous sommes renduEs dans un charmant lieu (la Casa romana au 135 rue Royale Bruxelles)  qui accueille ce genre de propos en toute connaissance de cause.

Ils et elles (eh oui, c’est fou hein !) n’étaient pas bien nombreux, tout au plus une dizaine. Tracts et boules puantes voilà ce que nous leur avions réservé.

Parce que nous continuons à lutter contre toutes les formes de sexisme et de domination, c’était bien la moindre des choses.

Vous trouverez ci-dessous le texte du tract lancé au-dessus des têtes ainsi qu’une courte tentative de description de ce mouvement réactionnaire appelé « le masculinisme ».

Que crève le patriarcat (et le reste aussi) !

 

Tract :

Nous venons aujourd’hui perturber cette conférence organisée par SOS PAPA.

Sans dénigrer la souffrance individuelle que certaines personnes endurent, nous n’acceptons pas que ces cas particuliers soient utilisés pour faire passer des discours à l’odeur nauséabonde.

Si on gratte un peu le vernis de cette facade sensible, à savoir la séparation de certains pères avec leurs enfants, on découvre bien vite les idées qui se cachent derrière.

C’est aujourd’hui une des figures du mouvement « masculiniste », Gilbert Claes, qui est invitée pour déblatérer le fond de sa pensée.

Selon eux, les hommes seraient discriminés en tant que catégorie dans un monde où les femmes prendraient de plus en plus de place et de pouvoir.

Cela les amène, entre autres, à nier l’existence du viol, à se positionner contre l’avortement et l’homosexualité, à défendre les saintes valeurs de la famille teintée d’une bonne couche de morale religieuse conservatrice.

Ils définissent également des « rôles naturels » qui seraient attribués aux hommes et aux femmes.

« L’homme, son rôle, c’est de travailler […], éduquer les garçons, s’occuper des filles, sécuriser l’État, rentrer de l’argent, faire rouler l’économie, s’occuper de politique, faire la guerre aussi. »

Pour la femme, le rôle consiste à « s’occuper du patrimoine, de la maison, d’une famille, d’un ménage, s’occuper de son homme, le rendre heureux et regarder les émissions de soap-caméra à la télé l’après-midi ».

Des hommes sont exploités, écrasés, rejetés, dépossédés de leurs vies comme c’est le cas de nombreuses personnes dans ce monde.

C’est retourner le problème que de se considérer comme opprimé « en tant qu’homme » et de pointer les féministes comme responsables de cette oppression en jouant sur la corde sensible de papas en détresse.

Quand les luttes feminsites sont des révoltes logiques — comme d’autres le sont aussi — contre les rapports de domination d’une société patriarcale encore bien en place, venir défendre la « catégorie masculine » comme soit-disant opprimée revient à prôner une retour aux valeurs d’antan : Chacun à sa place naturelle, l’homme gère, la femme ferme sa gueule, et tout ira bien…

Femmes, Hommes, Féministes ou pas, nous refusons de nous laisser enfermer dans des rôles.
Nous ne voulons pas de ce discours !

Si vous voulez en savoir un peu plus sur ce Gilbert Claes et son mouvement masculiniste, un texte reprend quelques unes de ses idées sur bxl.indymedia.org

 

Petite tentative de présentation de ce que serait le masculinisme et de ses stratégies

Le « masculinisme » pourrait être défini comme étant un « particularisme qui non seulement n’envisage que l’histoire ou la vie sociale des hommes, mais encore double cette limitation d’une affirmation (il n’y a qu’eux qui comptent et leur point de vue) ».

En gros, malgré les différences entre différentes tendances à l’intérieur de ce mouvement  on peut dire  que « les masculinistes ont une analyse commune : les hommes sont aujourd’hui discriminés en raison de leur sexe ».

Les masculinistes tentent de faire croire que les hommes seraient discriminés en tant que groupe social, ils seraient victimes de la société matriarcale et des avancées du féminisme.

Selon eux, le féminisme serait la cause de nombreux problèmes sociaux comme le suicide chez les hommes, la dénatalité, le décrochage scolaire et la perte des valeurs chez les jeunes, l’éclatement de la famille, le taux élevé de divorce, derrière ces propos se profilant l’idée que « c’était mieux avant ».

Les thèmes de prédilection de ce courant sont :  la question des droits des pères et aux lois concernant le divorce et la garde des enfants mais aussi à la santé des hommes, aux réformes inspirées des revendications féministes contre le harcèlement sexuel ou pour les programmes d’accès à l’égalité. (…)

La vague masculiniste actuelle s’est constituée en Europe dans les années 1980, avec des groupes mobilisés autour de la question du droit des pères. Elle est donc directement liée à un mouvement de réaction d’hommes souvent mécontents d’avoir perdu certains privilèges associés à la « puissance paternelle ».

Le plus souvent, les masculinistes prennent en exemple des cas individuels et les généralisent à l’ensemble des hommes. Pourtant, on ne peut élaborer une théorie des rapports sociaux uniquement sur la base d’une souffrance personnelle.

Ainsi, contrairement à ce que plusieurs croient, le masculinisme n’est pas l’équivalent du féminisme. Il s’agit plutôt d’une contre-attaque de quelques hommes face au projet féministe de redéfinition des rapports sociaux.

Indymedia Bruxelles, 2 juin 2011.

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2 Responses to Allo maman bobo (j’ai mal à ma masculinité)

  1. abaslanarkopatriarcat says:

    Quelques questions :
    C’est quoi le féminisme réactionnaire d’après toi ? (tout ce qui n’est pas pro-hommes comme le reste de la société ?)
    Est-ce que tu penses pouvoir combattre le patriarcat (tu te dis antisexiste) en refusant de reconnaître tes prvilèges d’homme et en tenant des propos antiféministes (tu traites les féministes qui te dérangent de réac) ?
    Bref, est-ce que tu ne serais pas en train de tenir un discours masculiniste ?

    Ressources contre le masculinisme :
    http://lgbti.un-e.org/spip.php?rubrique8

    signé :
    Une femme contre le patriarcat (et l’anarko-patriarcat)

  2. filbi says:

    Le fénimisme actuel avec son retour à la nature (allaitement et autres dogmes…) et son maternisme réactionnaire est une idéologie ennemie des femmes. Les pères en sont victimes également puisque jugés inapte à s’occuper des enfants (droits de garde quasi-systématique à la mère quelle qu’elle soit). Les enfants enfin puisque le féminisme réactionnaire actuel nie le concept d’aliénation parentale (1 million d’enfants victimes de ce syndrome en Fance) Ecrire que ce mouvement de réaction vient d’hommes souvent mécontents d’avoir perdu certains privilèges associés à la « puissance paternelle » est une connerie sans nom. C’est parce que les feministes nient pas ces réalités, que les portes sont grandes ouvertes aux masculinistes qui est somme toute l’autre coté de la médaille sexiste, le premier étant le « féminisme-boules puantes »
    Un papa anarchiste anti-sexiste victime de lidéologie fémino-réac

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