[Au Brésil] Validité de la violence révolutionnaire

Ce texte écrit par R. Mineiro est tiré du journal A Nova Democracia, et il est exprime bien le sentiment de beaucoup de Brésiliens !

La validité de la violence révolutionnaire

Nous assistons dans les rues au plus grand héritage de la Coupe des Confédérations.

Thanks Fifa.

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Sans vandaliser la Bastille… galère !
On va faire une pétition online !

Les ministres et les médias, étonnés, disent ne pas comprendre le sens de cette révolte. Isolé dans leurs paradis artificiels ils ont peur d’affronter le pays. Il y a au moins dix ans, que j’espère que ce genre de choses se produisent. Le jour venu, “Chaque nuit – il y a des aurores, et des rayons de lumières – dans les ténèbres.” « Le Brésil s’est réveillé », cette phrase peut être lu sur les pancartes de nombreuses manifestations. Se réveiller pour rêver.

Cette soirée historique, les chanceux étaient ceux qui ne pouvaient pas dormir. L’insomnie de ce qui attaquent est beaucoup plus agréable que celles des défenseurs de la vielle forteresse.

Les classes dominantes et réactionnaires, au milieu du cauchemar de la rue, exposent leur stratégie pour liquider le mouvement. La semaine dernière nous avons vu les attaques vénéneuses de ses porte-paroles. Arnaldo Jabor nous a dit que cette jeunesse ne valait rien, Luiz Datena nous a traité de vandales et d’émeutiers. ll est devenu clair que la répression n’a fait qu’augmenté la rébellion, et le discours a changé. Hier, Jabor a parlé d’une génération qui a des idées ; Datena dit au CQC [émission humoristique], que en dépit d’être dans le journalisme policier, sa spécialité sont les droits humains.

Quel changement en seulement une semaine ! Maintenant, les “experts en sécurité” sont promus experts en manifestations. Nous sommes habitués à voir des émissions sur comment se comporter lors d’une entrevue d’embauche. Mais c’est une nouveauté d’entendre des journalistes de leurs médias nous donner des leçons sur ce que nous devrions faire, ou ne pas faire, dans nos manifestations.

Les mêmes qui nous salissent veulent, aujourd’hui, nous donner des leçons. Et la leçon est ennuyeusement répétée, avec acharnement, dans tous les médias : « les manifestations doivent être pacifique », « C’est beau de voir des gens habillés en blanc », “la plupart des jeunes veulent la paix, seul un petit groupe de manifestants radicaux ont jeté des pierres contre la police”.

Le discours de paix, messieurs, est arrivé trop tard. Pourquoi vous, les journalistes des rédactions, n’avait vous pas encouragé la police anti-émeute à porter du blanc lors de l’élimination des Favellas pour les travaux de la Coupe du monde à Rio de Janeiro ? Et pourquoi pas la Forces de sécurité nationale du gouvernement de Rousseff n’est pas venue amener des fleurs aux travailleurs révoltés de Jirau ? Et pourquoi Ne devraient pas la police fédérale ont agi d’une reprise ordonnée à l’origine de l’assassiner des Indiens Terena du Mato Grosso do Sul ?

« D’un fleuve qui emporte tout on dit qu’il est violent, mais personne ne parle de la violence des berges qui le compriment. »

Le discours de paix de Datena est dantesque. Ne vous méprenez pas, parce que ces messieurs et dames seront les mêmes à demander des punitions exemplaires pour les manifestants radicaux. La classe ouvrière connaît la furie sanguinaire de la réaction bourgeoise. Pendant la Commune de Paris, les révolutionnaires ont payé cher pour ne pas avoir opprimé la classe dirigeante vaincue. Vingt mille personnes ont été tuées quand la bourgeoisie a repris la capitale française.

La contre-propagande pour défendre les manifestations pacifiques vise à rendre stérile notre révolte. Ils arrivent à dire : « les manifestation ordonnée sont une gifle au visage des politiciens, car ils n’ont aucune excuse pour réprimer ». Les gens n’ont pas besoin de manif pour être réprimé, juste être pauvre, noir et des Favelas, pour être menacé tous les jours par la violence de la police du vieil État.

Dire que les manifestations pacifiques sont plus « efficaces » sont des conneries. Allez dans les rues n’est tout simplement pas suffisant. Prenons l’exemple des manifestations de “Diretas Já” en 1984. Des millions de personnes sont descendus dans les rues, à la fin du régime militaire, pour réclamer des élections directes pour le président. Toutes les réunions directe transpiré de manière ordonnée et pacifique. Une claque dans le visage de la dictature, auraient dit les experts des manifestations actuelles. Le résultat ? Une déroute pour le peuple. Malgré les foules dans les rues, l’amendement a été rejeté par le Congrès National et Tancredo Neves fut élu président par un vote indirect d’un collège électoral.

“La violence est la sage femme de l’histoire.”

Parce que la violence du peuple est résistance. Parce que la « rébellion est justifiée ». Et qu’est-ce que les manifestations se propagent à travers le pays n’était pas le lâche attentat de fasciste Alckmin PM. C’était la réaction violente de la jeunesse, les vitres ont été brisées, des banques saccagées, des bus brûlés. Nous avons peint le visage dans la destitution de Collor et forcé sa démission, son adjoint a repris et rien n’a changé. Maintenant, les adolescents se couvrent le visage, envahissent l’Assemblée Législative de Rio et occupe le toit du Congrés.

L’histoire est réécrite dans les graffitis sur les monuments du passé. Hurle jeunes des tribus dansent autour d’une voiture en feu. Nous sommes guarani-Kaiowas, Terena, tapebas, Munduruku [Peuples autochtones du Brésil]. Nous sommes le peuple brésilien, “La coupe du monde on s’en fou !”

C’est juste le début, le début d’une longue saga pour notre liberté. Quel bonheur de vivre ce moment. Il est temps que je finisse parce que le monde est dans la rue et nécessite ma présence.

“Mon nom est émeute, et il est écrit dans la pierre.”

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Auba vermelha, 20 juin 2013

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[Égypte] Les ouvriers restent des sans-droit réprimés

Les manifestations ouvrières ne cessent de prendre de l’ampleur. Au lieu de répondre à leurs revendications, dont la plupart sont légitimes, le gouvernement tombe dans la répression.

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« Le début de l’année 2013 a été marqué par une vague de manifestations ouvrières de masse », affirme le Centre Égyptien pour les Droits Économiques et Sociaux (CEDES). Dans son rapport, intitulé La Colère ouvrière, le centre dénombre 2423 protestations, grèves et sit-in ouvriers pendant le premier trimestre 2013. En 2012, le nombre total de grèves et sit-in s’élevait à 3817. Il est fort à parier que fin 2013 le record de 2012 sera battu.

Ces protestations ont eu lieu dans presque toutes les régions du pays et ont pris toutes les formes dont notamment 22 % de sit-in, 18 % de marches et manifestations, 15 % de blocage de routes, 4 % de rassemblements divers et 1,3 % de cas de fermeture d’institutions.

70 % proviennent de contestations au sein du secteur public contre 10 % dans le secteur privé. Le reste ayant des motivations diverses : politique, économique ou sociale. Ces grèves ont, selon les spécialistes, aggravé considérablement la crise économique actuelle.

C’est en 2006 que le nombre de grèves a commencé à augmenter fortement. Cette série débute avec la grève historique de Mahallah lorsque 27’000 travailleurs du secteur du textile lancent un mouvement considéré par beaucoup comme un prélude à la révolution.

À l’époque, la direction des entreprises textiles avait promis de répartir les bénéfices entre les travailleurs si le comité syndical en place était réélu. Cette promesse n’ayant pas été tenue, les ouvriers se sont mis en grève. Dès lors, les travailleurs de tous les secteurs de l’industrie et des services (ciment, hôpitaux, transports, enseignement, impôts…) sont entrés en action, protestant contre les politiques néolibérales adoptées par Moubarak. Ces politiques avaient abouti à des conséquences négatives, notamment une hausse des prix et une propagation de la corruption.

La grève de Mahallah constituait la plus importante mobilisation ouvrière depuis 60 ans. Pour la première fois, les ouvriers organisaient des sit-in devant les ministères.

En 2011, selon l’association de défense des droits de l’homme, Les Fils de la Terre, plus de 1400 protestations ont eu lieu impliquant au moins 60’000 travailleurs. Depuis, le mouvement ne cesse de croître.

Depuis la révolution, les demandes s’élargissent

Une évolution importante des exigences des ouvriers a lieu avec la révolution du 25 janvier. Il n’est plus simplement question de revendications financières (augmentation des salaires, versements des primes impayées…) mais de revendications élargies avec des exigences d’ordre politique et social.

Les ouvriers demandent notamment un droit à l’emploi ou une indemnité chômage et un salaire minimum de 1200 L.E. indexé sur la hausse des prix. Ils souhaitent aussi l’instauration d’un salaire maximum pour les dirigeants, un accès gratuit aux soins, le droit à une pension de retraite, l’amélioration des conditions de travail — notamment à travers la sécurité des travailleurs, la liberté syndicale, l’abolition de la loi restrictive 35/1976 des syndicats ouvriers, la réintégration des ouvriers licenciés et la nationalisation des sociétés privatisées.

La classe ouvrière attendait avec espoir un changement radical mais même les plus légitimes de leurs demandes n’ont pas été prises en compte. Elle réclame aujourd’hui la chute du régime. « Morsi a été élu sur la base de ses promesses de démocratie et de justice sociale. Mais il ne veut pas mettre en place la moindre amélioration. Aucune des revendications des ouvriers n’a été exaucée », dénonce Khaled Ali, ancien candidat à la présidentielle et avocat spécialisé dans la défense des ouvriers.

Résultat : la vague de protestations ne cesse de s’amplifier depuis l’investiture de Mohamad Morsi en juin 2012. Seulement 34 jours après la prise de fonction de Morsi, le CEDES a recensé 271 sit-in et grèves. 2 000 manifestations ont eu lieu dans les mois qui ont suivi son élection, contre 1 400 lors de la même période en 2011.

« Cette augmentation significative démontre que, plus de deux ans après la révolution, la classe ouvrière lutte toujours pour l’obtention de ses droits fondamentaux », souligne Dalia Moussa, coordinatrice du dossier des ouvriers au CEDES.

Selon les observateurs, ces grèves prouvent que la classe ouvrière est une force de poids dans la société et qu’une simple coordination de ses actions et demandes représenterait une réelle menace pour le régime en place. « Conscient de ce poids, le nouveau régime cherche à briser la classe ouvrière et à l’affaiblir sans aucune réelle volonté de résoudre ses problèmes », commente Khaled Ali.

Dans ce contexte, de nombreuses violations des droits des travailleurs sont commises : la publication d’une loi criminalisant les grèves, la dispersion violente des grèves par des voyous ou la police antiémeutes, le recours à l’armée pour briser les grèves, comme celle des travailleurs du transport ferroviaire en avril dernier, et l’arrestation des grévistes. Sans compter le licenciement arbitraire de 650 travailleurs en 6 mois contre 35 cas recensés lors des 5 dernières années de l’ancien régime. La situation n’a jamais été aussi dramatique.

La première grève de l’Égypte

En mars 1882, les ouvriers du déchargement du charbon à Port-Saïd ont lancé la première grève de l’histoire de l’Égypte. Ils avaient deux revendications : le droit d’être payés directement par les entreprises où ils travaillent, au lieu des bureaux d’entrepreneurs qui les exploitent, et l’augmentation de salaires payés par les entreprises étrangères. C’était une grève massive qui a eu des effets importants dans la société. Résultat : le gouvernement a formé une commission de conciliation pour examiner le système en place. De plus, les entreprises étrangères ont assoupli le système d’exploitation des travailleurs et ont décidé de les payer directement, mais elles ont refusé d’augmenter leurs salaires. Ainsi, la première grève d’Égypte a permis aux travailleurs d’obtenir de nouveaux droits.

Presse esclavagiste (Al-Ahram, 19 juin 2013) via Solidarité ouvrière

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[Istanbul] Le mouvement est faible, la répression est forte (18 juin)

Le camarade d’Istanbul nous a fait parvenir un second texte

On sait depuis longtemps que rien n’est plus étranger à une lutte que sa propre fin. Mais à voir tout un tas de zozos qui tentent de poursuivre la protestation en se transformant en statue silencieuse (qui parfois tient un smartphone à la main), on constate à quel point la chose est littéralement pétrifiante.

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Il semble bien que les affrontements et les manifs nocturnes du week-end aient constitué le baroud d’honneur du mouvement. L’expension/extension qui seules auraient pu lui permettre de se poursuivre n’ont pas eu lieu.

Ces derniers jours, le pouvoir a montré les crocs. Après avoir délibérément déployé un très haut niveau de violence dans l’expulsion de samedi (usage de gaz dans les canons à eau, chasses à l’homme, attaque de l’hôtel qui servait d’hôpital…), il a annoncé le déploiement d’unité de flics et de gendarmes rapatriés du Kurdistan à Istanbul. Dimanche, les rues de tous les quartiers entourant la place Taksim étaient saturées de keufs qui dispersaient tous les groupes qui se formaient pour tenter de faire front. Beaucoup de civils, beaucoup d’arrestations (600 selon plusieurs sources), beaucoup de blessés encore. Des groupes pro-AKP ont commencé à se former, intimidant les manifestants, un molotov a été envoyé sur les manifestants (d’un bateau à un autre). Le gouverneur d’Istanbul a menacé de déployer l’armée, Erdogan a dit aux manifestants : vous avez tel et tel quartier avec vous, mais nous avons tel, tel et tel autre. L’ambiance est à la menace du retour aux années sombres, à la suspension des usages démocratiques. Le pouvoir joue sur la peur de la guerre civile, alors même que la situation est très loin d’être insurrectionnelle. On peut supposer que ça fait peur à beaucoup, étant donnée la composition sociale de la contestation – des gens que l’état de droit protège de fait.

Lundi, grève et manif appelées par plusieurs syndicats de gauche, essentiellement dans la fonction publique. La grève est peu suivie, les syndicats décident de dissoudre les cortèges, guère massifs, dès lors qu’ils sont bloqués par les flics. Les syndicats ont clairement peu mobilisé, ce mouvement ne colle guère avec leur agenda politique. Ils ne sont pas enclins au rapport de force avec le gouvernement, et n’y sont pas forcés par leur base. Les forces politiques d’opposition cafouillent, elles étalent leur faiblesse, elles n’ont jamais su comment tirer profit du mouvement. Elles ne cherchent aucune victoire dans l’immédiat – tant mieux, sans doute, mais elles savent quand même affaiblir la dynamique d’affrontement dès lors que le mouvement n’a jamais cherché à les en exclure.

Mardi matin, rafle au sein des organisation d’extrême gauche, qualifiés de terroristes par le pouvoir, qui dit vouloir condamner des gens à la prison à vie. Le chef des ultras de Çarsi est également arrêté. Ce n’est sans doute pas fini.

La répression sait choisir ses cibles. On évoquait dans le précédent texte (« Compte-rendu et analyse parcellaire de la situation à Istanbul ») la double composition du mouvement : d’un côté les militants de la mouvance d’extrême-gauche (maos, trortskos, Kurdes) plus ou moins autonomisés, auxquels se sont adjoints des ultras « anarchistes » rodés à l’affrontement de rue ; de l’autre la classe moyenne européenne de la ville. Ces deux composantes se sont impliqués avec des modalités assez clairement distinctes ; et désormais la répression creuse le fossé entre elles. La première composante a été frappée durement et va continuer à l’être. Certes, tout le monde a mangé du gaz et les arrestations ont été massives, dépassant le noyau dur des activistes et des « violents », mais pour la plupart, les garde à vue ont été de courte durée et sans suite. Le traitement est clairement différent, surtout depuis une semaine, et le mouvement s’en défend guère.

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Il y a encore beaucoup de traces du mouvement : dans les quartiers des classes moyennes occidentales, on continue à crier des slogans, à siffler et à taper dans des casseroles à heure fixe, et désormais on adopte ce truc débile de la pétrification. Mais c’est là une contestation morte, dénuée de rapport de force réel, et qui porte plus que jamais la marque d’une identité sociale et culturelle spécifique liée à la bourgeoisie kémaliste. De fait, l’ensemble de cette frange de la population a soutenu le mouvement parce qu’elle est naturellement opposée à l’AKP. Elle y a aussi participé, elle a été présente, mais il y avait aussi là quelque chose de l’ordre d’une affirmation de son existence en tant qu’élite sociale de ce qu’elle perçoit comme étant « son » pays menacé par un gouvernement qu’elle rejette. La distinction entre l’activité de lutte et la démonstration du soutien à son égard a souvent été flou – noyé dans un effet de masse censé porter le rapport de force.

Cette activité de lutte a elle-même été limitée. Assemblée, occupations, grèves, blocages ont été inexistants. Certes, le parc a été durant toute la durée de la lutte un « espace libéré », et l’expulsion de la police du périmètre en a fait un lieu d’échange, de réappropriation du temps et de l’espace, d’élaboration de certaines pratiques d’expression, et de défense commune – et cette occupation a provoqué un blocage de fait, même si ce n’était pas son but assumé. Une puissance collective a bien été là ; elle a suscité de l’euphorie même chez les militants les plus aguerris – et d’un point de vue extérieur on a eu l’impression d’assister un sacré truc. La réaction à l’expulsion samedi soir (manifs nocturnes spontanées dans toute la ville avec blocage de certains axes) a même laissé entrevoir la possibilité d’une explosion de l’espace d’affrontement. Mais l’incapacité du mouvement à se doter d’autres perspectives – qui auraient supposé le développement d’un affrontement en son sein même – a provoqué son affaissement progressif, que le pouvoir a voulu mettre en scène comme un écrasement violent – pour des raisons qui lui sont propres.

Les barricades sont maintenant déblayées et le parc est désormais gardé par des cohortes de flics. Des civils hantent la zone ; ils s’affichent ; ils contrôlent. Alors qu’il y a quelques jours encore la moitié des gens que l’on croisait dans le secteur se baladaient ouvertement avec des casques de chantiers, des lunettes de plongée et des masques à gaz, il n’est maintenant pas bon que ce type de matériel soit découvert au cours d’une fouille inopinée.

Les concerts de sifflets à heures fixes dans les quartiers « laïcs » cachent mal le processus de normalisation ; les gens statufiés rendent éclatante la fin du mouvement. Peut-être le mouvement affaibli politiquement le pouvoir en place ; peut-être aura-t-il un coût électoral pour lui. Alors la bourgeoisie kémaliste évoquera avec nostalgie ce « réveil » qui aura marqué son retour sur la scène politique.

Peut-être aussi que beaucoup auront appris de ce mouvement, que des lignes de force au sein de la société turque auront bougé, qu’un esprit contestataire se sera ancré au sein de la jeunesse. Tout cela, il est trop tôt pour le dire – mais la fin d’un mouvement ne contient que rarement la force du suivant. À l’heure actuelle, ceux qui subissent la répression  – et doivent désormais s’organiser face à elle en tant que fraction distincte au sein du mouvement – ne ressentent que trop bien ce que signifie la victoire de l’État.

DNDF

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Des murs de ciment jusqu’au cou mais je garde un bras levé pour respirer expirer faire acte de présence. Tenir retenir une plume, une enclume lourde de mes péchés tellement nombreux que je ne peux les dénombrer. Une vie entière à délinquer à piller, saccager, sans répit, sans permis nique la loi Robin des blocs conteste leurs lois qui ont sacrifié nos renpa dans un ghetto où la masse à la ramasse se bouscule. Être emmuré vivant sans le savoir c’est encore pire. Handicap non négligeable citéen, citéenne partis des ghettos desaffectés ZUP zappés oubliés zone dézonées et par-dessus le marché du vendredi discriminés, examinés tutoyés, négligés, asile à ciel ouvert où la précarité est reine lieu où on ne vit pas on survit on surjoue on surestime l’oppres­seur et on sous-estime nos capacités à s’autoproduire, s’autograndir s’entraider sans rien attendre en retour »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[Chroniques de mitard publiées du 7 au 11 septembre 2012]
Emmuré vivant

Des murs de ciment jusqu’au cou mais je garde un bras levé pour respirer expirer faire acte de présence. Tenir retenir une plume, une enclume lourde de mes péchés tellement nombreux que je ne peux les dénombrer. Une vie entière à délinquer à piller, saccager, sans répit, sans permis nique la loi Robin des blocs conteste leurs lois qui ont sacrifié nos renpa dans un ghetto où la masse à la ramasse se bouscule. Être emmuré vivant sans le savoir c’est encore pire. Handicap non négligeable citéen, citéenne partis des ghettos desaffectés ZUP zappés oubliés zone dézonées et par-dessus le marché du vendredi discriminés, examinés tutoyés, négligés, asile à ciel ouvert où la précarité est reine lieu où on ne vit pas on survit on surjoue on surestime l’oppres­seur et on sous-estime nos capacités à s’autoproduire, s’autograndir s’entraider sans rien attendre en retour.

Ta tour ? T’inquiète ça fait quarante ans qu’elle tient debout toute seule même si à ses pieds une trentaine de lascars tiennent les murs persuadés qu’ils amortiront sa chute. Leur chute ; leur shit vendu au détail sans détail à prendre ou à laisser c’est mieux de laisser ou tu vas finir par te faire prendre à ton propre jeu, ton propre joint évasion sommaire, éphémère qui rendra ta santé précaire.

Manque de souffle face au commissaire inspiration venue de loin je suis qu’un enfant dans un corps de grand je joue avec les mots comme ils jouent avec nos vies. Et j’en paye le prix dix ans de captivité à méditer à penser ma douleur ma rancœur sans rancune même si j’en ai perdu des plumes et des ex-amis et des futurs ex-amis pas de regrets ni de remords la vie le vent balaye les feuilles mortes balaye devant ta porte avant de me juger, me blâmer je suis emmuré vivant OUI et ALORS ??

J’AURAIS PU ÊTRE EMMURÉ MORT.

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuit sur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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[Égypte] Encore un record mondial de manifestations

En mai le nombre de manifestations recensées en Égypte a été de 1300 selon le Centre International de Développement soit une pour chaque demi-heure. En avril leur nombre avait été de 1462 et en mars de 1354.

Une petite diminution au mois de mai mais dont le niveau reste cependant toujours très haut puisque le nombre de manifestations en avril atteignait un record historique pour l’Égypte et le monde pour ce mois.

Ce serait impossible de citer toutes ces manifestations mais on constate un glissement en mai plus important vers les manifestations à caractère politique ainsi qu’une hausse importante des manifestations contre les coupures d’électricité qui ont commencé comme chaque été. On peut citer toutefois comme significatifs, l’occupation illimitée de la place devant le ministère de la culture jusqu’à la chute du ministre, les affrontements hebdomadaires de manifestants avec la police dans le centre-ville du Caire, les attaques de sièges du parti des Frères Musulmans ou de maisons de membres ou députés de ce parti, les manifestations des médecins, pilotes d’Egypte Air, de salariés du pétrole, les manifestations devant des palais de justice contre des jugements rendus et enfin les coupures des voies de chemins de fer à tout propos, à tel point que la compagnie des chemins de fer vient de faire une conférence de presse suppliant les manifestants de s’en prendre à d’autres qu’à eux. On compte enfin en mai 14 blocages de ministères ou immeubles gouvernementaux, 23 entrées en force dans des bâtiments administratifs et 56 blocages de bâtiments administratifs.

Depuis le début de l’année il y aura donc eu 5544 manifestations soit le record mondial de manifestations pour la période dans le monde. Bref, la révolution est loin d’être enterrée.

D’autant plus que les Égyptiens se préparent à la grande journée de manifestation du 30 juin pour exiger le départ de Morsi après avoir récolté plus de 15 millions de signatures de personnes retirant leur confiance à Morsi et déclarant sa résidence illégitime et illégale puisque le chiffre de 15 millions est supérieur au nombre de voix qu’il a obtenues pour être élu.

Jacques Chastaing via Solidarité ouvrière, 18 juin 2013

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Recensement des grèves en France du 1er au 18 juin 2013

J’ai recensé les grèves sur les trois premières semaines de juin en France continentale en dehors de celles liées aux 10 journées nationales syndicales catégorielles dans cette période à savoir celles du 3 juin : ambulanciers privés ; 3 juin : RATP ; 4 juin : Pôle Emploi ; 5 juin : groupe Saur ; 11,12,13 juin : contrôleurs aériens ; 13 juin : SNCF ; 13 juin : la Poste + EDF ; 15 juin : travailleurs de la santé et du social ; 18 juin : gardiens de prison ; 19 juin : crédit immobilier et les journées de mobilisation autour de la conférence sociale des 20 et 21 juin.

Pour cela j’ai eu recours en cliquant “grève juin 2013″ aux rubriques concernées des journaux en ligne, TEAN, LO, Humanité, Solidarité Ouvrière et des journaux régionaux en ligne, Ouest France, l’Alsace, DNA, Midi Libre, la Dépêche du midi, Voix du Nord, Dauphiné Libéré, le Parisien, l’Est Républicain, La Provence, Le Bien Public, Paris Normandie, Le Télégramme et Nord Éclair.

Comme pour consulter pas mal de ces journaux il faut être abonné, mes informations sont partielles il peut y avoir des erreurs, des imprécisions et quelques redoublements avec des conflits dans le cadre des mouvements nationaux. Cela donne toutefois une idée de ce qui se passe, d’autant plus, que je n’ai pas consulté les autres rubriques susceptibles de rendre compte de grèves comme “conflits sociaux”, “mouvements”, “débrayage”, “luttes”, etc… et qu’au vu de ce que je peux mesurer localement, environ un conflit seulement sur trois ou quatre est relaté par la presse. On doit donc pouvoir multiplier les chiffres par deux ou trois.

J’arrive donc à un recensement de 100 grèves pour 18 jours du 1er au 18 juin ce qui fait environ 5,5 conflits par jour. Rapporté à un mois cela ferait donc 165 grèves hors grèves nationales. Si on compare au recensement que j’avais fait début 2009 où il y avait pas mal de conflits, j’avais recensé une cinquantaine de grèves par mois avec la même méthode de recensement.

Donc pour ce mois de juin, si on ajoute les journées d’action nationales, il y a un niveau de conflictualité assez élevé. Ce qui ne fait pas de la France un îlot de paix sociale si l’on compare à la Grèce, l’Espagne, Portugal, Italie ou encore Turquie, Brésil, Égypte, etc… même si, bien sûr, les niveaux et les contenus ne sont pas comparables. Mais cela permet toutefois de se dire — et de préparer — qu’on va connaître probablement d’ici peu des choses semblables.

La majorité des grèves recensées sont dans la fonction publique, ce qui doit être significatif. Mais il est probable que si j’avais recensé les conflits en mars-avril par exemple, il y en aurait eu probablement plus dans le privé avec les NAO et il y en aura sûrement plus après le 1er juillet avec la mise en application de l’ANI. Je n’ai pas fait figurer les raisons des grèves, mais dans le privé il s’agit le plus souvent de luttes contre les licenciements ou pour les salaires et dans le public de luttes sur les conditions de travail, horaires, salaires et emploi.

Voilà la liste qui n’est pas par date, mais “brute”.

Sofedit Saint Romain de Colbec
Sony Ribeauvillé
Behr France Rouffach
Fonderie Sambre et Meuse Feignies
Agents municipaux de Clermont Ferrand
CHS de la Sarthe
Virgin
France Télécom Rennes
Facteurs Orléans
Hôpital psychiatrique Caen
Socla Visey le Grand
Papeteries du Candat
Hôpitaux de Saint Maurice
Goodyear Amiens
Jean Caby Saint André
Ter Alsace Franche Comté
CHS Bon Sauveur Caen
La Ronde des Fraicheurs Estillac
Travaillerus transfrontaliers Strasbourg
Bonilait Chasseneuil du Poitou
Imprimerie Ruel Poitiers
Agents conseil général Caracassonne
Brcio Dépot Essey les Nancy
Cassidan Test et Services Colommiers et Elancourt
Transmavin Chuzelles
Atsef nombreuses villes
Majencia Guise
Libéole Creil
Agents Mont Saint Michel
Télésambre
Sharp Soultz
Postiers de l’Oise
Centre de Loisirs Rennes
Centre de tri Saveney
Agents d’encadrements écoles de Saint Nazaire
Hôpital Océane Vannes
Centre de tri Kergadarec
Employés communaux Langueux
Rotativistes Ouest France
Journalistes groupe Moniteur
Malhle Pistons Colmar
Foyer de l’Enfance Strasbourg
Centre médical Roggenberg Altkirch
Centre Médical La Tour de Gassies
RTM Marseille
Policiers de Valras
Ouvriers du livre, Midi Libre et Indépendant
Collège des Hautiers Val d’Oise
Centre hospitalier Rouffach
MSA Drôme Ardèche Loire
Air France Industrie Blagnac
CHU Toulouse
Spanghero
Keolis Agen
Agents municipaux mairie l’Union
Aéroconseil Blagnac
Ambulances Cambon Saint Affrique
Stiora Senso Corbehem
CH Maubeuge
CHRU Lille
Enseignants chercheurs Paris
Transville Valenciennes
Agents municipaux Roubaix
Hôpital Gap
Collège Belledonne Isère
Ferme de la Belle Chambre Gésivaudan
Piac Saint Quentin Fallavières
Léanothe Valence
SNCM
Air France Corse
Musée de Bastia
Bus et tram Nice
Hôpital Chateauroux
Cantines de Rennes
Blanchisserie Initial Brie-Comte Robert
Employés de ménage hôpital privé de l’Est Aulnay sous Bois
Poste Breteuil
Centrale EDF Porcheville
Conservatoires de musique
Collège Albart Camus
Clinique de Vannes
ASP
Oise Habitat Creil
Transports à mobilité réduite Creil
Pôle Emploi Sarcelles
Collège Jean Moulin Chevilly Larue
Bus RATP
Collège Maisons Alfort
Lycée Courbet Belfort
Terrasses de Méhan
Collège les Collines Lyon
PAH Rhône
ICTS Provence
Hôpital Montperrin Provence
Kéolis Dijon
Agents espaces publics naturels Rouen
Kéolis Brest
Hôptial Abbeville
Facteurs Cuse la Motte
Callexpert Saiant Christol les Alès
Fraisnor Feuchy

Jacques Chastaing

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[Fascistes, conspis, on vous fera taire !] Michel Collon n’est pas le bienvenu à Lille !

Fascistes, conspis, on vous fera taire !
Michel Collon n’est pas le bienvenu à Lille !

Jeudi 20 juin, Michel Collon est invité à donner une conférence à la bourse du travail de Fives. La conférence est intitulée « Libye, Mali, Syrie… Non aux guerres impérialistes ! Contre la guerre : s’informer, s’unir, se mobiliser » et elle se déroule à l’initiative du Mouvement des Jeunes Communistes du Nord et du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires.

Lorsque Michel Collon est venu à Lille pour une conférence en 2010, des antifascistes ont fait circuler un texte demandant pourquoi on pouvait trouver sur son site internet autant de liens vers des articles venant de l’extrême-droite. Il n’a jamais répondu, même si quelques liens parmi les plus suspects ont été supprimés sans commentaire.

Lorsque Michel Collon est venu à la bourse du travail de Paris, des antifascistes ont obtenu que la CGT annule l’invitation, pour les mêmes raisons. Il a trouvé des défenseurs, par exemple l’ancien dirigeant du FN Alain Soral. Il est vrai que les deux hommes sont en désaccord, mais Collon s’adresse à Soral comme à un camarade dans l’erreur, alors qu’il ne daigne pas discuter avec les antifascistes.

Que trouve-t-on sur le site de Michel Collon ? Une vaste sélection de textes qu’il opère avec sa petite équipe. Au milieu d’auteurs respectables, on peut trouver, par exemple, Geneviève Béduneau, candidate du Front national à Paris ; Gilles Munier, ancien militant d’extrême droite, mis en examen dans l’affaire Pétrole contre nourriture ; Jean Bricmont, un proche de Collon qui consacre une grande part de son activité à défendre les négationnistes ; la blogeuse Chantal Dupille (Eva R-sistons), membre de l’UPR, une organisation issue des réseaux Pasqua, et soutien du négationniste Roger Garaudy ; le journaliste conspirationniste et antisémite Alan Hart ; le négationniste, ancien militant du FN, Paul-Éric Blanrue ; le conspirationniste canadien Michel Chossudovsky ; Luk Vervaet, dirigeant de la branche belge de l’Union Internationale des Parlementaires pour la Palestine, fondée à Téhéran avec le soutien du régime islamique ; James Petras, antisémite partisan du régime islamique d’Iran ; Eric Margolis, un conspirationniste américain qui soutien qu’Hitler n’est pas responsable de la seconde guerre mondiale ; Le dirigeant du Hamas Khaled Mechaal, qui a soutenu les déclarations négationnistes du président iranien Ahminejad ; Eva Gollonger qui défend le dictateur biélorusse Lukashenko ; Thierry Meyssan, ferme partisan de toutes les dictatures ; le site d’extrême-droite suisse Mécanopolis ; le tout illustré régulièrement par le dessinateur antisémite Carlos Latuff, primé lors d’un festival négationniste à Téhéran.

Michel Collon n’est ni naïf, ni manipulé. Il sait très bien qui sont ces gens et s’il diffuse leurs textes, c’est bien parce que cela correspond à ses objectifs politiques. Il s’est illustré depuis des années par sa défense du régime serbe de Milosevisc, allant jusqu’à essayer de minimiser le massacre de Sbrebrenica, un génocide de musulmans bosniaques. Depuis, il a accordé son soutien aux régimes meurtriers de Khadafi en Lybie – qui l’avait invité en 2011 – et de Bachar el-Assad en Syrie. C’est une ligne politique qui ne recule devant aucun allié contre les USA, même les régimes les plus ouvertement dictatoriaux, anticommunistes, où les militants ouvriers, les féministes et les militantes des droits des femmes risquent à chaque instant la prison et la torture, des régimes qui massacrent leur population quand elle s’oppose à eux.

Nous demandons :

• Aux organisateurs (Mouvement des Jeunes Communistes du Nord et Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires) et aux soutiens de cette conférence (CGT et AFPS notamment) de prendre position. Prétendre ignorer les liens entretenus par Michel Collon n’est aujourd’hui plus admissible.

• Aux organisations qui se réclament de l’antifascisme de prendre clairement position, de signer et de relayer cet appel.

Nous appelons les organisations partageant notre souci de clarté au sein du mouvement antifasciste à nous rejoindre :

Bourse du travail à Fives (avenue de l’Usine – métro Marbrerie / bus 7 – 13), jeudi 20 juin à 19 heures.

Coordination Antifasciste (Lille)

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[Alès] Face à l’exploitation, aux galères admistratives… Solidarités et résistances !

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Exploités Énervés – collectif de travailleurs, précaires et chômeurs sur Alès et environs

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[Centre de détention de Neuvic (Dordogne)] Ça chauffe au mitard mi-juin 2013

Voilà quelques infos qui nous sont parvenues du centre de détention de Neuvic-sur-l’Isle (Dordogne) et témoignent du climat tendu qui y règne au mitard (QD ou quartier disciplinaire) et au QI (quartier d’isolement).

Selon plusieurs prisonniers, comme des observateurs associatifs extérieurs, les prisonniers de Neuvic seraient en grande partie cachetonnés et défoncés. C’est une manière bien pratique de gérer une détention et d’y avoir la paix. De plus, la plupart des détenus y ayant des peines relativement « courtes » (même si évidemment une peine d’enfermement sera toujours trop longue), ils attendent pour la plupart leur sortie prochaine, sans faire de vague. La direction semble donc n’avoir que peu l’habitude de faire face à des conflits avec des prisonniers.

Ceci dit, il y a aussi à Neuvic quelques prisonniers qui y sont envoyés de loin. Voilà leur punition : perdus au milieu d’une population carcérale avec laquelle ils ne partagent pas la même situation, éloignés de leurs proches et de prisonniers avec qui ils partageaient leurs expériences, notamment leurs insoumissions régulières.

Face aux quelques détenus qui ouvrent leur gueule, réclament, ne se laissent pas faire, pètent parfois les plombs par désespoir, la direction emploie la manière forte et met de l’huile sur le feu. Pour une broutille à la base, les conflits entre détenus et surveillants et/ou AP s’enflamment. Cercle vicieux : la stratégie de la direction face aux tensions semble être de taper toujours plus fort.

Ainsi, parallèlement à une détention « normale » tenue au calme en grande partie par les cachetons, le mitard et le QI sont peuplés des détenus considérés comme problématiques, et matés par la manière forte. Avec grand mépris pour ce qu’ils ont à dire et aucune considération pour les situations qui les font monter en pression, des situations désespérées qui font qu’ils s’énervent contre l’AP.

Quelques exemples…

Ainsi, un détenu « longue peine », arrivé à Neuvic il y a quelques mois, a tout de suite  compris que ce serait l’enfer pour lui ici : il a immédiatement demandé un transfert en maison centrale, et demandé lui même à être placé au mitard pour accélérer son transfert, il a « bloqué » le mitard pendant des semaines, jusqu’à être placé au quartier d’isolement, avec la « promesse » néanmoins qu’il allait obtenir son transfert en centrale.

Ainsi, Benjamin Darcos, détenu au mitard depuis trente jours, à bout, multiplie les altercations avec des surveillants et personnels de direction. Nous ne savons pas ce qui en est à l’origine. Mais nous savons qu’il a été jugé en comparution immédiate mi-juin pour avoir craché sur le directeur, et a écopé de 8 mois de prison supplémentaires dont 4 ferme. Nous savons surtout que maintenant, les surveillants, notamment une équipe, interviennent dans sa cellule avec l’équipement « anti-émeute » (boucliers…), et lui ordonnent de se coucher sur le lit à plat ventre, mains dans le dos et en regardant le mur, pour obtenir son repas. Il refuse : « je ne suis pas un chien », et réclame qu’on lui apporte la gamelle normalement. Ces gardiens déclarent alors qu’il a refusé le repas et s’en vont sans le lui servir. Ainsi, tant que cette équipe est en place, il ne mange pas. Pourtant, Benjamin semble ne pas se laisser abattre. Ce qu’il réclame, c’est d’être transféré.

Ainsi, Nabil Chakik, arrivé suite à un transfert disciplinaire avec la volonté délibérée de l’éloigner au maximum de ses proches, a immédiatement demandé à être transféré. Le ton ayant monté entre lui et la direction suite à un conflit à la base anodin avec un surveillant, il a été puni de 20 jours de mitard en tout. Puis il a été placé au quartier d’isolement à cause d’une lettre véhémente écrite au directeur et d’une lettre adressée à un collectif de soutien aux prisonniers dans laquelle il raconte ses conflits.

Rappelons que les mitards sont dénoncés partout comme des lieux de punitions lugubres et très durs, et que l’isolement est dénoncé comme une mesure de destruction psychique des personnes incarcérées.

Le ton monte entre certains détenus de Neuvic et la matonnerie, qui ne répond que par l’intensification de la répression. Mais ces détenus poussés à bout ne se laissent pas faire. Ils réclament leur transfert afin de poursuivre leur peine dans d’autres conditions.

Nous les soutenons.

Faire sortir les infos de prisons n’est pas facile, mais très important. Nous transmettrons des informations plus précises dès que possible. Faites tourner le mot !

Vous pouvez écrire à ces prisonniers pour les soutenir, ou interpeller l’administration pénitentiaire locale et régionale.

Monsieur le directeur
Centre de détention
BP01
24190 Neuvic-sur-l’Isle

Direction interrégionale des services pénitentiaires de Bordeaux
188 rue de Pessac
CS-21509
33 062 Bordeaux Cedex

Transmis par le collectif Papillon, 18 juin 2013

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Terreur répressive à Istanbul (4)

Turquie : des dizaines d’arrestations en lien avec les manifestations

La police turque a procédé tôt mardi à des dizaines d’arrestations dans des milieux d’extrême-gauche en lien avec les manifestations antigouvernementales qui secouent le pays depuis depuis la fin mai, ont affirmé des sources concordantes.

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Un homme arrêté le 18 juin 2013 place Taksin à Istanbul emmené dans une voiture de police.

À Istanbul, la police a arrêté à leurs domiciles quelque 90 membres du Parti socialiste des opprimés (ESP), une petite formation active dans les manifestations, a indiqué à l’AFP le barreau d’Istanbul.

Elle a également investi les locaux d’un quotidien, Atilim, et d’une agence de presse, Etkin, proches de ce parti, ont rapporté les chaînes d’information NTV et CNN-Türk.

Le député Sirri Sürreya Önder a confirmé sur Twitter l’arrestation à son domicile du vice-président de l’ESP, Alp Altinörs, à laquelle il a assisté.

NTV mentionne également l’interpellation de 30 personnes à Ankara, de 13 autres à Eskisehir (nord-ouest) et des opérations de la police dans 18 autres provinces.

Le ministre turc de l’Intérieur, Muammer Güler, a pour sa part donné un bilan de 62 arrestations à Istanbul et 23 à Ankara, selon CNN-Türk.

« L’opération, préparée depuis un an par des procureurs antiterroristes, vise l’organisation terroriste MLKP (Parti communiste marxiste-léniniste), qui a également participé aux manifestations du parc Gezi », d’où est parti le mouvement national de contestation, a affirmé M. Güler, cité par la chaîne sur son site internet.

La police turque a déjà arrêté près de 600 personnes dimanche à Istanbul et Ankara dans les manifestations antigouvernementales, selon les barreaux de ces deux villes.

La police peut procéder à quatre jours de garde à vue, selon la loi turque, avant de présenter le suspect à un procureur qui décidera de son éventuelle inculpation, de son placement en détention préventive ou de sa remise en liberté.

Le ministère turc de la Justice a par ailleurs commencé à travailler sur un projet de réglementation de la criminalité sur internet pour restreindre le rôle des médias sociaux dans la propagation des appels à manifester contre le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, a rapporté mardi le quotidien Hürriyet Daily News, citant une source ministérielle.

« Nous évaluons les applications à l’étranger concernant cette question », a indiqué cette source, citée par le quotidien.

Le ministre de l’Intérieur a souligné mardi qu’il « n’est pas question de restrictions » d’accès aux médias sociaux, mais a fait état de travaux en cours « contre le cybercrime ». « Une identification des gens qui échauffent le peuple et qui commettent des crimes est en cours », a-t-il dit.

Quelque 25 personnes avaient été arrêtées début juin à Izmir (ouest) pour avoir twitté des « informations fausses ou diffamatoires » relatives aux manifestations, avant d’être relâchées.

Leur presse (Agence Faut Payer via Liberation.fr, 18 juin 2013)

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[Brésil] O povo se acordo !!

50 ans qu’il n’y avait pas eu ça.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/06/0121.jpgAu Brésil on ne l’attendait plus. Et pourtant. Un prétexte, l’augmentation du billet de bus, et c’est toute la poudrière qui prend feu, 200 personnes les premières manifs, 100’000 hier à Rio.

Comme un air d’insurrection contre l’immense mensonge qu’est le gouvernement de gauche PT-FMI. La bourgeoisie pensait avoir endormi le peuple avec cette propagande quotidienne sur le nouveau grand Brésil. 6e puissance mondiale, la pauvreté qui diminue, le pays de l’avenir, les classes moyennes qui augmentent, la consommation et tout le barratin.

La réalité est autre, pacification des Favelas ultra violente, conflit agraire réglé par les milices des latifundarios, 5 millions de familles sans terre, les peuples indigènes toujours autant menacés, une inflation galopante, une corruption à tous les étages, un système de santé et éducatif d’une qualité exécrable. Des riches de plus en plus riches et les autres…

On pensait les Brésiliens amorphes, foot, samba, carnaval suffisait à se peuple pour être heureux. Le réveil pour les élites doit être rude !

http://juralib.noblogs.org/files/2013/06/0417.jpgLe samba maintenant le peuple veut le danser avec la police, et les masques du carnaval sont remplacés par des foulards rouges.

La démocratie PT-FMI et le vieil État  montrent leurs vrais visages, fasciste, barbare. La police n’a pas changé depuis la dictature. L’État ne fait que défendre les monopoles impérialistes et protéger la bourgeoisie bureaucratique.

Le Brésil est pillé de ses richesses tandis qu’il se désindustrialise. C’est une véritable semi-colonie.

Le peuple envahit l’assemblée législative de l’état du Rio de Janeiro.

La police utilise des armes à feu.

Le peuple sans peur !

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Un manifestant blessé par balle.

Ils ne savent plus quoi faire, Dilma menace même de couper internet

Un sondage sur une chaîne de télé s’est retourné contre elle. À la question ‘Êtes-vous pour les manifs ?’ une immense majorité a répondu ‘Oui’. Ils ont donc décidé de changer la question : ‘Êtes-vous pour des manifs avec des émeutes ?’ la réponse fut un ‘Oui’ à une grande majorité… Cela montre bien le climat actuel au Brésil.

youtube.com/watch?v=7cxOK7SOI2k

Maintenant il faut continuer et bâtir le mouvement populaire pour abattre ce vieil État décadent, instaurer une nouvelle démocratie et le socialisme.

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Auba vermelha, 18 juin 2013

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Émeute ouvrière au Bangladesh

Clashes as garment workers protest

Bangladesh police yesterday fired rubber bullets and tear gas at thousands of garment workers protesting for better benefits in the capital Dhaka.

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Police use sticks as they disperse striking garment workers in Dhaka yesterday.

The clashes occurred in Dhaka’s Tejgaon industrial area after about 5,000 workers from Utah Fashions went on the rampage when they found the owners had closed the factory rejecting their demand for a hike in lunch and attendance bills.

“They staged a sit-in blocking a road. The factory management and police have asked the workers to clear the road. But they became unruly and smashed vehicles and factory windows,” local police chief Monir Uz Zaman said.

The protesters were dispersed after “police fired rubber bullets and tear gas at them,” Zaman said, adding several people were injured.

Police in Dhaka Medical College Hospital said at least one worker was brought into the hospital with injuries from a rubber bullet.

In a separate but similar incident in Gazipur district north of Dhaka, up to 2,000 workers from the Uni Gears factory clashed with police after the authorities shut the plant indefinitely.

“The workers blocked a key highway and threw stones at police. We fired tear gas to disperse them,” Gazipur police spokesman Mosharraf Hossain said.

Hossain said the owners closed the plant following days of protests by the workers demanding increases in perks and bonuses.

Bangladesh’s $20bn garment industry, the world’s second largest after China, has witnessed weeks of labour protests over pay hikes and better safety since a massive building collapse killed 1,129 factory workers outside Dhaka in April.

The government last month set up a panel to raise the minimum wage for millions of garment workers, as tens of thousands walked out of their factories and fought street battles with police.

A series of tragedies since November have highlighted appalling safety conditions in Bangladesh’s 4,500 garment factories and triggered renewed scrutiny of “made-in-Bangladesh” clothes commonly sold in the West.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer via Gulf-Times.com, 17 juin 2013)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « De braqueur de banque, je m’efforce de devenir poète. La plume des “citéens”, l’encre du ghetto, autodidacte, un pari fou pour qui m’a connu à mes heures barbares. Gamberge de trentenaire, Robin des blocks n’a pas d’arc mais un stylo, des mots, des pensées, des anecdotes. Trente ans de voyoucratie à essayer de gommer comme une rature au milieu d’un texte, toujours visible comme le nez au milieu de la figure »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[Chroniques de mitard publiées du 7 au 11 septembre 2012]
La nuit ne porte plus conseil

La nuit ne porte plus conseil, nous avons été trop nombreux à compter sur elle. Ça fait longtemps que je ne compte plus les moutons pour m’endormir. Dix ans de nuits blanches, matelas dur comme de la roche, même mes pensées raisonnent tellement c’est vide dans cette cellule de mitard. Témoignage en temps réel, mon dos courba­turé en a subi les frais. Mais je jure sur la tête des quatre murs de ma grotte de m’en sortir vivant. Je conçois, concède qu’ils ont maquillé, mis une couche de peinture pour essayer de cacher les traces d’une précédente tentative de suicide.

Je suis devenu comme un animal en cage, aucune émotion face à ces kilomètres de murs et de barbelés. Pour ne pas étouffer, je passe mes après-midi en promenade. Promenade bétonnée de la tête aux pieds, grillage barbelé au-dessus du crâne. Difficile d’entrevoir le ciel qui te rappelle qu’il existe d’autres lieux que ta cage de fauve.

Les courriers de tes proches sont lus et relus, disséqués par tes geôliers. Une fois qu’ils t’arrivent en mains propres, ça te procure un plaisir inestimable. Le « JE T’AIME » de ta chérie en fin de lettre a le goût de miel. De braqueur de banque, je m’efforce de devenir poète. La plume des « citéens », l’encre du ghetto, autodidacte, un pari fou pour qui m’a connu à mes heures barbares. Gamberge de trentenaire, Robin des blocks n’a pas d’arc mais un stylo, des mots, des pensées, des anecdotes. Trente ans de voyoucratie à essayer de gommer comme une rature au milieu d’un texte, toujours visible comme le nez au milieu de la figure.

L’expérience est le nom que l’on donne à nos erreurs. Alors j’en ai beaucoup, beau­coup trop pour un simple « citéen ». Ainsi font, font, font les mecs des bas-fonds. Les armes et la violence en héritage. La « ZONZON » ne fait plus peur on s’y entasse tous en chœur, aux assises c’est les enchères. Tu passes de dix à quinze de quinze à cinq ans selon l’humeur de tes juges. Ça rentre, ça sort de prison comme dans un moulin « passage obligé » pour les indigènes de la France d’en bas. Vite ! Vite ! Il nous faut un vaccin de toute urgence pour nous guérir de cette mentalité pirate. Les générations se suivent et se ressemblent dans le ghetto.

J’essaie de conjurer le mauvais sort en comptant désormais sur nous-mêmes et plus rien attendre de personne.

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuit sur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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[Paris, 21 & 22 juin] Fête de la musique devant la Santé & projection à la FASTI

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VOIR LE TRACT

Le GEP

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[Brésil] La colère grandit et se répand dans tout le pays

Lundi 17 juin, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans tout le Brésil réclamant — entre autres  la gratuité des transports et critiquant les dépenses faites pour la Coupe du Monde de 2014. La révolte se répand dans l’ensemble du pays depuis plusieurs jours tandis que la Coupe des Confédérations vient tout juste de commencer.

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À Belo Horizonte, affrontements entre la police et les manifestants qui tentent d’approcher du stade Mineirao, où se tient le match Tahiti-Nigéria, dans le cadre de la Coupe des Confédérations.

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Rio de Janeiro. Des noix de coco et cocktails molotov ont été lancés contre la police.

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Rio de Janeiro. Un groupe de manifestants a investi et vandalisé l’assemblée locale. L’entrée du bâtiment a été incendiée.

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Rio de Janeiro

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La veille, dimanche 16 juin, à Rio, des affrontements ont eu lieu aux abords du stade Maracana où se tenait le deuxième match de la Coupe des Confédérations.

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À Sao Paulo ainsi qu’à Curitiba, les manifestants ont tentés d’occuper le siège du gouvernement mais ont été repoussés par la police. À Brasilia, les manifestants ont percé le barrage policier et investi le toit du parlement national.

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Curitiba

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VOIR LA VIDÉO

Photos et informations tirées de leur presse (A Folha de S.Paulo, LeMonde.fr, Estado de Minas) par un correspondant du JL

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[Affaire Abdelhakim Ajimi] Dorsaf et Walid condamnés !

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpgJustice à deux vitesses : Dorsaf et Walid ont été condamnés !!

Le délibéré du procès du 22 mai a été rendu ce lundi 17 juin : Dorsaf et Walid ont été condamnés à 4 mois de prison avec sursis et 150 euros de dommages et intérêts, pour des mots qu’ils auraient prononcés… soit une peine presque équivalente à celle de l’un des policiers condamnés pour la mort de Abdelhakim Ajimi !

Environ 25 personnes étaient présentes au tribunal pour les soutenir. Notons que plusieurs hommes se sont vus refuser l’accès à la salle d’audience parce qu’ils étaient vêtus de panta-courts et portaient des tongs !! Que le jugement a été prononcé de manière délibérément inaudible. Et comme si cela allait suffire à calmer le jeu, que cette condamnation ne donnerait pas lieu à une inscription au casier judiciaire.

Dorsaf et Walid ont décidé de faire appel. Le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi les soutient entièrement dans cette décision, et lancera sous peu un appel à soutien financier.

En criminalisant des militants parmi nous, ils pensent pouvoir nous faire taire, mais au contraire, nous allons d’autant plus nous mobiliser : la lutte continue !!

Ivora, pour le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi

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[In memoriam Clement Méric / Pologne] Une vie de lutte plutôt qu’une minute de silence

Banderole de soutien sur le squat OD:ZYSK à Poznan en Pologne, et une traduction du texte diffusé pour expliquer le contexte actuel

Le 6 juin 2013, Clément Méric meurt des suites de ses blessures de la veille, lors d’une agression fasciste. Cette action, n’est qu’un signe de plus de la part des groupes violents d’extrême-droite pour nous signifier que leur mouvement n’a plus de limites, et qu’il grandit de jour en jour.

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Clément était membre du groupe Action Antifasciste, et était présent lors de plusieurs manifestations dans cet hiver marqué par le mouvement de l’égalité des droits pour le mariage homosexuel.

Pour placer l’événement dans son contexte, lorsque le gouvernement proposa une loi pour autoriser le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants de couples du même sexe, le pays s’est vu traversé par une vague d’homophobie, avec des manifestations allant jusqu’à 300’000 personnes pour dénoncer cette loi. C’est évidement des groupes des plus fascistes, tel que les JNR, le GUD ou JN qui prennent l’interface radicale du mouvement surtout par des grosses confrontations avec les flics, barricades en feu dans Paris et autres. Comme dans tout contexte de protestation, les radicaux font peur à certains, mais surtout, ils représentent la force vive du mouvement de contestation, et attisent l’admiration d’autres. La loi étant validée depuis quelques semaines, ils ont décidé de lancer un ‘printemps français’, à l’image des révolutions des pays arabes ces dernières années. Le gouvernement actuel a demandé l’interdiction de ces groupes d’extrémistes, de quoi attiser leurs colères et les pousser à des comportements sans limites comme ils ont pu nous le montrer ce 5 juin.

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En contre-partie, les groupes antifascistes (dont Clément faisait partie) se sont organisés de leurs côtés pour tenter de faire face à cette montée en puissance des nationalistes. Depuis quelques mois, les arrestations arbitraires se multiplient. Les autorités n’hésitent pas à adopter un discours des plus irrationnels, blâmant les comportements des nazillons tout en les laissant manifester (souvent illégalement), et usent leurs quotas de répressions sur les antifascistes. En quelques mois, nous pouvons compter plus d’une centaine de camarades arrêtés.

Les agresseurs de Clément portaient des T-shirt de Blood and Honor, groupe nazi présent dans plusieurs pays. Ce cas doit nous interpeller parce qu’il signe l’effervescence de l’idéologie fasciste à travers l’Europe, comme nous pouvons le constater très clairement en Grèce, Italie, Biélorussie, Allemagne mais aussi Pologne. Nous devons réagir et ne pas laisser la haine fasciste être la solution au problème capitaliste.

Nous ne laisserons pas ni les fascistes, ni les autorités prendre le contrôle de nos vies.

NO PASARAN

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[Lausanne] 20 ans d’espace autogéré !!!

20 ans d’espace autogéré !!!

Né du désœuvrement punk qui traînait son spleen dans les bars de la ville et de la nécessité d’avoir un lieu auto-organisé où se retrouver hors des circuits marchands pour mener nos propres expériences collectives, l’espace autogéré de Lausanne fête cette année ses vingt ans d’existence.

Quatre lieux successifs ont abrité le projet. C’est le 17 juin 1993 qu’a été occupé le premier : une villa sise au chemin de Primerose 11. Il s’y organisait déjà, comme aujourd’hui encore mais de manière un peu plus chaotique, des concerts, des projections de films, des bouffes pop, un infokiosk, des débats et discussions. L’expérience durera moins de quatre mois avant que les pelleteuses n’aient raison de la bâtisse, mais pas de la détermination des occupant⋅e⋅s à poursuivre l’expérience ailleurs. Une manif plus tard, le 13 novembre 1993, c’est une ancienne carrosserie au chemin de la Colline 2 qui est à son tour squattée. Les activités s’y poursuivent environ 2 ans, momentanément interrompues par un Municipal socialiste qui invoque la dangerosité des lieux pour tout raser et replonger la ville dans sa tranquillité ronronnante de l’époque. Après une résistance farouche et de longs palabres avec les autorités, l’espace autogéré prendra ses quartiers dans l’ancien dépôt de bus de Prélaz nouvellement vide. La maison est investie le 13 juin 1995 et la halle occupée trois mois plus tard. La surface disponible permet l’installation d’une forge, l’association Ciné-Clap (aujourd’hui Oblò) y établit une salle de cinéma, un village de roulottes y voit le jour ainsi qu’un potager et un poulailler. Cinq ans passent, avant que la Ville n’envoie une armada de flics avançant dans la position de la tortue comme à l’époque romaine pour reprendre possession des lieux et permettre une fois de plus aux pelleteuses d’accomplir leur œuvre destructrice. Nous avions pris les devants en occupant les locaux vides de la Dolce Vita le 6 juillet 2000. Le lieu avait été déserté une année et demie auparavant par les occupants d’alors, obéissant à l’injonction d’un juge qui avait constaté la banqueroute du premier club rock de Suisse. C’est à César-Roux 30, que les activités foisonnantes de l’espace autogéré se mènent aujourd’hui.

Que de chemin parcouru en vingt ans et pas seulement géographiquement au gré des pérégrinations du projet à travers la ville. Vingt ans d’autogestion d’un projet comme l’espace autogéré laisse des traces dans la ville, mais également dans les têtes tant les expériences menées en son sein ou qui en ont découlé ont été nombreuses et diverses.

En vingt ans, le lieu s’est ouvert sur la ville, sans toutefois entrer dans le moule, sans s’institutionnaliser, sans se professionnaliser (personne n’est payé) et sans participer à la disneylandisation des nuits lausannoises dont on parle tant à tort ou à raison, mais surtout à tort et à travers à notre si belle époque où le sécuritaire s’ajoute au propre en ordre pour un ennui durable éthiquement garanti.

L’espace autogéré tente d’impliquer les gens qui le fréquentent dans le fonctionnement du lieu, dans la prise de conscience de pourquoi un tel lieu fonctionne depuis tout ce temps. Il remet en question les barrières artistes/public, cuistots/client⋅e⋅s, service d’ordre/bétail afin d’instiguer une responsabilité collective du lieu. On fait collectivement pour soi et pour les autres.

L’espace autogéré c’est entre autres un lieu de réunion pour diverses associations et collectifs en plus d’un lieu de rencontre. C’est la publication du journal Rézô dans un premier temps puis de la feuille d’information T’Okup’. C’est des concerts et parfois du théâtre ou des expositions. L’espace autogéré c’est encore la mise en place de bouffes populaires hebdomadaires où l’on apprend à faire à manger pour plus de quatre personnes et qu’il est possible de manger autre chose que de la viande sans pour autant prendre la tête aux convives, l’apprentissage collectif de la tenue d’un bar, d’un infokiosk, du nettoyage, du rangement, du débouchage de tuyauterie, du fonctionnement d’une sono, des light, de l’électricité ou du chauffage, de l’entretien du toit ou d’un jardin potager et de l’apprentissage sur le tas de tant d’autres choses encore. C’est la création d’un atelier de sérigraphie permettant la diffusion d’idées par la production d’affiches, de tracts, de brochures et de T-shirts. C’est un lieu susceptible d’apporter, selon les périodes et les mouvements, son soutien à diverses luttes anti-capitalistes comme la participation au mouvement contre le World economic forum (WEF) de Davos, féministes, de sans papiers, sur le logement, anti-OGM, anti-carcérales et anti-répression, locales ou internationales. C’est un soutien à la maison de Paille en 2007. Des actions ou des débats sont également menés en solidarité avec les peuples en lutte au Chiapas et plus généralement en Amérique latine, en Palestine, en Afrique, en Asie ou en Europe.

La manière dont les activités sont menées est au moins aussi importante que les activités elles-mêmes. Cela demande de se questionner toujours sur le  pourquoi et le comment on fait les choses et d’être également conscient⋅e des limites que nous impose trop souvent le monde dans lequel nous vivons. La déconstruction des rôles assignés aux hommes et aux femmes fait également partie des pratiques et des questionnements permanents de l’espace autogéré même si une piqûre féministe de rappel est parfois nécessaire.

Si un tel lieu était nécessaire il y a vingt ans, cela l’est encore plus aujourd’hui tant le monde dans lequel nous vivons tend à se réduire à une marchandise normée et aseptisée, que l’on ne voit bientôt plus que par l’écran de son smartphone grâce à l’appli « lobotomie ».

Que naissent beaucoup de squats et de lieux autogérés !
Vive les luttes de quartier contre la boboïsation de la ville !
Non à la « mixité sociale dans les quartiers », projets derrière lesquels se cache la colonisation des quartiers populaires par les classes aisées !

Cultivons la subversion !
Subvertissons la culture !

Espace autogéré, juin 2013

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[Bientôt la lutte finale en Syrie ?] Tempête de la rébellion au nord

SYRIE – “TEMPÊTE DU NORD” – LA RÉBELLION REÇOIT DE LOURDES ARMES À ALEP / DES JIHADIS MÈNENT UNE OPÉRATION SANGLANTE CONTRE LES LOYALISTES / LE HEZBOLLAH ET LES MILICIENS IRAKIENS BLOQUÉS AU SUD DE KAFRHAMRA – INFORMATIONS CHRONIQUE – La “tempête du nord” est en train de devenir une tempête de la rébellion. Ce matin du 17 juin, une violente attaque suicide menée par un membre de l’État Islamique d’Irak (…) a tué pas moins de 47 loyalistes et membres du Hezbollah près de l’aéroport de Nayrab.

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ATTAQUE SUICIDE À NAYRAB

Au sud de KafrHamra sont arrivés des renforts d’Al Bab et d’Azaz en vue de tenir la ligne de front devenue impénétrable par le Hezbollah et les miliciens irakiens chiites. Hier, deux chars loyalistes ont été détruits à Hoihna (10 chars désormais ont été détruits en ce seul point qui tient dans un mouchoir de poche). La livraisons d’armes lourdes, dont des armes anti-char et anti-aériennes portatives, ces derniers jours, a clairement changé la donne. D’intenses combats ont toujours lieu à l’entrée sud de Sakhour tandis que la rébellion a conforté son contrôle sur le sud du quartier de Bab Jnain (vieil Alep), qu’elle a récemment pénétré pour la première fois.

Chronique du printemps arabe sur Facebook par Cédric Labrousse, 17 juin 2013

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Mes réflexes d’autrefois me poussent à faire quelques pompes pour prendre mes marques me familiariser avec mon cimetière, ma nouvelle tombe que je vais habiter pendant quatorze jours »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[Chroniques de mitard publiées du 7 au 11 septembre 2012]
Le retour aux sources de la plume

Me revoilà revenant au lieu de ma révélation aux toilettes de la République « le mitard » lieu sans vie sans âme où même le temps ne va plus où la patience est une vertu le seul moyen de sortir intact intellectuellement portes blindées plus portes grillagées t’ouvrent sur un paysage immobile en fer tables et chaises soudées au sol un silence assourdissant une radio pour te tenir compagnie qu’ils pensent être leur parade contre les suicides c’est là que je fais mon entrée mes réflexes d’autrefois me poussent à faire quelques pompes pour prendre mes marques me familiariser avec mon cimetière, ma nouvelle tombe que je vais habiter pendant quatorze jours. Ils en ont décidé ainsi dans leur parodie de jugement sans même un avocat pour plaider ma maigre cause pour le coup j’étais bel et bien coupable de rester libre dans ma tête physique­ment ils venaient de m’enterrer un étage plus bas la prison dans la prison anesthésie totale face à cet univers carcéral. Seul face à toi-même tu ne peux plus te défiler les mitards se suivent et se ressemblent pas chaque prison a sa specificité selon où il est situé dans l’établissement à Bois-d’Arcy par exemple il est au quatrième étage au-dessus des cellules de détenus tu as donc juste à faire descendre un yoyo (drap coupé de façon que ça fasse une corde) pour que d’autres détenus t’accrochent à manger je passe mon temps à lire à écrire. Tous mes faits et gestes sont calculés calés dans le temps ménage sport écriture lecture sont magistralement placés à des heures précises rien n’est laissé au hasard pendant quatorze jours je deviens un automate un robot programmé pour rester vivant même au sous-sol dans les poubelles de la République je dis pas que ça a été du gâteau avoir les menottes aux poignets ce n’est jamais agréable.

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuit sur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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Kit de survie en territoire Pôle Emploi

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Université populaire de Nantes / Mouvement des chômeurs et précaires en lutte (MCPL) de Rennes – juin 2012

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[Saint-Girons] CAFCA – Ne restons plus seuls face à l’administration

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CAFCA – Collectif d’autodéfense face au contrôle de l’administration

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[Marseille] Very Important Précaires

Very Important Précaires du 1er mai

RSAste, smicard, étudiant, chômeuse, travailleur précaire, marginale, sans papier… On en a marre de se faire exploiter, humilier, culpabiliser, contrôler, enfermer, radier, expulser.

Marre de se voir accuser d’être pauvres.

Marre d’habiter des appartements pourris ou d’en être expulsés.

Marre de se faire couper l’eau, l’électricité et d’être traqués par l’huissier.

Marre des boulots, des salaires de merde, et de courir après le patron pour être payés.

Marre d’être ballotés de guichet en guichet, des contrôles domiciliaires, de la menace d’être radiés, d’avoir à accepter des boulots sous-payés.

Marre de payer un ticket pour aller travailler, des amendes et des contrôles dans les transports.

Quand on est précaire, les fins de mois sont angoissantes. Le quotidien est une lutte et seule, j’ai peur, et seul, je perds. Alors, contre-attaquons !

L’État social et ses dispositifs (CAF, Pôle emploi, sécu etc.) sont présentés tantôt comme une faveur, tantôt comme remplissant un devoir de solidarité envers les plus pauvres… Ce qui dissimule mal leurs objectifs réels : à savoir, le coût nécessaire à payer pour obtenir la paix sociale et toujours plus de flexibilité du travail et des travailleurs, dans un contexte où la course aux profits conduit à la précarisation de nos conditions d’existence.

Plutôt que de négocier les miettes qui nous sont concédées, organisons-nous et construisons un rapport de force !

En se déplaçant à plusieurs aux guichets de la CAF, du Pôle emploi, d’EDF, de la Générale des Eaux, du Trésor public ; on revient sur des radiations, on débloque des dossiers et des situations, on se fait remettre l’eau et l’électricité. En mettant collectivement la pression aux patrons pour exiger le paiement des salaires en retard ou incomplètement versés, on se fait payer. En empêchant les saisies d’huissier, en mettant la pression aux bailleurs sociaux ; on trouve à se loger et on empêche les expulsions locatives. En mettant des bâtons dans les roues aux contrôles de titres de transports ; on ne se mange pas de prunes en allant au boulot ou à la plage…

Pour s’organiser, nous nous réunissons en assemblée publique des précaires les 2e et 4e mardi du mois à 18h, à Mille Bâbords, au 61 rue Consolat.

Réunion publique mardi 14 mai 2013 à 18 heures.

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Quelques conseils pour faire face aux contrôles domiciliaires de la CAF

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Les CAFards – Collectif de chômeurs et précaires à Montreuil

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