[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Vivent les armureries DIY d’Idlib et d’ailleurs ! (6)

DIY weapons of Syria

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An improvised armored vehicle is seen parked as Free Syrian Army fighters gather on a street in the refugee camp of Yarmouk near Damascus May 5, 2013. The Arabic on the vehicle reads: “God is great.”

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Syrian brothers who used to be musicians make homemade explosives for the Free Syrian Army in the Ma’ar Shamarine village near Idlib January 15, 2013.

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Free Syrian Army fighters stand next to a homemade rocket launcher in Sermeen near Idlib, October 17, 2012.

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A homemade military vehicle called Sham 1 is seen in Khan al-Assal area November 10, 2012.

Leur presse (Reuters)

 

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Vivent les armureries DIY d’Idlib et d’ailleurs ! (5)

DIY weapons of Syria

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A Free Syrian Army fighter prepares a locally made shell before launching it towards forces loyal to Syria’s president Bashar Al-Assad in Old Aleppo January 17, 2015.

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Members of the Free Syrian Army react as they fire a homemade rocket towards forces loyal to the Syrian regime in Deir al-Zor, June 16, 2013.

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Members of the Free Syrian Army work on an improvised mortar shell in Deir al-Zor March 8, 2013.

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Fighters from the Free Syrian Army’s Tahrir al Sham brigade use a shotgun to fire an improvised grenade at Syrian Army soldiers in the Arabeen neighborhood of Damascus February 9, 2013.

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Members of the free Syrian Army use a catapult to launch a homemade bomb during clashes with pro-government soldiers in the city of Aleppo, October, 15, 2012.

Leur presse (Reuters)

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Vivent les armureries DIY d’Idlib et d’ailleurs ! (4)

DIY weapons of Syria

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A Free Syrian Army fighter works as he prepares a rocket in a makeshift weapon factory in Aleppo September 9, 2013.

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A Free Syrian Army fighter makes improvised mortar shells at a weapons factory in Aleppo, September 4, 2013.

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A Free Syrian Army fighter rides a tractor as he moves a homemade cannon in Ashrafieh, Aleppo September 25, 2013.

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A member of the Free Syrian Army writes a name of a fellow fighter on a homemade rocket in Deir al-Zor, June 16, 2013.

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A Free Syrian Army fighter displays homemade bombs made from ornamental balls in the old city of Aleppo July 6, 2013.

Leur presse (Reuters)

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Vivent les armureries DIY d’Idlib et d’ailleurs ! (3)

DIY weapons of Syria

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A rebel fighter teaches fellow fighters how to make explosive mines in Hama countryside May 11, 2014.

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A Free Syrian Army fighter spray paints an improvised mortar shell, as his fellow fighter watches him, in Aleppo September 4, 2013.

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A Free Syrian Army fighter prepares homemade bombs inside a house in the old city of Aleppo September 10, 2013.

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Free Syrian Army fighters smoke cigarettes as they prepare a mortar launcher near Nairab military airport, which is controlled by forces loyal to Syria’s President Bashar al-Assad, in Aleppo, September 4, 2013.

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Free Syrian Army fighters prepare to fire rockets towards forces loyal to Syria’s president Bashar al-Assad in Raqqa, eastern Syria October 14, 2013.

Leur presse (Reuters)

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Relaxes max

RELAXES MAX

Après la relaxe des deux assassins des adolescents de Clichy-sous-Bois, tueurs par laxisme, incompétence … en tout cas, en flagrant délit de racisme, tout espoir de connaître la vérité s’effondre, quand se confirme le désespoir d’injustice.
Pour les parents et les proches, dix ans d’attente pour une peine aggravée par le mépris des magistrats.
Nous nous souvenons des victimes de viol/ences policières dans des commissariats lors de gardes-à-vue ; dans des prisons, et encore plus fréquemment avant, pendant, après, des manifestations.
Rappelons-nous aussi ces faits de « délinquance ordinaire » commis par des policiers en toute impunité :
Ici, dans le Val d’Oise : un policier sort saoul de son lieu de travail ; il percute et tue, commet un délit de fuite.
Loin de la comparution directe, après tergiversations, il est … suspendu.
Là : à Conflans-Sainte-Honorine, une policière grille un feu ; tue un adolescent de 16 ans, en blesse un autre. Les parents attendent encore « la vérité ». En attente de sa relaxe, elle n’est même pas au placard.
Les exemples sont nombreux, dans nos campagnes et nos banlieues. Plus rarement « chez les riches », où la police semblerait plus … civile ?
Constatons également la mondialisation de ces meurtres d’État : Amérike, Japon, Chine ; Italie, Espagne, Brésil, Afrique du Sud…
Les « gardiens de la paix civile » mentent, trafiquent, tuent, protégés par leurs uniformes et leurs carapaces anti-balles, armés de leurs gadgets de mort paramilitaires.
Anarchistes, nous ne nous situons pas, comme ces assassins patentés, au-dessus des lois ; nous les refusons, par la désobéissance civile, et militaire.
Nous sommes des hors-la-loi. Et fièrEs de l’être. Outlaw once, outlaw for ever.

Abalaloi – 24 mars 2015

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Vivent les armureries DIY d’Idlib et d’ailleurs ! (2)

DIY weapons of Syria

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Al-Shamiyah Front fighters inspect a new locally-made cannon named “Borkan” (Volcano) as it was being launched towards forces loyal to Syria’s president Bashar Al-Assad located in Aleppo artillery school, March 7, 2015. The “Borkan” is made out of four tubes attached to a loader, which can fire four shells at a time, and have a range of three kilometers (1.86 miles).

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A locally made shell is launched by rebel fighters towards forces loyal to Syria’s President Bashar al-Assad at the frontline in al-Breij district of Aleppo December 10, 2014.

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Rebel fighters make improvised mortar shells inside a weapons factory in the southern countryside of Idlib September 9, 2014.

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A man works in a weapon factory in Aleppo countryside March 5, 2015.

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A Free Syrian Army fighter runs to take cover after launching a mortar towards forces loyal to Syria’s President Bashar al-Assad in the Jabal al-Akrad area in Syria’s northwestern Latakia province February 25, 2014.

Leur presse (Reuters)

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C’est donc cela qu’il y à faire à présent : s’extraire du cadre national, unir nos forces contre des « cibles logiques », prendre la rue à l’échelle européenne, quitte à traverser le continent

Grèce : sortir de l’impuissance nationale

La péremption de l’espoir, en politique, se fait toujours plus véloce. Il a fallu deux ans, dans les années 1980, pour que chacun s’avise de ce qu’il en était du « socialisme » de François Mitterrand. Au bout de trois mois, on était à peu près fixé quant à ce que serait, en fait de reniement total, le quinquennat de François Hollande.

Il n’a pas fallu trois semaines pour faucher net tous les espoirs bêtement placés en un politicien aussi madré qu’Alexis Tsipras : celui qui prétendait envoyer au diable la « troïka » s’attable sagement au premier coup de sifflet, quelles que soient les précautions sémantiques, les arguties tactiques et les rodomontades préalables.

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Mathieu Burnel dans l’émission ‘Ce soir ou jamais”, France2, le 31 octobre 2014 | VOIR LA VIDÉO

Son souci de flatter, fût-ce par les artifices les plus archaïques, l’union nationale masque mal le divorce entre les promesses et les actes. Rarement on aura vu, en politique, impuissance plus criante. À croire que l’on n’avait peint l’apparatchik social-démocrate en gauchiste radical que pour mieux mettre en scène sa venue à résipiscence.

On a beaucoup glosé sur les trois semaines de « psychodrame » à rebondissements entre bureaucrates internationaux qui ont suivi la victoire de Syriza. Mais on n’a rien dit sur l’embarrassante démonstration qui a été faite là, en eurovision. Pour qui n’a pas consenti à se crever les yeux, elle se formule comme suit.

Un : voter pour un gouvernement ou pour un autre – fût-ce un « gouvernement d’ultra-gauche », comme l’a écrit Le Monde dans le cas grec – est sans effet.

Deux : tout gouvernement, en Europe, ne peut plus être qu’un relais local de la machine gouvernementale globale.

Trois : comme Podemos peut-être demain, Syriza n’a fait qu’amener à s’échouer au sein du jeu politique la puissance née dans la rue lors du « mouvement des places ».

Le mouvement des « indignés » noyauté

Car Syriza résulte de la conjonction d’une stratégie – noyauter le mouvement qu’ailleurs on a appelé  des « indignés » et se propulser à partir de là – et d’un désespoir – la voie de l’insurrection, des occupations et des grèves générales, expérimentée en Grèce des années durant, n’ayant abouti à rien, on s’en remit une nouvelle fois au vote, au vote pour un parti qui n’avait pas encore eu l’occasion de trahir, étant nouveau. Ce désespoir est lui-même le fruit d’un enfermement, d’un enfermement dans le cadre national.

Comme l’écrit fort justement la Destroïka dans son appel à aller manifester à Francfort contre la Banque centrale européenne le 18 mars, « de grèves générales sans effet en journées d’action qui n’agissent sur aucune cible digne de ce nom, les luttes semblent partout buter sur le cadre national – au Portugal, en Espagne, en Italie, en France, en Grèce. L’échelle nationale, qui fut longtemps l’échelle par excellence de l’action politique – que ce soit pour l’État ou pour les révolutionnaires –, est devenue celle de l’impuissance. Impuissance qui se retourne contre elle-même en une rage nationaliste qui, partout, gagne du terrain ».

C’est donc cela qu’il y à faire à présent : s’extraire du cadre national, unir nos forces contre des « cibles logiques », prendre la rue à l’échelle européenne, quitte à traverser le continent. Et ici, appuyer sur cette petite contradiction : la Banque centrale européenne (BCE) a beau se figurer qu’elle règne avec une autonomie kantienne sur sa république phénoménale des taux d’intérêt, elle n’en demeure pas moins quelque part sur terre.

Elle ne gouverne pas la marche du monde depuis les airs. Son nouveau siège à 1,2 milliard d’euros, elle l’a inauguré le 18 mars à Francfort, et non au pays des ombres financières, des anticipations à cinq ans, des algorithmes de marché et des nanosecondes chères à Goldman Sachs. « Vos assiettes ne sont pas à l’épreuve de nos crachats. Vos forteresses sont vulnérables », comme l’écrit aussi la Destroïka, s’adressant à Draghi et consorts.

On nous dira : « Mais tout cela est bien connu. Ce sont les vieilles lubies du mouvement antiglobalisation. Vous reproposez une stratégie qui a déjà échoué, celle des contre-sommets, ces inoffensifs rendez-vous endogames d’activistes déconnectés de tout. » C’est oublier une chose : à la différence d’il y a quinze ans, la lucidité quant aux méthodes néolibérales de restructuration des sociétés n’est plus l’apanage d’une poignée de militants, mais un fait social massif.

Depuis la fin janvier, chaque semaine étale sous les yeux de tous le caractère politique d’instances « économiques » telles que la BCE. Faire le siège de la BCE relève à présent d’une salubre évidence, qui réjouira petits et grands. À part peut-être M. Schäuble.

Mathieu Burnel (membre du groupe de Tarnac)
Mathieu Burnel a été mis en examen dans l’affaire de Tarnac.

Leur presse (LeMonde.fr, 18 mars 2015)

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Vivent les armureries DIY d’Idlib et d’ailleurs ! (1)

DIY weapons of Syria

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Rebel fighters from Suqour al-Sham Brigade prepare a locally made shell before launching it towards forces loyal to Syria’s president Bashar Al-Assad in Idlib countryside, March 18, 2015.

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A man works on a mortar shell inside a cave used as a weapon factory operated by rebel fighters from Suqour al-Sham Brigade in Idlib countryside, March 18, 2015.

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A man works on a mortar shell at a weapon factory operated by rebel fighters from Suqour al-Sham Brigade in Idlib countryside, March 18, 2015.

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A man works on gas canisters filled with explosives inside a cave used as a weapon factory and operated by rebel fighters from Suqour al-Sham Brigade in Idlib countryside, March 18, 2015.

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Men work inside a cave used as a weapon factory operated by rebel fighters from Suqour al-Sham Brigade in Idlib countryside, March 18, 2015.

Leur presse (Reuters)

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[ZAD des Chambarans] Communiqué de la journée « la ZAD aux Bois Vivants » du 21 mars 2015

Communiqué de la journée « la ZAD aux Bois Vivants » du 21 mars 2015

Aujourd’hui nous organisions un événement festif, familial et solidaire, que nous avons nommé « la ZAD aux Bois Vivants ».

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TÉLÉCHARGER LE DOCUMENT

Cette fête était destinée à partager nos découvertes environnementales récentes sur le dossier de Center Parcs. Mais aussi de nous réunir autour d’activités collectives sur les métiers du bois, de l’argile et bien plus encore.

Depuis l’annonce de cet événement de nombreuses menaces de mort et des injures ont été publiées et relayées sur les réseaux sociaux. Des rumeurs de blocage des voies d’accès à la ZAD circulaient également. C’est pour cette raison que nous avons choisi d’organiser un convoi groupé depuis un village à proximité.

Une cinquantaine de personnes étaient présentes ce matin à 10 heures pour le départ de ce convoi en direction de la ZAD depuis le parking de l’Intermarché de St Siméon de Bressieux.

Après avoir contrôlé le véhicule balais à différents points du trajet dans le but de ralentir notre avancée, les différents corps de gendarmerie nous ont bloqué après le village de Roybon sur la RD20F au croisement de la Perrache.

Malgré la présence d’enfants et de personnes âgées coincés sous la pluie et, malgré la connaissance de notre statut de riverains de fait nous autorisant à nous rendre chez nous accompagnés de qui nous le souhaitons, nous avons dans un premier temps dû rebrousser chemin.

Venus en renfort depuis la ZAD, des amis musiciens et jongleurs n’ont pas pu franchir le barrage pour rejoindre le convoi. Ils ont dû laisser les véhicules sur le bord de la route malgré le risque connu de dégradation sur les véhicules depuis notre dernier événement. Ce blocus constitue une interdiction formelle de quitter la zone à défendre en véhicule.

Dans les faits, nous avons pu constater qu’en moins de 24 heures, au moins deux arrêtés concernant les routes menant aux différents accès de la ZAD Roybon ont été déposés. Un par le Conseil Général de l’Isère. Un par la Mairie de Dionay.

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VOIR LE DOCUMENT

Nous avons décidé à ce moment de trouver un autre chemin et avons pris la direction de l’accès Nord du site. Arrivés à une cinquantaine de mètres de la barricade Nord, nous avons vu un cordon de Gendarmes Mobiles fermer un côté de la route et l’accès à la barricade alors qu’un second camion militaire se mettait en travers de l’autre issue.

Pendant de longues minutes, les participants à « la ZAD aux Bois Vivants », enfants compris, se sont retrouvés encerclés par des militaires armés et menaçants sur une route qui n’était pas celle concernée par ces arrêtés. Nous avons ensuite pu reprendre la route.

Suite à cette situation notre convoi c’est alors dirigé vers la Mairie de Roybon pour manifester notre indignation. En quelques minutes la place de la Mairie a été encerclée par d’autres Gendarmes Mobiles clairement menaçants. La place a été évacuée manu-militari.

Voyant les heures défiler, nous avons décidé de garer les véhicules vers 16 heures sur le parking du lac de Roybon. Le cortège est donc monté vers les entrées Nord et la MaquiZAD sans être inquiété. Un groupe est actuellement en poste sur le parking pour veiller sur les véhicules.

Quelques dizaines de minutes plus tard, les premiers marcheurs ont constaté qu’un incendie s’était déclaré à deux cent mètres de l’entrée de la maison de la Marquise, la MaquiZAD. Nous avons immédiatement prévenu les pompiers.

Il s’agit d’un véhicule de transport de bois appartenant à un particulier n’ayant aucun rapport avec le projet de Center Parcs. Nous refusons clairement toute association entre les occupants de la ZAD Roybon et ce geste.

Les gendarmes se sont présentés à la guérite reconstruite de l’entrée de la maison, dans une voiture non sérigraphiée (véhicule civil avec plaques d’immatriculation militaires). Les deux officiers nous ont témoigné leur écoute et leur compréhension de nos craintes, refusant cependant d’entendre nos demandes de préservation de l’environnement calme régnant de manière générale sur la ZAD de Roybon depuis son ouverture.

Pour l’instant, les forces de l’ordre sont toujours en place mais la situation est plutôt calme. Nous sommes tristes et en colère de voir qu’une fois de plus les autorités envoient les forces de l’ordre pour tenter de mettre un frein à nos bonnes relations avec une grande partie de la population locale.

Ce soir à 20 heures, comme prévu, sera diffusé le nouveau film de nos copains de Bure qui nous présenteront ensuite leur InfoTour concernant leur camp d’été et les activités qui s’y tiendront.

La ZAD est toujours vivante. Nous ne baisserons pas les bras et vous convions à continuer à nous soutenir en venant nous voir dès que vous le pouvez. Rendez-vous pour les autres au Sème Ta Butte, du 3 au 12 avril sur la ZAD de Roybon !!

À bientôt dans les bois

Mailing – 21 mars 2015

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Autour de la question des « montages », de la justice et de l’offensive

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Brèves du désordre

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[Vient de paraître] Les Illusions renouvelables

Bonjour,

La transformation et les ravages des territoires imposés par le tourisme, le sport et les divertissements, mais aussi par les infrastructures autoroutières, aéroportuaires et ferroviaires ou par les politiques énergétiques etc. sont entièrement liés à la marchandisation de la société.

Dans une société qui dépend totalement de la production d’énergie, ceux qui produisent l’énergie détiennent aussi le pouvoir.

« L’histoire de l’énergie s’inscrit dans celle de l’économie mondiale et, par conséquent, appartient à la sphère idéologique des mythes et des croyances soutenant les structures de domination qui tenaillent le monde. »

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Vous trouverez ci-dessous l’annonce  de parution de l’ouvrage de José Ardillo Les Illusions renouvelables auquel j’ai participé à la traduction et dont je vous conseille vivement la lecture.

Merci de faire suivre,

Henri Mora – mailing, 18 mars 2015

Parution le 19 mars 2015

Les Illusions renouvelables
Énergie et pouvoir : une histoire
José Ardillo
Traduit de l’espagnol par Pierre Molines, Nicolas Clément et Henri Mora

L’échappée | Collection Pour en finir avec
304 p. | 14 x 20,5 cm | isbn 978-29158309-2-7 | 16 euros

Grandes lignes
Analyse critique, riche et documentée, de l’histoire récente de l’exploitation énergétique, abordée dans son rapport au pouvoir.

Argumentaire
Hors du Léviathan industriel, point de salut. Cette vérité révélée doit se graver dans nos esprits indisciplinés. Il faut toujours plus d’énergie pour continuer à nous soumettre. Il faut extraire des entrailles de la Terre jusqu’aux derniers combustibles. Et ce, au plus vite. Il faut renouveler l’illusion que tout doit changer pour que tout continue de la même façon : faire que le monde entier s’agite pour que notre pauvre quotidien reste le même. Nous nous sommes égarés en chemin à force d’être éblouis. Et un jour nous exploiterons l’énergie des volcans, la puissance des mers et des étoiles. C’est le grand défi du XXIe siècle : enrôler toutes les forces, y compris armées, pour que nous continuions à utiliser notre grille-pain.

Analyse très riche et documentée de l’histoire récente de l’exploitation énergétique, abordée dans son rapport au pouvoir, ce livre développe une critique implacable du modèle énergétique et social actuel, y compris de certaines illusions écologistes sur les énergies renouvelables.

L’auteur
José Ardillo (pseudonyme de José Antonio García), ancien éditeur et rédacteur, en Espagne, de la publication Los Amigos de Ludd [Les Amis de Ludd] écrit des romans et des essais, et collabore à des publications libertaires.

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Mix violences policières

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ÉCOUTER LE MIX

Radio.Graphie

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[Copwatch] La BAC travaille à Nancy (2)

http://juralib.noblogs.org/files/2015/01/0311.jpgVendredi 27 mars 19 heures, Manifestation contre les violences policières, place Maginot à Nancy

Violences policières,
cette fois c’est trop !!!

Humiliations, harcèlements, violences psychologiques et physiques, violences d’ailleurs parfois mortelles. De la criminalisation des mouvements sociaux à l’oppression et à la persécution à caractère raciste des personnes vivant-e-s dans les quartiers, voici les pratiques courantes de la police républicaine…

À titre d’exemple, ce vendredi 13 mars, la BAC (Brigade Anti Criminalité) procède à un énième contrôle devant le magasin « Le Petit Chaouen ». Interrogeant les policiers sur les raisons de ce contrôle, les propriétaires du magasin se trouvent violemment pris à partie par les policiers qui se montrent particulièrement agressifs. Devant la violence de l’interpellation, les deux enfants du couple, de 9 et 12 ans, essaient de s’interposer. La jeune fille de 12 ans, ayant été volontairement projetée contre une voiture, perdra brièvement connaissance et sera hospitalisée. Un des employés, pour s’être un peu trop approché de la scène (ou pour avoir été un peu trop marocain), s’est vu signifier 24 heures de garde à vue sans qu’aucun motif valable n’ait été retenu.

Le racisme des agents de la BAC ne s’est pas seulement manifesté à l’encontre de cet employé. Lors du trajet conduisant les gérants au commissariat, les agents de la BAC — ayant plaqué la femme au sol de la banquette arrière et l’étouffant tout en écrasant avec les genoux son visage contre le canon d’une arme, n’ont cessé de proférer des insultes racistes de type : « Sale putain, on va te faire pleurer, tu vas crever, gauchiste de merde, retourne dans ton pays !!! ». Pendant ce temps, les enfants de 9 et 12 ans ont été laissés seuls, livrés à eux-mêmes, sans aucun majeur responsable pour les garder.

Arrivé au commissariat, c’est au tour du gérant de subir les violences policières : blessé à une jambe, il s’entend dire : « Sale con, moi je fais de la boxe, je vais te péter l’autre jambe. On s’est occupé de ta pute de femme, maintenant on va s’occuper de toi ! ». Avant de se faire violemment balayer et projeter au sol. Nombres d’insultes et de violences parsèmeront la garde à vue du couple. Le gérant attendra un avocat pendant 18 heures, avant que policiers lui expliquent qu’il n’y en a pas de disponible…

En soutien au Petit Chaouen et contre les violences récurrentes de la police, qu’elles soient racistes, misogynes, homophobes ou classistes !

 

Petit Chaouen : la plainte intégrale…

Depuis de nombreuses années, notre boutique, Le Petit Chaouen, 49, avenue du général Leclerc 54000 Nancy, subit des pressions de l’État, du fait que j’y vends entre autres des articles fumeurs (pipes à eau, feuilles à rouler grinder, shishas) ; j’ai été poursuivi par la justice à Poitiers il y a de cela plusieurs années pour facilitation de l’usage de stupéfiant, le ministère public a plaidé le non lieu, j’en conclue donc que je suis dans la légalité, d’autant plus que j’embauche des personnes en difficulté (je fais travailler 6 personnes en plus de moi), et que je paye des sommes astronomiques de charges et de TVA ; contrôle de la DIRECCTE, de la Médecine du travail de l’Inspection du travail et surtout des Douanes et de la Police, cinq contrôles de Douanes en 10 ans, dont une fois avec 7 douaniers et un chien, magasin fermé toute la journée pour leur contrôle, fouilles des employées, marchandises mises en désordre et cela alors qu’aucune infraction n’est jamais constatée, à l’heure actuelle je suis encore en train d’attendre suite à un contrôle administratif au cours duquel on m’a demandé mes factures depuis 2010 ; du côté de la police ce sont des contrôles de clients qui quittent la boutique, dont certains m’ont rapporté avoir été trouvés en possession de stupéfiants et avoir du coup subi des pressions pour qu’ils me dénoncent comme étant leur fournisseur (ce qui est évidemment faux), je m’en suis d’ailleurs plaint à la Brigade des stupéfiants récemment, contraventions fantaisistes, par exemple, je viens de quitter mon stationnement pour me rendre à mon restaurant, une camionnette de police me bloque, on me demande de me stationner devant ma boutique et là on me contraventionne pour stationnement sur voie de bus, alors qu’il n’y a pas de voie de bus, devant mon énervement, les policiers appellent la BAC en renfort, après m’avoir pris une contravention pour ce stationnement, je reprends la route pour mon restaurant après m’être stationné sur une place de livraison pour laquelle il faut couper une voie de bus, les mêmes policiers de la BAC que j’avais quitté quelques minutes avant arrivent et veulent me verbaliser pour avoir roulé dans la voie de bus, je leurs demande pourquoi ils m’ont suivi, ils disent ne jamais m’avoir vu et me menacent d’outrage, ces deux policiers sont ceux que j’appelle Lonsdale et Veste kakie, dans le descriptif de nouvelles pressions que nous avons subies.

Le vendredi 13 mars, à un peu plus de 17 heures je travaillais dans ma boutique lorsque je suis monté chez moi, la porte de mon logement est attenante à ma boutique, afin de me changer en vue d’aller faire le service le soir dans mon restaurant, en redescendant je constate la présence de trois policiers de la BAC, en train de fouiller trois personnes et un véhicule, une est un client venant de sortir de la boutique, les deux autres étant des clients venant de se garer, j’observe un peu puis rentre dans ma boutique, ma femme regarde la scène depuis la fenêtre, un policier (le plus grand) se met alors à fouiller notre poubelle et répand des détritus sur le trottoir devant ma boutique, puis tout en regardant mon épouse qui était par la fenêtre il ouvre la porte de chez moi, observe mon entrée puis referme la porte, ma femme descend alors et demande ce qu’il se passe, notamment pourquoi il répand des déchets, en réponse le policier, lui dit “Y a un problème là ?” “Je fais ce que je veux c’est la voie publique ici, ça n’est pas chez vous” pendant ce temps son collègue portant une veste Lonsdale, lui dit en parlant de nous, “Tu les connais pas ? C’est des gros cons, il n’aiment pas la police, ils font toujours des scandales, c’est des gros cons !”, le policier (le grand) pousse alors mon épouse, puis le policier (Lonsdale) le pousse de nouveaux plus violemment, s’ensuit alors un échanges d’insultes, puis (Lonsdale) dit on l’embarque, je tente de protéger mon épouse, les policiers la tirent violemment par le bras me poussent, tirent mon épouse et la plaquent à terre, le visage de mon épouse est écrasé sur le sol, Lonsdale sort une matraque télescopique, le troisième policier (le brun) me pousse à terre et renverse une poubelle en y mettant un coup de pied, un autre (le grand) procède à un étranglement sur moi, qui n’était pourtant déjà pas en état de me mouvoir facilement, ma fille de 12 ans qui filme à l’aide d’un téléphone portable est poussée à terre par un des policiers, un policier (le brun) hurlait sur mes enfants il a tenté de confisquer le téléphone avec lequel ma fille filmait, des renforts sont arrivés, je me suis dirigé vers eux pensant que leur arrivée allait calmer les choses et ramener les policiers de la BAC à la raison, car ils étaient très violents et ne se maîtrisaient plus, en fait les renforts m’ont plaqué contre un véhicule en stationnement et m’ont menotté, puis m’ont rentré dans leur véhicule sans ménagement alors que je leur disais le mal qu’ils me faisaient à ma jambe blessée, arrivé à l’hôtel de police, alors que je demandais à ce que le policier lève moins haut mon bras car cela me tirait sur les menottes trop serrées, il m’a dit “Une de mes mains tient le bras l’autre est là” me présentant son autre main en mimant un geste de claque, arrivé en salle de fouille, à l’agent qui me demandait mon identité, je dis qu’apparemment j’étais un gros con (d’après les dires répétés de son collègue) à ce moment justement les policiers de la BAC sont arrivés dans la salle de fouille et (Lonsdale) a dit “Effectivement, c’est un gros con”, puis s’adressant à moi “Sale con, moi je fais de la boxe et je vais te péter l’autre jambe” “On s’est occupé de ta pute de femme maintenant on va s’occuper de toi” et alors que je ne comprenais pas une telle agressivité alors que je n’ai insulté, ni violenté aucun policier durant tout le déroulement de ces violences et alors que j’étais menotté dans le dos et une jambe entravée par mon attelle, un policier m’a balayé et j’ai chuté au sol, un policier de la BAC m’a relevé en m’empoignant par le colback de ma chemise (qu’il a déchiré de ce fait) et il m’a dit “Petite bite, t’as pas de couilles, moi j’ai des couilles et tu vas voir ce qui va t’arriver”, puis il m’ont conduit en cellule, en me criant une fois devant cette cellule d’enlever mes chaussures, mais tout en m’écrasant les pieds avec le sien de sorte que je ne pouvais me déchausser, j’ai demandé à voir un médecin et à être assisté d’un avocat, j’ai bien vu un médecin, par contre le lendemain à midi je n’avais toujours pas été entendu, une policière est venue et m’a dit qu’il n’y avait pas d’avocat disponible, donc soit j’acceptais d’être entendu de suite sans avocat, soit j’attendais une durée indéterminée qu’il y en ait de disponible, après près de 18 heures de garde à vue, à deux sur un seul matelas sans savoir ce qu’il advenait de mes enfants et de mes établissements, j’acceptais d’être entendu sans avocat, les déclarations des policiers contenaient plusieurs mensonges, par exemple, que j’aurais fait un salut nazi, que j’aurais renversé une poubelle (alors que j’ai une vidéo où on voit le policier la renverser d’un coup de pied) ou encore que mon épouse a aboyé !

Alors que les policiers procédaient à mon interpellation, ceux de la BAC chargeaient mon épouse dans leur voiture, en l’insultant à plusieurs reprises de “Putain” “Sale putain de merde”, puis ils l’ont écrasée sur le sol arrière du véhicule plaquée contre une arme à feu à long canon qui prenait toute la longueur du sol (que ma femme m’a décrit comme étant une mitraillette), deux policiers sont montés à l’arrière (le grand habillé en noir) écrasant avec ses genoux sur les jambes de mon épouse l’autre (Lonsdale) appuyait avec ses genoux contre la nuque de mon épouse qui avait le front serré contre le canon de l’arme (elle en porte la marque sur le front), puis les insultes ont recommencé : “Retourne dans ton pays” (mon épouse est Marocaine) “Si tu n’aimes pas la France t’as qu’à te casser” “Gauchiste de merde” “Petit Chaouen de merde” ( c’est le nom de mon enseigne) “Vous êtes une famille de merde”, il lui ont arraché beaucoup de cheveux, par poignées, puis il (Lonsdale) a parlé de ma fille de 12 ans qui a filmé “Votre fille s’est de la merde, vos enfants c’est de la merde, vous êtes une famille de merde” puis il s’est mis à la claquer à de nombreuses reprises, il lui ordonnait de pleurer, ma femme s’est plaint d’avoir du mal à respirer et qu’elle se sentait mal il lui as répondu “Tu as qu’à crever”, “Vous êtes anti flics, vous êtes des gros cons”, une fois arrivés le grand a dit “Alors qu’est-ce que t’as gagné maintenant ?” Elle leur a reproché les coups durant le transport leur réponse “Tu as des marques ? Non tu n’as pas de marques” mon épouse a été placée en cellule elle a été entendue à 3h00 du matin.

Mes enfants de 9 et 12 ans ont été laissés seuls, ma fille a perdu brièvement connaissance, elle a appelé mon fils de 18 ans qui était avec ma fille de 2 ans et demi et avec sa petite amie pour lui annoncer les événements, ceux-ci ont appelé la mère de sa petite amie pour qu’elle les amène à la maison.

Environ 30 minutes après nos arrestations, alors qu’une camionnette de police restait devant ma boutique, des policiers en civil sont rentrés dans ma boutique et ont demandé à mon employé de les suivre, celui-ci parlant très mal français (il est en France depuis 2 mois) un client marocain lui a traduit, il a répondu “Non moi travaille ici”, un policier a dit “Stop ! soit vous venez, soit on embarque tout le monde (c’est-à-dire aussi mon autre employé) et on fait fermer la boutique”, “De toutes façons c’est juste pour une audition, vous ressortirez tout de suite”, Il les as suivi, le client a demandé confirmation qu’il ne s’agissait que d’une audition, ce à quoi ils ont répondu par l’affirmative (je vous joindrai le témoignage du témoin en pièces jointes), au final il a été placé en garde à vue durant 24 heures, il est ressorti sans aucune charge contre lui.

Une dizaine de minutes après, mon fils, sa petite amie, sa mère et ma petite arrivent en voiture devant la maison, une deuxième camionnette de police arrive au même moment, ma belle-fille descend du véhicule avant que sa mère ne se stationne et rentre chez moi voir les enfants, les policiers, comprenant qu’il s’agit de membres de la famille, ouvrent la portière passager et veulent interpeller mon fils car il était très énervé (ce qu’il faut comprendre étant donné qu’il a reçu un appel de ses frères en pleurs et seuls), devant les protestation de mon fils qui leur disait être le seul majeur qui reste à la maison, ils ont renoncé à l’interpeller.

Une quinzaine de minutes après ma mère et ma sœur sont arrivées suite à l’appel de mon fils, ma sœur qui est infirmière a emmené ma fille aux Urgences pédiatriques de l’hôpital de Brabois, celle-ci soufre de contusions sur le bras, de douleurs au dos et à la tête, suite à la chute que lui a fait subir un des policiers de la BAC, il lui a été prescrit un jour d’ITT, son pantalon est déchiré suite à sa chute sur le sol.

Ma mère et ma belle-fille se sont rendues à l’hôtel de police afin de s’informer de la situation et de signaler qu’une mineure a été violentée et laissée seule à la maison, l’accueil fut au début compréhensif, mais lorsque les policières de l’accueil s’aperçurent qu’il s’agissait de cette affaire, elles déclaraient que c’était faux que les enfants étaient de toutes manières déjà seuls et que là ils avaient été placés sous protection, puis elles ont mis fin à la discussion.

Ma fille souffre de douleurs, au dos, à la tête et au bras, son pantalon a été déchiré, elle est prise de crises de sanglots, aucun psychologue n’était disponible aux Urgences pédiatriques pour l’examiner, mon fils a fait des cauchemars et est angoissé, mon épouse souffre de douleurs sur tout le corps, elle a de gros et nombreux hématomes sur les bras, les jambes des poignées de cheveux sont arrachées, ses mains sont gonflées et marquées par les menottes, sa veste en cuir et son pantalon sont déchirés, une gourmette en argent a disparue, elle est choquée a des crises de sanglots et a cauchemardé elle se sent rabaissée, mon employé a passé 24 heures en garde à vue sans motif, mon genou blessé aux ligaments me lance, j’ai des douleurs aux coudes et à l’arrière des bras, suite aux chutes provoquées par la police, ma chemise est déchirée, mes lunettes sont tordues, deux de mes enfants mineurs, dont une blessée et choquée ont été laissés seuls, la boutique a été laissée à un employé seul, qui n’avait pas les clefs, je n’ai pas pu faire mes courses chez Métro le samedi matin pour mon restaurant.

Plainte (anonymisée) transmise au procureur de la République et à l’IGPN – mailing, 18 mars 2015

 

Arrestation houleuse à Nancy : les policiers contre-attaquent

Après la diffusion d’une vidéo d’une interpellation mouvementée devant un commerce de Nancy, la polémique n’en finit pas d’enfler.

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L’avocate Alexandra Vautrin et le syndicaliste Abdel Nahass examinent la photo de la morsure au mollet subie par un des policiers de la BAC.

La vidéo a disparu de facebook mais elle continue à faire le buzz. Un buzz judiciaire. Sur les images, on pouvait voir l’interpellation plus qu’houleuse, vendredi dernier, de l’épouse du patron du « Petit Chaouen », un magasin spécialisé dans la vente d’articles orientaux situé rue Général-Leclerc à Nancy. C’est sa fille de 12 ans qui filmait. Et c’est son mari qui a diffusé les images sur Facebook (E.R du 17/3).

Il soutient en effet que sa femme mais aussi sa fille, ainsi que lui-même ont subi des violences policières. Les policiers, trois hommes de la BAC (brigade anticriminalité), affirment, au contraire que c’est eux qui ont été pris à partie, injuriés et même agressés. L’un d’entre eux porte en effet la trace d’une impressionnante morsure au mollet.

Tout ça se réglera le 3 juillet prochain devant le tribunal correctionnel de Nancy qui jugera le couple de commerçants pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique », « outrages » et « rébellion ». L’histoire ne s’arrête pas là pour autant.

Plaintes en série

La diffusion de la vidéo de l’arrestation sur Facebook donne également lieu à une affaire dans l’affaire. L’avocate des trois policiers de la BAC, Me Alexandra Vautrin, a d’abord déposé ce mercredi une assignation en référé pour faire disparaître la vidéo du site facebook du patron du « Petit Chaouen ». Hasard ou coïncidence, toujours est-il que les images ont disparu l’après-midi même.

Reste le problème des commentaires anti-flics qui ont fleuri sous la vidéo. Certains sont d’une violence hallucinante. « Un torrent de haine », selon l’avocate des policiers de la BAC. Et ses clients ont porté plainte pour « outrages » et « menaces de commettre un crime ou un délit contre un fonctionnaire de la police ». Ce qui fait encourir une peine maximum pouvant aller jusqu’à 2 ans de prison et 30.000 € d’amende.

Encore faut-il, bien sûr, démasquer les auteurs des propos qui ont dépassé les bornes de la liberté d’expression. Dans leurs plaintes, les policiers visent une dizaine de noms ou de pseudos de personnes qui ont posté des commentaires excessifs.

« Il y aura des réquisitions faites auprès de Facebook pour obtenir l’identité réelle des titulaires des comptes d’où proviennent ces commentaires et Facebook sera obligé de fournir ces identités. Il faut que les gens comprennent qu’ils ne sont pas protégés par l’anonymat et que chaque nouveau commentaire débouchera sur une plainte », prévient Abdel Nahass, le responsable départemental d’Unité-SGP-Police-FO qui soutient les trois policiers.

Il envisage de porter plainte au nom de son syndicat et de l’ensemble des policiers du 54 mais pas contre les commentaires de la vidéo. Contre un appel à manifester pour dénoncer « les violences policières » le vendredi 27 mars sur la place Maginot à Nancy. Cet appel a été lancé sur Facebook par un certain « Auri Queeriot » et il a été aussi placardé sur certains murs de Nancy. Il se présente sous la forme d’un tract, sur lequel on peut lire un récit de l’arrestation mouvementée du couple du « Petit Chaouen » présentant les policiers comme étant « racistes ».

« C’est intolérable ! », réagit l’avocate des trois policiers de la BAC qui ont déposé une nouvelle plainte, pour « diffamation » cette fois. Me Vautrin compte, elle, entamer une action devant le tribunal pour faire disparaître le tract de Facebook. Et notamment du site du patron du « Petit Chaouen ». Ce dernier a en effet relayé l’appel à manifester : « Je ne sais pas qui en est l’auteur. Nous avons eu tellement de gens qui nous ont envoyé des messages de solidarité. En tout cas, il n’y a rien de diffamatoire dedans ».

Le commerçant continue en effet à dénoncer la « bavure policière » dont il aurait été victime. Un seul bémol : « Je commence à regretter la diffusion de la vidéo. Car tout le monde se focalise dessus … et je ne m’attendais pas à un tel buzz ». Les policiers non plus. Cela fait moins un point sur lequel tout le monde est d’accord.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Christophe Gobin, EstRepublicain.fr, 20 mars 2015)

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[Rennes] Chaque mort dont la police est responsable peut ébranler l’ordre social

SHÉRIF, FAIS-MOI PEUR
Communiqué de la Maison de la Grève à propos des pressions policières du 18 mars

Aujourd’hui avait lieu à Rennes une manifestation à l’occasion du procès des policiers de Clichy-sous-Bois impliqués dans la mort de Zyed et Bouna en 2005. Comme lors des manifestations qui ont suivi la mort de Rémi Fraisse, la préfecture a cru bon de mobiliser des centaines de flics et un hélicoptère, de limiter l’accès à une bonne partie du centre-ville et de détourner les lignes de bus. Tout ceci, comme à l’automne, ne relève pas tant d’une prétendue menace de saccage de la ville par des anarchistes que de la fébrilité des autorités, qui savent depuis octobre et novembre 2005 que chaque mort dont la police est responsable peut ébranler l’ordre social.

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La Maison de la Grève, espace d’élaboration politique sur Rennes et sa région, a apporté son soutien à la semaine de mobilisation pour le procès, en relayant l’appel, en participant aux cantines devant le tribunal et en ouvrant ses locaux pour une discussion. C’est certainement à ce titre que nous avons eu droit ce mercredi aux amabilités de la police en uniforme et en civil. Dans la matinée, un agent du renseignement (dont l’affectation précise nous est inconnue mais dont l’appartenance à la police nationale ne fait pas de doute) a été surpris, enfermé dans un appartement censément vide de l’immeuble d’en face, en train de photographier les personnes entrant et sortant du lieu. Évidemment, il n’a pas daigné ouvrir la porte quand certains d’entre nous sont montés y frapper…

Puis dans l’après-midi ce sont des dizaines de policiers en tenue de maintien de l’ordre qui ont bloqué l’accès à la rue, ne laissant passer que ceux qui pouvaient donner leur adresse. Sans compter les incessantes rondes de la BAC dans la rue, pendant et après la manif. Cette présence policière est peut-être également due à la soirée hip-hop qui se tenait dans un bar de la rue dans le cadre du programme de la semaine de mobilisation, mais toujours est-il que les flics ont ostensiblement manifesté leur présence devant nos locaux.

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Ce communiqué ne vise pas à jouer l’indignation : ces petits coups de pression font partie intégrante du travail de la police, et personne ne devrait en être surpris. Cependant, nous voulons affirmer que cette stratégie policière échoue deux fois : elle échoue parce que nous ne cesserons pas de critiquer ce qu’est la police ; la police et sa brutalité, la police et son rôle dans le maintien d’un ordre inique, la police et sa prétention à confisquer la résolution des conflits. Et elle échoue parce que ce qui est en jeu dépasse largement la Maison de la Grève : si les autorités croient tenir leur coupable et circonscrire ce qui leur résiste dans un lieu, un groupe ou une pseudo « organisation d’ultra-gauche », eh bien nous ne tomberons pas dans le piège de nous conformer à leurs attentes. Nous ne nous recroquevillerons pas sous la menace de la répression, nous continuerons à défendre ouvertement ce à quoi on tient, à être ouvert à ceux qui partagent nos vues comme à ceux qui veulent les discuter.

Une pensée pour Bouna, Zyed et leurs proches.

Mercredi 18 mars, jour anniversaire de la Commune de Paris, La Maison de la Grève

 

Les tags hostiles à la police se multiplient

Alors que le procès autour de la mort de Zyed et Bouna vient de débuter à Rennes, des tags très hostiles à la police fleurissent sur les murs. Jusque devant le tribunal correctionnel.

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Sans doute réalisé dans la nuit de dimanche à lundi, le tag est visible depuis la cité judiciaire, où se tient le procès autour de la mort de Zyed et Bouna. La police est de plus en plus ciblée par les tags, certains appelant au meurtre de policiers.

La polémique

« On est dégoûté de voir des slogans aussi hostiles à la police, voire même appelant à la mort de policiers, sur les murs de la ville et que personne ne les efface, explique ce fonctionnaire de police rennais. Et je peux vous assurer que je suis loin d’être le seul à ressentir ça. »

Hier après-midi, devant une cohorte de journalistes, s’est ouvert le procès autour de la mort de Zyed et Bouna, le 27 octobre 2005, à Clichy (Lire en pages générales). Des journalistes à qui n’a pas échappé un spectaculaire tag, peint sans doute durant la nuit, sur le haut d’un immeuble faisant face au tribunal. En lettres rouges, les noms de Zyed et Bouna suivis d’une affirmation : « La police tue. »

Pas une première

D’autres tags faisant référence à ce procès ont aussi fleuri à d’autres endroits de la ville. La semaine dernière, à Villejean, des dizaines d’insultes envers les policiers ont également été découvertes. « Ce n’est évidemment pas une coïncidence, confirme un officier de police. Après le 7 janvier, il y a eu un élan de sympathie envers la police. À Rennes, ce n’est plus vraiment le cas. C’est très inquiétant de voir tous ces messages très hostiles. »

Un phénomène qui n’est pas nouveau à Rennes. Lors de la manifestation hommage à Remi Fraisse, le 31 octobre dernier, un tag monumental avait été peint en haut d’un immeuble de la place des Lices.

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Question : comment les auteurs de ces tags arrivent à accéder aux toits et surtout à peindre des lettres géantes sur des façades très hautes ? « C’est un pro qui fait ça. Il est bien équipé et il est doué. Surtout, il tient, par-dessus tout, à rester très anonyme », confie une source proche des mouvements anarchistes et d’ultra-gauche, sans doute à l’origine de ces tags.

Ce sont encore ces groupes qui appellent, demain mercredi, à une grande manifestation contre les violences policières, au départ de la Cité judiciaire, à 15h30, et à Villejean, à 18h30. Deux manifestations pour lesquelles, hier soir, la préfecture n’avait toujours reçu de demande d’autorisation.

Qui doit les effacer ?

Une autre question se pose : pourquoi certains de ces tags persistent plusieurs mois après avoir été créés ? « Les services de la Ville interviennent normalement dans les vingt-quatre heures lorsqu’il s’agit de tags injurieux, haineux ou racistes, explique Cyril Morel, monsieur propreté à la ville de Rennes. Mais nous ne pouvons intervenir que sur des tags accessibles par la voie publique et à moins de 2 m de hauteur pour des questions de sécurité. »

Quid alors des tags géants sous les toits, comme par exemple celui qui se trouve près de la cité judiciaire ? « Nous ne pouvons pas intervenir. C’est aux copropriétés de s’en occuper. » Des travaux forcément très onéreux : mobiliser une entreprise qui doit travailler en grande hauteur, repeindre des pans de murs entiers avec la bonne teinte…

Avec, au final, des slogans injurieux qui restent des mois.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Samuel Nohra, Ouest-France.fr, 17 mars 2015)

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[Administration de la mort sociale] Le CAFCA s’invite à la CAF de Foix

Le collectif s’invite à la CAF
Société – Foix (09) – Social

Pour eux, c’est là qu’on «administre la mort sociale». Hier matin, plusieurs membres du collectif CAFCA s’étaient invités dans les locaux de la CAF pour demander des comptes concernant le dossier d’un allocataire.

Une personne à qui la CAF réclame environ 520 euros de trop-perçu. Or, cette dernière a demandé une remise de dette en justifiant de sa situation de précarité. Une demande refusée par la commission de recours de la CAF.

Hier matin, les membres du collectif se sont donc rendus à la CAF pour demander «collectivement la suppression de la dette». L’allocataire doit démarrer son mois avec 146 euros retenus sur ses prestations alors qu’il est déjà à découvert à la banque.

Après un échange un peu tendu avec un employé, le directeur adjoint est venu dialoguer avec les manifestants. Ne pouvant rencontrer les membres de la commission et après que les agents aient admis que l’allocataire n’était pas un fraudeur, les manifestants ont demandé que ce refus soit justifié. Ce qui n’avait pas été signalé dans la missive qu’avait reçue la personne.

À travers ces actions, outre l’urgence de la situation, le collectif entend dénoncer la politique de «violence extrême» menée par les pouvoirs publics en la matière et «la tyrannie infâme de ces dispositifs». Ils dénoncent les méthodes mises en place pour «dissuader les gens de recourir à leurs droits». D’après eux, on arrive à une moyenne de 50 % de non-recours au RSA. «On pousse au désespoir, on accule à l’exclusion et à la destruction psychique et morale et puis on porte plainte pour incivilité ou manque de courtoisie (…) dès lors qu’une personne craque», s’insurgent-ils.

De son côté, la CAF a rappelé qu’elle ne faisait qu’appliquer les lois et que la caisse de l’Ariège était une des mieux notées de France pour son efficacité à traiter les dossiers.

Leur presse (E.D., LaDepeche.fr, 17 mars 2015)

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Qui veut la peau des ZAD ?

Bonjour,

Il y a tout juste dix jours, la ZAD du Testet à Sivens dans le Tarn a été évacuée. On aurait pu s’attendre alors qu’il y ait une réaction de soutien comme celle qui avait eu lieu à la suite de l’opération César, l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en automne 2012. Cela n’a pas été le cas.

Durant la semaine qui a précédé l’évacuation des occupants du chantier par les forces de l’ordre, de véritables milices se sont constituées non seulement pour assiéger les occupants du chantier, les empêchant de se ravitailler, mais aussi pour semer la terreur, en détruisant leurs véhicules, leur chapiteau, en saccageant leur cabane radio, etc., sous les yeux des forces de l’ordre qui selon la préfecture « n’[avaient] pas une mission offensive mais d’interposition ». Après le meurtre de Rémi Fraisse, cette nouvelle stratégie des casques bleus de l’intérieur donnera probablement une nouvelle image beaucoup plus honorable des forces de l’ordre qui auront réussi à évacuer la ZAD presque sans résistance. En instrumentalisant ce genre de milices et en les « neutralisant » avec sa « mission d’interposition », l’État résoudra-t-il dorénavant, de cette manière, les conflits sur les ZAD ?

Vous trouverez en pièce jointe un texte « Qui veut la peau des ZAD ? » écrit par deux opposants au barrage habitants le Tarn et qui nous font part de leur réflexion sur les agissements des « miliciens » qui ont préparé l’évacuation de la ZAD.

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TÉLÉCHARGER LE TRACT

Merci de faire suivre,

Henri Mora – liste de discussion entre opposants au projet de Center Parcs à Roybon dans la forêt des Chambarans, 16 mars 2015

 

Qui veut la peau des ZAD ?
par Célia Izoard et Matthieu Amiech

Était-ce de l’ironie ? Le 6 mars, jour même où la Zone À Défendre (ZAD) de la forêt de Sivens a été une nouvelle fois évacuée par la police, Manuel Valls s’est inquiété du « silence de la société et des intellectuels » devant la montée de l’extrême-droite (cf. Le Monde du 7 mars). Vue du Tarn, où les opposants à la construction du barrage de Sivens ont été pendant tout le mois de février confrontés à des pratiques d’inspiration fasciste, la déclaration du Premier ministre apparaît comme une insolente provocation. Car c’est bien sur une frange de l’extrême-droite que son gouvernement s’est appuyé pour affaiblir la lutte contre le projet de barrage et faciliter l’évacuation de la ZAD du Testet. Pour rendre intelligible cette affirmation, un bref retour sur des faits peu médiatisés est nécessaire.

À partir du weekend du 31 janvier dernier, de petits groupes d’hommes commencent à bloquer l’accès de la ZAD à tous ceux qui veulent s’y rendre. Pour couper le contact entre les zadistes et leurs nombreux soutiens dans la région, ces groupes n’y vont pas de mainmorte : ceux qui apportent des vivres aux défenseurs de la forêt sont dévalisés de leur chargement ; d’autres se retrouvent les pneus crevés, la voiture dans le fossé ou même renversée sur le toit, faute d’avoir fait profil suffisamment bas ; tous sont ouvertement menacés, et parfois suivis quand ils s’éloignent des barrages de ces « pro-barrages ».

C’est ainsi que le maire d’une petite commune du Sud du Tarn, Patrick Rossignol, venu participer à une discussion sur la ZAD le 1er février, est « filé » de Sivens jusqu’au centre-ville de Gaillac. Y ayant garé sa voiture le temps d’une réunion, il retrouve à la sortie son pare-brise éclaté. Dans le témoignage qu’il a fait tourner sur internet, il relate aussi comment le groupe de militants gaillacois venus l’accompagner à la gendarmerie pour porter plainte, quelques minutes plus tard, est attaqué à la barre de fer par des « pro-barrages » ; les gendarmes ne daignant sortir de leur bâtiment qu’au dernier moment, alors que les faits se déroulent juste sous leurs fenêtres.

Tout au long du mois, les participants à la lutte contre le barrage sont fréquemment menacés et molestés en présence des forces de l’ordre (les zadistes, eux, ont la chance de l’être sans témoin dans la forêt, à toute heure du jour et de la nuit). Les gendarmes se présentaient aux abords de la ZAD en mission d’interposition, mais leur connivence avec les « pro-barrage » était grossière. Dimanche 1er mars, un jeune homme tentant de gagner la ZAD en soirée se voit ainsi barrer la route et sommer de descendre de son camion, lequel est promptement incendié sous les yeux des gendarmes. Ceux-ci se disant trop peu nombreux pour s’y opposer, ce qui les empêchera même de dresser un procès-verbal… Mercredi 4 mars, enfin, les forces de l’ordre qui encerclaient le site pour empêcher tout renfort et tout approvisionnement aux zadistes laissent les « pro-barrage » (plus nombreux à ce moment-là) déferler sur le campement d’opposants, où les témoignages font état de chasses à l’homme, de saccage et d’incendie, jusqu’à des cabanes abritant des animaux (voir les reportages du site Reporterre.net).

Cet effrayant élan de citoyenneté active a d’abord été mené sans étiquette politique visible, si ce n’est les brassards « anti-pelluts » (anti-chevelus) qu’arboraient les « pro-barrages ». Dans la presse locale, ces petits groupes pratiquant l’intimidation étaient présentés comme des « agriculteurs du coin en colère » ; mais les gens qui les connaissent les disent électeurs voire militants du Front National, et pas tous agriculteurs. Les sites internet revendiquant ces actions tiennent un discours de droite dure (anti-chômeurs, anti-étrangers) agrémenté de menaces de mort contre les zadistes. L’un des animateurs du blog Testet.sivens.com serait contributeur du journal Boulevard Voltaire. Sur place, certains 4×4 arboraient des écussons du Front national. En assumant publiquement l’organisation d’une semaine de blocage de la ZAD à compter du 2 mars, la FNSEA (qui avait depuis plusieurs mois encouragé l’action de ces « ultras » au niveau local), a apporté sa caution officielle à des pratiques crapuleuses. En ne les dénonçant pas, le gouvernement de Hollande et Valls leur a aussi donné son approbation.

En fait, pour tous ceux qui ont été confrontés à cette offensive, la situation a ceci de troublant qu’on ne sait pas dire si la police était en soutien des « pro-barrage » civils ou si ce sont ces miliciens qui ont aidé la police à réprimer une occupation insupportable, aussi bien aux yeux des barons du Conseil général du Tarn qu’à ceux du Premier ministre.

Par ailleurs, le contraste est assez frappant entre l’extrémisme des moyens employés pour remettre la forêt de Sivens à disposition des bétonneurs, et le caractère consensuel des arguments servant à justifier ce coup de force. Prenons l’appel des Jeunes Agriculteurs de Midi-Pyrénées aux agriculteurs FNSEA de toute leur région (28 février) : « La comédie n’a que trop duré. Il faut passer d’une phase ou les “anti-tout” peuvent tout bloquer à une phase de développement responsable où les projets économiques structurants pour nos territoires peuvent être engagés et réalisés. Au-delà de cette retenue sur le Tescou, c’est l’enjeu global de Sivens. » Voilà un mot d’ordre auquel personne dans la classe politique ne saurait s’opposer, à part peut-être Jean-Luc Mélenchon quand il va à la pêche aux voix en masquant son vieux fond productiviste. Le secrétaire d’État à la Réforme territoriale, André Vallini, n’a-t-il pas déclaré récemment « Pour que la France reste la France, nous devons continuer à construire des aéroports, des barrages, des autoroutes, des lignes de TGV, des équipements de tourisme » ? Mais cela pourrait être François Bayrou, Xavier Bertrand ou Marine Le Pen.

Cela veut dire qu’en allant bastonner dans le froid et la pluie les jeunes chevelus qui tentent concrètement de rendre un autre monde possible, les miliciens du FN et de la FNSEA défendent les intérêts de l’élite politico-économique qu’ils disent honnir. Celle-ci continue généralement de se présenter comme modérée et démocrate, mais elle peut apparemment compter sur des hommes de terrain pour empêcher, par tous les moyens nécessaires, qu’émergent des alternatives idéologiques et pratiques au développement industriel, à la société de croissance et à son inévitable saccage, humain et écologique. On est là au cœur de l’identité historique de l’extrême-droite – au-delà de ce qu’elle charrie évidemment de chauvinisme et de xénophobie, au-delà des votes essentiellement protestataires qui font son succès électoral : l’extrême-droite s’enracine dans la société quand les classes dirigeantes sont contraintes de lui confier un rôle dans le maintien de l’ordre, c’est-à-dire la répression de mouvements anti-capitalistes et la pérennisation des affaires courantes (que le business puisse continuer as usual). Ce rôle est en général tenu par des individus et des groupes qui devraient aussi s’en prendre au système économique, car celui-ci s’apprête à les broyer, mais qui pour tout un ensemble de raisons, personnelles et sociologiques, se rangent du côté de l’ordre – le leitmotiv des « pro-barrage » pendant toutes ces semaines était « nous demandons à l’État d’appliquer la loi » … quitte bien sûr à exercer cette pression en piétinant nombres de lois.

Au moment où l’État français s’engage dans une gigantesque opération de com’ environnementale, qui culminera en décembre prochain avec la conférence Paris Climat, il est crucial pour lui d’étouffer la voix qui se fait, poussivement mais avec insistance, entendre depuis quelques années en France et ailleurs, notamment à travers les luttes contre les grands projets utiles au capitalisme : seul l’arrêt du développement industriel, suivi d’un inventaire poussé dans notre civilisation de machines, peut nous rendre l’espoir d’un monde vivable, socialement et écologiquement. Cela implique bien sûr un changement politique immense que nos élites veulent conjurer à tout prix, en jouant sur les peurs et les contradictions au sein du peuple.

Si l’ambiance était plus légère ces temps-ci, on pourrait rire longuement de cette fanfaronnade de Manuel Valls en vue du sommet de décembre : « Comme la France des Lumières a su montrer un chemin, le modèle environnemental français doit inspirer le monde. C’est en quelque sorte un nouvel universalisme que nous devons proposer. » Après les derniers rebondissements du conflit de Sivens et le blanc-seing donné par le gouvernement à la FNSEA, on sait donc que le Diderot du XXIe siècle s’appelle Xavier Beulin, et que le nouvel universalisme français consistera à encourager partout sur la terre l’usage de pesticides dans les mêmes quantités que chez nous.

Trêve d’ironie grinçante : pour les nombreux habitants de la région de Sivens qui se sentent meurtris par les derniers événements, comme ils l’avaient été par la mort de Rémi Fraisse il y a 4 mois, tout n’est pas encore joué. Le barrage reste à construire et peut donc être empêché. Mais nous savons désormais jusqu’à quelles extrémités les défenseurs de cet ouvrage sont prêts à aller – nombre d’articles de presse sur la réunion du Conseil Général le 6 mars attestent d’ailleurs que certains élus tarnais n’ont aucune intention de construire un barrage plus petit que celui initialement prévu.

Matthieu Amiech est un des éditeurs du recueil Sivens sans retenue (La Lenteur, 2015) et Célia Izoard est traductrice et journaliste. Tous deux habitent le Tarn et sont opposés au projet de barrage sur le Tescou.

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[Internet] Les serveurs militants et anonymes Autistici et Noblogs cibles d’attaques informatiques

Internet : les serveurs militants et anonymes Autistici et Noblogs cibles d’attaques informatiques

Plusieurs serveurs d’hébergeurs internet militants subissent actuellement des attaques informatiques par déni de services (DDos). Un message du site Autistici mettant en garde contre la tentation de passer à des services Internet fournis par des groupes commerciaux (type Google, Yahoo, etc.) et de l’importance d’utiliser les services développés par les hébergeurs engagés.

Pour rappel :

• Autistici fournit des hébergements mails, ainsi que la plateforme d’hébergement de blogs cryptés, gratuits et anonymes noblogs.org. Actuellement les sites noblogs sont difficilement accessibles.

• Riseup.net est l’un des plus importants fournisseurs d’hébergement mail gratuit, crypté et anonyme. Riseup.net c’est aussi un service d’hébergement de bloc-note collaboratif (pad), un VPN (réseau privé virtuel), des serveurs TOR etc. Les serveurs TOR de Riseup avaient été la cible d’une attaque fin décembre.

Message de Autistici/Inventati (et Noblogs) :
Attaque DDOS en cours ? Soyez patients ou utilisez les services sécurisés !

Ces dernières semaines, Autistici/Inventati comme d’autres serveurs autonomes (Riseup et Nodo50) ont été la cible d’attaques DDOS (attaques par déni de services).

Une attaque DDOS consiste a générer un énorme flux de faux trafic internet contre une cible pour saturer une infrastructure et bloquer les services offerts par le serveur. Ainsi, le serveur ne peut répondre aux demandes d’affichage des pages web, le téléchargement des mails, la connexion à Jabber, etc.

Les utilisateurs pressés pourraient être poussés à utiliser des services commerciaux, plus résistants aux attaques DDOS et offrant des services plus stables. Nous vous conseillons fortement de ne pas prendre des décisions poussés à la hâte. Pour préserver votre confidentialité, nous vous recommandons de vous créer une boîte mail de secours chez un autre serveur ami et d’utiliser un service Jabber alternatif (comme celui que Riseup offre avec toutes ses boîtes mails ou celui de Systemli) plutôt que de vous tourner vers un service de messagerie instantanée commercial.

Paris-Luttes.Info, 16 mars 2015

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[Fukushima] Cogérer l’agonie

Fukushima : cogérer l’agonie

En ce 11 mars 2015, quatre ans après l’inachevable désastre nucléaire de Fukushima, on peut, bien entendu, établir un bilan officiel : 87 enfants atteints d’un cancer de la thyroïde, 23 autres suspectés de l’être, 120.000 « réfugiés », 50.000 liquidateurs mobilisés au seuil sacrificiel dûment relevé, des piscines remplies de combustibles prêtes à nous exploser au nez, des rejets massifs et réguliers d’eau contaminée dans l’océan, pas moins de 30 millions de m³ de déchets radioactifs à stocker pour l’éternité.

Ce bilan existe. Nous vous y renvoyons.

L’État fait des habitants de Fukushima des cogestionnaires du désastre

Une fois ce « bilan » dressé, une fois les victimes et les inquiétudes considérées avec respect, il s’agit de tirer les conclusions qui s’imposent. L’une d’entre elles est la suivante : au fur et à mesure que se mettait en place l’aide fournie par des groupes citoyens, des ONG, des structures plus ou moins indépendantes, l’État faisait des habitants de Fukushima, indéniablement et sous couvert de « participation citoyenne », des cogestionnaires du désastre. On pourra nous opposer que cet élan civique a relevé de la spontanéité, voire de l’amour du prochain, que l’État n’a donné aucun ordre allant dans ce sens, que chacun était, et reste, libre de « s’engager » dans de tels mouvements, certes ! Cependant, beaucoup des hommes et des femmes qui l’ont fait, même si c’est inconsciemment, ont fait le jeu de l’État.

Voilà ce que nous avons constaté.

La plupart de ses groupes citoyens, ces ONG, ces structures plus ou moins indépendantes ont appelé les habitants à s’équiper de dosimètres, les ont aidé à s’en procurer ou à s’en fabriquer sur le mode do‐it‐yourself, les ont assistés dans la tâche pharaonique d’une impossible décontamination, ont réuni des fonds aux sommes parfois colossales pour acheter des équipements permettant d’effectuer des anthropogammamétries, y ont fait asseoir leurs congénères pour leur asséner des chiffres dont ils ne savaient que faire, ont élaboré des cartes des retombées radioactives au mètre près, ont ouvert des dispensaires dédiés à l’évaluation des doses reçues et au suivi sanitaire des populations. Ces « initiatives citoyennes » ont visé à rendre compte d’une réalité dont les protagonistes estimaient qu’elle était niée par les autorités. Ce faisant, plutôt que de les mener à « sauver leur vie », autrement dit prendre leurs jambes à leur cou (comme l’ont fait certaines  structures,  dans  le  Yamanashi  par  exemple,  aidant  les  gens  à  refaire leur  vie ailleurs), la plupart d’entre elles ont aidé les gens à rester sur place, ce qui a fait le jeu d’un État qui n’avait d’autre objectif, dès le début des évènements, que de maintenir les populations en place. Ce faisant, plutôt que de remettre en question la thanato‐politique de folles sociétés humaines bâties sur le danger et le gouvernement par la mort, ces structures ont appris aux gens à vivre avec, attendu que les dosimètres créeraient le miracle.

De Tchernobyl à Fukushima, la cogestion a fait faire un bond qualitatif  à l’administration du désastre : travaillant à la grande inversion du désastre en remède, elle a porté à un degré de perfection jamais atteint jusqu’à présent la responsabilisation de chacun dans sa propre destruction et la nationalisation du peuple qui la fonde.

Groupes indépendants … intégrés

Prenons deux exemples qui montrent comment, un jour ou l’autre, ces structures plus ou moins indépendantes l’ont été de moins en moins et se sont, avec plus ou moins d’état d’âme, ralliées aux structures étatiques.

Premier exemple : Ethos, programme développé en Biélorussie dans les années 1990 pour « améliorer les conditions de vie dans les zones contaminées », soutenu par la commission  européenne,  dont  le  leader  était  notamment  directeur  du  CEPN,  Centre d’études sur l’évaluation de la protection dans le domaine nucléaire, association financée par EDF, le CEA, la Cogema et l’IRSN. Un clone de ce programme, Ethos in Fukushima, est né au Japon six mois après le 11 mars 2011, à l’initiative d’une ONG locale visant à soutenir le moral des troupes contaminées à travers des réunions d’information  où  sont prônées l’entraide entre les habitants et des mesures illusoires de protection contre la radioactivité. Le mot d’ordre de l’ONG, dont la foi, logiquement, renverse les montagnes, est : « Malgré tout, vivre ici, c’est merveilleux, et nous pouvons transmettre un avenir meilleur ». L’élève ayant rapidement dépassé le maître, cette initiative a fait l’objet d’une prise en main de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR), qui a mené à la mise en place de « Dialogues ». Ces séminaires participatifs ont alors rassemblé  des  élus,  des  experts scientifiques  et  des  groupes  de  citoyens  soucieux de « revitaliser » les zones contaminées qui en avaient bien besoin, afin d’inculquer une « culture pratique radiologique » et d’aider chacun à « optimiser les doses ».

Deuxième exemple : Safecast, « réseau global de capteurs qui recueille et partage des mesures de radiation afin d’habiliter les gens à gérer la situation grâce à des données relatives à leur environnement. » Suite à leur participation à une conférence de l’AIEA en février 2014 à Vienne, le leader de Safecast définit ses membres comme « des hackers, mais pas de ceux qui dévalisent les banques (sic), de ceux qui sont les moteurs de l’innovation », et  montre  clairement  le  cap,  considérant  « avoir  modifié  avec  succès les présupposés qu’avait l’AIEA par rapport à ce que les groupes indépendants sont capables de faire (…) afin de fournir des sources alternatives d’information », se déclarant avec une fierté affligeante « certain que cela fera son chemin dans la prochaine révision des directives de réponse au désastre que prépare l’AIEA ». La déléguée norvégienne à l’AIEA, qui a saisi tout l’intérêt des « capteurs citoyens », a immédiatement vu en Safecast « des gens créatifs et innovants qui développent des solutions efficaces par eux‐mêmes, et en cas d’accident dans votre propre pays, vous serez bien contents d’avoir des gens comme eux. En fait, vous devriez même, dès maintenant, chercher des gens comme eux » .

Se félicitant de ce que cette déclaration ait été suivie d’applaudissements, les responsables faussement naïfs de Safecast précisent : « Le consensus dans la salle a tourné (…), la CIPR nous a proposé de trouver des financements, le ministère de l’énergie américain veut  intégrer  nos  inputs  dans  leur  nouveau  système  d’information d’urgence,  l’IRSN  veut que nous les aidions dans un de leurs projets, la Commission de régulation nucléaire discute avec nous pour voir comment faire au mieux pour intégrer la mesure citoyenne dans leurs plans de catastrophe ».

Les « capteurs‐citoyens » de Fukushima : des citoyens captifs

La cogestion des dégâts fonde le consensus : saluée par tous au nom de la nécessité à dépasser la situation, elle est irréversiblement souhaitée et s’inscrit dans une stratégie fondée sur cet art d’accommoder les restes qu’est la résilience. Approche prisée des pronucléaires, elle s’intègre également, pour nombre d’antinucléaires, à une mise en œuvre de la participation citoyenne qu’ils appellent — ne reculant devant aucun paradoxe — de tous leurs vœux, achoppant alors de manière redoutable devant la remise en cause du recours à l’énergie nucléaire censée fonder leur lutte, et de la société industrielle qui rend ce recours indispensable. Au final, l’objet de la cogestion, au nom de la démocratie, est l’État lui‐même. En faisant de chacun un contre‐expert qu’il faut éduquer, informer, équiper, pour faire de lui un mesureur  performant, pour qu’il se soumette par avance à l’autorité scientifique qui édictera les nouvelles normes nécessaires au bon fonctionnement de la machine sociale, la cogestion  s’affiche pour ce qu’elle est : l’art de répandre des métastases étatiques, pour reprendre la limpide formule de Jaime Semprun et de René Riesel.

Certains sociologues du gyrophare, qui ne manquent jamais une occasion de louer les « lanceurs d’alerte », ont persisté à vanter les mérites des « réseaux de capteurs‐citoyens qui participent à la construction d’une intelligence collective instrumentée et confèrent une capacité active aux citoyens pour interpréter leur environnement, le capter et le mesurer et in fine agir sur lui » 2 . De la sorte, les alertologues se sont refusés à voir la réalité de ce devant quoi ils s’ébahissaient : bien des « capteurs‐citoyens » de Fukushima étaient bel et bien devenus des citoyens captifs.

Cogérer, consentir, obéir

Cogérer les dégâts du désastre nucléaire aide à franchir la distance qui séparait le terrible de l’acquiescement au terrible. Cogérer les dégâts du désastre nucléaire amène à prendre part au dispositif permettant de consentir à la contamination, à apprendre aux hommes à vivre dans de mauvaises conditions d’existence et à faire pénétrer celle‐ci dans la culture de masse. Cogérer les dégâts du désastre nucléaire, c’est s’inscrire dans le paradigme de l’ordre, non dans celui de la transformation. C’est accompagner l’agonie au quotidien des corps et celle, aussi grave, des esprits et de leur éventuelle pensée contraire. Passé maître dans l’art de mépriser ses adversaires que sont les individus conscients d’eux‐mêmes, l’État cogéré, désiré par tous, n’a plus que de faux ennemis dans la main desquels il a su glisser la sienne. L’identification à celui que l’on craint joue ici d’autant plus fortement que la cogestion tend vers l’autogestion, qui est au désastre nucléaire ce que l’autocritique fût au stalinisme : une technique d’intériorisation de la culpabilité et, ce faisant, de la domination, car la cogestion est une congestion de la liberté et du refus d’en être privé. Il s’agit alors de se  trouver  une cause commune  pour  éviter  de  s’affronter à son  propre  sauvetage  par  le refus. Or les causes communes abondent à Fukushima : tirer partie d’une expérience unique, apprendre à faire face au prochain désastre, restaurer la communauté, redynamiser les forces économiques, faire renaître l’emploi des jeunes, inciter les populations à un « retour au pays  natal »… Des menaces  de non remboursement des frais de santé aux coupons de réduction pour les touristes, du redéveloppement de l’industrie des loisirs (stades de baseball, musées) à la construction de supérettes avec terrasses « plus conviviales » … à Fukushima, nul doute : l’inventivité morbide fait fureur.

Assurément, en prétendant sauver d’un côté ce que l’on détruit de l’autre, on ne fait que répéter l’obéissance au pouvoir.

11 mars 2015
Nadine et Thierry Ribault
Auteurs de Les sanctuaires de l’abîme – Chronique du désastre de Fukushima, Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, Paris, 2012

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[Copwatch] La BAC travaille (et censure) à Nancy

http://juralib.noblogs.org/files/2015/01/0311.jpgBavure policière à Nancy…

Bonjour à tout-e-s

Je vous transmets […] un témoignage de David du Petit Chaouen, pour les personnes qui ne sont pas au courant, lui ainsi que sa femme ont connu vendredi après-midi dernier une grosse répression de la part de la BAC nancéienne…

Je vous transmettrai le témoignage intégral de la famille qui est transmise au procureur de la République ainsi qu’à l’IGPN, ainsi qu’un appel à manifestation contre les violences policières, le racisme et le sexisme de la police qui aura certainement lieu vendredi 27 au soir […]

Depuis des années, les flics, les fachos, les Douanes et tout un tas de bien pensants ont notre boutique dans le collimateur,
Cinq contrêles douaniers en 12 ans dont un avec 7 douaniers plus un chien, un contrôle de l’Inspection du travail , un de la Dirrecte, un de la Médecine du travail et moulte contrôles de mes véhicules
Sans oublier ma voiture, rayée, puis quelques mois après les pneus crevés puis 2 mois après la voiture incendiée, un tir de balle dans la vitrine, des tags et autocollants de fachos sur ma porte, de la colle dans les serrures du magasin et de chez moi.
Mais hier la police en a remis une bonne couche, vers 17 heures contrôle par la BAC devant notre boutique et fouille de nos poubelles, devant nos protestations les flics sont devenus agressifs, et rapidement ça a dégénéré nous sortons Rabha, Youssef et moi de 24 heures de garde à vue, les flics ont frappé Rabha, “retourne dans ton pays”, “sale gauchiste”, “vous pourrissez les jeunes avec votre Petit Chaouen”.
Ils ont déchiré sa veste, Myla (12 ans) a été poussée par terre. Arrivé à Lobeau, un des BACeux fringué en Lonsdale : “t’es un gros con, je suis boxeur et je vais te pèter la deuxième jambe” (j’ai en ce moment une atèle à la jambe droite), un autre BACeux m’a balayé (j’étais menotté) puis me relevant par le colbac : “t’es une petite bite t’as pas de couilles, moi j’en ai et tu vas voir ce qu’il va t’arriver”. Myla est allée aux Urgences elle a une ITT d’un jour (12 ans).

Mailing – 16 mars 2015

 

Internet
Nancy : une interpellation fait le buzz

Un banal contrôle de police a pris d’énormes proportions, vendredi à Nancy. Présentée comme une scène de violences policières, la vidéo provoque des réactions de haine. La justice est saisie.

http://juralib.noblogs.org/files/2015/03/003.jpg

“[…] Lobeau (les keufs) fait une sacrée communication de son côté et ils ont supprimé la vidéo et tous les commentaires y étant rattachés sur Facebook (60’000 vues pour la vidéo) … bref c’est la guerre contre Big Brother ^^ […]” — Courriel reçu le 17 mars 2015

Elle tourne en boucle depuis samedi soir sur les réseaux sociaux. Plus de 56.000 personnes l’avaient déjà visionnée hier à 19 heures. Intitulée « première vidéo des violences policières d’hier », elle est censée dénoncer une interpellation musclée, survenue dans la soirée de vendredi à Nancy. Son décryptage laisse cependant perplexe.

La scène se passe devant un commerce de la rue Général-Leclerc, Le petit Chaouen, spécialisé dans la vente d’artisanat oriental, notamment d’articles pour fumeurs (plutôt d’herbe que de tabac de Virginie). Les images soubresautent mais on voit beaucoup d’agitation autour d’une femme maîtrisée tant bien que mal par des policiers en civil ; on entend surtout énormément de cris. Des hurlements et des insultes déversés par celle qui filme avec son portable, soit la propre fille de la dame à terre, âgée de 12 ans.

Mais pourquoi autant de bruits et de fureur ? Là, les versions divergent. Selon David Klein, mari de la dame menottée et propriétaire de la boutique, l’affaire a dégénéré suite à une énième intervention de la police devant leur commerce. Il se dit harcelé par les autorités en raison de son activité pourtant licite. « J’ai eu cinq perquisitions des douanes ces dernières années sans aucune poursuite. Les policiers, eux, viennent sans cesse contrôler les clients. »

« Techniques d’intervention appropriées »

Selon lui, les hommes de la Bac (brigade anticriminalité) ont remis ça vendredi à 17h45. Face à leurs remarques, les policiers auraient répondu par des menaces et des paroles déplacées avant de les emmener au poste sans ménagement. Fait et dit, le couple a été placé en garde à vue 24 heures durant.

Nicolas Jolibois, le directeur départemental de la sécurité publique, oppose une tout autre version. « Trois policiers procédaient au contrôle d’une voiture en stationnement irrégulier rue Général-Leclerc, lorsqu’ils ont été violemment pris à partie par la femme puis par son mari. Ils ont tenté de calmer les choses. En vain. Le gérant et la gérante sont venus quand même au contact. En retour, les forces de l’ordre ont utilisé les techniques d’intervention professionnelles appropriées », maintient-il.

« D’ailleurs, les images de la vidéo montrent bien qu’ils n’ont pas fait usage de violence ». Elles montrent aussi que les policiers ont demandé calmement aux parents de faire rentrer les enfants, en crise, notamment la petite fille, devenue quasi hystérique… « Ils l’ont poussée. Quelques heures plus tard, elle a fait un blanc », se défend David Klein.

Captation autorisée, diffusion réglementée

Pendant sa garde à vue, il a renoncé à demander la présence d’un avocat, tout comme sa femme. « Pour sortir plus vite », justifie-t-il. Il avance avoir saisi depuis l’IGPN, et son intention de déposer plainte auprès du procureur de la République. À l’issue de son interpellation, sa femme s’est fait délivrer une ITT d’un jour. En attendant, ils sont convoqués tous les deux, le 3 juillet prochain, devant le tribunal correctionnel pour rébellion, outrages et violences sur personnes dépositaires de la loi.

Mais une autre procédure pourrait bien les rattraper. Les trois policiers filmés, stars du net malgré eux, ont déposé plainte. « La captation d’images sur l’espace public est libre. En revanche, son exploitation est soumise à des règles, les visages doivent être floutés… En tout état de cause, la diffusion de vidéos qui serait présentée de façon mensongère, tronquée ou diffamatoire expose à des poursuites », précise Nicolas Jolibois. Le patron des flics du 54 l’annonce, le parquet de Nancy s’est déjà saisi de l’affaire dans l’affaire. Vrai que certains des commentaires qui ont fleuri sous la vidéo ces dernières 24 heures vont au-delà de l’injure, flirtent avec les menaces de mort… On est loin, bien loin, de l’état de grâce dont a bénéficié le corps de Bertrand Cazeneuve après les attentats…

« L’administration devrait elle aussi saisir la justice, au soutien de ses troupes », estimait ce lundi Abdel Nahass, secrétaire départemental de l’Unité SGP police FO. « Elle a le droit et le devoir de protéger ses employés ! »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Valérie Richard, EstRepublicain.fr, 16 mars 2015)

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[ZAD des Chambarans] La ZAD aux Bois Vivants Samedi 21 mars

Bonjour !!

Ce samedi, nous vous attendons nombreux à célébrer le printemps sur la Zone à Défendre de la forêt des Chambarans au fil de l’aventure de cette ZAD aux Bois Vivants.

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Nous vous proposerons de découvrir cette forêt et les espèces animales et végétales que nous y protégeons, mais aussi des stands participatifs autour des matériaux qui s’y nichent…

Nous appelons également tout les artistes, performers, musiciens etc… Pour que leurs prestations au cœur de la ZAD lui permettent de vivre au rythme des sourires et des émotions que nous souhaitons partager avec vous.

Nous aurons la chance de compter sur la présence de nos copains qui protègent le site d’enfouissement nucléaire de Bure, qui nous présenteront un film sur la lutte à ne surtout pas manquer !!

Et les gens qui voudraient nous empêcher de nous réunir ?

Nous entendons le désir peu discret de certains mal-pensants de bloquer les accès à cette réunion familiale et festive, nous avons décidé de nous réunir sur le parking de l’Intermarché de Saint-Siméon-de-Bressieux à partir de 10h samedi matin pour organiser un convoi jusqu’à la ZAD.

Nous ferons en sorte ainsi que notre union et notre volonté de nous réunir, ne soit pas entravées par le bon vouloir d’une minorité de personnes en oppositions avec nos idéaux.

Parce que demain nous appartient…

À bientôt dans les bois

Mailing, 16 mars 2015

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Mère maquerelle

À nous, Athées, les mots : denier du culte, ne disent rien.
Pour les adeptes de l’Église catholique, c’est l’impôt qu’illes payent à leur sainte mère, pour avoir le droit de s’agenouiller dans le froid, de s’enfermer dans des cabines étriquées devant des hommes masqués, tout ça pour s’acheter le ticket pour le Paradis futur.
Dans le temps, les vieilles bigotes radines faisaient tinter des boutons dans l’urne de la quête.
Aujourd’hui, l’Église s’est modernisée : comme les partis politiques, elle prélève son quota directement sur le compte en banque de l’adhérent/e.
Un citoyen baptisé français vient d’en faire … les frais :
Vivant et travaillant en Allemagne, il ne participe pas aux rituels de la religion catholique et de ce fait n’a pas signalé sa présence à son diocèse de résidence.
On imagine sa surprise en s’apercevant qu’une somme de plusieurs centaines d’euros à été prélevée sur son compte sans son accord : l’Église catholique a pris son dû … les autorités religieuses françaises ayant signalé sa présence sur les listes de baptiséEs, à leurs consœurs allemandes, montrant là leur efficacité de délatrices, déjà connue.
Et prouvant surtout qu’elles se situent au-dessus des lois républicaines. De quoi alerter la CNIL…
Et de s’apostasier vite fait, ce que notre bon citoyen s’empresse de faire, contraint et forcé.

Autant y penser avant.

Athéesüberalles – 13 mars 2015

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[Paris] Expo photo « Fin de printemps à Kiev » jusqu’au 27 mars 2015

FIN DE PRINTEMPS À KIEV (3-11 juin 2014)

Kiev, début juin 2014, un peu plus de trois mois après la fuite en catastrophe du tyran mafieux, la révolution dite « Euromaidan » se poursuit. Maïdan c’est d’abord l’occupation de la place de l’Indépendance, qui durera jusqu’à début août. Les checkpoints aux entrées contrôlent les voitures mais les piétons, Kiévois et touristes, circulent librement. La place, organisée sur le modèle des campements de la cavalerie cosaque, est encore remplie de tentes militaires mais les barricades, fleuries en hommage aux martyrs de la « Centurie céleste », commencent à être grignotées petit à petit, jour après jour.

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Ce n’est plus le fer de lance de l’autodéfense contre la police anti-émeute qui est sur place, la plupart d’entre eux étant déjà partis former les premiers bataillons de volontaires pour combattre sur le front de l’Est. Demeurent les vieux, les trop jeunes, les blessés, les mal foutus et les excentriques. Mais au sein de ce dernier carré des occupants persiste une solide volonté : maintenir la pression sur le centre de Kiev, sur les bourgeois à grosses cylindrées et sur les nouveaux gouvernants fraîchement élus, maintenir l’esprit révolutionnaire de Maïdan contre tout le tragique des événements. La place reste un lieu d’expérimentation pour les utopistes, les rêveuses, les artistes et les guerriers cabossés.

Moins spectaculaire, Maïdan est aussi une gigantesque mobilisation de la « société civile » : par exemple, la poursuite et le développement des missions d’aide aux réfugiés (No Border Kiev), les exigences de justice et de « lustration » (coup de balai anticorruption)… La lutte continue en prenant soi-même en mains les affaires importantes, aussi bien humanitaires que militaires, où les volontaires s’avèrent bien plus efficaces que les instances gouvernementales officielles. Ce sont ces activistes de la société civile qui avaient appelé les « journalistes, commentateurs et analystes » étrangers à cesser de répéter n’importe quoi pour venir voir de leurs propres yeux ce qui se passait en Ukraine (« Kyiv’s Euromaidan is a Liberation and not Extremist Mass Action of Civil Disobedience », 4 février 2014). C’est cet appel qui m’avait décidée à passer outre mes réticences pour aller découvrir ce grand pays en révolution, au-delà de toutes ces effrayantes histoires de fascistes et de nazis.

Voilà, en 65 photos, un aperçu du Maïdan à cette époque, et de quelques-unes et quelques-uns des acteurs qui le faisaient vivre au quotidien.

Les héros ne meurent pas !

Barbara Serré-Becherini
Radio.Graphie

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« CENTER ZAD, une lutte contre les forêts payantes »

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« CENTER ZAD, une lutte contre les forêts payantes » dure 45 minutes. Son intention, est de porter la voix des zadistes, et de mieux comprendre ce qui s’applique, dans la création d’un Center Parcs. Ce documentaire a été tourné à la ZAD de Roybon, en Isère, lors de l’Open Barrikad du 7 au 9 février 2015. De Camille Robert (DOC du réel) | VOIR LA VIDÉO

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[Opération « Vengeance » en vue du procès de Clichy-sous-Bois à Rennes] Les larbins de la maison Poulaga travaillent

Rennes. L’extrême gauche diffuse des photos de policiers avec leurs enfants

L’extrême gauche rennaise s’est faite depuis plusieurs années une spécialité de ficher, de dénoncer, de stigmatiser tous ceux qui ne pensent pas comme elle, mais aussi ceux qui cherchent à mettre fin aux violences qui émaillent chaque grande manifestation « anti-tout ». Elle vient de franchir une nouvelle étape dans la délation en publiant un site Internet sur lequel on trouve des photos, identités et coordonnées de fonctionnaires de police rennais, mais aussi d’employés de l’administration pénitentiaire.

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Opération “Vengeance”

Outre ce qui ressemble fort à un appel au lynchage et à l’exaction – non signé comme le sont chaque actions de cette mouvance radicale pourtant bien identifiée et localisée à Rennes – des photos de policiers avec leurs enfants sont également diffusées. « On atteint les sommets en terme d’ignominie », nous confie un policier rennais.

Le site Internet, dont nous ne révélerons pas l’adresse par respect de l’anonymat des personnes visées, est hébergé en Italie, par l’association Investici, basée à Pise. Cet hébergeur accueille tout ce que l’Europe compte de sites d’ultragauche, antifascistes, « anticapitalistes » etc.

Indymedia Nantes, site pilote et relais de toute la mouvance radicale, n’a pas hésité à diffuser l’adresse du site – avant de subitement l’enlever hier, bien qu’il soit toujours visible dans le cache de Google – une forme de complicité puisque le site Internet publie l’adresse e-mail où les individus peuvent envoyer les informations qu’ils possèdent sur les fonctionnaires mis en cause.

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Opération “Vengeance”, mode d’emploi

Dans un communiqué, Unité-police SGP-FO (second syndicat de gardiens de la paix) a «fermement condamné la recrudescence de menaces contre les policiers».

Le ministère de l’Intérieur ainsi que le ministère de la Justice – ministère de tutelle pour les fonctionnaires de prison – ont été saisis. Au sein de la police rennaise, tous les fonctionnaires attendent désormais une réaction force de la place Beauvau et de la Justice. « Si des responsables de la police ou même des responsables politiques voyaient leur vie privée ainsi bafouée et leur sécurité menacée, il est évident que ce site Internet aurait déjà été fermé et que ses auteurs seraient en passe d’être arrêtés » nous confie un autre policier, qui espère « que le même travail sera réalisé pour des fonctionnaires qui ne sont pas forcément hauts placés dans la hiérarchie ».

À l’heure actuelle, le site est en effet toujours en ligne. La direction générale de la police (DGPN) dit « avoir saisi » les services spécialisés de lutte contre la cybercriminalité de la direction centrale de la police judiciaire. Elle invite aussi les fonctionnaires à faire attention sur l’utilisation de Facebook.

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Du côté des gardiens de prison, l’émotion est également très forte : « quand on sait qu’à la prison de Vezin, il y a certains détenus islamistes, et non des moindres avec Djamel Beghal, mentor des frères Kouachi, on craint effectivement pour notre sécurité » confie l’un d’entre eux sous couvert d’anonymat.

Ce site Internet apparaît alors que les derniers mois ont été agités à Rennes, sur fond de manifestations d’extrême-gauche « contre les violences policières » mais aussi à quelques jours du procès en appel de deux policiers dans l’affaire Zyed et Bouna, du nom de ces deux individus décédés pour avoir pénétré dans un local EDF de Clichy-sous-Bois pour échapper à un banal contrôle policier. Les deux fonctionnaires sont poursuivis pour n’avoir pas averti les deux adolescents des dangers encourus dans ce local EDF…

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Maison de la Grève

Une partie de la mouvance violente d’extrême gauche à Rennes – vers qui tous les soupçons se tournent aujourd’hui – a pris ses quartiers à « La Maison de la grève », dans un local en location situé 37 rue Legraverend. Ces militants appellent d’ailleurs à une semaine de mobilisation à l’occasion du procès des deux policiers, et notamment à une manifestation, mercredi 18 mars, à 15h, au départ de la Cité Judiciaire.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Breizh-info.com, 12 mars 2015)

 

Zyed et Bouna : Rennes sous pression à quelques jours du procès

Un site fichant les policiers, tags anti-flics et appels à manifester se succèdent autour de la ville qui accueille, à partir de lundi, le procès de la mort des deux adolescents à Clichy-sous-Bois, en 2005.

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Il y a dix ans, la mort de Zyed et Bouna, à Clichy-sous-Bois, avait embrasé les banlieues françaises. Aujourd’hui, alors que s’ouvre le procès de cette affaire lundi à Rennes, le dossier reste sensible. Deux policiers comparaissent pour non-assistance à personne en danger lors de la mort des deux adolescents, électrocutés sur un site EDF alors qu’ils fuyaient la police. Le procès, à l’issue duquel ils encourent au maximum cinq ans de prison et 75’000 euros d’amende, doit durer cinq jours. Et à Rennes, la pression commence déjà à monter.

Un site fichant la police et des tags anti-flics. Mardi, un syndicat de policiers alertait la direction de la police de l’existence d’un blog “fichant” des policiers et gardiens de prison autour de Rennes. Une enquête a dans la foulée été confiée à la police judiciaire et aux services spécialisés dans la cybercriminalité. Ce site intitulé “vengeance” présentait des photos de policiers et de surveillants. Certains de ces clichés étaient également accompagnés des coordonnées et de renseignements précis sur les fonctionnaires et leurs familles. Des informations notamment glanées directement sur les pages Facebook des fonctionnaires.

Autre élément qui inquiète fortement les syndicats de police, une trentaine de tags ont été relevés sur des immeubles et des bâtiments publics du quartier populaire et étudiant de Villejean, à Rennes. Dont certains faisant directement allusion à Zyed et Bouna.

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L’ultra-gauche rennaise appelle à la mobilisation. La mouvance d’extrême-gauche et anarchiste rennaise, faisant le lien avec la mort de Rémi Fraisse à Sivens à l’automne 2014, appelle à une “semaine de réflexion”, à partir de lundi et l’ouverture du procès.

Un collectif nommé “novembre 2005″ annonce ainsi organiser tous les midis des “cantines-rassemblements” devant la Cité judicaire de la ville, où se tient le procès. Une manifestation est également programmée au départ du palais de justice mercredi en milieu d’après-midi. Autant d’éléments dans cette ville qui avaient été marquées à l’automne par de nombreux débordements lors de manifestations contre les violences policières, après la mort de Rémi Fraisse.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Europe 1, 13 mars 2015) via Brèves du désordre

 

Rennes. Policiers et surveillants de prison fichés sur Internet

Colère parmi les policiers de Rennes. Sur Internet, des inconnus ont diffusé un fichier avec des photos de policiers, de leurs familles ainsi que leurs adresses personnelles.

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Rennes, février 2015

« Est ce que c’est normal qu’un site affichant des photos de policiers et de leurs familles avec des menaces explicites soit toujours accessible? », s’insurge David Leveau [sic – NdJL] du syndicat SGP FO de Rennes.

Photos privées, adresses, numéros de téléphones…

Depuis lundi, un site internet publie plusieurs pages où figurent des photos mais aussi les adresses personnelles et les numéros de téléphone de fonctionnaires de police de Rennes, et aussi de membres de l’administration pénitentiaire.

Des photos qui datent de quelques années mais avec des adresses qui sont souvent toujours les bonnes. « On y voit des policiers mais aussi leurs épouses, leurs enfants… » Des photos privées sans doutes extraites de comptes sur des réseaux sociaux.

« Et si des terroristes se procurent ce fichier ? »

« C’est inquiétant si ça tombe dans les mains de quelqu’un qui veut faire un coup d’éclat pour se faire un flic ou sa famille. Surtout en cette période où l’on sait que les policiers sont des cibles. Et si des terroristes se procurent ce fichier ? »

Directeur départemental de la sécurité publique d’Ille-et-Vilaine, Patrick Chaudet s’est aussi avoué choqué par ces images. « La direction générale de la police nationale s’est saisie du dossier et l’a transmis aux services spécialisées de lutte contre la cybercriminalité de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest-France.fr, 11 mars 2015)

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[Sivens Pacem Para Bellum] Ne rien lâcher en garde à vue, c’est possible !

http://juralib.noblogs.org/files/2015/01/0311.jpg[Sivens] Témoignage de la garde à vue de Monsieur X

Ou comment ne pas donner d’identité en garde à vue et ressortir libre et non accusable.
Un témoignage qui circule par mail et que nous publions ici, non pas pour dicter ce que doit faire une personne en garde à vue mais pour laisser témoignage de ces moments jamais bien sympathique et où il faut bien monter une système de défense.

Vendredi 6 mars 2015.

Une expulsion dans le Tarn.
Je suis mis en garde à vue (GAV) sur les lieux de l’expulsion à 14h20.
L’Officier de Police Judiciaire (OPJ) me demande de décliner mon identité car je n’ai pas de papiers sur moi. Je refuse.
Il me lit mes droits, me propose de voir un médecin. J’accepte.
Me demande le nom de mon avocat, me lit le chef d’accusation : « Participation sans arme à un rassemblement après sommations de dispersion ».

Je refuse de signer la mise en GAV. Ils m’emmènent en voiture à la gendarmerie d’Albi. Durant le trajet les deux OPJ sont très sympathiques, nous discutons. Ils essayent de glaner des infos sur moi et sur le rassemblement au fil de la discussion. Ils insistent légèrement sur mon identité, m’expliquant que ça va rallonger la procédure etc. etc…

Nous arrivons à la gendarmerie. Les deux OPJ m’emmènent dans leur bureau. Ils continuent à insister de plus en plus lourdement sur mon identité. Je ne leur donne rien, je leur explique que c’est politique, que c’est pas contre eux ou pour les faire chier.

Ils font venir le médecin. Je ne souffre pour l’instant d’aucune blessure mais j’ai décidé de demander un examen médical avant la GAV pour pouvoir en faire un autre, comparatif, après la fin de la GAV au cas où je me fasse défoncer la gueule entre-temps.
Il m’examine très rapidement. Me pose quelques questions personnelles, au hasard de la conversation, c’est louche. Lui aussi va finir par insister sur mon identité. Je ne lui dis rien.

Ils me mettent en cellule.

Ils me sortent de cellule en fin d’aprem’. Ils me disent avoir appelé mon avocate qui ne sera pas là avant demain, raison de plus pour ne pas rallonger encore la GAV et lâcher mon identité maintenant. Je refuse. Ils m’auditionnent, je ne déclare rien et réponds par oui ou non aux questions auxquelles je souhaite répondre.
Mon état civil est une suite de X et Y.
Je refuse le chef d’inculpation et ne le signe pas. Ils m’annoncent que maintenant ils vont procéder à une vérification d’identité grâce à mes empreintes digitales car je refuse de leur donner un nom ou des papiers. Je leurs réponds très clairement que je ne veux pas qu’ils prennent mes empreintes.
Ils m’expliquent alors qu’on ne peut pas refuser la vérification d’identité.
« On a dû te dire qu’on peut refuser le fichage ADN et les empreintes et photos, c’est vrai, mais les empreintes pour la vérification d’identité c’est totalement différent ! On ne peut pas les refuser ça n’existe pas ça » me disent-ils.

Je persiste et leur fais savoir mon refus.
C’est alors que des deux OPJ qui jusqu’à présent jouaient le rôle du « flic gentil », un devient immédiatement (et ce jusqu’à la fin) le « flic méchant ». Agressif et violent donc.

L’interrogatoire change de style. Claques derrière la tête et bousculades deviennent de rigueur. On m’explique que l’on va prendre mes empreintes digitales de force puisque je n’accepte pas de mon plein gré et que si je m’oppose physiquement a la verif’ d’identité on va rajouter « Outrage et Rébellion » aux chefs d’inculpations.
Je vois arriver « flic méchant », je m’assieds donc sur mes deux mains. Il m’attrape par le tee-shirt et me traîne jusqu’à la salle où s’effectue la prise d’empreintes. Là il me fait une clef de bras et prend ma main de force et essayant de l’appuyer sur l’encre. Je serre le poing, je me débats. Il lâche l’affaire, me remet des menottes et me confie à « flic gentil » qui va me remettre en cellule.
Juste avant de m’enfermer « flic gentil » tente une dernière manipulation mentale pour obtenir mon identité. Je refuse.

Je m’endors.

Vers 20h « flic gentil » me réveille, me demande si j’ai faim. Je lui dit que oui. C’est alors qu’il m’explique que si je ne lui donne pas mon nom et mon prénom je ne mangerai pas…

Soit, je ne mange pas.

Une amie dans la cellule d’à coté me fait savoir qu’ils lui montrent des photos de moi et lui demandant de m’identifier. Elle ne lâche rien.

Le lendemain matin il ne reste plus que « flic gentil », il me réveille et re-tente un petit coup de manipulation mentale genre « tous tes copains ont lâché, il reste que toi, tu es tout seul… »
« Lâche l’affaire ça sert à rien on est en train de la trouver etc. »
Je ne dis rien.

Je vois mon avocate vers les 11 heures du matin. Je lui explique mon système de défense : je ne décline pas mon identité je ne signe rien, je ne déclare rien.
Elle m’explique ce que j’encours : dans le pire des cas 48 heures de GAV au lieu des 24 heures initiales, 48 heures durant lesquelles j’aurais carrément le temps de craquer. Normalement si à la fin de la GAV ils n’ont toujours pas mon nom, ils me laisseront partir avec une convocation pour tel jour à telle heure au nom de Monsieur X pour tel chef d’inculpation.
Après la courte entrevue, je décide de continuer comme ça.

Une nouvelle audition, en présence de l’avocate cette fois. Je refuse une nouvelle fois de décliner mon identité. Je ne réponds que par oui ou non aux questions auxquelles je souhaite répondre, ignorant les autres. Et je déclare la raison de ma présence sur ce lieu à ce moment. Puis j’explique que je ne dirai plus rien.
Il me montre une nouvelle fois les documents m’accusant.
Je refuse de les signer. Je ne signe pas ma déclaration non plus.
Mon avocate s’en va.

Il me remet en cellule.

Il me sort de cellule, prend des photos de moi de force en me plaquant au mur.

Je demandais depuis le début de la journée un verre d’eau et des mouchoirs. Il me monte dans son bureau, l’eau et les mouchoirs sont sur la table. Je prends le verre d’eau en faisant bien attention de ne pas y mettre les doigts dessus. Je me mouche.
À ce moment, « flic gentil » prend mon mouchoir (sans gants) et m’explique que « ça, c’est pour le labo… ! », que ce mouchoir va être analysé pour y prélever mon ADN et permettre ainsi de m’identifier.

Je lui explique calmement que c’est une saisie com-plé-te-ment illégale, que le procureur va se foutre de sa gueule et que les experts à Miami c’est à la télé. De plus il a pas mis de gants en touchant le mouchoir.

Il persiste et essaye de me convaincre que ça y est je suis foutu.

Un quart d’heure après il me dit que c’est la fin de la GAV, je refuse de signer la sortie de GAV et la saisie du mouchoir.

Je sors sans convocation. Sans accusation. Sans rien.

Ne rien lâcher en garde à vue, c’est possible !
Violences physique, violences psychologique, manipulation mentale, sympathie débridée : ils peuvent tout essayer pour te faire craquer.
Si tu ne lâches rien en 24 heures, il leur faut un bon motif pour te garder 24 heures de plus. Le refus de vérification d’identité peut en être un, si le chef d’inculpation (ce de quoi on t’accuse) est suffisamment grave. Si tu lâches rien en 48 heures, ils ne peuvent rien faire à part te mettre en préventive si le délit est assez grave.

Ne fais pas confiance au docteur.e, il travaille avec les flic.que.s.
Ne fais pas confiance à l’avocat.e, il peut te menacer de multiples manières.
Ne fais (bien sûr) pas confiance aux flic.que.s. Qu’illes soit super chouettes et te payent des clopes toute la journée ou bien qu’illes te mettent des claques dans la gueule.

Monsieur X

Sivens Pacem Para Bellum

Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours (IAATA), 12 mars 2015

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