[L'invasion des profanateurs de sépultures] Le respect du char d’assaut national se perd

Le Monument des chars d’assaut de Berry-au-Bac a été pillé

Le 16 avril 1917, à Berry-au-Bac, sur le Chemin des Dames, des chars d’assaut français de type Schneider CA1 furent engagés au combat en direction de Juvincourt. Il s’agissait alors d’une première pour l’armée française, qui suivait ainsi l’exemple britannique, grâce notamment au général Jean-Baptiste Estienne, le « père » de ce que l’on appelait à l’époque « l’artillerie d’assaut ».

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Mis en oeuvre par un équipage de 6 hommes (1 conducteur et 5 servants), les Schneider CA1 étaient armés par un canon court de 75 mm et de 2 mitrailleurs Hotchkiss (une sur chaque flanc). Chenillés, d’une masse de 13,6 tonnes au combat, ils avaient une autonomie de 48 km. Cependant, leur blindage n’étant, à l’origine, pas très performant, ces chars étaient vulnérables.

Aussi, leur premier engagement, jugé prématuré par le général Estienne, n’eut pas les effets espérés par le général Nivelle. Sur les 132 Schneider CA1 mobilisés, 35 furent détruits, 17 fixés par l’artillerie allemande et 18 subirent des pannes.

Pour rendre hommage aux équipages tombés au combat ce jour-là et aussi pour marquer la première apparition des chars français, un mémorial national a été érigé à Berry-au-Bac, dans l’Aisne, puis inauguré le 2 juillet 1922 en présence du général Estienne, mais aussi de celles des maréchaux Foch et Pétain.

Alors que l’on commémore, cette année, le centenaire du début de la Première Guerre Mondiale, des individus sans foi ni loi n’ont rien trouvé de mieux que d’aller piller ce Monument des chars d’assaut. Le désastre a été découvert par un automobiliste, qui a ensuite averti la mairie de Berry-au-Bac.

« Sur le coup, je me suis dit : ‘Ils n’ont pas fait ça’. Et puis quand je suis allée sur place, j’ai dû me rendre à l’évidence. J’étais atterrée, comme beaucoup de gens d’ailleurs. Cela me fait froid dans le dos. Comment peut-on s’en prendre à un tel monument ? Des gens sont morts pour nous et c’est leur mémoire qu’on salit », a dénoncé avec vigueur, dans les colonnes du quotidien L’Union/L’Ardennais, Marie-Christine Hallier, Mme le maire de la commune, qui a déposé une plainte auprès de la gendarmerie.

Visiblement, les voyous ont été rapides pour faire leur sale besogne puisque le site est très fréquenté. Ainsi, ils ont eu le temps de voler, entre autre, un bas-relief en bronze, un portrait, dans le même alliage, du général Estienne ainsi qu’une dalle en marbre commémorative à la mémoire de ce dernier, attaquée au burin.

Presse-Panzer (Laurent Lagneau pour le blog “Zone militaire” (opex360.com), – 23 juillet 2014)

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[L'invasion des profanateurs de sépultures] De la Der des der au dépassement de l’art

Vol de la sculpture de Kern: “un acte intolérable”

CRAONNE (02). La sculpture d’Haïm Kern, oeuvre monumentale de plus d’une tonne et demie et de 4 mètres de haut, érigée en hommage aux soldats tombés au Chemin des Dames a disparu.

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L’œuvre de Haïm Kern, installée sur le Plateau de Californie — à proximité du Chemin des Dames — a été volée. Sa disparition a été constatée, mardi, aux environs de 19 heures. L’alerte a été donnée par un touriste qui cherchait la statue mais qui ne la trouvait pas lors d’une visite à 17 heures. L’horaire du vol n’est pour l’instant pas déterminé avec certitude.

La gendarmerie a engagé immédiatement des moyens “afin de geler le lieu et d’effectuer les constatations de police technique et scientifique”. D’après les premiers éléments, “la sculpture a été désolidarisée de son socle et probablement emportée dans un véhicule de grande capacité”, notent les autorités. Un ratissage de la zone a été effectué dès mardi soir afin de recueillir des traces et des indices. Un nouveau dispositif de recherches a été mis en place par la gendarmerie ce mercredi matin avec une quinzaine de militaires appuyée par l’hélicoptère de la section Aérienne de gendarmerie d’Amiens.

“Le vol et la dégradation de cette oeuvre en période de début de Centenaire est un acte intolérable qui porte atteinte à la mémoire de tous les hommes qui ont souffert en ces lieux (…) C’est également un acte choquant pour tous ceux qui avec respect et compassion portent au quotidien le souvenir des évènements tragiques” a déclaré la préfecture de l’Aisne dans un communiqué.

Kader Arif, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire, a par ailleurs exprimé “sa vive émotion” à l’annonce de ce vol. “Cet acte intolérable est une insulte à l’égard des victimes de la guerre mais aussi de la France, de ses valeurs, de son histoire et de sa mémoire” a-t-il ajouté dans un communiqué.

Cette scupture en bronze de quatre mètres de haut et intitulée « Ils n’ont pas choisi leur sépulture », avait été érigée en 1998, lors des célébrations du 80e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Elle avait été inaugurée par Lionel Jospin, alors Premier ministre.

Les sites de la Grande Guerre attirent l’intérêt : il y a quelques semaines, c’était le monument des chars d’assaut de Berry-au-Bac qui avait été pillé. Stèles de marbre et plaques de bronze avaient été volé… les deux affaires sont-elles liées ? Seule l’enquête de la gendarmerie pourra le déterminer.

En juin dernier, une cinquantaine d’objets ont été dérobés du site de la Main de Massiges.

Presse-boucherie, Marie-Pierre Duval, lunion.presse.fr, 13 août 2014

 

Le Chemin des Dames perd un symbole historique

CRAONNE (02). Mardi soir, la sculpture de Haïm Kern, rendant hommage aux combattants de la Grande Guerre a été dérobée. Un véritable symbole pour ce lieu de mémoire.

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Maire de Craonne, Thierry Melotte est venu constater les dégâts, hier, sur le plateau de Californie.

L’alerte a été donnée, mardi aux environs de 17 heures. Ne trouvant par la sculpture de Haïm Kern, sur le plateau de Californie, un touriste s’est rendu à la Caverne du Dragon pour avoir de plus amples informations concernant sa localisation. Très rapidement, il a fallu se rendre à l’évidence : l’œuvre, intitulée Ils n’ont pas choisi leur sépulture et haute de quatre mètres avait été dérobée. Les gendarmes se sont rapidement rendus sur place pour constater les faits. Aussitôt d’importants moyens ont été mis en œuvre afin de « geler les lieux et d’effectuer les constatations de police technique et scientifique ».

L’artiste très affecté par le vol

La taille impressionnante de la sculpture, quatre mètres sur deux pour un poids d’1,6 tonne tend à démontrer que les voleurs avaient bien préparé leur intervention. «  Les fixations ont été découpées proprement, l’opération a dû être très rapide », constatait le capitaine Perroud, commandant de la gendarmerie départementale de Laon. De plus, ils devaient circuler dans un véhicule adapté afin de pouvoir l’emporter rapidement. Sur place, il reste peu de marques de leur passage. Les forces de l’ordre ont effectué un ratissage de la zone afin de recueillir les éventuelles traces qu’ils auraient laissées. Mardi matin, un nouveau dispositif de recherche a été mis en place avec la participation de l’hélicoptère de la section aérienne de gendarmerie d’Amiens et le renfort de motards. Les premières contestations ne permettent pas de déterminer si on a affaire à des malfaiteurs à la recherche de métaux à revendre ou d’un trafic d’œuvres d’art.

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VOIR LA VIDÉO

Le maire de Craonne, Thierry Melotte, mercredi matin au plateau de Californie ne cachait pas sa stupéfaction. Déjà sur place la veille, il ne pouvait que constater les dégâts. « Cette œuvre représente tous les combattants qu’on n’a pas retrouvés sur le Chemin des Dames, ce vol nous affecte d’autant plus qu’il a lieu au moment de la commémoration du Centenaire de la Grande Guerre. » Avec lui, c’est tout un village qui se sent meurtri par l’événement.

Noël Genteur, conseiller général et ancien maire de Craonne ne cachait pas non plus son émotion. « Quand les gendarmes m’ont prévenu, je dois dire que je n’y croyais pas », confesse-t-il. Malgré son chagrin, c’est aussi à Haïm Kern qu’il pensait. Prévenu, l’artiste s’est dit très affecté par ce vol. « Déjà en 2006, lorsque des têtes avaient été découpées et retrouvées dans un champ, il avait très mal vécu la chose », se souvient le conseiller général. Pour Noël Genteur, plus qu’une œuvre c’est un symbole qui a été dérobé. «  J’espère qu’on va la retrouver entière, qu’elle n’a pas été découpée pour être fondue. Pour moi, cette œuvre est aussi belle qu’un poème, c’est une symphonie à la mémoire des hommes. »

La gendarmerie a lancé un appel à témoins à toute personne qui aurait vu la sculpture en place entre dimanche 10 août à 18 heures et mardi 12 août à 17 heures afin de déterminer avec précision le moment du vol. Toute personne pouvant apporter une information utile à l’enquête peut contacter la communauté de brigades de […]

Presse-boucherie, Marie-Pierre Duval, lunion.presse.fr, 14 août 2014

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La CNIL travaille

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SIREX : un nouveau fichier secret de contre-ingérence par l’État

Le Gouvernement a fait publier aujourd’hui au Journal Officiel un décret qui autorise la création d’un fichier de renseignements mis en oeuvre par l’armée, SIREX, sur lequel aucune information n’est publiée. On sait juste que la CNIL a émis une réserve sur son contenu, destiné à faciliter la contre-ingérence, c’est-à-dire la protection des installations et opérations militaires françaises.

En principe, l’article 30 de la loi CNIL du 6 janvier 1978 dispose que les déclarations, demandes d’autorisation ou demandes d’avis adressées à la CNIL pour la collecte de données personnelles doivent contenir toute une série d’informations telles que la finalité du traitement, les éventuels “rapprochements ou toutes autres formes de mise en relation avec d’autres traitements”, le type de données collectées et la catégorie de personnes visées, ou encore la durée de conservation.

Mais il existe des exceptions.

En effet, le texte ajoute que “les demandes d’avis portant sur les traitements intéressant la sûreté de l’État, la défense ou la sécurité publique peuvent ne pas comporter tous les éléments d’information énumérés ci-dessus”. L’État a alors l’obligation d’en dresser la liste par un décret, lui-même soumis à l’avis de la CNIL. C’est tout l’objet d’un décret publié ce samedi matin au Journal Officiel, qui modifie la liste des fichiers autorisés à déroger à la règle générale de transparence.

Il remplace les “fichiers de la direction de la protection et de la sécurité de la défense” par un nouveau fichier, baptisé SIREX. Or on ne sait strictement rien de ce que recouvre ce nouveau fichier, si ce n’est qu’il s’agit selon le ministère de la défense d’un “système d’information de la recherche et de l’exploitation du renseignement de contre-ingérence”.

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Le Gouvernement actionne pour SIREX les dispositions de l’article 26 de la loi de 1978, qui prévoit que “certains traitements (…) peuvent être dispensés, par décret en Conseil d’État, de la publication de l’acte réglementaire qui les autorise”. Il est uniquement prévu que “pour ces traitements, est publié, en même temps que le décret autorisant la dispense de publication de l’acte, le sens de l’avis émis par la commission”. Ce qui fut fait.

En effet, figure également au Journal Officiel de ce samedi matin la délibération n° 2014-142 de la CNIL du 17 avril 2014, on ne peut plus sibyilline : “Avis favorable avec réserve”. Quelle réserve ? Le public ne le saura pas, l’avis lui-même n’étant pas publié, pour ne pas informer sur le contenu du décret.

“Renseigner pour protéger”

On sait toutefois que SIREX est mis en oeuvre par la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD), qui a pour mission de “renseigner pour protéger”. “La Défense doit protéger ses personnels, ses matériels, ses informations et installations sensibles, d’actes hostiles, qualifiés d’ingérence, qui peuvent émaner d’organisations ou d’individus qui chercheraient ainsi à porter atteinte aux capacités opérationnelles de la défense par d’autres voies que la confrontation militaire”, explique le site internet du ministère de la défense.

Il peut s’agir aussi bien de renseignements collectés à l’extérieur des frontières que de renseignements intérieurs, visant également des citoyens français.

“Le terrorisme, l’espionnage, les actions de subversion comme celles de sabotage ou encore le crime organisé (TESSCo) recouvrent les actes d’ingérence”, précise le ministère, qui indique que la DPSD “agit dans le cadre général d’une mission de contre-ingérence en alertant sur les vulnérabilités, renseignant sur les menaces potentielles, contribuant aux mesures de protection”.

Selon le site InfosDefense, la DPSD compte 1130 personnels civils et militaires. Sa mission “consiste principalement à la sécurité des personnels et des sites du ministère de la Défense”, mais elle “travaille aussi quotidiennement avec les industriels exerçant dans le secteur de l’armement dans le cadre de sa mission de contre-ingérence”.

Leur presse (Guillaume Champeau, Numerama.com, 23 août 2014)

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[Flics, Porcs, Assassins] Vérité et Justice pour Abdelhak Goradia (2)

Mort d’un Algérien expulsé : la police est gravement mise en cause

Abdelhak Goradia, Algérien de 51 ans, est mort d’« asphyxie » lors de son transfert vers l’aéroport de Roissy dans un fourgon de police, le 21 août. Ses proches affirment avoir vu des hématomes sur son visage. « Même à un animal, on ne fait pas ça ! » dit son neveu, alors que les policiers sont suspectés de mauvais traitements et que les associations s’indignent. Une information judiciaire a été ouverte.

Pourquoi Abdelhak Goradia, 51 ans, est-il mort lors de son transfert vers l’aéroport de Roissy dans un fourgon de police, jeudi 21 août ? Ce ressortissant algérien, sous le coup d’un arrêté ministériel d’expulsion, devait embarquer sur un vol pour l’Algérie jeudi à 21h15, à Roissy.

Une source policière a d’abord affirmé à l’AFP vendredi que l’homme, père d’un enfant français de six ans, était mort « d’une crise cardiaque ». « En arrivant à Roissy, les policiers se sont aperçus qu’il était en train de faire un malaise dans le fourgon et, malgré les secours prodigués, il est décédé », avait déclaré le policier. Mais dès le lendemain, un porte-parole du parquet de Bobigny, confirmant une information du Monde, indiquait que « selon les premiers résultats de l’autopsie, la mort avait été provoquée par une asphyxie due à une régurgitation gastrique ». Une information judiciaire pour homicide involontaire contre X… a été ouverte vendredi.

Contacté lundi, le parquet de Bobigny ne veut désormais plus communiquer et renvoie vers le cabinet du ministre de l’intérieur. Dans son communiqué envoyé vendredi, le ministre Bernard Cazeneuve indique simplement souhaiter « que l’enquête judiciaire permette de faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès dramatique ».

Plusieurs proches de la victime, qui se sont rendus samedi à l’Institut médicolégal de Paris (XIIe arrondissement), affirment avoir constaté des hématomes sur son visage. Houari Goradia, l’un de ses neveux, décrit ainsi « un gros bleu au niveau du nez, un bleu sous l’œil gauche, des bosses et un creux au niveau du crâne ». « Nous étions derrière une vitre et il avait un linceul jusqu’aux oreilles qu’ils ont refusé de retirer », dit Houari Goradia, 37 ans, qui est apporteur d’affaires à Paris. Selon lui, la sœur et le frère de la victime, qui habitent en région parisienne, entendent se constituer partie civile.

Détenu depuis 2011 pour plusieurs escroqueries à la carte bancaire, Abdelhak Goradia faisait l’objet d’un arrêté ministériel d’expulsion, notifié le 12 août, au motif d’une « nécessité impérieuse pour la sécurité publique », selon son avocat. Le même jour, ce quinquagénaire avait été placé au centre de rétention de Vincennes, à sa sortie de la maison d’arrêt de Châteaudun. Il aurait déjà fait l’objet de deux tentatives d’expulsion, dont l’une le 16 août, auxquelles il s’était opposé. Selon son neveu, le commandant de bord avait refusé de l’embarquer le 12 août, car il était entravé aux mains et aux jambes.

Ce 21 août, Abdelhak Goradia n’était pas inscrit au tableau des départs, d’après des retenus du CRA de Vincennes joints par téléphone. « Ils lui ont dit qu’il avait une visite pour qu’il les suive », raconte Mouelhi Adnen, un Tunisien qui partageait la chambre de l’Algérien au sein du bâtiment 1 du CRA. « Il ne voulait pas partir car depuis la mort de ses parents, il n’avait plus personne en Algérie, toute sa famille vivait en France », dit Ivan Drajic, un retenu serbe au CRA de Vincennes. Arrivé sur le territoire en 1996, Abdelhak Goradia était le père d’un enfant né en France en 2008. Il était séparé de la mère.

Vers 19 heures, le jeudi soir, il a appelé son avocat et sa famille pour les prévenir qu’une escorte allait l’embarquer. Me Sohil Boudjellal a alors pu parler au chef d’escorte « qui m’a dit qu’il ne faisait qu’exécuter un ordre ». Puis le portable de l’Algérien n’a plus répondu. L’avocat et la famille n’ont plus eu de nouvelles jusqu’à ce qu’ils apprennent sa mort le lendemain matin, après avoir passé en vain plusieurs coups de fil en Algérie et au CRA de Vincennes.

« En sortant de la visite au premier étage (au-dessus de l’accueil du CRA, ndlr), un Chinois a entendu des cris, comme une bagarre, mais il n’a pas vu ce qui se passait », explique Ivan Drajic. Ce sont cinq fonctionnaires de la compagnie de transferts, d’escortes et de protection de la police (Cotep) qui auraient embarqué l’homme. « Comme il était assez virulent, les policiers de la Cotep se sont mis à quatre ou cinq pour l’entraver, explique Cédric Caste, du syndicat Unité Police SGP-FO pour la police aux frontières (PAF) de Roissy. Ils ont écarté une lame de rasoir. Ils ont protégé sa tête avec un casque de boxe et l’ont allongé dans le fourgon, entravé aux mains et aux pieds. »

D’après le syndicaliste policier, ce n’est qu’à l’arrivée à l’unité d’éloignement de l’aéroport de Roissy, à 19h45, que les policiers « se sont rendu compte qu’il était bleu ». « Les policiers de la PAF de Roissy ont essayé de le réanimer et ont appelé les secours qui l’ont entubé par le nez car il avait les voies obstruées. » D’après le ministère de l’intérieur, l’inspection générale de la police nationale était sur place « une heure après la constatation du décès ».

Dans un communiqué, l’Association service social familial migrants (ASSFAM) a souligné que la victime « n’avait jamais fait état de problèmes de santé depuis son arrivée au centre de rétention ». Me Boudjellal, l’avocat de la victime, n’a pas encore eu accès au rapport d’autopsie. « La version de départ est totalement contredite, remarque-t-il. Il n’est pas mort naturellement mais s’est étouffé devant les policiers ou sous l’effet de leurs contraintes. Ce qui suppose des convulsions et une mort atroce. » « Comment peut-on ne pas porter secours à quelqu’un qui s’asphyxie ? » s’interroge l’avocat. « Tout ce qu’on sait est qu’il n’est pas mort de mort naturelle, dit Houari Goradia. On sait comment ça se passe. On attache les pieds et les mains, on met une muselière sur la bouche, on emploie la manière forte… Même à un animal, on ne fait pas ça ! »

Deux décès remontant au début des années 2000

Abdelhak Goradia avait été condamné à plusieurs reprises pour des escroqueries à la carte bancaire. « Avec les récidives, il avait cumulé neuf ans de prison (du fait de la loi sur les peines planchers — ndlr), explique son avocat. Il a fait six ans, il avait travaillé et remboursé les parties civiles. » « Nous savions que la prétendue suppression de la “double peine” sous Sarkozy était une mauvaise plaisanterie et qu’elle reste en vigueur sous la présidence de Hollande », remarque le Réseau éducation sans frontières (RESF).

Un premier recours en référé-liberté avait été rejeté le 20 août par le tribunal administratif de Paris, qui avait estimé que son expulsion ne constituait pas une atteinte « manifestement grave » aux libertés fondamentales. Mais le juge administratif devait se prononcer le 28 août sur un autre recours, cette fois en référé-suspension. Il s’agissait de déterminer s’il était légal ou non d’expulser le père d’un enfant français. D’après son neveu, il était confiant : « On allait le voir tous les jours au CRA : il était en bonne santé, pas en colère, il pensait qu’il allait sortir. » Son avocat affirme avoir envoyé en vain trois fax le jeudi soir, au ministère de l’intérieur, à la direction du centre de rétention ainsi qu’à la préfecture de police chargée de l’escorte pour leur rappeler cette audience. Mais ce type de recours n’est pas suspensif en France.

Selon Cédric Caste, le dossier d’Abdelhak Goradia était « plus que sensible » et suivi de près par la direction centrale de la police aux frontières, le ministère de l’intérieur et la préfecture de police de Paris. « C’est la première fois en vingt ans que je vois un arrêté ministériel au motif d’une nécessité impérieuse de sécurité pour ce type de profil, remarque Me Boudjellal. D’habitude c’est utilisé pour des braqueurs ou des terroristes, pas des petits délinquants non violents. »

En France, les deux derniers cas de décès lors de reconduites remontent à plus d’une dizaine d’années. Ricardo Barrientos, un Argentin de 52 ans, était décédé en décembre 2002 à bord de l’avion qui le ramenait en Argentine, après avoir été maintenu plié en deux par les policiers sur son siège. Mariame Getu Hagos, un Éthiopien de 24 ans, était lui mort en janvier 2003 suite à l’utilisation de la même technique policière. Il avait passé vingt minutes maintenu de force le torse plié, la tête touchant les cuisses, et menotté dans un siège d’avion à la ceinture serrée.

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TÉLÉCHARGER LE MANUEL

À la suite de ces deux décès, un manuel, publié par Mediapart en 2009 (lire l’article et l’intégralité du manuel ici), avait été mis à disposition des 180 agents de l’unité nationale d’éloignement, de soutien et d’intervention (Unesi), rattachée à la direction centrale de la police aux frontières. Tout en exposant le cadre législatif des « éloignements », ce manuel vise surtout à délivrer des « conseils techniques utiles aux fonctionnaires » afin d’« escorter efficacement les reconduits aux frontières internationales ». Y sont répertoriés les moyens de coercition à leur disposition : les menottes textiles ou métalliques, les bandes velcro et la « ceinture d’immobilisation ».

« Toute forme de bâillonnement est strictement prohibée », précise le manuel, pour tenter de mettre fin à une pratique employée il y a quelques années. À l’aide de schémas et de photographies « en situation », les gestes visant à maintenir la personne expulsée sont explicités. Comme la « régulation phonique » qui consiste en un étranglement et dont l’objectif est de « déstabiliser physiquement » la personne, de « diminuer sa résistance » et de « diminuer ses capacités à crier ». Les risques sont listés : « détresse ventilatoire et/ou circulatoire », « défaillance de l’organisme » et « risque vital ».

Pour protester, une vingtaine des retenus du bâtiment 1 du CRA de Vincennes se sont mis en grève de la faim depuis vendredi. Ouvert en 1995, ce centre est l’un des plus importants de France avec 168 places réparties en trois ensembles. Dans un communiqué, ils réclament la possibilité pour des journalistes de « venir voir les conditions de vie dans le centre » (un accès promis par Manuel Valls en janvier 2014) ainsi qu’une punition pour « les acteurs des violences envers M. Goradia, car ils l’ont tabassé à mort ». « Une partie de la police est très agressive verbalement et fait des provocations, affirment-ils. Ils vont jusqu’à dire des insultes dans le micro. Ils hurlent et font des gestes obscènes. »

Leur presse (Louise Fessard, Mediapart, 26 août 2014)

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[Vive la Sibérie libre !] “Tout le monde comprend que la Sibérie nourrit le pays en livrant son pétrole et son gaz, sans que la Sibérie en soit la principale bénéficiaire”

Siberian artist: “We give away our resources and get piles of dumb laws in return”  

A “march for federalization of Siberia” is planned for August 17th in the unofficial Siberian capital of Novosibirsk, under the slogan “Enough feeding Moscow.” “Our goal is to create a Siberian Republic as part of Russia,” explain the protest organizers in their official group on VK.com, Russia’s Facebook equivalent (the group was blocked on August 1st by request of the Prosecutor General). They believe federalization will allow Siberians to introduce rebates and wage premiums for those living in areas “with harsh climate conditions” and ensure fair distribution of revenues between local and federal budgets. The march organizers will also demand greater autonomy for local authorities from the federal government, citing the Russian constitution.

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A group of Novosibirsk activists and artists have been promoting the idea of Siberian autonomy for quite a long time. Before the 2010 Russian census, a Novosibirsk musician, Sayan Andriyanov, and artists Konstantin Eremenko and Artem Loskutov held a press conference urging locals to state their ethnicity as “Siberian” to census officials. The census showed that 4,116 people followed their call, while the previous 2002 census counted only 10 “Siberians” across Russia.

Slon.ru interviewed Artem Loskutov, organizer and promoter of increasingly popular “Monstrations” – mock rallies with absurd slogans and signs – and long-time advocate of Siberian autonomy.

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Artem Loskutov

Did you come up with the idea of the march?

I’m not an ideologist. Everything is very decentralized, as befits those advocating decentralization. I will take part in this protest as on ordinary person who cares about the future of Siberia and Russia as a whole. I’ve been interested in this issue, shooting movies and trying to stir up the people. Now a new wave is coming, caused by the recent events we all know about [the Russian-backed "federalization" movement in Eastern Ukraine].

Did you purposely name the protest a “march for federalization” to create an association with the DPR and LPR [the pro-Russian separatist quasi-republics in Eastern Ukraine]?

Sure, isn’t it obvious? If we are offered such rhetoric as legitimate, we are going to use it. But one of the organizers did explicitly state in an interview that we don’t endorse Russia’s political support for the people’s republics.

Is there a real influence of the events in Eastern Ukraine on autonomy ideas in Russian regions?

There is a great influence, it’s the leading topic of the last few months.

Is Artem Loskutov planning to appoint himself People’s Mayor of Novosibirsk [akin to the multiple "people's mayors" in Eastern Ukrainian towns under rebel control]?

I’m not ready to comment on that.

Has your march been sanctioned? How many people do you expect to attend?

I’m not working on the sanctioning process, other people will do it soon. I hope the protest will be sanctioned, but I don’t know how many people will come.

I can’t help but ask: isn’t a call for separatism illegal under the new law?

It’s not about separatism, it’s in full compliance with the law. We are talking about creating a new region within Russia.

Is it only Siberia that deserves federalization or do other regions need more autonomy as well?

Everyone deserves it. Our constitution provides for independence of regions, the law just has to be put to work. We must have as much autonomy as possible. It’s stupid to live in Siberia according to laws pushed from St. Petersburg by Milonov [a St. Petersburg regional ultraconservative MP notorious for introducing the discriminatory law banning "gay propaganda", now active nationwide]. Siberia gives away her resources and gets piles of dumb laws in return.

How long have you been fighting for Siberian independence?

The movement has existed since the mid-19th century. There is a street in Novosibirsk named after Potanin, the founder of the movement. This has quite a history, and talk that Siberia has colony status – and that it isn’t right – has been around for over 100 years.

Has this idea seen an upsurge in popularity thanks to the artists’ efforts?

I’ve seen several waves. In 2011, on the eve of the nationwide election protests, a group of activists shot a movie “Oil-for-Nothing” about the awful state of intercity roads in Russia. All the good roads lead to Moscow and flights also go through Moscow, so you have to change planes in Moscow if you want to get from one city to another. And people have been seeing a certain imbalance.

Is this idea popular only among artists and politicians, or do people talk about it as well?  

It’s the politicians who never mention it openly, but the idea is very popular among common people – just talk with any Siberian. Everyone understands Siberia is feeding the country by supplying oil and gas – the main resources sold abroad – yet Siberia isn’t the main beneficiary. It’s obvious, and no one can argue with that.

Propos recueillis par Vera Kichanova pour Slon.ru [Editor’s note: This article has since been censored in Russia, pulled down from Slon.ru by the Russian state prosecutor’s office who had threatened the news site with a 24 hour warning to comply or face being shut down entirely.] Traduit en anglais par Kirill Mikhailov et publié par Andrew Kinder – Euromaidan Press, 1er août 2014

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[Lyon] Quand la police débarque en été à Colbert, ça gaze et ça dégénère

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Quand la police débarque en été à Colbert, ça gaze et ça dégénère

Il y a deux semaines deux camarades passaient en jugement pour outrage, rébellion et violence. L’origine de cette accusation ? Une descente de police, un soir de juillet place Colbert, à la Croix-Rousse, bien sûr pour arrondir les fins de mois des policiers, mais aussi pour harceler des personnes reconnues comme militantes.

Nous sommes adossés à une barrière de la place Colbert devant un bar. Il est environ 00h15. Une voiture sérigraphiée de la police nationale passe à deux reprises devant nous au pas en nous fixant. Au troisième passage, il s’arrêtent, effectuent une marche arrière et stoppent à notre hauteur. Les deux policiers en uniforme descendent de leur véhicule.

Le premier demande ses papiers à la jeune femme. Elle déclare ne pas les avoir. Il lui dit alors : « Et bien on vous embarque ». Celle-ci a un petit mouvement de recul. Le policier fonce sur elle, la saisit manu militari. Le jeune homme intervient par la parole : « ce n’est pas parce qu’elle n’a pas ses papiers qu’il faut obligatoirement l’embarquer, tout va bien, restons en là ». Le policier tire alors la jeune femme vers son véhicule.

Les badauds attablés au bar commencent alors à protester, sans violence, verbalement, et calmement. Immédiatement, le deuxième policier fait usage de sa gazeuse sur les deux personnes à bout portant, gazant au passage tous les clients du bar attablés, dont plusieurs enfants de moins de 10 ans.

À ce moment, la jeune femme gazée à la bouche ne peut plus respirer. Elle le crie à plusieurs reprises : « J’arrive plus à respirer, j’arrive plus à respirer ». Le jeune homme se met alors à demander aux policiers d’arrêter leur action et d’appeler les pompiers. La jeune femme titube de l’autre côté de la route et s’écroule quelques instants plus tard dans les graviers de la place Colbert. Les deux policiers ne la lâchent pas pour autant. Les badauds protestent toujours plus, demandant aux policiers d’arrêter leur action et d’appeler les pompiers.

Elle ne bouge plus, elle s’est évanouie. Aucun coup n’a été porté aux policiers. Tout cela s’est passé en environ 2 minutes.

Les renforts de police (un équipage de la BAC) arrivent. Deux d’entre eux saisissent le jeune homme alors qu’un autre tient le bras de la jeune femme, toujours inconsciente. Tenu par un policier de la BAC, le jeune homme reçoit un coup de poing au visage du premier policier. Les badauds continuent de protester tout, indignés par la scène à laquelle ils assistent.

Alors qu’il est en train d’inciter les policiers à appeler les pompiers, il est violemment amené contre un véhicule de police et est menotté. La jeune femme est à nouveau gazée au sol, ainsi que les témoins. Elle se fait alors menotter, puis traîner au sol, entraînant des brûlures dans le dos. Les policiers la traînent par terre jusqu’à un de leurs véhicules, en lui ordonnant de se lever, de marcher, tout en l’insultant et en la frappant aux côtes.

Pendant ce temps, le jeune homme une fois menotté est mis au sol par un policier de la BAC qui le maintient au sol en apposant de tout son poids son genou sur sa gorge. Cet étouffement a duré environ deux minutes. Le jeune homme hurlait, qu’il ne pouvait plus respirer.

La jeune femme toujours dans l’incapacité de bouger, arrivant à respirer à grand peine, est amenée dans une voiture de la police. Elle s’écroule une nouvelle fois au sol. Les policiers ironisent alors à son sujet : « tu veux respirer et ben respire ! Lève toi ! »

Avant que les pompiers arrivent, le jeune homme, menotté, dans la voiture de la BAC, est à nouveau frappé, par ce même policier de la BAC, qui cette fois l’étouffe quelques secondes avec son coude contre la vitre.

Les pompiers arrivent et prennent en charge la jeune femme, qui sera sanglée dans le camion, toujours menottée jusqu’à l’hôpital St Luc St Joseph. À ce moment-là, une quarantaine de policiers ont envahi la place et ont frappé, gazé et dispersé la vingtaine de témoins outrés et indignés d’une telle violence. Au moins 5 douilles de lanceur de gaz anti-émeute ont été retrouvées sur place.

Le jeune homme est emmené au commissariat central Marius Berliet et retrouve la jeune femme deux heures plus tard. Nous restons en garde à vue 42 heures.

Nous passons en comparution immédiate dans l’après midi du 25 juillet. La juge et ses assesseurs ont refusé la demande de report pour complément d’information formulée par nos avocats. Cette requête était pourtant pleinement justifiée au regard du dossier bâclé, sans enquête menée, et des éléments matériels (vidéos, douilles de lacrymogène anti-émeute) que nos avocats souhaitaient produire et trouver dans le cadre du complément d’enquête.

De notre côté, les avocats ont malgré tout fourni 7 témoignages signés de témoins de la bavure qui n’ont pas été pris en compte. En face, il n’y avait que 2 dépositions des premiers policiers qui se sont constitués partie civile avec deux autres de leurs collègues. Le seul témoignage produit dans le cadre de l’enquête est un témoignage recueilli au téléphone par un officier de police judiciaire (OPJ), donc sans valeur juridique et ne reconnaissant aucun de nous formellement.

Sur cette base, nous avons été condamnés respectivement à 6 mois de sursis pour outrage, violences et rébellion et 8 mois dont deux fermes avec mise à l’épreuve pour outrage et rébellion. Nous avons de surcroît été condamnés à payer de lourdes amendes en compensation aux policiers plaignants.

Ces condamnations démesurées pour des faits que nous n’avons pas commis nous laissent un goût amer et la conviction que nous avons été jugés parce que nous sommes des militants agissant sur le terrain des luttes sociales, des sans papiers, de l’antifascisme, que nous sommes connus, fichés et suivis. Cette justice nous a donc jugé pour nos noms et et en aucun cas sur les faits reprochés cette nuit là.

Cette justice a donc délibérément mis de côté témoignages officiels, nos dépositions et donné seul crédit à la parole d’agents assermentés, sans témoignage, enquête, ou même confrontation qu’ils ont refusé de faire avec nous.

Nous ne sommes pas les seuls à subir ces violences, qu’on soit militant ou d’une couleur de peau jugée « à risques ». Solidarité envers toutes les victimes des violences policières et de toute autre forme de dérive répressive

Pas de justice, pas de paix.

Rebellyon, 4 août 2014

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Cruas : « le changement c’est maintenant »

Cruas : « le changement c’est maintenant » [Blague d'un futur président lors de sa campagne électorale]

Le changement des quatre générateurs  de vapeur de la centrale de Cruas-Meysse a commencé. Le pouvoir nucléariste se prépare donc à prolonger la durée de vie de la centrale. Démarrée en 1984, elle devrait être active jusqu’en 2045. Et les nucléocrates nous expliquent que multiplier par deux la durée de vie des centrales est « sans danger ».

La mafia nucléariste continue la politique du fait accompli qu’elle pratique depuis le tout début de l’ère nucléaire. Elle a toujours outrepassé le refus du nucléaire par les populations, tandis que la solidarité de toute la classe politique avec le développement de cette forme d’énergie, incarnant les intérêts stratégiques de l’État, ne s’est jamais démentie.

Pourtant l’époque où le nucléaire pouvait être présenté comme un progrès sans danger a proprement disparu. Partout s’amassent les démentis aux affirmations rassurantes. Tchernobyl puis Fukushima en sont les plus terribles exemples. Mais « Il n’y a pas de risque zéro » et ce risque est le prix à payer pour bénéficier des bienfaits insipides du capitalisme. Et pour les pouvoirs, il n’est pas question de laisser quiconque s’en prendre à ses intérêts, d’arrêter quoi que ce soit.

Après Tchernobyl, les nucléaristes français ont commencé à tester la « possibilité » de vivre en zone contaminée, c’est-à-dire de mourir en douceur dans des zones devenues inhumaines. Avec Fukushima ces études se sont amplifiées. La survie en zone contaminée est le seul avenir que nous propose cette société. Ainsi, à Cruas, les nucléocrates font changer les générateurs de vapeurs et les alternateurs par des “nomades du nucléaire” [Film de Christian Ugolini « Silence radio »]. Ils servent de viande à rems avec les chômeurs. Selon l’article 20 de la loi sur l’insertion professionnelle, ceux-ci peuvent être employés, par des entreprises pour une période d’« essai » de deux mois. Le chômage existe depuis le début du capitalisme, soit deux siècles.

Les chômeurs doivent -ils pour autant aliéner encore et toujours leur existence en acceptant le chantage permanent à l’emploi et ses cortèges de misères associés ? Ils trouvent aujourd’hui naturel de se sentir étranger à leur vie, tant ils sont habitués à en être dépossédés. Dépossédés de tout pouvoir d’intervention sur leur destin, on les invite à des débats de sociétés.

Nous avons quitté la table de négociation : pour nous, le débat public, la chaîne humaine, la chaîne de l’humanité torturée, la décroissance, la sobriété énergétique…

EDF, Areva, les entreprises qui interviennent dans le processus nucléaire et tous les publicitaires de ce monde nucléarisé, nous ont déclaré la guerre. Si nous ne sommes pas capables de nous imaginer une autre existence et de nous battre pour la réaliser, alors il ne nous reste plus qu’à nous préparer à mourir dans l’existence actuelle, tracée et domestiquée.

Solidaire de la lutte en cours contre le projet d’une centrale en Italie à Rondissone et de la lutte en Turquie contre la construction d’une centrale à Akkuyu.

À nous de voir si nous voulons vivre libres et solidaires ou mourir comme des cobayes avec un compteur Geiger en main3 ["Je suis devenu le cobaye de ce désastre" notait à juste titre l'un de ces villageois japonais p.43 de Fukushima Paradise paru dans la collection Mutines séditions et la Canaille. Des affiches ont été trouvées à Valence Romans].

Attaquons le nucléaire et son monde
partout où c’est possible.

Des individus associés – mailing le 23 août 2014

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[Révolution syrienne] Sur la résistance de Deir ez-Zor à l’occupation de “l’État islamique”

The Deir Al Zour Intifada against Daesh

Syrians have repeatedly shown that they refuse to accept the tyrannies of either Bashar Al Assad or any extremist group that tries to impose its vision upon them. In the last couple of months, strengthened by American and Iraqi army weapons captured in Iraq, the Islamic State (formally ISIS and known locally as Daesh) has made dramatic gains in north and eastern Syria. Where it has gone it has imposed its hate-filled, reactionary interpretation of Islamic Law and severe restrictions on local people, committed sectarian massacres and other atrocities such as crucifixions and beheadings, and assassinated and imprisoned revolutionaries. But in the eastern province of Deir Al Zour, close to the Iraqi border, local popular resistance is now doing what the Syrian regime and American-funded Iraqi army failed to do; it is forcing Daesh out.

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A convoy of Deir Al Zour residents to support the Shueitat resistance. Via: Yalla Souriya

Deir Al Zour fell to Daesh at the beginning of July when ISIS rivals Jabhat Al Nusra and Ahrar Al Sham pulled out of the area. For months they had been under siege by both the Islamic State and the Syrian regime leading to massive shortages in ammunition, food and water. A few weeks ago representatives of the Free Syrian Army (FSA) and the Syrian National Coalition petitioned the international community to send weapons, money and food to FSA battalions based around Deir Al Zour. They cautioned that if Deir Al Zour fell, the Islamic State would control important gas and oil reserves in the region as well as transport routes between Al Raqqa in northern Syria and Mosul in Iraq. Failing to gain international assistance, rebel formations retreated and Deir Al Zour province fell into the Islamic State’s hands. Local and tribal forces were also made to surrender, or at least agree not to fight Daesh.

But the people of Deir Al Zour have continued to organize demonstrations against the Islamic State. In this video from 22 July people from the Euphrates valley town of Albukamal (Abu Kamal) are holding a demonstration in the market place, chanting “Daesh leave!” Small, secretive groups known as Kufn Al Abiyyad (the White Shroud) have been formed to carry out assassinations of Daesh militants and attacks on Daesh positions. Previously, the fight against Daesh had been carried out by large, well known FSA and Islamist battalions.

On the 30 June, resistance against Daesh spread. Daesh arrested three people from the Shueitat tribe, breaking a deal between the two sides which had been made when Daesh fighters took over local villages. The reason for the arrests is unclear, but some reports suggest it was because the young men had fired celebratory gun shots at a wedding. Following the arrests local people took up what little weapons they had and issued a call for an uprising against Daesh in all the villages and towns. Following fierce clashes with Daesh this popular resistance movement, supported by some of the largest tribes in the area and residents from other villages who came to their aid, managed to liberate the villages of Abu Hamam, Kishkiyeh, and Granij.  Despite their superior arms Daesh were outnumbered. At least nine Daesh fascists were killed and others arrested. Daesh premises were burnt down in a number of Deir Al Zour villages. In this video members of the Shueitat tribe celebrate the liberation of the villages.

Support for the resistance of the Shueitat quickly spread to other parts of the province with locals in Mayadin, Suwaydan and elsewhere also rising up against Daesh extremists. In Albukamal the locals have continued to hold protests against Daesh as shown in this video from 3 August. On 4 August Deir Al Zour rebels, who had previously left the province after the Daesh takeover and went to Qalamoun to avoid handing over their weapons to the group, announced the formation of a new battalion. Around a dozen groups have united to form the Usud Al Sharqia (Eastern Lions) with the objective of fighting the Islamic State.

In neighbouring Iraq, the tribes from Anbar province have also voiced support for the Shueitat resistance and called on Daesh to leave. There are reports of local rebellion against Daesh in some Iraqi towns and villages. Kurdish forces, including women’s battalions, continue their brave battle against the extremists on both sides of the border. There are increasing calls for Kurdish forces to unite following the execution of some 88 Yezadi Kurds by Daesh in the town of Sinjar.

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The Syrian revolution may be under attack from all quarters, but people have once again shown that the desire for freedom is not easily crushed. The Deir Al Zour intifada shows that dynamic, self-organized, popular resistance remains a powerful challenge to all forms of authoritarian control.

Leila Shrooms, 4 août 2014

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[Flics, Porcs, Assassins] Vérité et Justice pour Abdelhak Goradia

Au camp de rétention de Vincennes, la mort et la révolte.

Jeudi 21 août 2014, Abdelhak Goradia est décédé alors qu’il était conduit par les flics à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle pour être expulsé vers l’Algérie. Il avait réussi à refuser une première fois son expulsion le 16 août dernier. Selon la version policière, c’est dans le fourgon en arrivant à l’aéroport qu’il aurait eu « une crise cardiaque ». Les flics ont même parlé d’une mort naturelle. Or, l’autopsie a révélé qu’il était décédé par asphyxie. Ce n’est pas la première fois qu’une personne décède lors de son expulsion. Plusieurs sans papiers sont en effet morts assassinés par la PAF comme Ricardo Barrientos en décembre 2002 ou Mariame Getu Hagos en janvier 2003.

Les retenus du bâtiment 1 de Vincennes se sont mis en grève de la faim dès qu’ils ont appris la mort de leur camarade. Ils ont rédigé un communiqué que voici :

“Nous, retenus du bâtiment 1 du CRA de Vincennes, demandons :

• que des journalistes puissent venir voir les conditions de vie dans le centre

 que les acteurs des violences envers M. Goradia soient punis, car ils l’ont tabassé à mort.

 que la durée de rétention soit réduite à 20 jours car il y a trop de violences. Ce n’est pas la peine, 45 jours, ça ne sert à rien

 que la nourriture soit améliorée. On mange très mal alors qu’on n’a pas demandé à être ici.

Une partie de la police est très agressive verbalement et fait des provocations. Ils vont jusqu’à dire des insultes dans le micro. Ils hurlent et font des gestes obscènes.

On ne négociera pas. On continuera la grève de la faim tant que nos revendications ne seront pas satisfaites.”

Vendredi 22 août 2014, centre de rétention de Vincennes, au téléphone
Témoignage 1

« Vers 18h, les flics ont dit à Abdelhak qu’il devait aller voir l’infirmière. En fait, c’était faux. Il est sorti de sa chambre, ils l’ont emmené à l’accueil et lui ont mis les menottes. À l’accueil, on entendait des bruits étranges, des bruits bizarres. Les gens qui étaient aux visites [au-dessus de l'accueil] ont tout entendu. Les flics lui ont mis une cagoule, un masque sur la tête. Les flics savaient qu’il allait refuser. Lors de la première expulsion ils lui avaient dit « Vous allez devant le juge ». En fait, ils l’ont emmené à l’aéroport.‌ Il n’était pas d’accord, il a protesté et ils l’ont ramené au centre.

Hier, toute la nuit, on l’a attendu parce qu’on savait qu’il allait refuser. Son cousin a téléphoné, il était inquiet. Et puis ce matin, il nous a rappellés et il nous a dit qu’il était mort. Du coup, on fait la grève de la faim. »

Témoignage 2

« On est stressé parce qu’Abdelhak est mort. Son nom n’était pas affiché sur le tableau des expulsions. Il l’on appelé quand on était en train de faire la prière vers 18h. Dès qu’on a fini, il est descendu soi-disant parce qu’il avait une visite. Dans un local de l’accueil, les flics l’ont frappé.‌ Ils lui ont mis un casque, des menottes aux poignets et lui ont entravé les jambes. Les flics savaient qu’il allait refuser, alors ils ont fait la force avec lui. Ils avaient tenter de l’expulser une première fois le quatrième jour après son arrivée. Il ne savait pas comment ça se passait. Il est parti tout seul, dans une petite voitrure voir le juge et pas dans une camionnette comme habituellement. Déjà les flics l’avaient menotté aux jambes et aux poignets, il a refusé l’expulsion. Dès la première fois, ils ont fait la force, ils avaient la rage contre lui. Ils font n’impporte quoi avec nous ! Même ses affaires sont encore ici, son portefeuille, sa veste…

J’arrive pas à dormir, je stresse. Il dormait sur un matelas par terre, à coté de moi, je voyais sa tête. Et maintenant son matelas est vide, ça me stresse. On était décidé à tout brûler. J’ai vu la dame de l’ASSFAM et j’ai pleuré. On a décidé de faire la grève de la faim. »

Dimanche 24 août 2014, centre de rétention de Vincennes, au téléphone

“On est toujours en grève de la faim. Le commandant n’est pas revenu nous voir depuis vendredi. La nuit a été calme. Mais les policiers continuent de nous provoquer. Ils veulent qu’on mange et ils nous cherchent, ils veulent qu’on craque. D’habitude il y a 2 policiers dans les parties communes, là ils sont 5 ou 6…”

“On continue la grève de la faim. Il n’y a pas de changements. Les policiers essaient de nous convaincre de manger.

Dès la première tentative d’expulsion, les policiers avaient scotché Abdelhak. Ils lui avaient scotché les jambes et menotté les mains dans le dos. C’est pas normal ! Ils l’ont amené comme ça dans l’avion et c’est le commandant de bord qui a refusé de le prendre, parce qu’il était complètement ligoté.

On ne demande rien pour nous. On ne veut pas que ça se reproduise. C’est pas normal. On est des êtres humains. Il y a des policiers qui nous traitent comme des chiens. “

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 24 août 2014

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Appel pour un weekend de résistance anti-fasciste à Calais, les 5-7 septembre

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Weekend de résistance anti-fasciste à Calais, 5-7 septembre

Le dimanche 7 septembre, le groupe local de fascistes “Sauvons Calais” fera à nouveau une manifestation “contre l’immigration” à Calais. La manifestation va attirer des néo-nazis de toute la France. Certains fascistes notoires ont déjà confirmé leur présence : Thomas Joly (general secretary of the Parti de la France), Yvan Benedetti (conseiller municipal de Venissieux et ancien membre de l’organisation interdite L’Œuvre française) et Richard Roudier (du Réseau Identités). Il est probable que des bandes néo-nazis arriveront avant la manifestation et resteront après pour attaquer des personnes vulnérables dans les rues.

Ces derniers temps nous avons connu une montée importante d’attaques contre activistes, bénévoles des associations et migrant.e.s. Des camarades ont été attaqué.e.s durant la nuit par des bandes armées de couteaux, de matraques téléscopiques et de gaz lacrymogène. Une bénévole connue par tou.te.s a échappé de justesse à une tentative d’enlèvement ; un groupe de fascistes ont essayé de la traîner dans une voiture. Surtout à Calais nous ne pouvons pas faire confiance à la police pour une protection. Durant l’hiver passé la police est restée passive quand Sauvons Calais et d’autres fascistes ont attaqué un squat pendant une semaine, avec des projectiles, des cocktails molotov et des hâches pour essayer de rentrer dand la maison.

Il n’y a pas de place pour des fascistes à Calais. Nous allons résister contre ce rassemblement néo-nazi. Nous allons résister contre la vague actuelle d’attaques fascistes dans les rues. Mais vu le nombre inconnu de néo-nazis (des centaines ?) qui vont arriver, nous ne pourrons pas le faire tout seul.e.s. Nous appelons les anti-fascistes de toute la France, de toute l’Europe, de nous rejoindre pour un rassemblement de solidarité pendant le weekend du 5-7 septembre.

Nous avons besoin de votre soutien pour arrêter la manifestation de Sauvons Calais. Nous avons besoin de votre soutien pour défendre les maisons et les lieux de rencontre sous attaque. Nous invitons aussi des musiciens, réalisateurs de films et autres pour se joindre à nous et pour créer un festival international de résistance ! De 1940 à 2014 des Français et des immigrant.e.s de toute la planète se sont réuni.e.s à plusieures reprises pour vaincre le nazisme. Nous voulons célébrer cette tradition avec des actions, mais aussi avec des évenements comme des concerts, des projections de films, des discussions et plus. Toutes les propositions et expressions de solidarité dans les jours à venir sont bienvenues.

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[Val de Suse] 1-7 septembre, semaine de lutte No TAV – Appel à la mobilisation – Camping

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VOIR L’APPEL

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[Réforme UNEDIC] Communiqué des occupantEs de la mairie d’Aurillac

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TÉLÉCHARGER LE COMMUNIQUÉ

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[Azawad] Le scandale du « boucher de Gao » révèle le fiasco de « Serval »

Mali : le gouvernement recycle des djihadistes du MUJAO contre le MNLA

Mali : le gouvernement proteste après l’arrestation par Serval de Yoro ould Daha du MUJAO, chef de ses milices anti-MNLA

Il y a quelques jours l’armée française annonçait avoir arrêté Yoro ould Daha, un ancien responsable du MUJAO, soupçonné d’être lié à l’attentat du 14 juillet dernier contre un convoi militaire qui a provoqué la mort d’un soldat français. Surnommé le « Boucher de Gao », cet ancien commerçant qui n’a pas encore atteint les quarante ans a déjà un beau parcours derrière lui, ayant gagné notamment son surnom en faisant régner la terreur lors de l’occupation de la ville par les islamistes. Il était réapparu ses dernières semaines, en tant que chef d’un groupe armé devant participer aux négociations de paix à Alger. Aujourd’hui l’armée malienne et la presse de Bamako protestent contre son arrestation et reconnaissent qu’il était au service du gouvernement, accusant la France de favoriser ainsi indûment les Touaregs indépendantistes du MNLA.

Yoro Ould Daha, le boucher de Gao, où il avait participé lui-même à des amputations et fait lapider un couple adultère, recyclé au MAA et prêt à participer au processus de paix négocié à Alger, avant d’être arrêté par l’armée française dans le cadre de l’enquête sur l’attentat qui a coûté la vie à un soldat français le 14 juillet… l’article publié par RFI [« Mali : un cadre du Mujao arrêté par l’armée française dans le Nord », RFI, le 29 juillet 2014], il y a quelque jours en disait trop et pas assez pour que sa lecture ne nous laisse quelques inquiétantes interrogations. Le MAA, ce Mouvement des Arabes de l’Azawad, un des trois principaux groupes armés du Nord Mali, c’est l’auberge espagnole, l’étiquette commode sous laquelle toutes les milices arabes peuvent revendiquer une reconnaissance pour se refaire une virginité, jouer leur jeu dans la grande foire au trafics en tout genre qu’est devenu le nord du Mali, voire donc tâcher pour certains de se hisser jusqu’à la table des négociations en cours à Alger en proposant leurs services aux différents intérêts présents dans la région en monneyant leur poids réel ou supposé sur le terrain. Voilà qui n’expliquait donc pas qu’il ait fallu attendre que l’ancien responsable du MUJAO soit soupçonné d’être à l’origine de cet attentat pour que Serval se décide à l’arrêter ni comment il était parvenu à se retrouver à la table des négociations.

Quelques confidences de Touaregs proches du MNLA, Mouvement national de Libération de l’Azawad sur les réseaux sociaux nous avait mis sur la piste : en fait de MAA, Yoro ould Daha aurait été depuis son retour public à la tête d’une des principales milices « pro-maliennes » combattant le MNLA et sévissant surtout contre les populations touarègues, dans le sud de l’Azawad, sans renoncer pour autant à poursuivre ses objectifs premiers de terreur islamiste, comme s’en inquiétait déjà un article publié sur divers sites d’actualités maliennes dix jours avant son arrestation [« Association de MAA : faiteurs et blanchiment de terroristes », Mali-Web, 18 juillet 2014] ni à se venger de l’armée française qui l’avait délogé de Gao en janvier 2013.

Yoro ould Daha, ancien MUJAO, « responsable MAA pro-gouvernemental » selon Bamako

L’armée reprise par un article publié sur le site Malijet [« Arrestation de Yoro Ould Daha : colère de la population de Gao et de l’armée malienne contre la France », Malijet, 31 juillet 2014] vient de jeter le masque et de confirmer que sous couvert du MAA, il s’agissait bien d’un de leurs hommes, un « responsable MAA pro-gouvernemental » (sic).

Si l’article voudrait nous faire croire qu’« à Gao, on estime que Yoro Ould Daha et son mouvement se battent pour l’intégrité territoriale du Mali en combattant le MNLA », la source même citée au début de l’article — « un habitant de Gao que nous avons contacté » — confirme bien cependant d’où vient la manœuvre et le crédit que l’on peut accorder à la prétendue colère des populations de cette ville qui n’a guère de raison de chérir la mémoire de leur bourreau ! Ils nous est d’ailleurs confirmé aussi vite que dans la « capitale des Askia », les protestations viennent d’abord des « groupes armés pro-gouvernementaux » (resic) (la population n’ayant pas eu, elle, encore l’occasion de « manifester en masse » son indignation !)

L’article reproduit surtout un communiqué explicite et même disert de la Direction de l’information et des relations publiques (Dirpa) de l’armée malienne. Dans son dépit de se voir ainsi frustré de ses ambitions et de son début de « reconquête », elle dévoile sans ambages le détail de leur stratégie que l’arrestation de Yoro vient de mettre à mal « sous le prétexte charmant qu’il est impliqué dans un récent attentat qui a coûté la vie à un soldat de l’hexagone » comme le note dans un accès de franchise assez stupéfiant le journaliste (c’est vrai pourquoi s’embarrasser pour ce genre de détails ? Des terroristes qui commettent des attentats, quoi de plus normal, et ce n’est pas si grave si, à côté, ils permettent à Bamako de s’imaginer qu’ils travaillent pour lui reconquérir le pays. Que ces troupes françaises sont décidément bien gênantes à s’offusquer pour si peu !) :

« Si dans un passé récent, Yoro Ould Dah fut un élément très actif du Mujao et a participé activement à bouter le MNLA hors de la ville de Gao, il a complètement changé de camp depuis les opérations de reconquête des localités du septentrion malien. Il est devenu le fer de lance de cette milice arabe qui s’est alliée aux autres milices Imghad, peulh, sonraï et Bellah pour s’opposer aux velléités des indépendantistes du MNLA dans la vallée du Tilemsi et autres localités de la région de Gao. »

Pour « corriger » aux « bandits » du MNLA toutes les alliances sont bonnes

Tout est dit. Donc le gouvernement de Bamako, confronté aux déroutes régulières de sa propre armée face aux indépendantistes du Nord sur ce terrain qu’ils ne maîtrisent pas, les FAMA (Forces armées du Mali) étant en outre depuis longtemps peu entraînées et encore moins motivées pour intervenir dans ces régions qui leur restent étrangères et hostiles, souffrant de surcroît d’une corruption chronique et mal remises des luttes fratricides qui ont suivi le coup d’État de 2012, continue à agir dans le nord par l’intermédiaire de groupes armés qui ne sont souvent que d’anciennes bandes terroristes qui ont juste changé de sigle, avec à leur tête un des plus « actifs » d’entre eux. Elle confirme elle-même par son Bureau d’Information que sont bien eux qui sont à l’origine des attaques contre le MNLA et qu’ils entendent ainsi peser dans les négociations d’Alger… Dans « ce “Yalta” à la sauce malienne », les groupes armés regroupés en trois organisations MNLA, MAA et HUAC (Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad, autonomiste) se préparent à la suite de « la déclaration d’Alger » du 10 juin 2014 à se partager le nord du pays. Le gouvernement de Bamako pour participer aussi à ce marchandage avait donc pris le parti de soutenir ses propres groupes armés, « une triste blague qui en dit long sur l’état de notre pays et de notre armée ! » selon un journaliste de Bamako [« Capture de Yoro Ould Daha : Les masques tombent », Malijet, le 1er août 2014].

Le texte de ce Bureau d’Information manifeste d’ailleurs sur un rageur l’obsession qui est à la base de cet égarement : prendre sa revanche sur le MNLA et rétablir une bien hypothétique souveraineté sur le Nord en éliminant ceux que le gouvernement et la presse de Bamako n’appellent plus depuis longtemps que les « bandits » du MNLA. Même la prise de Gao par le MUJOA est présentée de manière positive, Yoro ould Daha ayant participé à « bouter le MNLA hors de la ville ». D’ailleurs nous apprend toujours la Direction de l’Information (qui n’aura au demeurant jamais aussi bien mérité son nom car, décidément, rien, ou presque, ne nous est caché !), certaines sources non identifiées leur auraient proposé une version bien édifiante des motivations du combattant djihadiste à l’époque : « c’est en réaction à l’érection de la ville de Gao comme capitale de l’Azawad par les indépendantistes touareg du MNLA, qu’il avait rejoint le MUJAO au dessein d’organiser une contre offensive afin de chasser les indépendantistes de la cité des Askia. » Elle se félicite d’ailleurs des résultats obtenus par ces djihadistes depuis qu’ils ont été blanchis en « MAA pro-gouvernementaux » : « [le MNLA] a été suffisamment corrigé avec plusieurs morts dans ses rangs. C’est dans ce cadre surtout qu’un cessez-le-feu a été signé à Alger le 24 juillet dernier. »

Une politique entre haine et fantasme

Doit-on préciser que l’on nage en plein délire ? L’approche par le gouvernement de Bamako des problèmes du nord du pays, qu’ils ne connaissent souvent que par ouïe-dire, est qualifiée d’« onirique » par quelques bons observateurs de la politique malienne : coupés des réalités, hantés par leurs défaites à répétition face aux groupes indépendantistes du MNLA et par les violences meurtrières qui les ont marquées et qu’ont subies aussi bien l’armée que l’administration du Sud, violences qui ravivent la vieille méfiance soit-disant atavique vis-à-vis des nomades Touaregs, présentés de manière de plus en plus fantasmatique par certains politiciens et un grand nombre de journalistes comme de durs et ombrageux aristocrates esclavagistes (si jamais il y a une part de réalité dans cette image puisée dans l’ordre traditionnel de cette société, bien sûr ce seront toujours les plus faibles qui feront les frais de cette haine farouche et raciste, et les puissants du Sud ne sont pas plus sympathiques que le portrait qu’ils entendent dresser de leurs adversaires), les politiciens de Bamako s’auto-intoxiquent depuis des mois voire des années, de chimères d’une mise au pas d’une région qu’ils n’ont en fait jamais réussi à contrôler depuis l’indépendance, pour recouvrir une « intégrité territoriale » bien improbable dans les sables et les massifs montagneux de ce désert qui leur reste fondamentalement étranger.

Faut-il aussi rappeler que si les forces françaises de Serval sont intervenues, appuyées par leurs alliés africains au premiers rangs desquels les unités tchadiennes (qui ont subies les plus importantes pertes), c’était bien avec la mission de chasser ces groupes terroristes, MUJAO, AQMI et autres Ansar Dine qui ont tous combattu ensemble, pour libérer les villes de Gao, mais aussi de Tombouctou et de Kidal ainsi que tous les autres centres de moindre importance dont ces bandes surarmés après la défaite de Kadhafi en Libye avaient pris le contrôle dans la région, et que leurs méfaits contre les populations et les œuvres culturelles ont été dénoncés à la face du monde ?

Aujourd’hui nous découvrons donc que le gouvernement malien, aveuglé par sa haine des indépendantistes touaregs du MNLA et sa soif de vengeance, poussait au moins l’un des pires d’entre eux à reconquérir en leur nom une partie de ces régions, avant cette intervention des forces françaises que l’on peut considérer comme opportune après plusieurs mois de passivité. Non seulement, vexés d’avoir été à nouveaux floués dans leurs ambitions, ils l’avouent sans vergogne, mais ils accusent maintenant les Français de « cherche[r] à renforcer ce MNLA séparatiste » en voulant « affaiblir la coalition des milices afin de changer les rapports de forces en faveur du MNLA » avant les négociations, les empêchant de réaliser le rétablissement de la « souveraineté du Mali » sur au moins une des trois zones du Nord du pays.

Pour ceux qui en aurait encore douté, l’armée malienne vient bien de revendiquer être derrière cette « coalition » de groupes de divers origines ennemis des Touaregs, « qui s’oppose au MNLA depuis le 21 Mai 2014 », et dont l’« ancien » MUJAO « converti » Yoro ould Daha nous est présenté comme le « chef de file ».

Les objectifs fixés à leurs sulfureux alliés sont aussi exposés en détail ainsi que la fin de cette campagne militaire : il s’agit de négocier à Alger le retrait du MNLA de zones qu’ils contrôle actuellement et d’obtenir l’« interdiction de toute forme d’agissement du mouvement séparatiste » et maintenant que leur homme de main vient d’être arrêté, soupçonné de profiter de ce nouveau rôle pour poursuivre à ses heures perdues et sous couverture pro-gouvernementale son propre combat djihadiste, ils souhaiteraient qu’il leur soit remis, par l’intermédiaire de la gendarmerie malienne « comme ça se doit en pareils cas » et comme RFI annonçait que cela allait être fait !

Des aveux entre cynisme et candeur

Leur belle candeur en serait presque touchante, si le dit Yoro ould Daha, ancien « élément très actif » du MUJAO n’était pas d’abord connu comme l’ancien chef de la police de Gao durant l’occupation de la ville par ce mouvement allié pour la cisrconstance à AQMI et Ansar Dine, celui qui a fait couper des mains et lapider un couple adultère. Sans compter que c’est aussi lui avec son mouvement qui est l’auteur du rapt de l’otage français Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012, avant donc l’intervention Serval, dans l’ouest du Mali et dont la mort a été annoncée en avril dernier [« MALI. L’otage français Gilberto Rodrigues Leal est mort »].

Maintenant qu’il profite de la couverture que lui assure son ralliement de façade à Bamako, pour s’attaquer à ces forces françaises que l’on nous présentait jusque-là comme les alliés de Bamako qui étaient justement intervenus pour libérer ces villes du Nord Mali de leur présence, le gouvernement malien proteste auprès de ces mêmes Français parce que son arrestation va rendre les négociations de paix plus « tendues » (pour eux !).

Doit-on préciser que cette stratégie folle des autorités de Bamako, ne pourrait en aucun cas les amener à rétablir cette fameuse souveraineté qu’ils n’ont jamais réussi à exercer complètement sur les territoires sahariens, depuis l’indépendance. Quand bien même la coalition de groupes armés qu’ils pensent servir leurs intérêts seraient en mesure de l’emporter sur le MNLA, elle serait rien moins que pressée de leur remettre le contrôle du territoire par la suite, mais tombant à leur tour le masque, elle en profiterait, pour les groupes djihadistes, qui sont à sa tête pour rétablir la charia et leur domination pour rançonner les populations civiles dans les zones qu’ils contrôlent (comme ils commencent déjà à le faire [« Capture de Yoro Ould Daha : Les masques tombent », art. cit.]), tandis qu’éclateraient encore de plus belle les dissensions et les luttes de factions entres les groupes.

Comment peut-on en arriver à une politique d’une naïveté si confondante et dangereuse ? Pour comprendre, il faut se rappeler le cycle des violences qui s’est emparé du pays ces deux dernières années à la suite de la guerre de Lybie et de la chute de Kadhafi et qui ont vu se succéder une cinquième rebellion touarègue contre un gouvernement que l’on n’ose dire central, tellement Bamako est décalé tant géographiquement que par rapport à la réalité sociale, politique, environnemntale de ces territoires du Nord Mali [L’ancienne puissance coloniale française légua lors des indépendances un dessin des frontières particulièrement arbitraires en Afrique et notamment au Sahara, fruit des convenances administratives du colonisateur et des circonstances historiques, avec en germe tous les conflits qu’elles n’allaient pas manquer de susciter avec l’institution de ces États-nations centralisés et créés de toute pièce sur le modèle français, sans racines historiques et point d’appui dans les réalités socio-culturellles et géographiques. Le premier pas vint de la décision de découper les vastes espaces du Sahara parcourus par le grand nomadisme chamelier et qui n’avaient jamais connu de frontières ni d’appropriation fixe et durable des territoires et d’en rattacher respectivement la partie nord aux protectorats et départements d’Afrique du Nord et la partie sud aux colonies africaines nouvellement créées. Le rattachement utltérieure de la partie ouest du Sahara malien à la colonie voisine de Mauritanie pendant la seconde guerre mondiale à l’occasion de la répression du Hamallisme, confrérie mystique dont l’exaltation inquiétait les autorités coloniales, et dont on voulait couper les adeptes sahariens de leur centre de Nioro du Sahel, resté en territoire malien, acheva de donner à la carte de ce qui s’appelait alors Soudan français, cette configuration si singulière. Le Mali apparaît comme constitué de l’assemblage de deux blocs, l’un au sud dans la zone de transition entre les régions sahélienne et soudanaise, et l’autre ce fameux Nord de tous les problèmes, regroupant une frange nord du Sahel et des territoires sahariens, mais qui n’est pas simplement adjacent à la première mais décalé vers l’est, ce qui accentue encore son individualité dans l’ensemble. Il est à noter que si le Niger a vécu des conflits très similaires à ceux du Mali entre les populations sahariennes et l’administration de Niamey, la Mauritanie seule état issu de ces colonies françaises centré sur le Sahara a lui connu une grave crise en 1989 qui vit des exactions contre les populations noires du sud dont une partie fut expulsée vers le Sénégal (avant de revenir ces dernières années au fur et à mesure des plans de rapatriement mis en place sous l’égide de la communauté internationale), mais qu’en revanche il est le seul où le pouvoir parvient à contrôler les zones sahariennes et à y éviter l’implantation de groupes terroristes.], leur infiltration ou contamination par des groupes djihadistes, la conquête des principales villes sur le MNLA et le MAA par ces groupes, avant que l’opération Serval ne les chasse à leur tour sans parvenir ni à rétablir l’autorité définitivement défaillante des autorités de Bamako, ni à donner satisfaction aux populations et aux multiples groupes armés de la région.

Depuis la Guerre de Libye un cycle sans fin de violences

Le contrôle des villes n’a entraîné ni la reprise en main de ses vastes étendues désertiques où les groupes armés ont toujours comme ultime recours de se disperser au milieu des populations qui y sont disséminées (stratégie ou effet « goutte de mercure »), ni la fin des violences. Ces deux années de guerre ont été marquées par de graves affrontements entre les différents groupes auxquels l’armée malienne a payé un lourd tribut en particulier lors des massacres d’Aguel’hoc et plus récemment à Kidal, deux évènements de douloureuse mémoire pour l’armée et semble-t-il plus encore pour l’administration qui y a connu le prix du sang et en est sortie humiliée dans sa quête sans issue pour faire coïncider son réel pouvoir avec l’autorité dont elle est censée être investie sur ce fantasme d’État, mais alléchée aussi par les perspectives d’exploitation des ressources minières sahariennes, tout comme par l’argent brassé par les multiples trafics qui y ont cours.

Ce décalage constant et flagrant entre les rêves hérités et entretenus par le mythe récent mais néanmoins très fortement implanté chez les élites qui en tirent leur justification, d’une nation une et indivisible à l’intégrité territoriale sacrée et inviolable, et la piteuse réalité d’une armée en déconfiture et d’une administration enfermée dans sa capitale et sa corruption explique les outrances verbales si caractéristiques du pouvoir et de la presse de Bamako.

Symptômes de cette prégnance du traumatisme dans la politique de Bamako, les sanglantes défaites subies dans ces villes ont certainement eu leur part dans l’entêtement des autorités maliennes, IBK en tête, à situer entre Kidal et Aguel’hoc, la ville de toutes les violences, l’épave de l’avion du vol Air Algérie alors même que l’on savait depuis plusieurs heures que l’armée burkinabée l’avait repérée vers la frontière du Burkina dans la région de Gao.

Ensuite il ne faut pas oublier les aspect les plus matériels de cette alliance. Quel est le deal entre Bamako et ses nouveaux auxilliaires au passé (et au présent) plus que trouble ? Il suffit de se demander qu’elle sont les activités les plus lucratives dans ces régions… En échange de leur ralliement, et du fait même de leur position militaire sur le terrain, ces groupes sont en première ligne pour s’assurer le contrôle des trafics dans la région : les anciens djihadistes, ont offert leurs services à l’État malien pour combattre la rébellion à sa place en moyennant en échange la liberté pour le narco-trafic et les trafics d’armes dont il n’est pas exclu bien sûr que leurs alliés de Bamako ne touchent pas quelques dividendes.

Les liens sont de toute façon étroits. Les milices ont ainsi été composées pour partie de gens venu du MUJAO et pour l’autre de civils recrutés sur le terrain, parmi les unités du Général Gamou et d’autres éléments arabes de Gao restés fidèles au gouvernement.

Ce sont ces milices qui se nomment « MAA pro-gouvernemental » par opposition au « MAA anti-gouvernemental », bien que quant à savoir quels sont réellement les liens qui les unissent et les raisons de leurs divergences, il reste difficle de s’en faire une idée juste tant tout est fait pour brouiller les pistes.

En tout cas, il ne s’agit pas d’une activité de tout repos, on s’en doute, et ces dix derniers jours des combats entre groupes armés au nord de Gao ont essentiellement opposé des groupes issus de toute cette nébuleuse de narco-trafiquants mercenaires de toutes les causes. Pour la petite histoire, Yoro blessé n’a pas été arrêté à son domicile comme le prétend RFI mais dans un hopital militaire malien à Gao où son acolyte Amar Ould Hamadi a succombé à ses blessures.

Les autorités françaises, dépassées et arrogantes

Que penser maintenant de l’attitude du gouvernement français dans toute cette histoire ? Alors que sans en connaître la cause, on ne pouvait que constater son embarras croissant sur ces question ne serait-ce que par ses silences sur la situation et l’annonce que les opérations se poursuivraient indéfiniment, cet accident d’avion aura révélé toute ce qu’il y avait de fanfaronnade dans ses affirmations sur son contrôle de la situation et sur les moyens mis en œuvre. Dépourvue de moyen aéroporté sur place, hélicoptères, avions ou drones, présente que dans certaines régions du pays, elle n’a pu procéder qu’à l’envoi sur place de deux Mirages 2000 ayant décollé de Niamey (certains disent même de Ndjaména), bien peu adaptés à ce genre de mission de repérage et qui n’auront donc pas suffi à compenser le manque de réseaux d’informateurs sur le terrain.

Piégée entre son soutien officiel à un régime qu’elle était censé aider à recouvrer sa légitimité mais qui est loin, ces dernières révélations ne faisant que le confirmer de manière assez absolue, d’être un partenaire fiable, et son pragmatisme bienveillant mais timide vis-à-vis des seuls groupes locaux, comme le MNLA indépendantiste et surtout le HUAC autonomiste qui contrôle Kidal, en mesure d’assurer une certaine sécurité et stabilité dans les régions sahariennes, elle est aussi tiraillée entre le rôle de sauveur de la civilisation dans lequel se complet son orgueil (encore qu’on l’entende moins sur le sujet ces derniers temps, allez savoir pourquoi…) et ses propres intérêts géopolitiques souvent des plus mesquins.

Contrairement à certains poncifs qui ont encore largement cours, la convoitise sur les ressources locales intervient peu, les intérêts français étant très peu présents en Afrique dans le nouveau boom de l’exploitation minière. Elle n’a d’autre soucis dans la région que la protection de ses investissements et de son approvisionnement en uranium à Arlit au Niger.

Les États européen, la France en tête sont d’abord mus au Sahel par des préoccupations sécuritaires liées au contrôle des populations, préoccupations sécuritaires qui sont devenues la grande priorité. Ces préoccupations s’articulent en trois volets,

• lutte contre le terrorisme dont on a vu toutes les ambiguïtés ;

• lutte contre les migrations africaines vers l’Europe que ces désordres ne font qu’encourager ;

• lutte contre les trafics illégaux où son souci de fermer les frontières et de contrôler les transits se heurtent aux intérêts des populations locales qui vivent pour une grande part justement de ses trafics interfrontaliers dont la grande contrebande internationale de marchandises prohibées, stupéfiants ou armes, n’est que la partie la plus rémunératrice et visible, aux mains de quelques puissants [« Judith Sheele : “Dans la région du Sahel, gérer une frontière paraît impossible” », RFI, le 15 novembre 2013].

La recherche de l’épave de l’avion a montré non seulement le faible niveau opérationnel des forces Serval basées sur place mais aussi toute la difficulté qu’éprouvaient les autorités françaises pour nouer des relations de confiance avec ses partenaires africains et à abandonner leur attitude condescendante d’ancienne puissance coloniale. Cet évènement dramatique et impromptu a révélé le rôle que jouait en particulier l’armée burkinabée dans le contrôle de la frontière entre le Mali et le Burkina et les zones adjacentes, rôle tout officieux comme celui de l’armée nigérienne sur sa frontière ou des Algériens au nord, et toute l’efficacité de leurs réseaux d’informateurs en comparaison de ceux de Serval et de la Misnuma, sans parler des Maliens sujets à avaler toutes les intoxications dès qu’elle nourrissent leurs obsessions [« Crash du vol AH5017 Swiftair affrété par Air Algérie (Ouagadougou-Alger) », Frédéric Bacuez, 26 juillet 2014].

Engoncé dans le formalisme qui lui fait cultiver essentiellement des relations qu’avec les autorités les plus dépassées de la région, qu’on découvre maintenant s’être lancées dans une entreprise des plus aventureuses avec ceux-là mêmes que Serval est censé rechercher et combattre, la diplomatie de l’État français apparaît bien rigide là où tout est affaire de réseaux mouvants et informels. Toujours tentée de faire cavalier seul quitte à s’égarer et à ne pas savoir reconnaître le mérite de ses partenaires locaux, incapable de se départir du secret dont elle a toujours su entourer ses interventions en Afrique, que l’intense médiatisation du conflit n’a fait au final que renforcer en en faisant un pur spectacle, elle s’est laissée enfermer dans un mensonge de plus en plus assourdissant vis-à-vis de tout ce qui aurait pu donner des avertissements sur son action.

Depuis l’assassinat des deux journalistes de RFI, l’armée est au final presque l’exclusive pourvoyeuse d’informations, les médias gouvernementaux, RFI et France 24 se contentant de les relayer. Ces derniers jours ils nous ont donc annoncé, sans bien sûr nous toucher un mot de ces intéressantes informations parues dans la prese malienne, la relève officielle de l’opération Serval par Barkhane. Au peu de détails fournis, à l’insistance sur les drones et autres technologies de surveillance dont pourtant l’efficacité loin d’être avérée venait d’être démentie par la recherche de cet avion, on sentait bien qu’il y avait encore une fois anguille sous roche. Au moins maintenant on, sait, ce qui vaut toujours mieux et si on pouvait s’attendre au pire, nous ne sommes pas déçus.

Alors qu’on nous dit que les troupes sont prêtes à allertraquer les terroristes au fond du désert, on apprend qu’ils vivent en ville à Gao, magouillent avec ceux-là mêmes que l’armée française devait aider à s’en débarrasser et qu’ils s’apprêtent à se rendre à la table des négociation à Alger. Il ne suffira donc pas d’adopter des « méthodes américaines » [« Sahel : l’opération Barkhane débute », RFI, le 1er août 2014] ni de mettre en œuvre deux drones et quelques chasseurs basés à quelques milliers de kilomètres d’un front caractérisé par son émiettement pour se sortir indemnes et la tête haute de ce guêpier !

Déplacer leur QG à Djaména, finalement n’est-ce pas pour s’éloigner de l’influence néfaste de leurs amis de Bamako ? Mais n’est-ce pas aussi se résigner à perdre ainsi un peu plus le contact avec le terrain et notamment le jeu politique local, qui semble pourtant dans cette affaire jouer un rôle prépondérant avec les affrontements armés, pour se limiter à un simulacre de maintien de l’ordre autour des viles où les forces de Serval/Barkhane sont postées ?

Cette affaire nous révèle aussi l’intense contrôle de l’information qui règne toujours sur ce que trame le gouvernement français en Afrique, dans une région qui, à la faveur de la montée de l’insécurité, est devenue encore plus sa « chasse gardée ». Ce constat devrait nous inciter à nous interroger sur nos propres capacités d’information, alors même que la France abrite une des plus importante communauté malienne de la diaspora. Si aucun journaliste en France ne lit la presse malienne, rien ne nous empêche de le faire. Le résultat est édifiant.

P.-S. Dans ce texte nous avons essayé de nous départir dans la mesure du possible des poncifs du langage géopoltique en vigueur dans l’analyse de ces réalités. Comme ce langage conditionne encore en grande partie le cours des évènements à travers les luttes rhétoriques des différents acteurs, peut-être n’y sommes nous pas parvenus dans la mesure où nous l’aurions souhaité et nous vous demandons alors votre indulgence pour un premier essai sur un sujet encore inédit sur ce site. Nous avons cherché à rester le plus proche de l’exposé des faits qui étaient arrivés à notre connaissance. Nous remercions tous ceux qui ont participé à nous éclairer sur la situation et nous leur demandons ainsi qu’à nos nouveaux lecteurs de bien vouloir nous faire part des erreurs et approximations qu’ils ne manqueront pas de relever dans ce texte et des compléments d’informations qu’ils estiment nécessaires. Nous n’avons pas non plus indiqué ce nous mêmes pouvions penser de ces faits, nous retenant de tout jugement sur cet imbroglio d’intérêts et de ressentiments. Disons que nous sommes du côté de tous ceux qui dans ces régions continuent à cultiver le rêve d’une vie libre et exempte de frontières de quelques natures qu’elles soient.

Collectif « Dans l’angle mort », Indymedia Paris-IDF, mardi 5 août 2014

[suppléments d’information du posteur :]

5 août 12:56
Cet article est encore en attente de modération. Il est pourtant important de savoir. Ces faits qui font la une des journaux au Mali n’ont trouvé aucun écho en France. Ce texte est le seul qui en parle. Ce qu’il dénonce en premier ce sont les mensonges du gouvernement français vis-à-vis de la situation au Mali et évidemment le gouvernement malien qui utilise des milices armées avec à leur tête les pires fanatiques islamiques contre les groupes indépendantistes et les populations du Nord. Est-ce parce qu’il y ait dit que cette arrestation est quand même opportune ? Dénoncer le bluff actuel des opérations Serval ce n’est pas préconiser leur renforcement : je ne crois pas à une solution militaire, il y a d’autres moyens de mettre la pression sur les autorités de Bamako, et d’abord de les dénoncer !

5 août 13:18, par Collectif « Dans l’angle mort »
Excusez-moi, je n’avais pas lu votre note en haut ! Vous comprendrez que sur ce genre de sujets, nous soyons amenés à être discrets sur notre identité pour des raisons de sécurité ! Ce texte n’a pas été écrit depuis le Mali, je crois que c’est clair en le lisant, mais pas loin… Il a cependant été validé par des gens connaissant le pays. Il est issu du travail d’un petit réseau informel d’Africains de ces pays du Sahel et de Français y vivant « hors-cadres » (ce qui signifie ici que nous n’avons pas de lien avec la diplomatie française et ses ONG auxiliaires) qui suivent l’actualité et échangent infos et réflexions sur les réseaux sociaux très actifs dans ses régions. Les auteurs n’ont pas de liens avec les différentes organisations citées : à côté de leur engagement auprès des populations, ce sont d’abord des témoins.

6 août 05:00, par Collectif « Dans l’angle mort »
Depuis l’écriture de l’article, Yoro ould Daha a été remis à la gendarmerie malienne et transféré à Bamako : RFI ne fait pas état des protestations de l’armée malienne ni de sa revendication de Yoro comme le « chef de file » de leurs milices, mais juste des interrogations des juges… pour ne pas qu’on s’inquiète trop alors que l’on nous annonce le déploiement de l’opération Barkhane. L’intoxication d’état destiné à sauver la face de leur diplomatie foireuse. Un article de la presse internet malienne déclare d’ailleurs sans ambages qu’il est déjà « quasi libre ».

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Nouvelles de la révolution ukrainienne

http://juralib.noblogs.org/files/2014/07/00.jpgVolodymyr Parasyuk Addresses Billionaire Renat Akhmetov

Well, well, Mr. Akhmetov, your end is not far off. Do you think that you will continue to reign over Donbas and use people for your own purposes. I’d like to tell you quite frankly that this is never going to happen again. Ukraine is not your private resource centre. Our land has brought you wealth, and it will take all its riches back.

What was before will never be again, and the billions you stole will not save you. And moreover, you have sent dozens of people to death in your factories.

The scenario for your future is very simple: after our victory in the East, the people will seek you out. They won’t be those hateful Banderivtsi from the West. They will be ordinary Donbas miners and workers, and they will take what belongs to them. Then, Mr. Akhmetov, you will have to answer in full for everything that you have done – oppressing, robbing and fooling these simple people.

There’s no need for you to make loud statements about how much you love Ukraine and that we should negotiate with the separatists. We all know what it means to you. Because our troops are near Donetsk and they will not fail to see where the terrorists are hiding, whether they be in your factory or in five star hotels.

My advice to you: either you don the uniform of the DPR (Donetsk People’s Republic-Ed.) and show your sincere support of the enemy (after all, every Ukrainian knows whose side you’re on), or get the hell out and stop financing Putin’s trash that continues to kill the bravest and best sons of our nation.

Volodymyr Parasiuk is a Euromaidan activist. In the evening of February 2014 he went up on the main Euromaidan stage and declared Maidan’s ultimatum that Yanukovych should resign immediately else they would undertake an armed assault of the President’s Administration. The following morning Yanukovych fled Ukraine.

Translated by Christine Chraibi – EuromaidanPress, 10 juillet 2013

 

Is There a Future for Ukraine?

KIEV, Ukraine—“The Maidan is a time machine,” Valerii Pekar explains, and “during the revolution the space-time continuum seemed to break. We built medieval catapults by glossy shopping centers. Priests in monasteries rang the bells to warn us that special forces dressed like RoboCops were attacking. We invented new digital means of making crowd-sourced decisions while living in a Cossack encampment, kindling fires under neon-advertisement hoardings. Days seemed to last months. And in a few months the whole country hurtled forward through several eras and into the future.”

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Pekar wears glasses and looks like a laboratory scientist. We met at a terrace cafe near the National University, where he teaches at the Kiev-Mohyla Business School. He specializes in “future management,” bringing the country’s brightest together to project the political model for a New Ukraine. Before the revolution, during Viktor Yanukovych’s kleptocracy, this sounded touchingly optimistic. Now, suddenly, anything, or at least something, seems possible. In cafes, students scribble manifestos on napkins; dinner conversations end with grand plans about what is to be done. It’s infectious: a passing English music journalist is, after a couple of days in town, lecturing local barflies on the country’s geopolitical destiny. For citizens of a supposedly post-ideological world living after the ‘End of History,’ Kiev’s residents have many utopias on their mind. And the war in the east is only spurring these visions along.

Related Story

The Maidan revolution has thrown Ukraine from the “blue” developmental level of neo-feudalism into the “orange” level of free market, representative democracy, Pekar wrote in a recent article, “and has allowed us to see through the flames into the ‘green’ level”—the crowd-funded, post-capitalist, self-governing, wiki-politics of the future.

It’s the Maidan itself, which is situated at the very center of the Ukrainian capital, that serves as the crucible for this revolution. When I arrived in the city, months after the violence that unseated Yanukovych, to attend an international conference about “the meaning of Ukrainian pluralism for Europe, Russia and the world,” the square was still occupied by revolutionaries cutting off traffic (“We’re making a new country, sorry for the jams,” a taxi driver told me). Massive tents are still pitched in the middle of the street, pinned to the asphalt. Towering barricades of tires, rocks, and rubble are everywhere, as if the very fabric of the city rose up and rebelled. Opposite sushi bars lie piles of chopped-up tree trunks for firewood. Metal ovens cook great vats of soup. Improvised shrines and hospitals sport fluttering flags.

If Kiev’s layout can be transformed, can’t all of society?

***

Every tent on the Maidan, it seems, houses its own ideology: anarchists hand out pages of Kropotkin; young Cossacks, their heads shaved with one forelock dangling, practice fighting with metal poles and talk of reintroducing Cossack governance (“It’s direct democracy,” one tells me). There are priests calling for Ukraine’s spiritual rebirth, agrarian socialists, Euro-idealists. And there is the Right Sector, the right-wing, nationalist group whose members were among the Maidan’s violent avant-garde during the overthrow of Yanukovych.

“You can’t get away from genetics: Ukraine’s ancestors, the people who lived in this region, had a dominant DNA code of R1a1. They fought mammoths. It’s the warrior gene. That’s the genetics of Maidan,” said Yaroslav Babych, one of the Right Sector’s leaders, as we drank iced tea in Cafe Cossack on Shevchenko Lane, just off the Maidan. “We’re pagans,” he continued, “we worship DNA.”

Babych’s day job is as a lawyer in a Ukrainian investment company (“There’s nothing to invest in here,” he told me when I asked for a tip), but we met over the weekend and he was wearing a ring with ancient runic lettering and a T-shirt that said ‘Slavs.’

“What about those in eastern Ukraine and Donbas who have rejected the revolution?” I asked. The news that day was of Kiev losing control of cities in the Donbas region to pro-Russian separatists, and of Ukrainian police and army divisions defecting.

“A lot of people in the Donbas are Russians who were moved to the region after Stalin’s enforced famine wiped out the Ukrainians. They have different genes,” he responded.

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A Ukrainian soldier near Slovyansk on July 7, after driving pro-Russian rebels out of the eastern Ukrainian town.

The Right Sector has been a godsend to the Kremlin, whose propaganda has heralded the group as the fascist core of the Maidan, out to terrorize ethnic Russians in the east of the country. Unfortunately for Moscow, the Right Sector flopped in Ukraine’s presidential elections in May, mustering just 1 percent of the vote. The organization’s brand of pagan-DNA nationalism may be a fringe view, but its tents on the Maidan are still among the busiest.

“The people on the Maidan now aren’t the ones who made the revolution, just the ones with nowhere to go. The real activists are entering real politics, or they’ve signed up to fight the insurgency in Donbas,” said Volodymyr Viatrovych, as we sat in his vast, dim office in the leafy, shady district of Lipki. Viatrovych commanded one of the battalions on the Maidan, and has since returned to his job at the National Institute for Memory, where he works to create a Ukrainian identity.

For many on the Maidan, the revolution was about a Romantic, 19th-century idea of nationhood—one that envisages Ukraine united by spirit and language in a long anti-colonial struggle for liberation from oppressive Russian, Polish, and Soviet empires. Poland, which in previous centuries was seen as Ukraine’s oppressor, is now perceived as a best friend and ideal model: a homogenous, Eastern European state. It’s a narrative that is traditionally stronger in the west of the country, especially the city of Lviv. After the Orange Revolution in 2005, President Viktor Yushchenko tried to make it the country’s official narrative, promoting the Ukrainian language, anti-Soviet sentiment, and misty myths about noble knights in the 11th-century Kievan Rus. The attempt wasn’t all that successful. Some Russian-speakers felt alienated; in the east, where Soviet nostalgia dominates, teachers would tell their pupils to disregard new history textbooks. Meanwhile, Donbas-based political leaders like Yanukovych shored up their popularity in the region by telling the population that the rest of the country looked down on them.

Viatrovych, who is originally from Lviv, believes he can help bridge these divisions and create a story that is at once nationalist and integrationist.

“You can’t just throw the east and the older generation overboard, you need to find ways to subtly shift their associations,” he told me.

Viatrovych is best known for his work on reformatting Ukraine’s relationship to the Second World War. Ukrainians fought on different sides of the conflict: most for the Red Army, others for the Ukrainian resistance and, at one point, the Nazis. One person’s May 9th Victory Day is another’s May 9th Occupation Day. This year, Viatrovych advised the Ukranian government to move the national holiday to both May 8 and May 9, and helped rename it “Remembrance Day” instead of Victory Day. Then he changed the symbol for the holiday from the Kremlin’s orange-and-black ribbon to the poppy, an international symbol of mourning war dead.

“But don’t you need some form of positive, unifying national message?” I asked.

“The binding concept is we’re not Russia: they believe in tyranny, we believe in freedom,” he answered.

The night before, on the Maidan, I had seen a music video of a new Ukrainian stadium-rock anthem that reinforced this thought. In the video, shots of the revolution were interspersed with pretty Ukrainian lakes and mountains (they could have been lakes and mountains anywhere), while the rockers, singing in Russian, made a series of distinctions between ‘us’ (Ukrainians) and ‘them’ (clearly Russians, though never actually specified):

You think silence is golden / We light Molotov cocktails
You receive orders / We burn fires of revolt
You have a tsar / We have democracy

“The Maidan is our new national myth,” said Viatrovych. “Look at the people who sacrificed themselves during the fighting, they were from both east and west of the country. This is our new symbol.”

“I wouldn’t use the Maidan as the unifying national symbol,” said Zurab Alasania. “The very word ‘maidan’ divides. My job is to bring the east and the Donbas in. We haven’t listened to the Donbas for 20 years.” One of Ukraine’s most famous TV journalists, Alasania has been tasked with heading up the country’s public broadcaster, a Ukrainian BBC. An ethnic Georgian from the breakaway region of Abkhazia, he left his home after the Georgian-Abkhaz conflict in the early 1990s and built a career in Kharkiv, Ukraine’s second-largest city, which is itself defined by being a borderland between Russia and Ukraine—a town of wanderers. When I came to see him in his imposing office overlooking Kiev, he seemed happy to see a fellow journalist after all the bureaucrats. “I’m surrounded by idiots!” he told me, flicking his forehead repeatedly until it gave off a slightly wooden sound. “I just had someone from the Committee for Free Speech try to tell me my presenters shouldn’t talk Russian. Idiocy!”

The use of the Russian language on Ukrainian television is limited by law, which means Russian networks—channels that show non-stop anti-Kiev propaganda claiming that the Maidan is a sham created by the CIA, and that its democratic slogans are lies—are currently more popular in the Donbas. Alasania wants to win the Donbas audience back by running talk shows where people from the east can air their grievances.

“I don’t want us to be anti-Russian,” he said. “I dream of making television which is as relevant to a Swede, a Ukrainian, or a Pole—Ukraine as part of a Europe with no borders. I don’t like the word ‘patriotism.’”

For all the efforts of liberal nationalists like Viatrovych, it’s not clear whether multi-ethnic, multi-lingual Ukraine could ever be another mono-ethnic, mono-lingual Poland. But shift the conversation to ‘values,’ an increasingly popular theory here goes, and identity becomes a secondary issue. Politically influential sociologists, such as Yaroslav Hrytsak, invoke the World Values Survey to demonstrate that the border for Ukrainians who believe in ‘European values’ (openness, independence, tolerance) is moving east to encompass Russian-speaking areas of the country, encompassing the youth and new middle class in both east and west. Politicians are picking up on this approach as well. The recent presidential elections marked the first time this century that major candidates spoke about ‘reforms’ and ‘transparency’ rather than playing the various nationalist cards. The Maidan was referred to as “the revolution of dignity.”

The idea of Ukraine as a place where you can glimpse the dream of a post-national, pan-European utopia, where people were prepared to die under the EU flag while standing up to Moscow, is perhaps most popular among certain Western intellectuals. Returning to my hotel one evening, I found the celebrity French philosopher Bernard Henri Lévy, who was in town to lecture on how Putinism is equivalent to fascism, giving a television interview in the lobby. “Putin is frightened of the loss of traditional values and the principles of religion,” said Lévy. “For Putinism, Europeaness is opposed to Eurasianism.” At the conference I was attending, Western panelists, including liberal luminaries like Paul Berman, kept returning to the idea of Russia as a home for a kind of clerical nationalism—the notion of Putin as a new Khomeini, with Ukraine as the battleground for liberal values.

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Morning in the Maidan.

These paradigms play right into Putin’s hands. The Kremlin has desperately sought to transform the story of the Ukrainian revolution from an uprising against corruption and terrible governance—grievances that could apply to Putin’s rule too—into a muddled narrative about ‘Holy Russia’ versus ‘Euro-Sodom.’ The idea of Russia as a beacon of religious conservatism is specious—68 percent of Russians might identify as Orthodox Christian, but only 14 percent go to religious services once a month or more frequently, and 60 percent of Orthodox Russians don’t consider themselves religious. Western liberals risk being spun by Putin.

“The problem with the values discourse is that it is so easily manipulated,” the journalist Mustafa Nayyem told me. Nayyem started the Maidan revolution with a Facebook post in November 2013 that rallied students and activists to protest against Yanukovych’s last-minute refusal to sign an association agreement with the EU.

“I even wrote a manifesto back then—something about this being the time of the youth. But I never published it. It felt wrong,” shrugged Nayyem. I met with him on the 13th floor of a high-rise with views across the Dnieper River, including parks, golden domes, and hordes of Soviet-era apartment blocks. The floor is home not only to Hromadske, the small, independent TV station where Nayyem works, but also to a series of civic groups: anti-corruption investigators, anti-censorship activists, campaigners for parliamentary transparency. In the busy, communal kitchen, conversation centers not on abstract ideals, but on their practical implementation.

“We have to move from a revolution of dignity to a revolution of effectiveness,” said Hanna Hopko, a board member for one of the 13th-floor NGOs who also leads the Reanimation Package of Reforms, a network of experts writing and lobbying for new legislation. Hopko, who worked on anti-smoking campaigns before the revolution, has the ear of 25 parliamentary deputies—a small minority in a 450-strong legislature full of Europe’s most corrupt politicians. She also travels throughout the country, trying to convince people in the east that the Maidan’s battle against corruption is their battle too.

“A cop is just as corrupt in Lviv or Donetsk,” said Hopko, referring to cities in the west and east.

She was chatting with me before rushing off to meet Western funders. The ‘international development consultants’ of the EU, IMF, and international NGOs have descended en masse onto Kiev and the activists of the 13th floor especially, promoting their ideal ‘transition’ templates for how to reform Ukraine.

“I sometimes feel they just cut-and-paste reforms from other countries,” another activist told me. “No one thinks about local context. And what do they bring, a few billion in loans? When Western banks have profited from the hundred billion Yanukovych stole from the budget? We’re the testing ground for whether Europe can still have real democracy. We have to come up with our own ideas.”

But while the 13th floor buzzes with talk of reforms, what I saw elsewhere in the building reminded me of the challenges the revolution still faces. Downstairs, a standoff was underway over control of a city-government construction agency that, investigative journalists informed me, brings in millions of dollars in corrupt, self-dealing contracts to whoever runs it. The managers were worried about being pushed out by people closer to the new president, the oligarch Petro Poroshenko, and the entrance to the high-rise was full of scowling, shaven-headed young men hired to resist raids by government agents.

This is the great fear for those who made the Maidan: that the revolution will devolve into infighting between officials over access to corrupt financial flows. It’s what happened after the Orange Revolution, when President Poroshenko was a government minister and among the officials most responsible for the failure.

“You need some sort of military force with which to pressure your government,” I joked before Hopko left.

“We have one!” she answered, quite sincerely.

***

Gennadiy Druzenko is a constitutional lawyer who also organizes military training for those prepared to go on fighting for the Maidan’s ideals. Druzenko is a former Fulbright Scholar, slight of build and gray-haired. When we met in the lobby of the Hotel Ukrayina, overlooking the Maidan, he was concerned about the lack of bullets in Kiev.

“How are we meant to have military training without bullets?” he complained.

Druzenko runs his trainings on weekends, mainly for young professionals who are taught how to shoot by Afghan war veterans. I asked whether he had always been drawn to violence.

“First I thought we could deal with Yanukovych through diplomacy, but when my friend was beaten by special forces I realized there was no peaceful alternative,” he said. “Throwing my first stone at the police was strange. But by the end my pensioner parents were cooking Molotov cocktails in their bath.”

“But aren’t vigilante military units a sign of chaos and state breakdown, the prelude to total civil war?” I inquired.

“Not at all,” he answered. “It shows society is prepared to self-organize, grow beyond a paternalistic state. It’s progress. Ukraine has a right to experiment. No one knows what the ideal state of the 21st century should look like.”

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Euromaidan self-defense units in the Maidan.

Druzenko’s words made me think back to what Pekar, the National University lecturer, had called the “green” phase of development—the self-organizing society. I had asked Pekar if his blue, orange, and green stages of history were moving toward the ideal society. He said that he wasn’t sure. “What comes after the green stage might be something very dangerous,” he had observed. “We need to be ready.”

After meeting Druzenko, I walked to the Maidan. It was getting hot and the place was starting to smell of something rotting. A man in a bear suit was marketing a supermarket next to the shrines of Ukrainians who died during the revolution. The sacredness of the Maidan is fading; some of those still living in tents on the square have a dazed look. “We want our lovely European city back,” Kievans, including some who had been active during the revolution, told me repeatedly. “It’s time to dismantle the barricades” (no one was quite sure what should be put in their place to commemorate the revolution).

In the following days, I found myself returning to the tent city over and over, scraping together the dregs of utopian inspiration. In the post-Soviet space, it’s the idea of utopia, almost any utopia, that is perhaps the most important thing. Cynicism is the great underlying ideology of Putinism, fostered by decades of late-Soviet and post-Soviet disillusion, and now reinforced by Kremlin media, with its recurring message that democracy everywhere is a sham, that the Maidan is a con, its ideals doomed.

This dynamic isn’t confined to Eastern Europe. When was the last time a Western country had a revolution that brought with it the promise of everything beginning again? 1989?

And so I found myself lingering in Kiev, long after the conference I came over for had finished. I wandered and savored the souring Maidan. I spoke with one person who wanted to reinvent elections so that you could retract your vote in a method similar to the ‘likes’ on a Facebook page; to another who envisions Kiev as the capital of an alternative, democratic Russia. I tried not to pay too much attention to the increasing casualties in the Donbas region. Instead, I sat in the cafes around the Maidan at night, among mosquitoes and women in stilettos, scribbling my own manifestos—pleasant projections of utopias for Ukraine, for Europe, for my own life. My wife kept texting and asking when I would be returning to London. Just one more day, I would tell her. And then another.

In late June, the original purpose of the revolution—to force the Ukrainian president to sign an association agreement with the EU—was fulfilled. But the Maidan isn’t budging. Someone has even put up a basketball court in the middle of the tent city. We’re not going anywhere.

Leur presse (Peter Pomerantsev pour The Atlantic, 8 juillet 2014)

[Hélas, la France n'agit pas que par le biais de la marionnette Bernard-Henri-Lévy :]

 

The Mistral deal explained

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The contract and problems it poses

In 2011, France and Russia signed a contract in which France agreed to sell 2 Mistral class ships to Russia for EUR 1,2bn, with an option of two additional vessels. It was the first time that a NATO member agreed to deliver sensitive military equipment to Moscow, and this contract was signed only three years after Russian aggression on pro-European Georgia. The delivery of the first vessel is scheduled for October 2014. The Mistral is an amphibious assault vessel designed to lead invasions from sea to land. The commander in chief of the Russian Navy during the Georgia war said that with such vessels the attack against Georgia would have lasted only 40 minutes, and not 26 hours as was the case.

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A Mistral can carry 16 helicopters, 4 landing craft utilities, 60 BTRs including about 15 tanks, and up to 900 soldiers. It is not just a command ship with a hospital, as the French like to describe it, but a real strategic weapon capable of significant strikes. French allies had already expressed concerns before the signature of the contract. For instance, the then US Defense Secretary Robert Gates said in 2010 that “this would send the wrong signal to Russia
and our allies.” Four years later, with the annexation of Crimea and an expansionist and anti-European Russian rhetoric, claiming Russian rights on former USSR republics and bearing worrying resemblances with Nazi Germany’s rhetoric of the 1930s, this sale appears more and more problematic and dangerous, as it poses a direct threat to countries neighboring Russia and to countries on the Black Sea, most of them being NATO members and partners. Russia has made clear that it wants to use these Mistrals in the Black Sea. This would make it very hard for Ukraine to gain back control over Crimea, de facto acknowledging the annexation. This would also put at risk the southern coast of Ukraine – let’s not forget that Putin’s Russia has openly stated that their goal is to create a new state called “New Russia” in the South and East of Ukraine, and Mistral ships could be used to realize this plan. Mistrals in the Black Sea will also jeopardize NATO members in the region, such as Bulgaria, Romania and Turkey. Why should France arm an expansionist state that has already proven on several instances that it is ready to invade sovereign states, and that increasingly poses itself as an aggressive adversary of the European Union and of the free world? Why does not France cancel this sale, jeopardizing peace in Europe and the security of its allies and partners?

Alternative Options

There are other options than Russia available. American and Canadian senators have suggested that NATO, the US or Canada should buy these ships. Claudia Major and Christian Mölling, fellows at the German Institute for International Affairs and Security (SWP) have suggested that the European Union should buy these ships. They have pointed out that one of the priorities of the French president is to build a common defense, and they have suggested that these two ships could become the first step in that direction. Bernard Grua, the organizer of the global protests against this sale, has even suggested that BNP Paribas could negotiate with the US government a smaller fine if it buys the ships in order to rent them out to NATO members or the UN. All this shows that with a bit of creative thinking and good will, it is possible to find alternative solutions for these ships. It may cost a bit of money (penalties for cancelling the contract), but this seems nothing in comparison to becoming an ally of an aggressive, totalitarian state like Putin’s Russia, and in comparison to peace and stability in Europe.

French arguments

Jobs
This is a wrong argument. First of all, we are not talking about cancelling the production of these ships, as France should easily find another buyer among NATO members, as suggested above. Second, STX have said in several instances that their order book is full for the next 5 years, with one large ship to deliver each year until 2019. Recently, a labor union representative also confirmed on French radio that this is not a valid reason, because the ships are already nearly completed anyways.

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Reputation
France and Russia claim that there is a reputation risk. The French minister of foreign affairs Laurent Fabius said for instance, on his way back from Poroshenko’s inauguration, that France signed a contract, and will honor its commitments, in the same way as Russia is honoring its commitments (sic; he must have forgotten about the Budapest treaty which guarantees Ukrainian sovereignty and territorial integrity, also signed by Russia). Collaborating with a totalitarian state that is increasingly using fascist rhetoric, and that is attacking its neighbors and questioning the world order that democracies of the free world have built over the past 70 years, is much more dangerous for French reputation than invoking Russian imperialism in order to cancel the contracts. By selling this weapons to Russia, France is becoming Russia’s military ally in its adventures, supporting Russian plans to
redraw Europe’s borders using force. France will also have blood of innocent people on its hands, should Russia use these ships in order to attack peaceful sovereign states in the future. France is transferring technology to an aggressor, and is also accepting Russian sailors on its soil in order to train them. France is becoming Russia’s ally.

The Mistrals are just command ships with hospitals
False, as shown above, they are a significant strategic weapon. Also, each Mistral does not cost more than 300mn. Russia is paying twice this price, because of technology transfers. After the delivery of such ships, Russia will have the capabilities to build them itself. We are giving an aggressor what it needs to build a strong Navy and threaten our allies in the Black Sea, in the Baltic Sea, and in the Pacific, to mention only the countries directly neighboring Russia.  France is not only arming an aggressor, but also transferring sensitive technology. Some say that Russia could build these ships itself, then logically we should wonder why they are paying France double the price for these ships. The answer is simple – because they cannot build them now, as they do not have the technology.

France will pay penalties
Maybe. We do not know exactly how much, because the contract is not made public, which in itself is a shame. But it is the price to pay for irresponsible decisions (the signature of this contract) and in order to preserve peace and stability in Europe. France could negotiate with its allies in order to try to share the burden of these penalties. Further interesting articles on this topic, in French: here, here and here.

Facebook group No Mistrals For Putin
Join us in the nearest global protest against the Mistral Deal on July 14

EuromaidanPress, 8 juillet 2014

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Au sujet de l’identification électronique des petits ruminants et plus généralement de la traçabilité des denrées alimentaires

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[Notre-Dame-des-Landes] Suite des réactions face à la répression et appel aux comités locaux

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Lors des rencontres du week-end du 5/6 juillet à Notre-Dame-des-Landes, la question de la répression a été très présente : forums spécifiques et prise de parole avec les comités locaux, lecture d’une lettre d’Enguerrand, intervention sur ce thème à l’ouverture du rassemblement par un des porte-parole de l’ACIPA, interventions sur scène… À l’échelle du mouvement, on commence à prendre la mesure des nouveaux dispositifs répressifs qui se mettent en place suite à la manifestation du 22 février (arrestations a posteriori sur base de photos et vidéos croisées avec un usage étendu du fichage policier notamment…). Il devient clair que ce qu’expérimente aujourd’hui l’appareil politico-judiciaire à Notre-Dame-des-Landes concerne l’ensemble des mouvements sociaux.

Dès le lundi, un joyeux convoi s’est ébranlé de la ZAD jusqu’au tribunal de Nantes : klaxons, youyous, circulation perturbée, descente du cours des 50 Otages à contresens… Fait inédit depuis la construction du nouveau palais de justice à Nantes en 2000, la police a dû remplir la salle des pas perdus de gaz lacrymogène pour empêcher les soutiens d’assister au procès. Les rues alentours ont été barricadées pour empêcher que notre camarade comdamné soit immédiatement emmené en prison. Pour une fois, il n’aura pu échapper à ceux qui nous jugent qu’une foule énergique et bruyante contestait ce qui se passait à l’intérieur. Au final S a été relaxé pour les faits de violence à agent qui lui étaient reprochés mais a été néanmoins condamné à 4 mois ferme pour vol d’un livre, refus de prélèvement adn et participation à un attroupement armé, en l’occurence un bâton de berger. (Pour plus de précisions, deux récits : nantes.indymedia.org/articles/29764 et nantes.indymedia.org/articles/29767). La détermination de la journée d’hier doit se prolonger et s’amplifier pour tous les procès à venir et en cas de nouvelles arrestations.

Lors des discussions inter-comités du 5 juillet, un appel a été fait pour de nouveaux rassemblements devant le tribunal de Nantes les 10, 16 et 18 juillet, ainsi qu’à une multitude d’actions locales : rassemblements et casserolades devant les tribunaux, déploiement de banderoles et diffusion de tracts sur les rond points et quatre voies, manifestation devant les prisons…

Pour le 10 juillet, invitation dès 12h face au château des Ducs de Bretagne.

Il a aussi été proposé que les comités qui le souhaitaient puissent reprendre et co-signer rapidement le texte « La justice attaque Notre-Dame-des-Landes » (reproduit ci-dessous).

Au-delà, nous invitons tous les comités qui le souhaitent à prendre position publiquement face à la répression et à relayer les autres communiqués existants : un communiqué de Copain 44 ; un communiqué de la LDH 44 ; un récapitulatif sur les arrestations.

 

Texte à reprendre et co-signer (si possible avant le 16 juillet, envois à repression22fevrier)

La justice attaque la lutte de Notre-Dame-des-Landes – Solidarité et résistance !

Depuis l’échec de l’opération César, le gouvernement ne sait plus comment venir à bout de l’opposition au projet d’aéroport de Notre-dame-des-Landes. Sur le terrain, il est incapable d’avancer dans le calendrier des travaux et ne parvient pas à enrayer la résistance sous toutes ses formes : semis collectifs, occupation de la ferme de St Jean du Tertre, acheminement d’un hangar au Rosier, multiples reconstructions, recours juridiques en cours.

Au delà de la ZAD, les comités de soutien sont toujours mobilisés et le mouvement reste massif. La manifestation du 22 Février à Nantes, en rassemblant 50’000 personnes et 500 tracteurs en fut une démonstration éclatante.

Face à cette mobilisation inédite, et au fur et à mesure que se dessine l’abandon du projet, il ne reste plus au gouvernement que la répression pour riposter. Depuis le 22 février, il s’y emploie avec acharnement : plus de 30 arrestations, presque autant de condamnations et 3 personnes actuellement en prison à Carquefou (2 personnes en détention provisoire et une personne pour 1 an ferme). Comme pour tous les procès depuis le début des expulsions, il s’agit bien d’une opération visant à fragiliser la lutte dans son ensemble.

Nous dénonçons :

• L’usage systématique, comme on l’a vu pendant les expulsions, pendant la manifestation du 22 février et partout ailleurs, des armes dites “non létales”, provoquant de nombreuses mutilations : flashballs, grenades assourdissantes, grenades de désencerclement.

• Les arrestations arbitraires, sur la base de dossiers qui contiennent principalement des photos floues et qui s’appuient en réalité sur une entreprise de fichage politique généralisée qui touche tous les pans de la contestation sociale.

• Le recours systématique à la comparution immédiate, une procédure expéditive qui empêche les inculpés d’élaborer une défense digne de ce nom.

• La volonté assumée du parquet et du tribunal de Nantes de faire des exemples, en condamnant le contexte politique plus que les faits eux-mêmes.

Nous appelons donc toutes les personnes sympathisantes de cette lutte à diffuser ces informations et à participer aux rassemblements qui se tiendront devant le tribunal tout au long du mois de juillet :

• Lundi 7 juillet : Procès d’un zadiste arrêté à Nantes le 18 juin, en détention provisoire actuellement, pour vol, refus de prélèvement ADN et participation à un attroupement armé le 22 février.

• Jeudi 10 juillet : Procès d’une personne arrêtée à Rennes le 18 juin, en contrôle judiciaire actuellement, pour dégradation le 22 février.

• Mercredi 16 juillet : Procès d’un militant du comité Ile-de-France, arrêté le 14 mai à Paris, pour dégradation le 22 février.

• Vendredi 18 juillet : Procès de 4 personnes, arrêtées le 17 juin, en contrôle judiciaire et en détention provisoire pour l’une d’entre elle, pour recel, refus de prélèvement ADN et « association de malfaiteurs » à cause de la présence, dans leur véhicule, d’affiches et de tracts appelant au rassemblement de soutien du 19 juin devant le tribunal.

Face à cette tentative d’isoler des individus et de les faire payer pour l’ensemble du mouvement, nous restons plus que jamais unis ! Unis contre le projet d’aéroport et contre la répression qui s’abat sur l’ensemble des mouvements sociaux : de la ferme des milles vaches à l’usine Seita, de Calais au Val de Suse, tenons bon face à la criminalisation de nos luttes !

RDV les 10, 16 et 18 juillet à 14h devant le palais de justice de Nantes.

Mailing – 8 juillet 2014

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[Londres] Les architectes de prévention situationnelle travaillent

Where Metal Spikes Meet The Homeless: In London “The Destitute Are Now Considered Vermin”

First, the world’s oligarchs slowly but surely took over London real estate, where as we reported last week, home prices in May soared by the most in 12 years, and now, according to the Telegraph, in order to make London into an even more exclusive enclave where only the uber-wealthy can rub shoulders, assorted luxury buildings are installing metal spikes on the ground outside to fully deter homeless people from sleeping (and hence living) there. In other words, in London homeless people have been relegated to pigeon status, as the same technique has been long used to prevent rats with wings from landing, and defecating, at select locations.

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From the Telegraph:

Andrew Horton, 33, of Woking, Surrey, took the picture of the inch long studs outside the flats on Southwark Bridge Road as he walked to work on Wednesday.

Mr Horton said: “I can’t say for certain but it certainly looked like they were placed there to deter homeless people. “It’s dreadful.”

David Wells said on Twitter: “These Anti homeless studs are like the spikes they use to keep pigeons off buildings. The destitute now considered vermin [sic].

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Not everyone is a stud humanist: others defended the metal protrusions.

Gavin Logan said on Twitter: “There will be a context behind those anti-homeless spikes. Possibly a last resort against someone who was aggressive and refused housing.” People living in the flats, which sell for upwards of £800,000, said the metal studs were installed two weeks ago after a number of homeless people were seen sleeping there.

One woman resident, who asked not to be named, said: “There was a homeless man asleep there about six weeks ago. “Then about two weeks ago all of a sudden studs were put up outside. “I presume it is to deter homeless people from sleeping there.”

A couple, who also asked to remain anonymous, added: “It’s because of the homeless. “The spikes have only been there very recently, less than a month.”

One guy asked the pragmatic question:

A man looking around the flats, a ten-minute walk from Southwark Underground Station, said the spikes would not put him off. The man, who only gave his name as Peter, a lawyer, said: “But would you want homeless people outside your door?”

Still, yet others prefer to simply ask philosophical questions:

Kathrine Stokes, 39, of Hull, East Yorkshire, photographed studs outside Tesco in Regent Street, London and uploaded the picture on Twitter. She said: “It’s sad. It demonstrates a meaness and a lack of humanity for people.”

Katharine Sacks-Jones, head of policy and campaigns at homelessness charity Crisis, said: “It is a scandal that anyone should sleep on the streets in 21st century Britain. Yet over the last three years rough sleeping has risen steeply across the country and by a massive 75 per cent in London.” Behind these numbers are real people struggling with a lack of housing, cuts to benefits and cuts to homelessness services to help them rebuild their lives.

“They might have suffered a relationship breakdown, a bereavement or domestic abuse. They deserve better than to be moved on to the next doorway along the street. We will never tackle rough sleeping with studs in the pavement. Instead we must deal with the causes.”

Thank the Bank of England.

As for Tesco, it decided to simply lie:

Tesco said the spikes outside its store in Regent Street were not intended to target those in need of shelter. A Tesco spokesman said: “The studs were put in place to try and stop people engaging in anti-social behaviour like smoking or drinking outside our store, which can be intimidating for our customers.”

Anti-social studs?

That said, since the world’s central banks have managed to make the world’s top metropolises sufficiently gentrified to where only the uber wealthy can afford to live there, the poor should thank their lucky stars that they only have to deal with sharp spikes instead of, say, moats and land mines near luxury buildings (that said it is only a matter of time before that thought experiment becomes reality).

After all, in a world in which justice has a standard for the 1% and everyone else, a few blown up homeless would surely be classified, in the passive voice of course, as “accident that have happened due to glitch.”

And now, back to economists writing profound books discussing the record divergence between the world’s rich and poor.

Tyler Durden, Zero Hedge, 8 juin 2014

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Lettres de Marianna, Francesco et Nicolo

Lettre de Marianna depuis la prison de Vercelli – 12/06/2014

Et si la peur changeait de camp ?
Qui est-ce qui étouffe chaque jour la liberté de circuler dans les rues du quartier ?
J’habite à Porta Palazzo et je croise inévitablement les rondes interarmées qui font la chasse aux sans-papiers à encager dans un centre de rétention, je tourne, j’arrive sur la place et je vois un groupe de flics municipaux qui font démonter les petits stands des vendeurs de menthe à la sauvette, ils font fuir les dames avec leurs chariots remplis de pain, de msemen et de botbot. Je monte sur le bus 4 pour arriver rapidement jusqu’à Barriera, et les voilà, les contrôleurs agressifs qui traquent et qui poussent dehors ceux qui n’ont pas l’argent pour le ticket. Il faut donc prendre le 51, qui est lent, moins fréquent et blindé de monde.

Qui menace et effraie les gens jour après jour?
Les patrons font chanter : soit tu acceptes d’être exploité.e, soit du boulot, t’en auras pas. Qui n’a pas envie d’être exploité.e, tente le vol, un braquage, l’arnaque, ce qui fait planer sur chacun de ses gestes l’ombre d’une cellule de prison.
Toujours plus fréquemment les sous pour payer le loyer manquent, et toujours les proprios et petits patrons apparaissent pour menacer les locataires retardataires de les envoyer valser, ensuite la police pour défoncer la porte et jeter les valises sur le trottoir, pour qu’enfin arrivent les assistants sociaux et leurs menaces d’enlever les enfants aux parents considérés tellement malavisés d’avoir décidé non pas de payer un proprio, mais de manger. Et si la peur changeait de camp ?
C’est ainsi que des possibilités se créent, à partir des besoins partagés, des soucis communs dialoguant entre eux. Qui a déjà vécu des luttes et qui est agité.e. a une suggestion à la bouche. S’organiser.
D’un côté, la densité des expulsions locatives entre Porta Palazzo et Barriera augmente et il est toujours plus difficile pour ceux et celles qui peuplent ces quartiers de récupérer de l’argent ; d’autre part, les processus de requalification nettoient et chassent : les immeubles sont rénovés et les loyers augmentent dans ces mêmes coins de la ville.
Pour défendre les maisons des expulsions locatives, des piquets devant les portes sont organisés en attendant l’huissier pour lui arracher un délai, avec l’implication de la famille, des voisin.e.s et des ami.e.s.
C’est le lieu où on se rencontre et où on se connaît, où se tissent et se resserrent les ententes et les complicités entre et autour de celles et ceux qui sont expulsables, là où débute un réseau d’aide mutuelle capable de se tenir debout tout seul.
Une assemblée se forme pour s’organiser au niveau logistique, pour affronter les problèmes et les peurs, pour discuter des propositions, en se partageant les tâches et les responsabilités, les voix qui y prennent la parole sont toujours plus nombreuses. « Qui savait déjà lutter » laisse la place aux personnes directement concernées, il n’y a pas de spécialiste en « résolution d’expulsions locatives », ni l’envie d’avoir le rôle d’un organisme d’assistanat. On veut lutter ensemble, en tendant vers la réciprocité dans les rapports.
J’ai connu les rues du quartier à travers la lutte. J’ai découvert comment m’orienter, quel raccourci prendre, en vivant ces rues, en courant vers une maison menacée d’expulsion, en y retournant en marchant, en faisant des manifs joyeuses après avoir arraché un long délai, énervées quand quelqu’un était jeté.e à la rue.
En plus de connaître vers où mes pieds m’amenaient sur le bitume, j’ai appris à reconnaître les visages amicaux et les lieux solidaires. Dans la chaleur de relations réelles, la lutte a grandi, en envenimant en même temps les inimitiés envers ceux qui veulent contrôler ce bout de la ville et ceux qui sont à leur service. On prend un café dans le bar à côté de la barricade, on écoute les histoires denses de vie ouvrière de Barriera racontées par la dame derrière le comptoir, émigrée du Friuli Venise Giulia dans les années ’50 ; peu après, en passant devant le serrurier qui n’arrête pas de collaborer avec la police et les proprios, on lui lance une insulte et on lui fait la gueule.
On a préféré ne rien demander à la mairie, on savait qu’elle avait peu à offrir et qu’elle aurait utilisé ce peu pour nous diviser. Certain.e.s ont essayé tout de même, ils n’ont rien obtenu, à part le conseil de créer une asso d’expulsé.e.s.
Pour satisfaire directement le besoin d’un toit qui n’était plus là, on a occupé des maisons vides qui sont aussi devenues des lieux d’habitation et de rencontre, carrefour d’histoires, vedettes sur le quartier. Et bien oui, en s’organisant pour faire face à n’importe quelle éventualité, en élargissant et en approfondissant les rencontres, on déployait une force.
On n’était plus tout le temps en échec, on réussissait à respirer plus aisément en vivant comme il nous fallait, en commençant à parler de désirs. Dans un monde à l’envers où les proprios ne reçoivent pas de loyer, où la police ne fait pas peur, où l’Etat est de trop.
Le 3 juin, la police fait irruption dans de nombreuses maisons, perquisitionne et  procède à des arrestations. 111 personnes sous enquête, tou.te.s luttent contre les expulsions locatives à Turin. 12 sont en prison, 5 assigné.e.s à domicile, 4 avec obligation de résidence, 4 avec l’interdiction du territoire dans la commune de Turin et 4 avec l’obligation de signer tous les jours.
Avec le nouveau « Plan logement » qui a été approuvé, il n’y a plus d’issue pour qui n’a pas d’argent pour le loyer. Avec l’augmentation continue des différences sociales, l’aiguisement du conflit entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas, entre ceux qui volent et ceux qui répriment, la meilleure solution qui a été conseillée et mise en place par ceux qui veulent que tout reste tranquille et en ordre est celle de dégager les possibles catalyseurs de rage latente, ceux qui ont l’expérience de la lutte, un conseil sur la langue et dans les mains des pratiques qui n’ont besoin d’aucun soutien de politiciens.
Disperser les arrêté.e.s dans des prisons qui sont loin de la ville où ils et elles vivaient et luttaient, seul.e.s dans des établissements éparpillés dans la région du Piémont, fait en sorte que les narrations et les outils s’atomisent ; en en enfermant d’autres dans des maisons et en les éloignant de la ville, ils essaient de casser la force et la possibilité de communication qui jusqu’à hier existait dans les rues du quartier.
Les personnes dehors qui continuent à lutter n’auront pas le temps d’organiser des parloirs sauvages devant les différentes prisons, mais réussiront-elles à être contagieuses avec leur courage et leur entêtement à continuer à lutter contre proprios et police ?
Je souris et je pense que oui. Je pense à une nouvelle occupation.

Marianna

(Marianna était en prison à Vercelli et se trouve désormais en assignation à résidence)

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Lettre de Francesco
SUR LES ARRESTATIONS, DEPUIS L’INTÉRIEUR
Cuneo, 10/06/2014

Les épisodes incriminés sont 27, à partir desquels les autorités ont émis 17 mandats d’arrêt le 3 juin dernier, 12 en prison et 5 assignés à résidence, 4 obligations de séjour et 4 interdictions de Turin et 4 obligations de signer. C’est la lutte contre les expulsions locatives qui est visée par l’enquête, une lutte qui s’était développée dans les rues de Porta Palazzo, Aurora et Barriera di Milano à Turin.
Le récit qui se dessine dans les pages de notes des écrivassiers de la Justice n’est certainement pas très captivant et ne réussit pas à décrire les contours de cette lutte, pas même de loin. Ça serait d’ailleurs bête d’attendre quelque chose de différent de la part de ces gratte-papiers.
Mais si l’on épluche les 200 pages de l’ordonnance avec les mesures restrictives, on découvre que même un homme du tribunal peut écrire quelque chose digne d’intérêt.
Le GIP (juge d’enquête préliminaire) écrit en effet : « L’effet de telles actions, répétées et  concertées, a notamment été celui d’ôter l’autorité et la force d’exécution des décisions judiciaires […], et de rendre vaines les conditions essentielles au maintien de l’État constitutionnel et de droit ». Des mots qui, traduits en langage humain, soulignent comment cette lutte a empêché aux huissiers et forces de l’ordre de jeter à la rue des dizaines et dizaines d’hommes, de femmes et de familles entières. Ce qu’avaient décidé quelques juges de Turin.
Et ainsi, toutes proportions gardées, elle a remis en question certaines des valeurs qui fondent cette société telles que la propriété privée et le monopole de la force entre les mains de l’État. On a en somme pu respirer dans les rues de ce quartier de Turin un air un peu différent de l’habituelle et asphyxiante normalité. Une normalité rythmée par des centaines et des centaines d’expulsions locatives par an, ce qui confère à Turin le titre honteux de « capitale italienne des expulsions locatives ». Une normalité caractérisée par l’arrogance des huissiers qui, forts du soutien des Carabinieri et de la Police, exécutent sans hésitation leur travail infâme et servile. Une normalité dans laquelle celui qui ne peut pas ou ne veut pas payer un loyer devrait accepter tête baissée son propre sort, s’en remettre aux assistants sociaux et puis attendre, patiemment, les résultats de la loterie à travers laquelle les logements sociaux sont assignés, avec l’espoir que son numéro soit enfin pioché. Et en attendant, il faudrait se débrouiller comme on peut, dormir en voiture ou sur le canapé d’une connaissance, accepter peut-être de se séparer, pour les familles, dans l’attente d’une meilleure période.
Cette lutte a pour sa part un peu bousculé ces rôles et, piquet après piquet, assemblée après assemblée, toujours plus d’hommes et de femmes ont découvert qu’il n’y a pas à avoir honte de parler publiquement de sa propre condition, et que, en le faisant, on n’est plus tout seul, et que résister est possible.
Au cours de la lutte grandit la détermination, le courage, le sentiment qu’on peut oser. La barre de ce à quoi on peut prétendre monte toujours plus haut, et pendant plusieurs mois, sur les piquets, on ne se soucie plus du risque que l’expulsion ait lieu, mais plutôt de savoir combien de délai on arrivera à arracher à l’huissier. Des délais de quelques semaines, qui auraient été accueillies avec enthousiasme quelques temps plus tôt, ne suffisent désormais plus. On prétend pouvoir rester chez soi encore deux, trois, quatre mois, pour pouvoir organiser sa vie avec plus de sérénité.
Et la force accumulée pendant cette lutte permet de prendre cette sérénité. Mais elle permet aussi de faire face à la première contre-offensive de l’autorité municipale : concentrer différentes expulsions le même jour (le troisième mardi du mois) pour diviser celles et ceux qui résistent et reprendre ainsi le dessus. Celles et ceux qui luttent, au lieu de ça, parviennent à s’organiser et à se défendre chaque troisième mardi, en se barricadant derrière les conteneurs d’ordures placés devant les portes et en bloquant des rues entières pour garder les forces de l’ordre le plus éloigné possible. Et ces barricades ne sont pas seulement un efficace outil de résistance, mais deviennent aussi un symbole de cette lutte, qui expliquent ce qu’il se passe plus clairement que mille tracts. Et si, comme le souligne le GIP, les huissiers ne tournent plus très volontiers dans les rues de Barriera di Milano pour expulser une partie de ses habitants, et bien cela ne peut que remplir de joie le cœur de beaucoup. Une fois n’est pas coutume, la peur a changé de camp.
Cette enquête est seulement la dernière initiative entreprise au niveau judiciaire à l’encontre de cette lutte. Le printemps dernier, les hommes de tribunal ont été à l’origine d’un article qui, après avoir été testé contre nous, sera utilisé toujours plus systématiquement à d’autres endroits aussi : le 610, l’incident d’exécution. Avec cet article 610, les huissiers confrontés à un piquet peuvent remettre la procédure d’expulsion entre les mains d’un juge qui fixera une autre date, qui ne sera celle-ci pas communiquée à la personne concernée. De cette manière, l’expulsion locative devient expulsion par surprise [en Italie, la date des expulsions locatives —sfratti— est communiquée aux personnes menacées par cette expulsion, ce qui n'est pas le cas des expulsions « sans droit ni titre » —sgombero—, NdT], les forces de l’ordre peuvent agir sans avoir pratiquement aucune restriction, et les personnes concernées vivent dans l’angoisse quotidienne de ne pas savoir jusqu’à quand il sera encore possible d’avoir un toit au-dessus de la tête.
Inutile de souligner que ce changement a créé plus d’un problème pour la lutte. La résistance aux expulsions a cependant continué à rechercher de nouvelles stratégies au cours des assemblées afin de pouvoir mettre des bâtons dans les roues aux seigneurs de la ville. Et elle continuera sans aucun doute après ces arrestations, comme le démontre le rassemblement au siège des huissiers du 4 juin, l’occupation du 12 et la manifestation du 14. Parce que les luttes ne peuvent pas être arrêtées.
Nous ne pourrions pas nous quitter sans une dernière pensée pour les dirigeants du PD [Partito Democratico] qui se sont félicités à la seconde de cette opération judiciaire. Encore une fois, leur hostilité ne peut que nous enjouer, et du reste, nous pensons être en bonne compagnie. Parce que le PD, comme le prouvent le grand nombre d’initiatives, de jour comme de nuit, dans la rue et devant leurs locaux, ne répugne certainement pas uniquement celles et ceux qui luttent contre les expulsions.

Francesco

Francesco était en prison à Cuneo, et est désormais assigné à résidence.

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Lettre de Nicolo
Au bassin
Depuis la section D de la prison des Vallette, un communiqué de Nico, arrêté lui aussi au cours de l’enquête du 3 juin.
19/06/2014

Mardi, Nico n’est pas rentré de la promenade. Les matons ont donc du le ramener en cellule comme un poids mort. L’inspecteur l’a menacé de lui faire « un rapport », Nicolo a donc entamé une grève de la faim mercredi.

Dimanche, 15 juin 2014,
prison des Vallette, Turin

Je m’appelle Nicolo Angelino. J’ai été arrêté mardi 3 juin à Turin durant une opération de police visant à briser la plus belle aventure de ma vie.

Une illusion vaine de la part des procureurs.

Depuis ce jour-là, je suis enfermé dans une cellule individuelle du bloc D. Nettoyée, repeinte et parfumée. À en vomir.
La porte blindée est ouverte, mais la grille est fermée 23 heures par jour. Elle s’ouvre et se referme seulement quand je sors pour faire mon heure de promenade.
Parler avec les autres détenus à travers les barreaux est captivant, et malgré le fait qu’ils soient sympas, la gêne est ressentie des deux côtés.
Je n’ai pas de complice et je n’ai pas non plus l’espoir d’en trouver. Quelques personnes sont en isolement, sous thérapie 24h/24h, les autres, ceux que je vois, sont des travailleurs. Ils jouissent du plus grand des privilèges que l’Administration Pénitentiaire puisse offrir et ils ne se mettront certainement pas en jeu pour moi.
Les accusations pour lesquelles je suis soumis à des mesures restrictives particulières sont tellement légères que ça parle de soi : je suis détenu et soumis au régime d’isolement spécial pour mes idées, pour m’isoler, me rendre inoffensif et pour m’empêcher de lutter.
Demain, lundi 16 juin, je ne rentrerai pas volontairement de la promenade, pour exiger que ma cellule soit ouverte durant la journée ou que je sois transféré dans une autre section ordinaire. La même chose se passera les deux jours suivants. Si, au cours de cette protestation, je suis puni par de l’isolement ou par l’interdiction de promenade, ou encore si je n’obtient pas le résultat espéré, je commencerai une grève de la faim ce mercredi 18 juin. Non pas parce que mes conditions d’incarcération sont inhumaines, en désaccord avec quelque convention des droits de l’homme ou parce que la façon de laquelle ils me traitent est un abus de pouvoir de l’administration pénitentiaire, mais simplement parce que, à moi, ça ne ma va pas du tout.
Je n’ai plus envie de demander à un maton si je peux avoir un fruit. Je veux pouvoir le prendre tout seul, quand ça me va, comme le font les autres. Je veux pouvoir parler aux autres détenus sans avoir des barres au milieu.

Je sais que la grève de la faim ne me porte pas sur un terrain de lutte exaltant. Cependant, en isolement, avec l’absence de complice et la toute-puissance des gardiens, c’est le seul outil qui puisse faire basculer le rapport de force avec mes porte-clés.
Je lutterai la tête haute et rassuré de votre chaleur, avec la même rage et la même sérénité qui, en d’autres temps et d’autres lieux, a été lancée contre des océans déchaînés bien plus grands que le bassin dans lequel je me trouve.

De toute façon ce peu d’eau finira dans la même mer et peu importe si j’obtiens, ou pas, ce que je veux.

Ce n’est qu’en luttant que je veux vivre.
Un caloroso abbraccio a tutti prigionieri.
Tutti liberi.
Feu aux prisons

(Nicolo était en prison à Turin et se trouve désormais en assignation à résidence.)

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Les trois lettres ont été traduites de l’italien depuis Macerie et reçues le 7 juillet 2014.

 

Pour écrire aux gens qui sont encore en prison :

Andrea Ventrella e Michele Garau C.C. Strada Quarto Inferiore, 266 – 14030, località Quarto d’Asti  (Asti)

Paolo Milan e Toshiyuki Hosokawa C.C. Località Les Iles, 14 – 11020 Brissogne (Aosta)

Fabio Milan C.C. Via del Rollone, 19 – 13100 Vercelli

Niccolò Blasi C.C. San Michele strada Casale, 50/A – 15121 Alessandria

Zenobi Chiara e Alberto Claudio C.C. Via Maria Adelaide Aglietta, 35 – 10151, Torino

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[Notre-Dame-des-Landes] Bas les pattes sur les manifestantEs du 22 février !

Nantes. Un jeune Zadiste condamné à quatre mois ferme

Venus soutenir un de leurs camarades condamné à 4 mois ferme cet après-midi, quelque 200 Zadistes se sont heurtées aux forces de police près du palais de justice de Nantes.

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Quelque 200 Zadistes (opposants à l’aéroport, en référence à la « Zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes) se sont affrontés cet après-midi avec les forces de l’ordre autour du palais de justice de Nantes.

En tout début d’après-midi, ils avaient investi le palais de justice. Sur place, de nombreux CRS montaient la garde.

C’est au moment du jugement de l’un de leurs camarades zadistes que la tension est montée d’un cran à l’intérieur du palais : les forces de l’ordre ont formé un cordon serré autour des personnes ayant assisté à l’audience du jeune Zadiste, et, utilisant des jets de fumigène, les ont repoussés dehors.

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VOIR LA VIDÉO

4 mois ferme

Ce Zadiste de 24 ans, maintenu en prison, a été condamné à 4 mois ferme, notamment pour “participation à un attroupement avec arme”. Il a néanmoins été relaxé sur les faits de violence qu’on lui reprochait ce 22 février, faits qu’il nie. « On ne sait pas s’il a été condamné pour deux vols qui n’ont rien à voir avec la manifestation, et qu’il a reconnus. Ou si c’est en raison de sa participation, le 22 février dernier, à cette manifestation anti-aéroport à Nantes. Il y a un déni de justice. C’est scandaleux », estime son avocat maître Ferrand pour qui Nantes métropole “exerce une pression très forte pour obtenir réparation sur les dégâts commis le 22 février”. Quant à l’arme dont il est question, un bâton de berger, “elle ne rentre pas dans la catégorie des armes.”

Au nom de « Libérez nos camarades », les Zadistes venus le soutenir sont restés un moment sur le parvis du palais de justice. Ils ont chanté, dansé, et fait les clowns devant les CRS. Ces derniers les ont repoussé un peu plus loin, dans une rue attenante où la même scène s’est reproduite. Les forces de l’ordre ont chargé, repoussant les manifestants plus loin. Acculés, ces derniers ont finalement emprunté la passerelle Victor-Schoelcher qui enjambe la Loire, face au palais de justice et sont partis.

Presse anti-émeute (Ouest-France.fr, 7 juillet 2014)

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Des nouvelles de Troyes

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Vu sur le mur face à l’exposition permanente du centre des Arcades (dans le centre-ville de Troyes) à la gloire de la boucherie nationaliste, du carnage des peuples par le poison nationaliste de 14-18.

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Vu sur un mur protégeant un édifice et terrain religieux.

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Un samedi en enfer… (ou la mise en péril d’une jonction « intermittents-précaires », sur Alès, dans le Gard)

Intermittents – Précaires – Chômeurs – Intérimaires – CCD
Un samedi en enfer… (ou la mise en péril d’une jonction « intermittents-précaires », sur Alès, dans le Gard)

Pour une fois, on était resté maître de notre enthousiasme. On a attendu que la loi sur les accords de l’UNEDIC soient votés pour voir si l’invitation des travailleurs de la culture à les rejoindre, n’était pas que du bluff.

Pour bon nombre d’entre nous : hors de question de se refaire cocufier par des gens de « gauche » comme lors du mouvement contre la réforme des retraites !

Cette fois-ci, nous avons été d’une amabilité sans borne. Les travailleurs de la culture nous invitaient sur des assemblées générales. Il s’agissait de parler d’une résistance commune aux accords de l’UNEDIC. Nous avons respecté nos hôtes en leurs habitudes et nous les remercions de cette invitation…

Nous nous sommes rendus à leurs AG. Nous avons respecté les règles de ces AG. Nous avons fait des AG de 5 à 6h où les travailleurs de la culture ne parlaient que d’eux. Nous avons distribué leurs tracts et tenus leurs banderoles. Nous avons écouté leurs interminables palabres sur leurs « spécificités », sur les moyens et finalités d’une grève. Nous avons supporté des « artistes » aux égos démesurés. Nous avons consolé des techniciens dégoûtés des titres de journaux qui présentaient la grève comme une « grève pour de rire ».

Nous n’avons pas moufté pendant 4 jours. Nous avons obéi aux consignes. Au vu des raisons de notre présence (les accords de l’UNEDIC qui limitent considérablement les droits ASSEDICS de tout travailleur en CDD (80% des emplois en France)), nous avons tout de même suggéré de déplacer quelques spectacles dans les CAF et les Pôles Emplois. Jamais de réponse franche, du moins jusqu’au samedi 5 juillet au matin.

La veille (le vendredi 4 juillet), les travailleurs de la culture avaient voulu courir à poil sous la pluie et en ville. Nous avions pris ça pour du folklore de cultureux ayant maladivement besoin de se montrer, de se mettre en scène. Sans comprendre les raisons objectives de ce type d’exhibition, nous avions mis de côté l’intérêt pratique d’une attaque culturelle des institutions fliquant chômeurs et précaires. Peut-être avaient-ils simplement besoin de se détendre ?

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Passons sur cet étrange vendredi et intéressons nous directement au lendemain : le samedi 5 juillet 2014.

Le samedi au matin, il y a encore eu une AG qui a duré plusieurs heures. Des « artistes » en ont appelé au « respect du public ». Le directeur du Cratère a appelé ses employés à « travailler avec conscience ». Lorsque quelqu’un proposa une énième fois d’aller jouer dans un Pôle Emploi, la proposition est resté lettre morte.

Avant cette AG, nous étions (consciemment) les petites mains de leur lutte. Après cette AG, nous avions le sentiment que nous étions les héros d’un dîner de con.

*

« Mais non… Faut pas dire ça ! Nous ne luttons pas que pour nous… » — et mon cul ? C’est du poulet ?

On lutte pour les gens avec qui nous luttons. L’idée que les travailleurs (hors de la culture) et les chômeurs doivent s’aliéner à la lutte des travailleurs de la culture pour que les travailleurs de la culture sauvent tout le monde, est non seulement tordue, mais aussi dangereuse.

Dangereuse, parce que nos « sauveurs » d’intermittents se prennent alors pour des vraies tronches. Ils se prennent pour un prolétariat éclairant de sa radieuse lumière avant-gardiste et christique toutes les pauvres merdes que nous sommes.

Merdes de chômeurs et d’intermittents du travail, qu’ils prétendent sauver en nous méprisant dans les faits de la lutte.

Christique… Tel est le seul qualificatif de la grève des techniciens de ce samedi 5 juillet. Les spectacles se faisaient comme dans une usine où la production continue. Comme dans une usine où la production continue, la pompe à fric fonctionnait et les vendeurs de frites et de limonade encaissaient. Comme dans une usine où la production continue, le directeur disait « comprendre » la lutte de ses employés, mais ceux-ci devaient travailler ou faire la grève, en « conscience ». C’est-à-dire : sans bloquer la production (sic & doigt dans le cul).

Cette grève n’a donc eu pour seul intérêt que de faire économiser des salaires de techniciens à la direction du Cratère. Techniciens sacrifiant leurs salaires pour dire « non », sauf que tout le monde se fout des « oui » et des « non », si ces « non » ne sont que des mots et non des actes. Ils se sont donc sacrifiés pour « l’honneur » — ce qui équivaut, selon nous à nib, que dalle, rien, macache, oualou.

La « grande famille de la culture » a donc repris la main sur la direction d’un mouvement social qui concerne tout le monde et que la plupart ne comprennent que comme une « grève des intermittents ». Ceci est d’ailleurs dramatique, car la conséquence directe de cette OPA sur la lutte laisse à penser que la réforme de l’UNEDIC ne concerne que les travailleurs de la culture, alors que cette réforme concerne tous les contrats de travail à durée déterminée (contrat d’intérim, CDD, contrat saisonnier, etc). Lors de cette AG de samedi, le repli corporatiste a non seulement été un crachat à la gueule des non-intermittents, mais aussi une dépossession.

Officiellement, l’Assemblée Générale était ouverte…

Officieusement, ils nous l’on mis bien profond, car bon nombre de copines et de copains se sont faits embrouillés en demandant où était l’AG par un « j’sais pas… », « vous êtes qui ? », etc.

Ce samedi, les membres de la Cellule Otto Ruhle se sont présentés au Cratère en pensant que la lutte continuait. Ils sont arrivés vers 19h… Et quelle surprise de voir un spectacle sur le parvis du Cratère ! C’était d’ailleurs nul au possible et il fallait faire la queue pour rentrer dans une caravane. Peut-être n’avons nous pas compris le concept ? — Nous ne sommes que des « précaires » après tout…

L’un de nous a été demandé aux camarades d’hier ce qui se passait. Explications balbutiantes et incompréhensibles… et réplique hurlante du membre de notre cellule. Puis, plus rien…

Les travailleurs de la culture ayant été prévenus de notre dangerosité par la flicaille (il y avait d’ailleurs pas mal de flics en civil qui étaient présents sur le parvis du Cratère) ou de notre intelligence limitée d’ouvrier par la direction du Cratère, préférèrent faire culpabiliser et menacer les quelques travailleurs de la culture qui profitèrent de nos hurlements pour dire qu’ils étaient assez d’accord avec les cons que nous sommes.

Nous avons hurlé des « traîtres », « trahisons », dans plusieurs spectacles. Dans chacun de ces spectacles, il fallait faire la queue comme au supermarché. Aucun de ces spectacles ne respectait le public : de la vraie merde ! Les sabotages spontanés d’individus et de membres de la Cellule Otto Ruhle, furent agrémentés de lancers de pétards. Ces agitations non-préparées à 2 ou 3 personnes ont permis de très intéressantes discussions avec le public qui se retrouva bien informé des quelques petits détails honteux de la lutte…

Sauf rencontre et discussion avec les camarades du Collectif Exploité-Énervés d’Alès (Chômeurs, précaires, etc.) et de la délégation du Collectif Intermittents Précaires (CIP) de Nîmes (travailleurs de la culture essentiellement), la Cellule Otto Ruhle aurait appelé à cesser toute collaboration ou jonction avec l’Assemblée ouverte des travailleurs de la culture d’Alès.

Les camarades des dits collectifs (exploités-énervés et CIP) nous ont exprimé leur dégoût et nous ont assuré de la ligne de la lutte dans laquelle nous nous étions engagés mardi et mercredi. Ils ont d’ailleurs refusé d’être associés à cette pantalonnade voulue par le Cratère, et ils ont refusé de prendre la parole devant le Saint-Public, tant la situation était honteuse et puante.

Nous saluons ces attitudes comme nous saluons les dispositions encourageantes des travailleurs de la culture de Mende et d’Avignon. Ils occupent les Pôles Emplois avec les chômeurs, ouvrent la lutte aux collectifs de retraités, font des auto-réducs dans les supermarchés avec les intérimaires : ils donnent consistance à une lutte aux enjeux globaux avec courage et efficacité.

Toutefois, et parce que nous ne tenons pas à engager des personnes dans une lutte où nous serions encore une fois instrumentalisés, nous exigeons les garanties suivantes pour les opérations à venir :

• Une multiplication des cibles opérationnelles dépassant le cadre de la « culture », en s’en prenant aux CAF, sociétés d’Intérim et aux Pôles Emplois ;

• La reformulation immédiate de la lutte, en « Lutte contre les accords de l’UNEDIC » tout en proscrivant toute référence à une corporation (chômeurs, intermittents, intérimaires, etc.) ;

• La mise en place réelle et totale d’Assemblées Populaires souveraines, ouvertes à tous et excluant toute notion de légitimité à propos du lieu (plus aucun travailleur de la culture ne doit être en légitimité contre un manutentionnaire du tertiaire sous prétexte que l’AG se déroule dans un théâtre).

Ce ne sera qu’avec la satisfaction de ces trois points que la Cellule Otto Ruhle appellera au maintiens de la lutte partout où elle est influente.

Le 6 juillet 2014, Cellule Otto Ruhle

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[« Après le Jura Lib'... »] Lisez « Constellations. Trajectoires révolutionnaires du jeune 21e siècle » (Éditions de l’éclat)

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[Du 10 au 20 juillet à Dijon] Chantier d’été des Lentillères

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[cKileslutins?] Venez passer vos vacances dans le Haut-Jura

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[Notre-Dame-des-Landes] Pour le 5 juillet – réactions en cas d’intervention policière sur la zad

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