[ZAD partout] Manif du 22 novembre 2014 à Nantes

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[Valls kyste my ass] Joyeux Noël Manuel !

Cher Manuel Valls,

Nous avons bien lu tes déclarations dans la presse et te remercions chaleureusement d’avoir décidé, comme tant d’autres, de venir construire sur la ZAD© de Notre-­Dame-des-­Landes. Pour te témoigner notre reconnaissance, nous avons la joie de t’offrir, un peu en avance, ce superbe cadeau : une truelle !

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En effet, nous avons besoin d’énergies indomptées comme les tiennes. Le printemps approchant, la campagne 2015 “Construire en dur sur la ZAD” va débuter. Tu pourras donc participer à nos côtés à la création de l’auberge du Liminbout, à l’édification d’une bergerie, d’une salle polyvalente, d’une nouvelle laiterie, ou encore à la rénovation des halles du non-­marché. Enfin, tu apprendras à apprécier les charmes bucoliques de nos communs forestiers, en entretenant avec nous les bois et les haies du bocage.

En outre, tu pourras mettre toute ta créativité au service de la poursuite des travaux de défense de la zone, par exemple en soudant de nouvelles barricades mobiles, ou encore en améliorant nos fameux “lance­-pierres géants”, dont tes services de renseignements, jamais avares de flatteries, ont révélé l’existence. Le futur est entre nos mains Manuel !

Et saches qu’ici, tu pourras enfin quitter ce costume ringard de premier ministre. Laisse tomber ces antiquités mon vieux ! Avec nous, pas besoin de chefs, de représentants, pas besoin de soigner ton image de marque. Fini tout ça : tu pourras enfin passer du spectacle de la politique à une existence politique. Laisse tomber les indices économiques, les cotes de popularité, les évaluations et les crédits : reprends ton destin en main Manuel !

Pour ne rien te cacher, nous avons plus important à faire que de créer une « cellule d’assistance psychologique aux prochains premiers ministres vaincus par la ZAD ». Des mondes ici se tissent, que nous entendons bien défendre, et voir proliférer. Il ne tient qu’à toi de déserter, afin de prendre place au sein de nos redoutables festins !

Jack Attalist & le ZAD think tank – 20 décembre 2014

P.-S. : La truelle est à retirer sur place.

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[Niquer la vidéosurveillance, mode d’emploi] Hourrah pour les 408 !

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Besançon : une caméra de vidéosurveillance sciée et volée aux 408

Depuis environ un mois, à la nuit tombée, le quartier des 408 à Besançon est plongé dans le noir, faute d’éclairage public. Des délinquants ont profité de l’obscurité pour scier le poteau d’une des caméras de vidéosurveillance du quartier.

La police a constaté les faits dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 décembre 2014 : le poteau soutenant l’une des caméras de vidéosurveillance du quartier des 408 a est scié, probablement à la disqueuse. Le poteau est tombé à terre et les délinquants ont volé la caméra qui se trouvait à son extrémité.

Depuis plusieurs mois, le système de vidéosurveillance des 408, qui dérange les trafiquants en tout genre, et notamment les trafiquants de stupéfiants, est régulièrement pris pour cible et dégradé.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (MaCommune.info, 17 décembre 2014)

 

Besançon : acharnement sur les caméras des 408

Incendiées, sciées, dégradées : les caméras de la ville installées dans le quartier des 408, à Besançon, font l’objet d’un rare acharnement.

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Dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 septembre 2014, des individus mal intentionnés ont essayé, en vain, de scier le poteau métallique d’une caméra de vidéosurveillance installée dans le quartier des 408. Mécontents de leur échec, la nuit suivante, ils ont attaqué le poteau à la disqueuse, entaillant le support de la caméra et les fils électriques qu’il contient aux trois quarts.

Finalement, à 20h15 la nuit dernière, du lundi 29 au mardi 30 septembre, les délinquants ont incendié le poteau. Lorsque les pompiers et une patrouille de policiers sont arrivés sur place, ils ont été la cible de jets de projectiles. Aucun n’a été blessé, mais l’intervention de la Brigade anticriminalité (BAC) a été nécessaire pour calmer les esprits.
Et à une heure plus avancée de la nuit, certains individus ont … entièrement scié le poteau de la caméra à l’aide d’une disqueuse, le faisant tomber à terre.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (MaCommune.info, 30 septembre 2014)

 

Besançon : prison pour le vengeur des 408

La vidéosurveillance ayant permis d’identifier, de confondre et de juger six des agresseurs des policiers lors des émeutes de la semaine dernière, ce jeune majeur de Chemaudin a entrepris de scier le mat et les câbles de la caméra.

« Chacun a compris la génèse de cette affaire », tonne le procureur Vukadinovic. « Vendredi soir, dans ce même box, six individus qui ont participé aux émeutes contre des policiers aux 408 ont été jugés et condamnés après avoir été confondus grâce à la vidéosurveillance. Hé bien 24 heures plus tard, on s’en prenait au mat supportant la caméra. Cette affaire est hautement emblématique, symbolique et symptomatique de la tension de haine qui est en train de se développer dans certains quartiers de notre territoire. »

Cette fois, le prévenu est seul dans le box. Tout comme il était étonnamment isolé, dimanche dernier à 0h45 du matin (horaire où habituellement les jeunes sont encore rassemblés dehors), lorsqu’il a été interpellé à proximité du mât supportant le système de vidéo surveillance qui venait d’être scié à proximité de la maison de quartier de la Grette.

Muni d’une disqueuse thermique, B… Z…, 18 ans, venait en effet de tronçonner à 90 % le mât en question, sectionnant les câbles et rendant ainsi aveugle la caméra. Celle-ci avait néanmoins eu le temps d’enregistrer l’image d’un individu vêtu d’un survêtement blanc et noir, encapuchonné et le visage dissimulé par un cache-nez.

« Sans doute des commanditaires »

Ayant persisté dans ses dénégations tout au long de sa garde à vue (allant jusqu’à prétendre que les vêtements qu’il portait, et couverts de limailles de fer, n’étaient pas les siens ou encore qu’il avait deux couches de vêtements te un cache-nez « parce qu’il faisait froid et que je faisais de la moto », laquelle moto n’a jamais été retrouvée), B… Z… reconnaît face aux juges qu’il est bien l’auteur des faits. Comment lui est venue l’idée ? Où s’est-il procuré la disqueuse ? « Je ne dirai rien de plus », se bornera-t-il à répéter tout au long de sa présentation en comparution immédiate.

Le procureur ayant requis « pas moins de 18 mois dont 6 avec sursis et mise à l’épreuve » après avoir rappelé que de tels faits lui font encourir sept ans de prison, la défense, assurée par Me Pedroletti, invite le tribunal à relativiser. « Certes, ces faits sont très désagréables et parfaitement stupides, mais il faut être cohérent », lance-t-elle, « Les peines prononcées vendredi à l’égard des auteurs d’agressions et outrages sur personnes dépositaires de l’autorité n’ont pas excédé huit mois sans mandat de dépôt, or là il s’agit seulement d’atteinte aux biens. »

Trois mois ferme et interdiction de paraître à moins d’1km du quartier

Pensant elle aussi que le jeune majeur, qui habite Chemaudin, a certainement agi sur l’ordre de commanditaires, l’avocate estime qu’il « n’a pas nécessairement mesuré la portée de ses actes » et sollicite une peine avec sursis et mise à l’épreuve.

Le tribunal a in fine condamné B… Z… à 7 mois de prison dont 4 avec sursis et mise à l’épreuve avec mandat de dépôt. À sa sortie de prison, il devra justifier d’un travail ou d’une formation et aura interdiction de se présenter à moins d’un kilomètre de l’avenue Brûlard. Et devra en outre indemniser la victime, la ville de Besançon qui a produit un devis à hauteur de 4.645€.

Presse porte-clefs (Pierre Laurent, EstRepublicain.fr, 17 juin 2014)

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[ZAD du Testet] Déclaration du 17 décembre 2014

Déclaration d’habitantEs de la ZAD du Testet le 17 décembre 2014

Après le meurtre d’un frère le 26 octobre, nous occupantEs de la zone à défendre du Testet, avons œuvré pour ramener la vie et la beauté dans la vallée.

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ConscientEs des impasses dans lesquelles nous enfonce la classe politique – climat, mort des territoires, éclatement social – nous voulons expérimenter des nouvelles formes de faire et vivre ensemble. Assemblées populaires, éco-construction, jardin collectif, blés paysans en agroforesterie, travail en association avec les animaux, auto-média, chorale, etc. font de la ZAD un lieu d’échange et d’apprentissage œuvrant à se libérer des relations marchandes et de la bureaucratie.

Notre démarche n’est pas centrée sur nous-mêmes mais ouverte vers le territoire, pour preuve toutes les solidarités tissées avec les habitantEs et paysans locaux ou encore la ré-appropriation de l’espace public sur les marchés du coin pour ouvrir le débat.

Nous allons continuer à occuper partager et faire vivre cet espace et le territoire alentour. En 2015, nous organiserons une semaine d’échange de savoir et savoir-faire traditionnels, créerons les conditions pour la réhabilitation de la zone humide, imaginerons et planterons une forêt comestible, et développerons une coopérative d’entre-aide paysanne.

Pour que vive la ZAD du Testet comme Zone d’Autonomie Définitive et comme espace commun porteur d’espoir.

17 décembre 2014 – Des habitantEs de la ZAD du Testet

 

[Jeudi 18 décembre 2014] Actus/Infos

(…) Cet après-midi, des exploitants agricoles sont venus sur la D999. Une myriade de GMs bloquaient l’accès à la vallée du Testet. Un journaliste s’est fait menacé par une dizaine d’énervés, et un photographe indépendant qui s’est fait casser son appareil photo par les mêmes. Maintenant, les GMs sont repartis.

[15h30] Tout est calme. Mais les GM sont partous aux alentours de la ZAD sous prétexte de manifestation des maïsiculteurs qui eux ne sont pas là. Les GM laissent sortir de la vallée mais ne laissent rentrer que les résidents cadastraux. On espère qu’ils vont se casser ce soir et ne pas revenir. Enfin, on rappelle que les numéros de téléphone INFOZAD sont opérationnels pour avoir des nouvelles ou quoi.

[9h30] La ZAD est bloquée par les GMs. 5 fourgons à Barat. Des fourgons à Lascar. Les pro-barrage, les gros maïsiculteurs de la plaine de Saint-Nauphary, ont prévu de venir sur la D999 à hauteur de la ZAD. On sait que la gendarmerie et la police sont « assez complaisants » avec les façons de faire des exploitants agricoles (ils ont répandu du lisier dans Albi en toute impunité en novembre dernier). Mais la manifestation leur permet de revenir contrôler la zone au motif de la sécurité. Résultat : les habitantEs de la ZAD sont emmerdés toute la journée par la police bien plus que par les pro-barrage à 15h15. (…)

Tant qu’il y aura des bouilles, 18 décembre 2014

 

À Sivens, le quotidien toujours explosif entre pro et anti barrage

DE ZAD EN ZAD (3) « Libération » fait un tour des « zones à défendre », emblématiques de la lutte contre les grands projets d’aménagement. Troisième étape à Sivens, où les tensions restent très vives depuis la mort de Rémi Fraisse.

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Manifestation d’agriculteurs favorables au barrage de Sivens, jeudi.

« Oh, regarde, ils ont monté un truc de pelluts ! » Le « truc » en question, ce sont deux bottes de foin posées au milieu d’un rond-point. Les « pelluts » (prononcer « pélutse »), c’est le sobriquet censément désagréable dont se retrouvent affublés les zadistes opposés au projet de barrage de Sivens : les « chevelus », par extension « hippies », en occitan. Il est 9h30 ce jeudi matin dans la vallée du Tescou. La bruine qui couvre la région n’a pas découragé une cinquantaine d’exploitants agricoles du coin. Avec l’aide de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, ils ont décidé de manifester pour redire leur soutien à la « retenue » d’eau, ils n’aiment pas le terme de « barrage ».

Les banderoles ne font pas dans la dentelle : « Écolos au pouvoir = Guerre civile », « Zadiste = Jihadiste ». Le programme du jour est bien défini. Opération escargot sur la départementale 999, avant de « casser la croûte » et de filer dans la forêt de Sivens pour passer un « coucou franc » aux zadistes, voire leur « souhaiter un joyeux Noël ». L’opération a été baptisée « Manche de pioche », signe que les intentions ne sont pas si pacifiques.

« Des gens venus d’ailleurs pour souiller la vallée »

Jérôme, fils d’un paysan à la retraite, s’emporte : « Il faut que les zadistes dégagent et ne viennent pas nous emmerder chez nous. » Pour lui, Rémi Fraisse « n’a pas été tué par un gardien de la paix », il a « vu une vidéo qui le montre » [c’est pourtant bien une grenade offensive lancée par les forces de l’ordre qui a provoqué le drame, NDLR]. Et d’ailleurs, « s’il [Rémi Fraisse, NDLR] était resté bien au chaud chez lui, il serait encore en vie ».

Pour ces pro-barrage, les occupants de la ZAD de Sivens sont des « étrangers », « des gens venus d’ailleurs pour souiller la vallée ». « Là-bas, il y a des Brésiliens, des Roumains, des Russes, prétend Jacques, un retraité de Salvagnac. Il faut que le gouvernement les évacue de chez nous. » Il avertit : « On va être de plus en plus dans la démarche de défendre nos droits, et ça pourrait créer du grabuge. »

Dans la vallée, la machine à rumeurs

Ces relations tendues, voire explosives, entre les zadistes et une frange des gens du coin ne sont pas nouvelles. Dans la vallée du Tescou, qui n’a pas une histoire (forcément édifiante) à raconter sur le compte des « pelluts » venus d’ailleurs ? Vols, dégradations, provocations … les rumeurs naissent, circulent, s’amplifient. « Souvent, les pro-barrage ne sont jamais allés sur la ZAD, explique un agriculteur local. Ils ont peur parce qu’ils ne connaissent pas. Et le message politique transmis par le camp d’en face, à savoir pratiquer l’agriculture de manière plus durable, ils ne sont pas prêts à l’entendre. »

Pourtant, tous les exploitants ne soutiennent pas le projet. « Beaucoup, de toute façon, ne pourront pas pomper dans la future retenue d’eau, explique l’un d’entre eux. Moi, j’ai le courage de dire que c’est une connerie. J’aimerais que les silencieux se manifestent. » Une démarche pas évidente à accomplir : « On se croise régulièrement au marché, dans les coopératives. Certains de mes collègues ne m’adressent plus la parole. »

« Personne ne rentre aujourd’hui »

11h30, à l’entrée de la « Zone à défendre » de Sivens. Les occupants sont sur les dents, ils n’ont pas beaucoup dormi. La venue de journalistes, alors que les « pro-barrage » menacent de leur rendre visite, divise. D’interminables palabres s’engagent pour franchir la première barricade. « C’est pas contre vous, mais les médias racontent trop de bêtises », explique un zadiste. D’un checkpoint à l’autre, on donne son avis par talkie-walkie interposé. « Personne ne rentre aujourd’hui », affirme un homme. Deux types cagoulés, casque de fortune sur le crâne, masque à gaz autour du cou, et gourdins de récup’ à la main, viennent prêter main forte.

Une jeune fille soupire. « Depuis le 25 octobre et le décès de Rémi, c’est très dur. Les gens sont fatigués par deux mois d’affrontements avec les gendarmes, on dort dans de mauvaises conditions, on s’engueule. » Elle envisage de partir bientôt, vers la ZAD de Roybon ou la maison de Bure. Après une heure de discussion, la barrière s’ouvre. « C’est rare que ça se passe aussi mal qu’aujourd’hui », rassure notre guide, qui rappelle les consignes. « Pas de photos des lieux de vie, des visages, des véhicules. On vérifiera à la fin. »

Après avoir vécu à Notre-Dame-des-Landes, il est arrivé à Sivens il y a un an. « J’essaye de m’installer un certain temps aux endroits où je passe, ça facilite le travail en commun. » Ces dernières semaines, le « turnover » parmi les habitants a compliqué la donne. Beaucoup de zadistes sont allés à Roybon, d’autres à Sainte-Colombe. Aujourd’hui, une cinquantaine de personnes vivent sur le site : à la « Métairie », une bâtisse de pierre, dans des cabanes en bois, des tentes, des camionnettes…

Un tag « Ici vit Ben Laden »

Plusieurs projets se sont montés, notamment un espace potager, avec des fèves, de l’ail, des oignons. Quelques arbres fruitiers ont été plantés. À plus long terme, l’un des zadistes rêve de créer une « forêt comestible à la place de la pinède dévastée » par les machines du conseil général du Tarn. « On peut essayer, expérimenter, c’est ça qui est bien. »

Un autre habitant assure que les relations avec les riverains se passent « de mieux en mieux ». Certains continuent d’ailleurs d’apporter des denrées alimentaires sur le site. Selon lui, les problèmes ne subsistent qu’avec quelques dizaines de personnes, les « pro-barrage » les plus virulents. Sur la ZAD aussi, les exemples de dérapages du camp d’en face ne manquent pas. Un jeune homme assure ne plus faire de stop dans les environs, car « certaines voitures font des écarts dans le bas-côté ». D’autres racontent des embuscades tendues par des « milices », qui s’attaquent aux véhicules isolés, frappent les conducteurs, cassent les pare-brise, urinent sur les sièges.

Parmi les faits avérés, il y a ce tag sur les murs de la maison de Ben Lefetey, porte-parole du collectif d’opposants : « Ici vit Ben Laden ». Ou cette lettre, envoyée au préfet du Tarn le 8 décembre, évoquant la mobilisation, une semaine plus tôt, d’un groupe de pro-barrage prêts à en découdre : « Ils en ont été dissuadés par l’intervention des gendarmes sur le lieu de leur rassemblement, au rond-point de Ste Cécile d’Avès. »

Quant à l’opération escargot de ce jeudi, elle n’a pas tourné à la confrontation. Les quelque 250 gendarmes déployés pour l’occasion ont évité tout face-à-face. « Un jour, il faudra bien qu’on se parle, dit pourtant un zadiste. Car certains d’entre nous veulent rester ici, et les agriculteurs ne bougeront pas. »

Leur presse (Sylvain Mouillard Envoyé spécial dans la vallée du Tescou, Liberation.fr, 18 décembre 2014)

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Amazon, mode d’emploi

Dans le secret des entrepôts d’Amazon

Derrière l’image présentée aux médias par le géant de la vente en ligne, la réalité vécue par les salariés est tout autre (mercredi décembre 17 à 20 h 50 sur D8)

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Dans l’entrepôt de Lauwin-Planque (Nord), où 1500 employés brassent trois millions de marchandises.

Noël est une période faste pour Amazon, géant de la vente sur Internet. Le choix est vaste et les délais de livraison réduits au minimum. Certains produits sont disponibles en vingt-quatre heures. Pour satisfaire ces acheteurs pressés, le groupe américain a installé plusieurs entrepôts en France.

Après des semaines de négociation, des journalistes d’« En quête d’actualité » ont obtenu l’autorisation de filmer la collecte et la confection des colis dans un de ces centres, situé dans la banlieue lilloise. C’est une atmosphère festive qui semble régner à chaque début de service. Le patron, comme un GO de club de vacances, fait bouger et chanter ses équipes. Un moyen de motiver et d’apporter de la bonne humeur, mais aussi un nécessaire échauffement des pieds et des mains.

Chaque employé est chronométré

Travailler chez Amazon demande en effet d’être en parfaite condition physique. Munis d’un pistolet scanner, les employés partent à la chasse aux produits commandés. Poussant un petit chariot, ils parcourent les allées de l’immense entrepôt pour composer leurs colis. La course est chronométrée. Car chaque salarié doit récupérer un maximum d’articles en un minimum de temps. La direction assure qu’il n’y a pas de sanction s’il ne respecte pas cette cadence. Une affirmation que les journalistes d’« En quête d’actualité » ont voulu vérifier en toute liberté.

Alors que le voyage dans le Nord avait été strictement encadré par les attachées de presse zélées d’Amazon, c’est en caméra cachée qu’a été tourné un autre reportage dans un centre situé près d’Orléans. Et là, les choses se sont révélées moins idylliques que ce que la direction d’Amazon veut bien présenter.

Un rythme infernal

Pour le « coup de feu » des fêtes de fin d’année, l’entreprise américaine recrute des intérimaires. Après une batterie de tests, ceux qui sont jugés aptes intègrent l’équipe sous le contrôle étroit de leurs responsables. Il est fortement recommandé de suivre le rythme infernal qui leur est imposé moyennant 30 cents de plus par heure que le smic. Pour ceux qui sont en deçà des objectifs, leur « mission » est interrompue.

D’autres marchands en ligne tentent des systèmes pour auto­­matiser la préparation des commandes. Mais, en bout de course, ce sont toujours des salariés sous-payés qui emplissent les cartons.

« Achats de Noël : plongée au cœur d’Amazon, le plus grand magasin de France », présenté par Guy Lagache (France, 2014, 100 min.) Mercredi 17 décembre à 20 h 50 sur D8.

Leur presse (Joël Morio , LeMonde.fr, 17 décembre 2014)

 

Chez Amazon, une caméra sème la panique : « Cache les tableaux de productivité ! »

En pleine période de Noël, Amazon, le géant du commerce électronique, se serait certainement bien passé de cette très mauvaise publicité.

Des journalistes du magazine « En quête d’actualité », diffusé mercredi soir sur D8 (à la 49e minute de la vidéo), ont pu infiltrer un entrepôt de l’entreprise et révéler la stratégie des dirigeants. Leur considération pour leurs salariés ou pour le droit du travail apparaît très faible.

Un « check » pour se dire bonjour

Côté pile, Amazon est une entreprise cool, moderne et soucieuse de protéger « sa famille » d’employés. Les salariés s’échauffent chaque matin en musique pour « avoir un esprit famille ».

Face caméra, le patron d’un entrepôt situé dans le Nord, près de Lille, nous fait même croire qu’il « checke » avec le poing tous ses employés chaque matin. Le manager (qui dirigeait auparavant une entreprise en Chine) explique :

« En fait, on s’est mis à faire ça il y a un an pour se dire bonjour. Et puis les employés ont trouvé ça sympa, les Amazoniens ont trouvé ça sympa et l’ont gardé. C’est devenu un peu le signe distinctif et maintenant on se “checke”. »

Les employés épiés par leur scanner

Côté face, Amazon apparaît surtout obsédé par son image. On découvre des salariés sans cesse mis sous pression, des outils (scanners, caméras, vigiles) déployés pour les inciter à être toujours plus productifs, même si officiellement, les « Amazoniens » n’ont pas d’objectif journalier.

En réalité, les scanners qu’ils utilisent servent aussi à mesurer leur productivité et à fixer des objectifs très précis. Un employé doit être au minimum à 75% des objectifs attendus par Amazon, sous peine d’être remercié.

« Les journalistes sont très regardants »

Mais ça, les dirigeants ne l’admettront pas. Lorsque les journalistes de D8 souhaitent regarder les scans de salariés, le manager est pris en flagrant délit. Oubliant la présence des micros, il demande à sa collègue :

« Tu vas aller voir tout le monde de la “outbound” et tu leur demandes de cacher leurs tableaux de productivité. Tous ! Parce que les journalistes sont très regardants. »

Un journaliste de la chaîne s’est ensuite fait embaucher comme intérimaire pour vérifier les coulisses de cette « success story ». Il constate « le flicage permanent » de l’entreprise, une partie du temps de pause des ouvriers grignoté sans scrupule et l’existence de quotas de productivité.

Un employé tout juste embauché doit ainsi atteindre au bout de quatre jours un objectif chiffré. En cas d’échec, il est licencié.

Leur presse (David Perrotin, Rue89.nouvelobs.com, 18 décembre 2014)

 

Une employée d’Amazon raconte « la peur organisée »

TÉMOIGNAGE Une intérimaire du géant de la vente en ligne raconte les conditions de travail dans le site de Montélimar.

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La plateforme d’Amazon de Châlon-sur-Saone, en décembre 2012.

Amélie [Le prénom a été modifié], 30 ans, a travaillé quelques semaines au sein de la plateforme d’Amazon à Montélimar (Drôme). Alors que des grèves pour des hausses de salaires se poursuivent en Allemagne, nous avons décidé de publier son témoignage, saisissant, sur les conditions de travail au sein du numéro 1 mondial de la vente en ligne.

« Les agences d’intérim de Montélimar recrutent en fin d’année des hordes de salariés sur les quatre postes de travail de la plateforme Amazon, implantée il y a trois ans. Vous pouvez y être admis comme “eacher”, pour réceptionner les marchandises et les enregistrer informatiquement; “stower”, pour les ranger dans les kilomètres d’étagères de l’entrepôt; “picker”, pour arpenter les allées et rassembler les produits commandés ; ou “packer”, pour les emballer avant expédition.

« C’est en tant que pickeuse que j’ai découvert l’univers d’Amazon. L’univers du code-barres. Tout a un code-barres chez Amazon : les articles, les 350’000 emplacements sur les étagères, les chariots qui servent à déplacer les produits commandés, les gens qui poussent ces chariots, les imprimantes, les voitures. Les scannettes portatives dont chacun est équipé pour lire les codes-barres ont aussi un code-barres. Elles sont reliées au réseau wi-fi, qui peut les localiser dans l’entrepôt. Tout a une réalité physique doublée d’une existence informatique. Les managers qui sont derrière leur ordinateur savent en temps réel, grâce à ces outils, où se trouve un livre, sur quel chariot il a été enregistré, quel intérimaire pousse le chariot, où il se déplace dans l’entrepôt, à quelle heure il s’est mis au travail en scannant son code-barres personnel, quelle a été la durée exacte de sa pause, et combien d’articles il “picke” par heure. Cette productivité personnalisée est évaluée en permanence, et des managers viennent trouver individuellement chaque picker pour lui donner sa performance et le conseiller si celle-ci n’est pas satisfaisante. “Il faut être plus dynamique, tu perds trop de temps en ramenant les articles à ton chariot, tu es à 85 articles par heure”, m’a lancé un jour un manager au détour d’un rayon, alors que je n’avais jamais vu cette personne auparavant. Mais les remontrances peuvent aussi prendre une forme numérique. Si vous garez par exemple votre chariot sur un emplacement gênant, le code-barres qui y figure permet de savoir que c’est le vôtre, et vous recevez un message sur l’écran de votre scan : “Merci de garer ton chariot sur les emplacements autorisés.”

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À Sevrey, près de Châlon-sur-Saône, les entrepôts d’Amazon s’étendent à perte de vue. 40’000 mètres carrés et des rayons qui n’en finissent pas.

« Il est temps de picker »

« Aux outils de surveillance, il faut ajouter des centaines de caméras, des agents de sécurité qui arpentent les allées toute la journée, et qui peuvent fouiller les salariés au détecteur de métal à la sortie de l’entrepôt. Enfin, plus diffus, la peur de la délation et le fantasme d’une surveillance sans limites comptent pour beaucoup dans la docilité générale. On ne sait pas de qui exactement il faut se méfier, qui est ami avec les managers ou veut le devenir, on ignore jusqu’où exactement va le pistage informatique… Et, dans le doute, pour aborder la moindre question un tant soit peu polémique, le réflexe est toujours de parler discrètement, et à voix basse.

« “Les salariés qui sont aujourd’hui embauchés en CDI ont commencé comme vous, en intérim. Si vous vous montrez productifs, et que vous avez un bon comportement, vous avez peut-être un avenir chez Amazon.” C’est par ces mots que nous accueille un responsable le premier jour. La productivité est à partir de ce moment-là une obsession, qui ressort dans toutes les conversations. En tant que picker, nous devons rassembler plus d’une centaine d’articles par heure, en arpentant les rayons sur une distance cumulée de 15 à 25 kilomètres selon notre rapidité et selon la dispersion des articles qui défilent sur l’écran de notre scan. Cet objet nous guide parmi les étagères, nous indiquant les coordonnés du prochain article à attraper : l’entrepôt est divisé en zones, subdivisées en allées, elles-mêmes subdivisées en profondeurs d’allée, puis en hauteurs d’étagère. Le parcours est programmé automatiquement de façon rationnelle pour minimiser les distances d’un point à un autre, et aussitôt que les coordonnées d’un livre s’affichent un compte à rebours de quelques secondes défile avec cette phrase : “Il est temps de picker.” Le nombre total d’articles restant à picker, et le temps imparti pour les rassembler tous, apparaît en dessous. Dans l’empressement général, la mise en concurrence joue à plein, sinon parce que le CDI est un sésame à décrocher, au moins parce que le non-renouvellement du contrat d’intérim est une épée de Damoclès au-dessus de chaque tête. Certains, pourtant, à qui j’ai demandé la raison de leur zèle n’invoquent pas toujours d’emblée l’angoisse d’être “éjectés” (même si cette peur est invariablement mentionnée dans ces termes). Ils veulent battre des records, “comme ça, pour la performance”, et la reconnaissance qui va avec. Un bon salarié peut être porté aux nues comme étant élu “associate de la semaine” par les managers qui l’applaudissent tous en chœur. Aller aux toilettes qui se situent à l’extrémité de l’entrepôt fait dégringoler votre “prod”. Pousser son collègue pour se saisir en premier d’un chariot la fait grimper. L’idéal (et c’est d’ailleurs la norme) étant d’arriver à l’avance le matin pour préparer scan et chariot et gagner de précieuses minutes qui feront peut-être la différence. C’est aussi cela, “avoir un bon comportement”. À l’embauche, le mail de l’agence d’intérim précisait noir sur blanc : “Il faut arriver un quart d’heure à l’avance, ils aiment bien.”

« Ne vous couchez pas trop tard »

« Avoir un bon comportement, c’est par ailleurs accepter les heures supplémentaires. Au matin du 2 décembre, lorsque nous arrivons à l’entrepôt vers 5h30, l’équipe de nuit, qui finit habituellement bien avant, est encore là. Le discours d’accueil, qu’une manageuse fait quotidiennement pour commencer la journée, nous invite aujourd’hui à rester une demi-heure de plus pour faire face à une augmentation inattendue des commandes : “L’équipe de nuit a fait l’effort, comme vous l’avez vu. Nous vous demandons de le faire aussi, pour que l’équipe suivante n’ait pas une charge de travail insurmontable !” Dans cette ambiance d’hyperindividualisation, elle évoque soudain l’esprit d’équipe et la solidarité. Ce n’est pourtant pas cela qui fait mouche : les gens restent parce qu’ils tiennent à leur emploi.

« Ce discours d’accueil servi chaque matin à 5h50, au moment de la prise de poste, vise à motiver les troupes, à annoncer le nombre de commandes qu’il faudra préparer pour la journée, à prévenir les erreurs constatées la veille… ou à donner des conseils sur le rythme de vie à avoir lorsqu’on travaille chez Amazon : ne vous couchez pas trop tard, n’hésitez pas à faire une sieste, mettez une lumière forte au réveil pour aider l’organisme à se mettre en route, mangez bien à la pause… Cette dernière injonction est tout à fait paradoxale. Les deux pauses de vingt minutes qui nous sont accordées ne laissent en aucun cas le temps de bien manger. Si vous en avez l’intention, il faut traverser tout l’entrepôt (trois à quatre minutes), passer par le poste de sécurité, rejoindre votre casier pour prendre votre pique-nique et atteindre la salle de pause. Là, il faut en fait choisir entre avaler une bouchée de sandwich et aller aux toilettes, faire les deux étant assez ambitieux puisque vous devez avoir fait le chemin en sens inverse et retrouvé votre chariot lorsque retentit la sonnerie qui annonce la reprise du travail. Une remarque laconique accueille les retardataires : “Jeune fille, en retard !”

« La pression est énorme, la fatigue difficile à gérer. L’ambiance est à la méfiance. Tout est verrouillé. Avant de signer un contrat de travail, il faut parapher trois pages qui nous engagent à la confidentialité la plus totale. Rien ne doit sortir de l’entrepôt, et raconter quoi que ce soit à des concurrents, bien sûr, mais aussi à vos amis et à votre famille peut vous être reproché. La peur organisée, la surveillance de nos moindres faits et gestes, et la contestation réduite au silence, c’est ce qui se joue chaque jour sous les néons de l’entrepôt d’Amazon, avec, pour principale arme de persuasion, la promesse d’un emploi. »

Leur presse (Liberation.fr, 17 décembre 2013)

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Solidarité avec les barricadiers d’Amiens-Nord ! (2)

Amiens-Nord. Grosses émeutes mais tout petit procès

Trois des émeutiers d’Amiens Nord ont renoncé à leur appel, mercredi. Les autres campent sur leurs dénégations. L’arrêt sera rendu le 7 janvier prochain.

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La journée a commencé par un coup de chaud entre prévenus.

LES FAITS

Sur huit appelants, trois se sont désistés dès le début d’audience, devant la Sixième chambre de la cour d’appel d’Amiens.

Quatre prévenus ont à nouveau nié toute participation aux violences urbaines d’août 2012 à Amiens Nord. Le cinquième n’est poursuivi que pour recel de téléphone en prison.

L’arrêt de la cour sera rendu le 7 janvier.

***

Comme on dit au stade, il ne fallait pas manquer le coup d’envoi, mercredi, devant la cour d’appel d’Amiens. Les secondes les plus excitantes du procès des émeutiers présumés d’Amiens Nord se sont en effet égrenées en début d’audience. Dans le box vitré des accusés devaient cohabiter trois hommes liés par une affaire en cours d’instruction : l’un d’entre eux, soupçonné d’être une balance, s’est fait tirer dessus à la Kalachnikov et l’on suspecte les deux autres de ne pas être étrangers à l’expédition punitive. Évidemment, leur rencontre sentait la poudre. Regards qui se défient, insultes qui fusent et début d’échauffourée : les forces de l’ordre ont dû manu militari plaquer un assaillant au sol.

L’autre sensation suivait de près, quand trois des huit prévenus se désistaient de leur appel. « Ils ont eu peur d’une aggravation de peine », indique Me Houria Zanovello, avocate de deux d’entre eux.

Forte nervosité

Et après ? Après, plus rien, ou presque, sinon quelques signes de forte nervosité entre membres du public. Car sur les quatre jeunes gens accusés d’avoir participé aux violences de la nuit du 13 au 14 août 2012, nul n’a varié : ils nient farouchement, soulignent la faiblesse des témoignages qui les accablent et réclament une relaxe.

La déception est inéluctable ; dès lors qu’ils réfutent, aucune chance d’entendre une réponse à la seule question qui vaille : pourquoi ? Pourquoi, comme le rappelle l’avocate générale Françoise Pieri-Gauthier, Amiens Nord a-t-il été le théâtre d’une « guerre préparée ? Tout sauf une explosion spontanée de violence »  ? Pourquoi une nuit d’enfer où le but de « cent assaillants » était « de se faire du flic », à coups de mortier, de cartouches et de cailloux ? Pourquoi brûler ces lieux « où les esprits peuvent s’élever » (Me Pourchez) : école maternelle, centre de loisirs, collège, salle de sport ? Comme personne n’avoue, personne ne pourra expliquer.

« Tourner la page »

Mme Pieri-Gauthier a demandé hier une confirmation des peines prononcées en mai et juin, sauf pour un appelant qui risque de passer de huit mois à deux ans (l’appel est un jeu à risque).

Quant au dernier, il est vraiment la cinquième roue du carrosse, condamné comme émeutier en tant que mineur mais poursuivi comme majeur uniquement pour usage d’un téléphone portable en prison. Il ne se retrouve dans ce dossier que pour avoir tenté d’influencer des témoins depuis la maison d’arrêt. Sèchement condamné en mai à un an ferme, il aspire à « tourner la page » comme le souligne Me Combes, qui indique que son client est maintenant, en tant qu’animateur pour les scolaires, employé de la ville d’Amiens, laquelle a subi selon son avocate Me Maury « plus d’un million de préjudice en août 2012 ».

Presse porte-clefs (Tony Poulain, Courrier-Picard.fr, 18 décembre 2014)

 

Violences urbaines : les émeutiers mineurs d’Amiens Nord condamnés en appel

Mercredi, s’ouvrait à Amiens le procès en appel de 8 jeunes identifiés comme ayant pris part aux émeutes d’Amiens Nord en août 2012. Ils avaient déjà été condamnés en mai et juin derniers. Parmi les accusés, 3 mineurs dont les peines sont différentes de celles prononcées en première instance.

L’un des 3 prévenus mineurs s’est désisté de cet appel. Il reste donc condamné à sa peine initiale de 30 mois de prison dont 6 avec sursis.

Le deuxième a été condamné à 12 mois ferme. En première instance, il avait écopé de 18 mois d’emprisonnement dont 9 avec sursis et d’une mise à l’épreuve 24 mois. Il n’a pas été placé sous le mandat de dépôt pourtant demandé et devrait donc bénéficier d’un aménagement de peine dans les conditions requises.

Le troisième voit sa peine diminuée : 12 mois dont 6 avec sur sursis.

Presse porte-clefs (Jennifer Alberts, france3-regions.francetvinfo.fr, 18 décembre 2014)

 

Violences urbaines : procès en appel des émeutiers d’Amiens Nord

Le mercredi 17 décembre s’ouvre à Amiens, le procès en appel de huit des émeutiers d’Amiens Nord. Ils ont été condamnés en mai et juin dernier.

Le tribunal correctionnel d’Amiens avait condamné en mai et juin dernier plusieurs prévenus. Le 16 mai, six personnes majeures, âgés de 23 à 28 ans, avaient écopé de peines allant de 12 mois, dont un ferme, à 5 ans d’emprisonnement ferme pour des dégradations et des violences lors des émeutes qui ont embrasé Amiens Nord, en 2012. Quatre prévenus ont été reconnus coupables de complicités de violences volontaires sur les forces de l’ordre, ayant participé à l’achat d’armes, et ont été condamnés à des peines allant de 12 mois, dont un ferme, à trois ans dont deux ferme. Et le 5 juin Le tribunal correctionnel d’Amiens a prononcé vendredi des peines allant de 3 mois à 5 ans de prison ferme à l’encontre de six prévenus qui comparaissaient pour des tirs contre des policiers. Huit des condamnés ont fait appel. Ils seront de nouveau jugés.

Au total, 27 personnes avaient été mises en examen en 2013 dans le cadre des deux procédures. L’une pour dégradations de bâtiments publics et violences sur les agents, l’autre pour tentatives d’assassinat de policiers. Seulement quinze personnes ont été renvoyées devant la justice, les autres ont bénéficié d’un non-lieu.

Dans la nuit du 13 au 14 août 2012, dix-sept policiers avaient été blessés, dont certains par arme à feu, lors de heurts avec une centaine de jeunes d’Amiens-Nord, quelques jours après le classement du quartier en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Plusieurs bâtiments publics, dont une école maternelle, avaient été incendiés, suscitant le déplacement dès le 14 août de Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur.

Presse porte-clefs (Halima Najibi, france3-regions.francetvinfo.fr, 17 décembre 2014)

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[« À la niche les cognes ! »] La genmerderie d’Aubusson cadenassée et peinturlurée

Une gendarmerie cadenassée et peinturlurée en Creuse

Les militants écologistes avaient appelé au cadenassage de gendarmeries début novembre, après la mort de Rémi Fraisse dans le Tarn : même principe ce week-end à Aubusson avec la peinture en plus.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un ou plusieurs individus ont posé une chaîne avec un cadenas sur le portail de la gendarmerie d’Aubusson. Des piliers ont également été détériorés à coups de peinture rouge.

Cette opération en rappelle d’autres. Il y a un mois, les gendarmeries de Royère, de Gentioux, d’Eymoutiers, de Bugeat et de Sornac avaient déjà été cadenassées.

Pourtant Le parquet de Guéret se garde de faire un lien direct avec un mouvement “zadiste”. Il y a un mois des affiches évoquant les événements de Sivens avaient été déposées après ces cadenassages. Le coup de force d’Aubusson n’a pas été revendiqué.

Cette opération est en tout cas prise très au sérieux par le procureur de Guéret. Le magistrat assure avoir les moyens de retrouver les auteurs et rappelle que la condamnation pour dégradation d’un bien d’utilité publique peut aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75’000 € d’amende.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Christophe Poirier, FranceBleu.fr, 8 décembre 2014)

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« Une conception de la vie hos­tile à celle qu’impose la domination »

Un État qui règne au­-dessus du volcan

Face à la domination sociale et au chaos géopolitique mondial, se dresse une jeunesse qui refuse de jouer le jeu du « complexe économico­-industriel ». S’inventent ainsi des solidarités concrètes et d’autres modèles de vie.

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VOIR LA VIDÉO | Naissance de la MaquiZad à Roybon

Le constat est désormais banal : la société-­monde s’abîme dans ses crises. Jamais dans l’histoire une société n’avait imaginé prévoir si précisé­ment l’agenda de son effondrement. De l’ampleur du réchauffement climatique à l’épuisement des ressources naturelles, l’empoisonnement généralisé de la pla­nète, chaque mois amène son lot de dé­tails sur les contours de l’inéluctable. On y avait accoutumé les populations. Les États et leurs supplétifs verts se montraient ras­surants. Ils en faisaient leur affaire : il y aurait encore de beaux jours, moyennant une désagréable mais inévitable période d’adaptation. Des « décroissants » s’en re­mettaient à l’État pour imposer les restric­tions et la rééducation utiles au retour de la joie de vivre. Tout cela a volé en éclats en moins d’une décennie.

Ce qui n’avait pas été calculé, c’est la vi­tesse d’expansion du chaos géopolitique lié à la guerre mondiale pour le contrôle des ressources naturelles (pétrole, ura­nium, terres agricoles…), la somalisation qui court maintenant d’Afrique en Afgha­nistan, et surtout l’ampleur et la rapidité, que la crise financière de 2008 a seule­ment fait entrevoir, de la désintégration sociale précipitée par la mondialisation de l’économie. Ce ne seraient toutefois là qu’inconvénients mineurs pour un sys­tème qui entend gérer ce chaos sans autre ambition que d’y préserver ses intérêts, si ne se développait en même temps la cons­cience que l’activité irrésistible du com­plexe économico-­industriel ne fera qu’ap­profondir le désastre et qu’il n’y a rien à at­tendre d’États, excroissances cancéreuses où se mêlent les castes technocratiques parasitaires, corrompues ou mafieuses, qui affichent leur refus de faire mine d’in­fléchir cette course à la destruction et sont réduites à leur fonction première : l’exer­cice du monopole de la violence.

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ZAD de Roybon, le 4 décembre 2014

Toutes ces questions sont désormais sur la place publique ; le constat devient uni­versel, s’insinue irrémédiablement dans toutes les couches de la société totale déli­quescente. On ne l’en évacuera pas. C’est bien ce qui nourrit l’inquiétude de tous les États, et non la catastrophe rampante.

UN SIÈCLE DE TRAHISONS

La domination, qui touche à la pureté de son concept dans la convergence fusion­nelle de l’État, de l’économie et des mé­dias, fait donner son artillerie lourde, martèle qu’il n’y a plus d’alternative, que les dés sont jetés, qu’il faut s’adapter ou périr, qu’il ne s’agit désormais que de gé­rer la catastrophe, et que ceux dont l’em­ploi est de la provoquer et de l’entretenir sont les mieux qualifiés pour cette tâche. Comme l’assassin qui se flatterait d’être seul habilité à conduire l’autopsie de sa victime. Et ce n’est rien moins qu’une métaphore dans le cas, ici, de Rémi Fraisse tué à 21 ans par un gendarme mo­bile, assuré du maintien de son emploi par un gouvernement socialiste qui célè­bre ainsi un siècle de trahisons ; ailleurs de 43 étudiants mexicains livrés par la police aux tortionnaires des cartels de la drogue ; ou encore des journalistes indé­pendants de la Russie de Poutine.

Les personnels politiques doutent de leur pérennité, ils savent qu’ils règnent sur un volcan (dans cette Chine qui fait l’admiration universelle des tenants du maintien de l’ordre, le budget de la sécu­rité intérieure est supérieur au budget militaire) et qu’il faut absolument muse­ler, rendre invisible ou silencieuse toute opposition un peu sérieuse à l’ordre éta­bli, c’est­-à­-dire qui viendrait à prendre au mot la fiction de sa nécessité.

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Ibidem

Que ces victimes soient surtout des jeu­nes n’étonne que ceux qui ne l’ont jamais été. Cette jeunesse qu’on disait si intégrée à l’ordre marchand et à sa survie dématé­rialisée, dressée à se vendre au plus of­frant, à se détacher de toute solidarité, à se reconnaître dans la monade solitaire de l’utopie capitaliste, commence à com­prendre dialectiquement qu’elle n’aura pas sa place au festin de l’abondance fac­tice, qu’il n’y aura plus vraiment de festin et qu’il était en outre immangeable – ce qu’une part demeurée irréductible de la jeunesse a toujours su et proclamé. Elle accède à la visibilité avec une vigueur qui lui vaut d’être disqualifiée pour sa « vio­lence », au demeurant légitimement dé­fensive et largement symbolique. Dans quel rang imaginerait­-on la faire rentrer ?

Celles des luttes dites « anti­-industriel­les » dirigées contre les projets trop mani­festement absurdes d’éradication de ce que n’avait pas encore ravagé le rouleau compresseur de l’artificialisation de la vie et des faux besoins (des zones naturelles restées en partie préindustrielles), parce qu’elles expriment un sentiment partagé de perte irrémédiable, agrègent d’autant plus vite une myriade d’opposants.

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TÉLÉCHARGER LA VERSION ORIGINALE

Si les naïvetés non violentes et partici­patives des opposants de départ prêtent à sourire, on conviendra qu’elles sont vite balayées par le mépris des décideurs et la violence des pouvoirs. On laissera aux Versaillais qui éructent ces jours­-ci leurs appels à la répression la condescendance des assis devant les bigarrures, les cagou­les et les hésitations de cette jeunesse. Les faits sont là : certes encore minoritaire, elle a déjà fait sécession avec la société. Qu’elle la subisse ou la choisisse, elle n’y a aucun avenir, elle n’en veut pas et elle n’a rien à perdre ; sauf éventuellement la vie, on vient de le lui rappeler. Ce qui va de soi pour elle, le refus de l’État, du primat de l’économie sur la vie, de l’artificialité tech­nologique sur l’intensité des rapports hu­mains, la détestation de toute hiérarchie fût­-elle militante, le refus du vedettariat, la solidarité concrète entre tous les oppo­sants quelles que soient leurs pratiques, rien de cela ne peut tromper : il s’agit de la naissance d’une conception de la vie hos­tile à celle qu’impose la domination.

Quand s’affrontent deux conceptions de la vie si antagoniques, s’affirme aussi l’inéluctabilité du conflit central des temps à venir : celui qui va opposer les fa­natiques de l’apocalypse programmée à ceux qui ne se résignent pas à l’idée que l’histoire humaine puisse finir dans leur fosse à lisier.

Jacques Philipponneau et René Riesel, auteurs, se réclament du courant anti-industriel issu de la revue et des Éditions de l’Encyclopédie des nuisancesLe Monde, 5 décembre 2014

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[Intimidation des manifestants] Rendus des procès nantais du 9 décembre

Rendus des procès de mardi 9 décembre

5 personnes étaient convoquées mardi matin suite à la manif du 22 novembre. Quatre d’entre elles s’étaient fait contrôlées et fouillées aux abords de la manif avant son départ ; elles passaient au tribunal pour port d’arme (de la catégorie considérée comme la moins dangereuse). Une autre personne était accusée d’outrage.

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• G. a demandé un report ; il sera jugé le 6 janvier.

• L. (défendu par Me Vallée) s’est pris une amende de 250 euros (pour le port d’un couteau)

• C. (défendu par Me Galau) : le proc demande 1.000 euros d’amende ; dont 500 avec sursis (pour transport dans sa voiture d’un cutter, un couteau suisse et une hachette). Le délibéré sera rendu le 6 janvier.

• K. (sans avocat) a été condamné pour le port d’une hachette à faire 70h de TIG (« travaux d’intérêt général » ; du travail gratuit dans une asso ou autre institution) dans les prochains 18 mois ; s’il ne les fait pas, il encoure 15 jours de prison

• D. (sans avocat) a été condamné à 1 mois de prison avec sursis pour un outrage.

Un rassemblement était appelé devant le tribunal. Quelques personnes ont fait face au froid matinal ; une banderole « non à la répression politique » était déployée devant la passerelle.

Un petit clin d’œil à Mme la juge qui a fait un outrage pendant l’audience, en nommant M. Batard le flic (M. Costard) qui avait porté plainte pour le cri « bande de batards » envers les flics qui interpellaient violemment une personne dans un sit-in…

Les procès liés aux dernières manifs vont s’enchaîner dès la semaine prochaine. Prochaines dates : lundi 15 décembre à 14h, mardi 16 décembre à 9h, puis lundi 19 janvier.

Le CARILA (Comité Anti-Répression Issu de la Lutte Anti-aéroport)
ZAD, 10 décembre 2014

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[La police travaille au Havre] Vérité et justice pour Abdoulaye

[…] Tué par la police, au Havre : le récit de la famille de la victime

Abdoulaye, 30 ans, a été tué par la police, au Havre, mardi 16 décembre 2014, vers 1h du matin. Il aurait reçu dix balles dans le corps. Ses proches témoignent sur Normandie-actu.

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Abdoulaye, 30 ans, aurait reçu dix balles dans le corps. Deux policiers du Havre (Seine-Maritime) l’ont abattu, avenue du Bois au Coq, dans le quartier populaire du Mont-Gaillard, en Zone de sécurité prioritaire (ZSP), dans la nuit du lundi au mardi 16 décembre 2014, vers 1h du matin, après « une longue scène d’horreur », a expliqué le procureur de la République du Havre, Francis Nachbar, lors d’une conférence de presse, en milieu d’après-midi, mardi. Une version que conteste la famille d’Abdoulaye, qui souhaite porter plainte, et s’exprime, sur Normandie-actu.

Les deux frères d’Abdoulaye n’étaient pas sur les lieux, mais ils ont passé leur journée à rassembler des témoignages, dans le quartier, afin de connaître « la vérité sur la mort de leur frère ».

« Il a voulu se réfugier chez ses voisines, après une bagarre »

« L’histoire a commencé dans l’appartement de mon frère, puis avenue du Bois au Coq. Pour moi, il y a eu une bagarre dans l’appartement, avec une autre personne. Abdoulaye n’était pas tout seul, contrairement à ce que dit le procureur. Au cours de cette bagarre, il a voulu se réfugier chez ses voisines, dans son immeuble. Elles ont eu peur, on ne peut pas leur en vouloir, il y avait du sang partout, il était pieds nus, en caleçon. Elles ont appelé la police, puis il est sorti dans la rue, et a frappé à la fenêtre du véhicule de police, pour avoir de l’aide », relate à Normandie-actu le petit frère d’Abdoulaye, Mamadou.

La version du procureur de la République du Havre. Armé d’un couteau, Abdoulaye a été tué alors qu’il venait de poignarder gravement un passant. Il se trouvait en « état de démence », a déclaré le procureur de la République du Havre, Francis Nachbar.

Peu avant 1h du matin, « les services de police sont avertis qu’un individu en sang, armé d’un couteau, est très menaçant dans les rues ». Cet homme, vociférant, en short et pieds nus, porte un couteau dans la main. Il a auparavant saccagé son appartement, brisé des vitres, selon Francis Nachbar, et s’est blessé en se faisant de sanglantes coupures.

Avant de quitter son immeuble, cet homme a menacé deux jeunes filles, ses voisines, et un jeune homme. Alors que les deux jeunes sœurs rentraient chez elles pour s’y réfugier, cet homme a tenté d’enfoncer leur porte. Elles ont alors prévenu la police. Dans la rue, Abdoulaye aurait ensuite pris à partie un premier véhicule de police, puis un autre, dont il a violemment frappé une vitre avec son couteau, un instrument bricolé avec trois lames, assez courtes mais très acérées, toujours selon les précisions du procureur.

Les véhicules bloquent la rue et appellent des renforts, quand l’homme se précipite alors sur un passant. « Il le poursuit, le fait tomber et à califourchon sur lui commence à lui asséner des coups avec son couteau », rapportera également le procureur. Le passant, âgé de 32 ans, est grièvement blessé. Notamment au visage. Il a reçu une vingtaine de coups de couteau. Hospitalisé d’urgence, ses jours ne semblaient plus en danger mardi en début d’après-midi. Toujours selon le procureur Francis Nachbar, alors que les policiers lui font des sommations, Abdoulaye se détourne, délaisse sa victime et se dirige vers eux. Face à lui, les deux fonctionnaires d’une brigade canine ouvrent alors le feu. Les policiers ont tiré vingt balles. Dix se sont logées dans le corps d’Abdoulaye, dans son buste et ses jambes. Aucune dans son dos selon les responsables de la police. Selon le procureur du Havre, pas de doute, « l’état de légitime défense est avéré ».

« Ce passant, il le connaissait »

Pour sa famille, Abdoulaye n’aurait pas d’antécédents psychiatriques. « Abdoulaye était un garçon très gentil, toujours joyeux. Ce n’était pas un violent. Et d’autres personnes qui le connaissaient peuvent en témoigner », répète son frère à Normandie-actu.

« Comment mon frère a pu avoir le temps de donner 20 coups de couteau à un homme ! Et les policiers ne sont pas intervenus ? », se questionne son grand frère, Abdourahmane, qui insiste également sur le fait que « ce passant », Abdoulaye le connaissait. « Je pense qu’il s’est battu avec lui, avant, dans son appartement. » Les deux hommes se seraient connus, peut-être, lors d’une affaire « de stupéfiants », poursuit-il.

Bouleversé, Abdourahmane parle du corps de son frère, gisant sur l’avenue du Bois au Coq. « Il faisait nuit, il pleuvait, et je voyais le corps de mon frère sous le drap blanc. Je n’ai pas pu l’approcher. Les policiers m’ont écarté ».

Le couteau ? « Il s’agit dun couteau à huîtres et non pas d’un couteau artisanal (…) Et mon frère a reçu du gaz lacrymogène par les policiers, lorsqu’il a frappé à la fenêtre du véhicule de police en descendant de son immeuble », croit-il savoir.

La famille ne souhaite pas « de marche blanche », et ne formule qu’un souhait : « savoir la vérité ». Elle a décidé de porter plainte « pour cet acte disproportionné ». Le parquet du Havre a saisi le Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen pour mener les investigations. […]

Leur presse (Lou Benoist & Briac Trébert, Normandie-actu.fr, 17 décembre 2014)

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[La police assassine en toute impunité] La manifestation des flics d’Alliance perturbée (2)

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Paris, 13 novembre 2014 | VOIR LA VIDÉO

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[Espagne] La police a arrêté plusieurs personnes dans une opération contre le « terrorisme anarchiste »

Vaste coup de filet des Mossos d’escuadra et des forces spéciales anti-terroristes contre le milieu anarchiste à Barcelone et aux alentours.

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Plus de 500 policiers, des dizaines de véhicules de transport de pandores, des troupes en tenue anti-émeutes, des commandos cagoulés, plusieurs domiciles perquisitionnés, des centres de rencontres libertaires (Aténéo Libertario) fouillés, une dizaine d’interpellations selon la presse.

Reçu ce 17 décembre 2014

 

Grosse opération de police contre des anarchistes à Barcelone

L’opération de police appelée “Pandora” dirigée par “la Audiencia Nacional”, plus de 400 policiers mossos et d’autres services de l’État ont donné l’assaut ce matin sur plusieurs squats, centres sociaux et domiciles à Barcelone (Kasa de la Muntanya, el Ateneu de Poble Sec et Ateneu de Sant Andreu), à Sabadell, Manresa et Madrid.

Pour le moment il y a plus de 13 arrestations.

Indymedia Bruxelles, 16 décembre 2014

 

Espagne : Des centaines de personnes dans la rue suite à une vaste opération anti-anarchiste

À 5h15 ce matin, des centaines de policiers ont investis plusieurs centres sociaux anarchistes et plusieurs domiciles en Espagne.

Au centre social ’Kasa de la Muntanya’, la police a enfoncé les portes alors qu’un hélicoptère survolait les lieux. 300 policiers anti-émeute ont occupés les lieux, alors qu’une vingtaine de personnes à l’intérieur s’était réfugiée dans la salle de gym. À l’intérieur, tous les objets électroniques ont été confisqués (clés usb, téléphones, ordinateurs) ainsi que de la documentation. Avant 8h du matin, une cinquantaine de personnes avaient monté une barricade dans une rue proche en solidarité mais ceux-ci ont rapidement été dispersés. En tout une quinzaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de “l’Opération Pandora”, ils sont accusés de faire partie d’une “organisation terroriste anarchiste”. Des centaines de personnes se sont rassemblées partout en Espagne en solidarité.

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De nombreux manifestants solidaires des anarchistes arrêtés.

À 22.30, des émeutes ont éclaté à Barcelone alors qu’au moins un millier de personnes sont encore rassemblées dans la ville. Le hashtag pour suivre les évenements sur Twitter est OperacionPandora.

Secours Rouge/APAPC, 16 décembre 2014

 

Lanceurs de Balles de Défense : la police de Catalogne importe le “savoir faire français”

“Savoir faire français”
Les Lanceurs de Balles de Défense français, ceux qui ont blessé et mutilé des dizaines de personnes à Nantes, à la ZAD et dans toute la France ces dernières années sont bien arrivés en Catalogne.

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Barcelone, 16 décembre 2014

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Ibidem

Une opération “antiterroriste” contre les milieux libertaires de Barcelone a eu lieu ce matin 16 décembre.

On peut voir dans la vidéo de 20 Minutes un agent des Mossos (l’équivalent des CRS français) cagoulé arborant un LBD, la même arme que nos flics hexagonaux. Une dotation récente, car les autorités catalanes avaient annoncé le retrait — à partir du 30 avril 2014 — des anciens fusils tirant des “balles de gomme” de gros calibre, suite à plusieurs mutilations là-bas aussi.

Leurs décideurs ont donc le cynisme de les remplacer par d’autres armes à feu utilisées en France, plus précises mais tout autant destructrices et potentiellement létales.

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Nantes, 22 février 2014

Un article qui parle des “armes qui remplaceront les balles de gomme” et fait le point sur ces armes de la police française.

La France démocratique exporte son savoir faire et ses armes. Les blessés d’ici et d’ailleurs sur qui ces lanceurs sont expérimentés apprécieront.

Bon courage aux compagnons catalans.

Indymedia Nantes, 16 décembre 2014

 

“Operación Pandora”
Espagne : Grosse vague de perquisitions et arrestations à Barcelone et Madrid

http://juralib.noblogs.org/files/2014/12/102.jpgCe mardi, à 5h du matin, commençait la bien nommée opération antiterroriste appelée « Pandore », contre le dit « terrorisme anarchiste ». Des personnes ont été arrêtées, accusées d’appartenir à une organisation anarchiste à laquelle plusieurs attaques par engins explosifs sont attribuées. L’opération, sous la direction de la Cour Nationale de Madrid, a mobilisé 450 flics des Mossos d’Esquadra catalans, qui dès 5h30 ont perquisitionné 13 domiciles en Catalogne — 8 à Barcelone, un à Sabadell et un à Manresa — mais aussi une personne à Madrid par la Guardia Civil.

Les flics sont rentrés dans le squat Kasa Muntanya, à Barcelone, autour duquel des centaines de policiers se sont déployés, pendant qu’un hélicoptère assistait l’opération en éclairant les lieux. Les médias présentent la Kasa Muntanya comme le « centre opérationnel des terroristes anarchistes » (sic !). La perquisition a duré plus de 13 heures, pendant lesquelles la vingtaine d’habitants était retenue dans le gymnase du squat, tandis que les flics fouillaient chaque pièce de l’immeuble. Ensuite ont eu lieu d’autres perquisitions, dans les Athénées libertaires de Sant Andreu et du Poble Sec, à Barcelone. Les flics ont embarqué les portables, ordinateurs et matériel informatique, de l’argent liquide et des livres.

Au cours de l’opération sept femmes et quatre hommes ont été arrêté-e-s, entre 31 et 36 ans, de nationalités espagnole, uruguayenne, italienne et autrichienne.

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Le juge Javier Gómez Bermúdez, en charge de l’opération

Les arrestations sont liées à plusieurs attaques qui ont eu lieu en 2012 et 2013, notamment des attaques explosives sur des DAB de succursales bancaires. L’Audience Nationale fait un lien entre ces attaques et le Comando Insurreccional Mateo Morral, qui a revendiqué avoir posé une bombe dans la cathédrale madrilène de La Almudena le 7 février 2013, et une autre à la basilique El Pilar de Saragosse le 3 octobre 2013. Deux attaques pour lesquelles sont accusé-e-s les compagnon-ne-s Mónica Caballero et Francisco Solar, arrêté-e-s le 13 novembre 2013 à Barcelone, et en prison depuis.

On peut remarquer la coordination immédiate qui a lieu entre l’Audience Nationale, les flics catalans et les médias, tous servant la même version des faits, en mettant en scène un état d’alerte maximum.

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Manif de solidarité à Barcelone

À 19h plusieurs milliers personnes ont manifesté dans le centre ville de Barcelone, en bloquant plusieurs rues, il s’agit d’une des plus grandes marches solidaires spontanées depuis les années 70 en Catalogne. Des vitrines de banques et d’agences immobilières ont été fracassées, des projectiles ont été lancés sur les flics, et des bennes à ordures ont été brûlées. A priori il n’y aurait pas eu d’arrestations malgré quelques charges policières au cours de cette manifestation. D’autres manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays. À Madrid il y aurait au moins trois arrestations.

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Manif de solidarité à Madrid

Ces quelques manifestations offensives sont importantes, elles montrent à l’Etat que les anarchistes ne se terrent pas sous la première grotte dès que la répression frappe. Les compagnons devraient faire face au juge Javier Gómez Bermúdez, ce mercredi 17 décembre ou demain, accusés d’”appartenance à une organisation criminelle de nature anarchiste à des fins terroristes”, rien que ça. Il sera alors décidé de les libérer ou de les incarcérer en détention préventive.

Nous ajouterons des informations sur ce site lorsque nous en aurons plus.

Solidarité avec les compagnon/nes arrêtés en Espagne le mardi 16 décembre.
Liberté pour Monica et Francisco.
Liberté pour tou/tes les prisonnier/es de la guerre sociale.

Non Fides [Synthèse réalisée à partir de sites compagnons et de la presse à purée espagnole, le mercredi 17 décembre 2014.]

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Petit récit de la manifestation contre la THT à Embrun

Petit récit de la manifestation contre la THT à Embrun

Suite à l’appel pour une manifestation contre la THT, le nucléaire et son monde environ 300 personnes se sont réunies à Embrun ce samedi 13 Décembre 2014. L’appel à manifester lancé par quelques individus avait été relayé par des collectifs, des coordinations, des associations de la vallée, de Briançon, de Gap et d’ailleurs.

Un tour a été fait dans le centre d’Embrun. Il y avait de nombreuses pancartes, banderoles où on pouvait lire “Qui sème les volts, récolte la révolte”, “Nos montagnes valent mieux que leurs profits”, “150.000 V, 225.000 V, 400.000 V : qui dit mieux ? RTE”. Une pancarte faisait le lien avec les luttes contre la THT et le nucléaire dans le Cotentin, il y avait aussi des drapeaux de la lutte contre le projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin (No Tav) et des drapeaux, banderoles de différents collectifs comme Alpi Libre, de la coordination contre les projets nuisibles à Gap ou d’associations comme Sortir du Nucléaire Hautes-Alpes. On pouvait entendre des chansons détournées comme “RTE, tu m’auras pas !” ou des slogans comme : “THT : la tension monte”, “RTE dégage : résistance et sabotage”, “En l’air ou bien sous terre on négociera rien. La THT y’a vraiment pas moyen !”, “Dans la vallée de Haute-Durance, la THT ne passera pas, la THT on sabotera”, “THT, ni ici, ni ailleurs !”

La manifestation a été suivie d’une soupe partagée sur la place de départ. Il y a eu des prises de paroles de collectifs, d’associations ou d’individus. On aussi a entendu parler de la lutte contre la centrale à bois E-On de Gardanne, de la lutte contre le projet de Center Parcs de Roybon, d’un rendez-vous à Bussoleno ce mercredi à 17h30 en solidarité avec des prisonniers-ères de la lutte No TAV (le rendu de leur procès sera donné ce jour : le procureur a requis 9 années de prison).

Une assemblée a ensuite eu lieu sur la place afin de discuter des suites à donner à cette manifestation et à la lutte contre la THT, le nucléaire et son monde.
Des collectifs locaux se reforment dans la vallée.
Il y aura aussi une soirée le samedi 31 janvier à Châteauroux-les-Alpes avec la projection d’un film sur la lutte contre la THT et le nucléaire dans le Cotentin, une assemblée, une soupe et un concert.

Cette petite journée fut vraiment belle : pas mal de monde, beaucoup de rencontres, d’échanges. La détermination et la solidarité s’installe face à la déclaration d’utilité publique du projet de ligne à très haute tension et au monde qui va avec.

En partant de la place, on pouvait lire sur le sol : “THT, la tension monte !”

Pour être tenu-e au courant des prochaines assemblées, des événements publics, pour contacter des collectifs locaux.

Mille Bâbords, 15 décembre 2014

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[Zurich] La police s’interroge

La police s’interroge

Au XIIe siècle, les voyageurs qui arrivaient à Zurich, pouvaient lire cette inscription à l’entrée de la ville : « Zurich, noble par la richesse de beaucoup de choses ». Elle occupe aujourd’hui la troisième place dans le classement des villes où habiter coûte le plus cher ; la seconde dans le classement des villes du monde où il fait bon vivre.

Vendredi 12 décembre, il semblerait que 200 habitants mécontents se soient retrouvés à la nuit tombée. Après avoir déroulé une banderole sur laquelle était inscrit « reprenons la rue », ils se seraient mis en ordre de marche, parcourant la ville, le visage dissimulé.

La presse locale raconte que sur leur chemin et à l’aide de barres de fer, cette cohorte imprévue se serait mise à détruire des vitrines, à piller des magasins, pour finalement incendier des poubelles et des voitures. Le chef de la police locale précise que les hommes qu’il avait envoyé pour calmer l’attroupement auraient été « délibérément attaqués ». Les barres de fers qui auraient servi à briser les devantures de banques auraient aussi été utilisées contre ces policiers. Dès le lendemain, une dépêche AFP entend donner de plus amples précisions quant aux évènements : « Outre les pierres, pétards et fusées lancées sur la police, les manifestants ont également procédé à des attaques au laser ». Ils auraient même incendié deux arbres innocents, arraché une portière de voiture de police pour en attaquer les occupants, et brisé les vitres d’un restaurant bondé, en terrorisant les clients.

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Le lendemain, devant les caméras de télévision, le chef de la police se montre stupéfait :
« Les raisons politiques, on va les examiner dans un second temps mais à première vue il n’y a aucun motif apparent. » (1’06)

Sur l’internet, en furetant bien, on peut pourtant trouver un texte faisant référence aux événements de vendredi :

Ce soir, cette ville aura vécu convenablement. Nous avons pris les rues, avec de la musique et de good vibes, afin de marquer le coup contre la gentrification en cours. La « revalorisation » de la ville signifie que la vie, la spontanéité, les espaces de liberté et les projets culturels alternatifs seront expulsés de chaque quartier.

Les déserts en béton tels que le Google-Quartier, Europa Allee, Züriwest, se répandent dans tout Zurich, au seul profit du capital. Pendant ce temps, ce sont tous les autres usages possibles et les projets alternatifs tels que le Binz ou Labitzke qui seront détruits.

Par notre action d’aujourd’hui, nous voulons vous inciter à agir vous aussi.

Nous voulons la ville et nous ne la laisserons pas à l’argent, aux propriétaires fonciers, aux capitalistes, aux « partenariats-publique-privé », ni à quelqu’autre détenteur de pouvoir que ce soit.

Pouvoir vivre dans cette ville ne peut-être conditionné par l’origine, la fortune, un permis de séjour, ou la conformité sociale.

Nous voulons une ville où il est possible de vivre ; bruyamment et passionnément.

C’est pour cela que nous nous organisons. Les agents de police et les systèmes de vidéosurveillance, ça ne nous branche pas.

Tous les flics sont des bâtards.

Nous ne nous laisserons pas dégager. Nous reprenons ce qui nous appartient. Nous sommes la ville.

Reprenons la rue !

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Lundi matin, 15 décembre 2014

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[ZAD partout] De retour de Roybon

Report

Après avoir passé quelques jours à la ZAD de Roybon où un Center Parcs devrait voir le jour, j’ai pu voir un groupe de personnes solidaires, organisées et bien déterminées à ce que ce chantier ne se réalise pas — et le tout par la non violence !

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Quelques photos que j’ai réussi à prendre sans me faire disputer :-)

Bien qu’un barrage de gendarmerie est dressé juste avant la maquiZAD, une caméra à la main et ils filment absolument tout, cochent des cases afin de dresser une liste de ZADistes. Sinon il ne se passe pas grand chose au niveau de l’action de l’ennemi. Ce qui se joue ces jours-ci c’est bel et bien conquérir un maximum de terrain face à l’ennemi et pour cela les ZADistes sont déterminés !

Je n’en dirais pas plus afin de ne pas leur donner des infos toutes faites, faut bien les faire travailler un peu, ces militaires !

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Sinon en ce qui concerne la vie dans le squat (la maquiZAD) : Tous les jours de nouvelles personnes arrivent pour renforcer les effectifs et/ou passent juste pour amener du ravitaillement en vivres et divers objets. Comme le grand-père venu en voiture apportant lui aussi sa part de révolution.

La vie en collectivité se passe plutôt pas mal, avec tous styles de gens : ça va du bac+6, au hippie, en passant par les punks, les mamans qui veulent donner un meilleur futur à leurs gosses, des nomades en camions, des anciens venus apporter leurs savoirs ou juste leurs encouragements !

La majorité sont des personnes qui ne croient plus à ce système en place, sont à la recherche d’autonomie comme cette fille qui m’a racontée avoir tout quitté : travail, chômage, rsa se disant vivre sans argent pour le moment.

Sinon le samedi soir c’est la fête, ben oui faut aussi décompresser — avec divers musiciens qui viennent jouer gratuitement et librement autour du feu qui on doit bien le dire nous ramène à la terre et à nous-mêmes, le temps d’une soirée.

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J’ai pu avoir une visite guidée de la forêt de Chambaran avec les points stratégiques et bien sûr la zone du futur Center Parcs qui a déjà été déboisée.

Mieux vaut avoir des bottes ou des rangers sinon ça devient vite galère. Ça me rappelle Notre-Dame-des-Landes. Ce que j’ai pu constater avec consternation c’est l’immensité du déboisement bien que le chantier n’ait pas encore commencé. Tout ça pour un centre de vacances chauffé 24h/24 7j/7 ! On nous parle sans arrêt d’écologie à longueur de journée, on ose faire culpabiliser les pauvres pendant que les riches nous exploitent — celle-ci, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Pour quelques misérables emplois précaires payés des miettes, pendant qu’actionnaires et patrons se partageront les bénéfices !!!

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Le petit mot de la fin, histoire de rire un peu, pour ceux qui vivent en colocation ou dans les milieux libertaires, ou même les deux ;-) le problème de la vaisselle ! Eh oui les gens mangent et ne font pas leur vaisselle et quand nous sommes 40 et plus ça devient vite le bordel. Mais ça encore personne n’a apporté la solution miracle, c’est peut-être propre à l’être humain, qui sait.

La révolution passera par la vaisselle !!!

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Un correspondant du JL, 16 décembre 2014

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« Parce que nous subissons déjà assez d’humiliation et de souffrance en se disant que nous vivrons toute notre vie dans ce monde pourri, il me semble assez rassurant de vouloir faire beaucoup pour l’abattre et ressentir des pulsions de violence contre ses institutions et son absurdité »

Ces derniers temps, il est systématique que, dans les médias ou les discours politiques, soient accolé aux mouvements de ZAD, la « violence » de franges dites « extrémistes » et la présence de « black blocs ». De même que l’idée que ces mouvements seraient accaparés par ces même franges de méchant-e-s autonomes violent-e-s pour brûler le monde dans les feux de l’enfer.

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TÉLÉCHARGER LE DOCUMENT

Selon qui va épiloguer sur le sujet, un discours sera plus ou moins choisi, étant censé annoncer l’annihilation totale de tous ce mouvement ou séparer les « gentil-le-s » opposant-e-s des « méchant-e-s ».

Bien sûr, comme souvent, avec le temps, cette manière de poser la question s’infiltre au sein même des mouvements :  « la répression serait accentuée par les « casseur-se-s », « ils ne viennent que pour cela », « ils cherchent à nous discréditer », « c’est des flics »…

Bien sûr, l’infiltration policière existe, elle a toujours été pratiquée par l’État et ses outils de répression pour contrôler et mieux réprimer les tentatives de contestation et de lutte sociale. Bien sûr, les ZAD et mouvements de contestation actuels sont particulièrement visés et largement plus  que la moyenne, tout comme les antifascistes, les révoltes de banlieue, les roms…

Les agriculteurs en colère, les mouvements contre le Mariage pour tous et les Bonnets rouges s’en sont clairement mieux tirés que nous, niveau répression.

Esteban Morillo, assassin du militant antifasciste Clément Méric, tué le 5 juin 2013, aura fait un an et deux mois de prison. Enguerrand a été condamné le 1er avril 2014 à un an de prison pour jet de fumigène pendant une manifestation.

Il est sûr que l’État réprime et que la police est violente, nous pouvons dénoncer ces états de fait. Nous ne pouvons pas nous en étonner pour autant, l’ordre capitaliste est imposé, nous vivons dans des sociétés bâties sur des systèmes de caste et de domination sociale. La plupart des hommes et femmes politiques sont d’origine noble ou bourgeoise, ont fait de hautes études et sont intimement lié-e-s aux entrepreneur-se-s. Ils n’ont aucune raison de s’intéresser à ce que pense le peuple, leur seul intérêt est de maintenir leurs privilèges et ceux de leurs alliés des multinationales et grandes entreprises. Ce n’est pas de la malveillance de leur part ou l’idée qu’ils et elles sont mauvais fondamentalement, mais de la logique politique. Le système qu’ils et elles ont mis en place les protège, forcément.

Face à cela, la violence des manifestant-e-s dénoncée par les politicien-ne-s, les médias et les syndicats de police à plein poumon fait bien pâle figure.

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ÉCOUTER L’ÉMISSION | « Éric Dénécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, décrypte le phénomène des zadistes, nouvelle méthode de contestation du “terrorisme écologiste”. » Presse terroriste (« Trois minutes pour comprendre », RTL.fr, 8 décembre 2014)

Lorsque l’on considère les derniers mouvements liés aux ZAD, plusieurs manifestant-e-s sont en prison, un est mort, il y a eu des des centaines de blessé-e-s et de très nombreuses inculpations.

De nombreux-se-s blessé-e-s le sont de manière définitive, suite aux séquelles ou mutilations liées aux armes des forces répressives de l’État.

Et en face ? Rien, bien sûr, les policier-e-s « blessé-e-s » lors des manifs n’ont généralement pas grand-chose, mais leurs bobos servent à inculper les manifestant-e-s lors des procès.

Tout ça pour dire que je voudrais bien voir les vrais chiffres des blessé-e-s et inculpé-e-s des mouvements liés aux ZAD, et ce dans les deux camps.

Parce que j’en ai marre que l’on utilise des arguments fallacieux : si l’on a peur d’être blessé-e, mutilé-e, et c’est bien légitime, que l’on ne fasse pas d’actions « tendues », pas de soucis, moi même n’en fait pas vraiment, mais que l’on ne dise pas que ça serve à rien. Sans la résistance physique aux forces de l’ordre, ça fait longtemps qu’il n’y aurait plus rien à Notre-Dame-des-Landes qu’un aéroport, et un barrage à Sivens, mais aussi un incinérateur dans le Morvan … enfin, bon, une tonne de luttes dans l’histoire n’auraient pas eu la même portée.

Peut-être faut-il reprendre les choses en amont. Je suis fort mal à l’aise avec la violence, mais dans un sens individuel.

Ma perception des rapports humains valorise plutôt le pacifisme.

Après, on ne peut pas voir des rapports politiques, économiques et de domination autrement que sous un angle qui est aussi stratégique. Et là, il me semble naïf de dénigrer la violence, l’action directe et le sabotage.

L’évaluation du rapport de forces en cours est parfois tragique.

Parce qu’il est évident que si les institutions favorisent les oppressions, dominations et exploitations, et c’est en soi une immense violence, elles possèdent aussi les outils pour réprimer physiquement ceux et celles qui oseraient lutter.

Par cela, notre réponse peut être de se borner à changer les choses de l’intérieur, tenter d’enrayer la machine, à frapper chirurgicalement là où il possible pour créer un front, un rapport de forces, David contre Goliath. Mais, parfois, c’est plus un côté suicidaire qui parle, un ras-le-bol, une envie de visibiliser un ras-le-bol. Au péril de sa liberté et de sa vie, parce que comme le disait Max Stirner :  « aux mains de l’État la force s’appelle loi, aux mains de l’individu elle se nomme crime ».

Plutôt que de se focaliser sur des positions de principe, d’écouter nos peurs ancestrales comme nos envies les plus naïves, la seule solution sage semble être de garder la tête froide et de rester uni-e-s, complémentaires, donnant libre cours à la réflexion stratégique et l’estimation des forces en présence.

Parce que nous voulons être nous-mêmes, et c’est, en ce monde, déjà une belle épreuve. Avec nos doutes, nos désespoirs, nos peurs mais aussi nos colères et nos rêves offensifs. Parce que nous subissons déjà assez d’humiliation et de souffrance en se disant que nous vivrons toute notre vie dans ce monde pourri, il me semble assez rassurant de vouloir faire beaucoup pour l’abattre et ressentir des pulsions de violence contre ses institutions et son absurdité. Le tout est de ne pas se brûler les ailes inconsciemment, mais face à ce que nous subissons, la morale semble bien vaine face à nos espoirs.

Reçu le 27 novembre 2014

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[Solidarité No TAV] Rendez-vous le 17 décembre devant le tribunal de Turin

Rendez-vous le 17 décembre devant le tribunal de Turin

À exactement un an des arrestations de Chiara, Claudio, Mattia et Niccolò, et à un peu plus d’une semaine des réquisitions énoncées contre eux, l’accusation de terrorisme est désormais aussi portée contre Lucio, Francesco et Graziano. En prison depuis juillet, les trois n’étaient accusés jusqu’ici “que” de détention et de transport d’armes de guerre, de dégradations par incendie et d’autres délits mineurs, auxquels s’ajoutent ce matin les articles 280 et 280bis : l’attentat à finalité terroriste. Cette déplaisante surprise a été accompagnée de la perquisition de leurs cellules, avec mise sous scellés de diverses choses, le tout incluant aussi le blocage des parloirs. Un parent et une amie autorisé-e-s de façon régulière ont en effet été repoussé-e-s ce matin, et informé-e-s qu’ils devront requérir de nouvelles autorisations. Nous ne savons pas encore si, comme cela a été le cas pour les 4, les parloirs seront bloqués pour un certain temps, ou s’il s’agira dans ce cas seulement d’une brève suspension. Sur le moment, il n’est pas non plus possible de prévoir où et quand les trois seront transférés, puisque l’accusation de terrorisme prévoit un régime de détention de Haute Sécurité.

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Pour sortir, enfin, de ce qui ce passe dans les salles des tribunaux et dans les instituts pénitentiaires, plusieurs centaines de personnes ont parcouru et bloqué les routes de Val Susa ces derniers jours, pour les libération des sept compagnon-ne-s en prison. Dans la nuit de dimanche, un long et bruyant cortège a traversé la ville de Susa, en s’arrêtant en particulier devant l’hôtel Napoleon où, à l’aide de fumigènes et de bruits de métal, a été dérangé le repos des forces de l’ordre qui y sont logées. Le jour suivant, le 8 décembre, anniversaire de la bataille de Venaüs en 2005, deux groupes de manifestant-e-s ont tenté d’atteindre la zone du chantier depuis deux endroits distincts. Un groupe s’est retrouvé à Giaglione et est parvenu, par les sentiers, à contourner les barrages des forces de l’ordre et à rejoindre le chantier, où tout le monde a battu sur les grilles. Le groupe qui s’était donné rendez-vous à la Centrale de Chiomonte s’est trouvé face à un blocage des forces de l’ordre sur le pont en face du portail de la Centrale et a donc décidé de remonter vers la nationale 24, qui a été bloquée durant plusieurs heures. D’autres gens se sont dirigés vers la gare la plus proche, où le passage d’un TGV a été bloqué par l’occupation des voies. À la fin de l’après-midi, un gros groupe de manifestant-e-s est retourné vers la Centrale, où a commencé un long battage de métal, qui n’a cependant pas trouvé de succès auprès des forces de l’ordre, qui ont répondu avec des canons à eau et des lacrymogènes.

La journée s’est achevée comme ça, et tout le monde s’est donné rendez-vous le 17 décembre, jour du rendu du procès.

Le 17 décembre à 9h dans l’Aula Bunker pour saluer Chiara, Claudio, Mattia et Niccolò et, dans l’après-midi, à 17h30, sur la place du marché de Bussoleno pour décider quoi faire après le verdict de la Cour d’Assise.

Traduit par Contrainfo (Macerie) – No TAV France, 9 décembre 2014

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Pour un 21 février à Toulouse en solidarité avec les ZAD et contre la répression policière

Pour un 21 février à Toulouse en solidarité avec les ZAD et contre la répression policière

Retrouvons-nous un an après la manifestation du 22 février 2014 qui a eu lieu à Nantes contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes et son monde. Cette date résonne a posteriori comme l’affirmation définitive que l’aéroport ne se fera pas. Des dizaines de milliers de personnes ont fait le déplacement en Loire-Atlantique dans le but d’asséner une dernière fois aux bétonneurs que ce projet n’est plus d’actualité, mais bien que c’est l’horizon proposé par la ZAD qui nous convient.

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Cette manifestation a également été un laboratoire expérimental pour la police et la justice en matière de répression. La première en mutilant, la seconde en distribuant les lourdes peines sur les militant·e·s. Une brigade a même consacré son temps à identifier les participant·e·s à la journée du 22 février.

Aujourd’hui, le fait de s’opposer physiquement à un projet en créant de la vie est devenu une évidence pour toutes celles et ceux qui sont en lutte contre la globalité du système. Les ZAD se multiplient, de l’École Polytechnique d’Athènes à la maxi-prison de Bruxelles.

Se rassembler à nombreuses et nombreux dans une ville permet de faire émerger une puissance commune. Si ces luttes semblent en effet s’ancrer dans des contextes locaux, se réunir tou·te·s à certains moments permet de visibiliser un rapport de force global.

Occupons la ville, car il nous paraît nécessaire de signifier notre mécontentement au sein même des métropoles : elles concentrent les pouvoirs de nuisance qui se diffusent ensuite sur l’ensemble des territoires.

À Toulouse, l’actualité nous amène à considérer comme pertinent un événement contre la répression étatique. Parallèlement, nous voulons affirmer, à moins de cent kilomètres du Testet, tou·te·s ensemble le caractère autonome des Zones à Défendre. Certain·e·s veulent nous faire croire que le barrage se fera, soyons suffisamment fort·e·s pour affirmer le contraire.

Les manifestations du mois de novembre à Toulouse ont réuni de nombreuses personnes dans la rue. Mais le face à face avec la police était risqué : après les lacrymos et les déchaînements de haine de la part des différentes brigades, les peines judiciaires continuent de s’abattre sur nos camarades.

Or, préparer un événement sans être dans l’urgence permet à chacun·e de s’en emparer : les diverses modalités de lutte doivent pouvoir s’exprimer. Au sein d’un seul cortège, ou de plusieurs s’il le faut.

Si l’aéroport de Notre-Dame des Landes a été un biais pour s’opposer concrètement à la dévastation des terres, impliquant celle de nos vies, il nous semble d’actualité d’élargir notre focalisation à tout ce qui est susceptible de nuire à la réappropriation de nos existences.

Donnons-nous les moyens d’organiser un événement massif, aux formes multiples, qui puisse créer un rapport de force face à un État sourd à une revendication élémentaire : nous voulons décider nous-mêmes de notre avenir.

Nous appelons les différents comités locaux en soutien aux ZAD, les groupes et les individu·e·s à s’approprier l’organisation de cette manifestation pour qu’elle soit un succès.

Reçu le 8 décembre 2014

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[Paris] Encore une garde à vue pour faire taire

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Encore une garde à vue pour faire taire !

Dimanche en fin d’après-midi dans l’Est parisien, on pouvait voir de nombreux tags fleurir sur les murs de la ville grise, comme « L’État tue, crève l’État », « Nique la police », « Flics porcs », « Feu aux prisons », « Devenons ingouvernables », « Brûlons les frontières », « À bas la résignation », « Flics assassins », « À bas les frontières ».

Un peu plus tard, trois patrouilles de BAC déboulant à toute berzingue ont ramassé plusieurs individus dans le quartier des Amandiers (20e). Parce que les actes anonymes qui viennent perturber la volonté de pacification du pouvoir sont pour ce dernier une insulte à son autorité, cinq compagnonNEs ont été accusé-e-s d’être responsables de ces textes rageurs et croupissent actuellement en garde-à-vue.

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Rue des Amandiers, mardi 16 décembre 2014

Depuis des semaines dans plusieurs villes, nous sommes nombreux à avoir pris les rues, de jour comme de nuit, individuellement ou collectivement, pour exprimer notre rage contre la police et le monde d’exploitation et de domination qu’elle entend défendre. La nuit dernière encore à Paris, suite à ces énièmes arrestations , des passant-e-s ont pu lire avec un sourire en coin les inscriptions « Un flic=1 balle », « Un comico= une rafale » sur les postes de police de la Place des Fêtes (19e) et de la rue de l’Orillon (11e).

Alors, comme il n’est pas question d’accepter sans broncher la normalité du sale travail quotidien des chtars, faite de contrôles, tabassages, arrestations, enfermement, mutilations et trop souvent d’assassinats, continuons chacun-e à sa manière, à manifester notre hostilité solidaire contre ce monde de fric et de flics.

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Des passant-e-s solidaires,
15 décembre 2014

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Contre les États et les frontières, solidarité !

Contre l’État et les frontières, solidarité !

Brahim est incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis depuis avril 2014. C’est son quatrième séjour en taule depuis son arrivée en France. Des années d’enfermement, dont différents passages en prison pour étranger-e-s. Le 16 décembre 2012, il avait pris un an ferme pour avoir tenté de s’évader du centre de rétention de Palaiseau avec d’autres retenus. Quatre avaient réussi à se faire la belle mais lui était resté aux mains des flics qui avaient porté plainte pour violences. Une matonne s’était faite extorquer ses clefs et un autre maton avait été maintenu pour permettre la fuite. Brahim avait été condamné pour cela vu qu’on ne peut pas être poursuivi-e pour « tentative d’évasion » lorsqu’on est en rétention.
Cette fois, et comme pour ses autres condamnations, c’est une baston avec les flics dans la rue lors d’un contrôle d’identité qui l’a conduit dedans. 28 jours d’ITT (Interruption Temporaire de Travail) pour un condé et une année de plus en prison pour « violence sur agent » pour Brahim dont la sortie est prévue en février 2015.
Brahim n’a pas de papiers. La révolte est sa réponse afin d’éviter l’expulsion vers un pays où il ne veut pas vivre. S’évader lorsqu’il est enfermé, se défendre lorsque les flics tentent de le contrôler.

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Comme lui, de nombreuses personnes sans papiers résistent et se révoltent, individuellement et collectivement, contre l’État et ses flics qui leur mènent la guerre au quotidien. Le 22 juin 2008 le centre de rétention de Vincennes avait été entièrement brûlé par la rage des retenus. Depuis sa réouverture, il y a eu d’autres tentatives de le détruire de l’intérieur. La dernière connue est celle du 15 avril 2014, lors de laquelle des retenus ont entassé draps et matelas dans une chambre avant d’y mettre le feu, en réponse au tabassage de l’un d’eux par les flics.
Au centre d’Amygdaleza près d’Athènes, une coupure d’électricité avait déclenché des affrontements entre retenus et matons en août 2013. Une unité d’habitation était partie en fumée et une dizaine de personnes avait pu s’évader.
En Italie, les coups portés aux centres de rétention de part et d’autre des murs en ont fermés bon nombre.

Un peu partout les migrant-e-s s’auto-organisent pour passer les frontières.
À Calais, nombreux sont ceux et celles qui tentent de passer en Angleterre. En attendant illes occupent des bâtiments et des terrains et manifestent contre les uniformes et fachos en tout genre qui les jugent indésirables. Le 17 septembre dernier, 250 personnes ont tenté de rejoindre la zone de contrôle des camions dans le port. Les barrières en interdisant l’accès ont été ouvertes et les flics attaqués à coup de pierres. Depuis septembre, il y a une multiplication des tentatives de monter en force à nombreux et nombreuses dans les camions qui traversent la Manche.
À Melilla, l’enclave espagnole située sur le territoire marocain, les assauts collectifs de la frontière sont réguliers, malgré les dispositifs de sécurité toujours plus dissuasifs et la brutalité de la Guardia civil espagnole. En 2013, plusieurs milliers de migrant-e-s ont réussi à entrer à Ceuta et Melilla, d’autres y ont laissé leur peau, mais depuis des centaines d’individus continuent d’attaquer les barbelés et leurs chiens de garde.

Ici et ailleurs, des solidarités se créent pour la liberté avec ou sans papiers.
À Calais, des personnes soutiennent les migrant-e-s en participant à l’ouverture de squats et en organisant leurs propres manifestations. En Italie, les échos entre l’intérieur et l’extérieur des centres de rétention sont constants et permettent que les actes se répondent. En France, lorsque ça speed à l’intérieur des cra, la colère s’exprime régulièrement à l’extérieur, entre autres par des feux d’artifice. Et lorsque la répression frappe, la solidarité continue à attaquer, comme au moment du procès des retenus accusés de l’incendie de Vincennes : une occasion supplémentaire de saboter les rouages de la machine à expulser et d’étendre la révolte.

Les États sont prêts à tout pour maintenir chacun-e à sa place, en imposant les frontières et les taules. Tenter l’évasion c’est donc aussi s’exposer à leur répression : tabassages par les flics, mort-e-s aux frontières comme en Méditerranée, emprisonnements…

ÊTRE SOLIDAIRES LES UN-E-S DES AUTRES FACE À L’OPPRESSION, C’EST AUSSI CONTINUER À LUTTER POUR SA DESTRUCTION. NOUS NE SERONS PAS LIBRES TANT QU’IL Y AURA DES FRONTIÈRES ET DES PRISONS.

La caisse Kaliméro de solidarité avec les prisonnier-e-s de la guerre sociale envoie des mandats à Brahim chaque mois.
Pour participer, envoyer de l’argent, demander des informations ou pour être tenu-e au courant des prochains rendez-vous et s’inscrire sur la mailing list de la caisse.

Pour écrire à Brahim :
(Pour l’argent il faut passer par Kaliméro car, au-delà d’une certaine somme reçue dans le mois, les flics se servent pour les dommages et intérêts.)

Brahim Eloua
413615G
Bât D5
MAH
7 avenue des Peupliers
91705 Ste Geneviève des Bois cedex

Mailing – 13 & 16 décembre 2014

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[Morondava, Madagascar] Hourrah pour les ouvriers de la Sucoma !

Affaire Sucoma – Un militaire et deux gendarmes trouvent la mort

Mort dramatique de trois éléments des forces de l’ordre après les émeutes meurtrières et les pillages à la Sucoma Morondava. Un militaire a été exécuté et deux gendarmes ont péri en remontant des cargaisons dérobées dans l’entrepôt de la firme.

Une série noire frappe de plein fouet les forces de l’ordre après les émeutes meurtrières, déclenchées mercredi vers 18 heures par l’arrestation de six employés meneurs de grève de la société sucrière Sucoma à Morondava. Bien qu’une accalmie fragile plane sur toute la ville et au site de cette firme à Betsipotika après l’arrivée avant-hier soir de cinquante-six éléments mixtes hyper-équipés, trois morts sont répertoriés dans les rangs des forces territoriales dont un militaire du 3/RM5 et deux gendarmes de la brigade de la gendarmerie à Mahabo.

L’arrivée à Morondava jeudi aux alentours de 19 heures de ce renfort militaire, constitué de vingt-six gendarmes, treize éléments des Forces d’Intervention de la Police (FIP) à Antanimora et dix-sept du premier Régiment des Forces d’Intervention (RFI) de l’armée à Ivato, a, certes, mis fin aux pillages et aux vandalismes commis à l’entrepôt et au centre de maintenance de la Sucoma. Le danger semble toutefois omniprésent.

Tombé dans les griffes des pilleurs qui se sont terrés dans les parages lorsque l’État Major Mixte Opérationnel régional (Emmo/reg) a verrouillé le site, un militaire du 3/RM5 a été exécuté à coups de coutelas dans la nuit de jeudi à vendredi.

« Plusieurs entailles sont relevées sur sa nuque. Son corps gisait dans l’enceinte de l’usine au crépuscule. De visu, ce militaire s’est hasardé à s’aventurer seul dans les environs lorsqu’il est tombé nez-à-nez sur ses bourreaux. Jusqu’à présent, il n’y a pas encore de témoin oculaire. La veillée funèbre se tient au camp du 3/RM5 », relate Aurélien Raheriniaina, délégué du ministère de la Communication de la région Menabe.

Terrible accident

Alors que le renfort dépêché depuis Tana a débarqué, la mort a happé brutalement le gendarme principal hors classe Jérôme Sambetoa, commandant de la brigade territoriale de la gendarmerie à Mahabo, ainsi que le gendarme de deuxième classe Olivier Razafiarison. Selon les informations communiquées par le groupement de gendarmerie de Menabe, ils remontaient les traces d’une cargaison de sucre dérobée quelques heures plus tôt dans l’usine de la Sucoma à Betsipotika lorsqu’un accident meurtrier est survenu sur la nationale 35. Alors qu’ils doublaient un camion de marque Renault à la hauteur d’Ankaribao Analaiva, un véhicule à surgi de la direction opposée. Les deux-roues des deux gendarmes se sont retrouvés sous le poids-lourd. La tête du commandant de brigade a été comprimée par l’une des roues de la Renault tandis que son compagnon d’infortune s’est fait écraser en plein dos.

Une manifestation basée sur un alignement de statut des employés conjuguée à une amélioration de leurs conditions salariales, tenue à Analaiva le 26 novembre a conduit à l’arrestation, mercredi, des six meneurs de grèves. Deux Chinois et une cadre Malgache ont été blessés et des véhicules ont été mis à mal avec le bâtiment lorsque leur revendication a dégénéré.

Leur presse (Seth Andriamarohasina, lexpressmada.com, 13 décembre 2014)

 

Morondava – Pillage et incendie criminel contre la Sucoma

Les opérateurs chinois qui exploitent la Sucoma ont quitté Morondava après les émeutes meurtrières de mercredi soir. Dès qu’ils sont partis, des pilleurs et des vandales ont assailli leur site pour y dérober 200 tonnes de sucre et incendier  le centre de maintenance.

L’atmosphère  est encore délétère à Morondava après que l’arrestation de six employés Sucoma a viré en émeutes meurtrières, mercredi soir. Hier, l’entrepôt de cette société sucrière à Betsipotika,  situé à une trentaine de kilomètres de ville, a été assailli par une horde de pilleurs et de vandales. Le centre de maintenance de l’usine  a été au passage incendié.

« Les Chinois de la Sucoma ont quitté Morondava dans la nuit de mercredi à jeudi, aux alentours de minuit », indique Aurélien Raheriniaina, délégué du ministère de la Communication dans la région Menabe.

« Après leur départ, le site de la Sucoma à Betsipotika a été pris d’assaut. Dès  la matinée, des sacs de sucre dérobés dans l’entrepôt ont été transportés à dos d’homme. Vers midi, les assaillants ont décuplé. Ils ont  utilisé des calèches, des brouettes et des charrettes. Dans l’après-midi, des  véhicules transportant des cargaisons de sucre ont fait des allées et venues entre l’usine et Morondava », ajoute-t-il sur cette même lancée.

Ces actes se sont commis sous les yeux et à la barbe des forces de l’ordre.

Aucune arrestation

Les flammes ont commencé à s’emparer du centre de maintenance de la Sucoma en  fin de matinée aux alentours de 11 heures.  Dépêchés sur place, les éléments des forces de l’ordre ont sécurisé le site sans pourtant parvenir à arrêter les pillages. Alertés, les sapeurs-pompiers sont venus  à la rescousse aux alentours de 14 heures.

Sur la route menant à Morondava, la gendarmerie a intercepté des véhicules pleins de sacs de sucre à craquer.

« Des pick-up des forces de l’ordre, chargés de sucre dissimulé sous des bâches ont été aperçus dans la ville a tel point qu’on se demande où toutes ces marchandises sont emmenées. Au marché noir, le sac  se négocie à partir  de 10’000 ariary. Même des élus et des éléments des forces de l’ordre en tenue civile s’adonnent à ce business », se désole Mintina Joseph, habitant de Morondava.

Aux dernières nouvelles, personne n’a encore été arrêtée pour ces pillages.  Au contraire, six employés de la Sucoma dont l’arrestation a provoqué les  échauffourées mercredi soir, dont le dernier bilan fait état de deux morts et de seize blessés,  ont été relâchés. Ces meneurs de grève présumés  sont dans le collimateur des forces de l’ordre après qu’une manifestation des employés de la Sucoma a viré en vandalisme et agression à Analaiva le 26 novembre.

Le premier ministre Roger Kolo a présenté ses condoléances  à la famille  des victimes et a appelé à l’apaisement au palais d’Iavoloha hier.

« Une amélioration des conditions salariales et un alignement du statut des employés est à la base du problème. Un terrain d’entente a déjà été trouvé mais voilà que l’affaire connaît une autre tournure. Des individus ayant à gagner des ces troubles tirent les ficelles. Je prévois de m’y rendre pour voir de près la situation », déclare le chef de Gouver­nement.

Selon les explications du délégué de la Communication, les employés de la Sucoma attendent des actions concrètes de la part du Gouvernement pour que l’affaire n’empire pas davantage.

Leur presse (Seth Andriamarohasina, lexpressmada.com, 12 décembre 2014)

 

Morondava – Émeutes meurtrières à la Sucoma

Des émeutiers armés ont attaqués le siège de la gendarmerie à Morondava, hier. L’arrestation de sept meneurs de grève à la société Sucoma a mis le feu aux poudres.

Effusion de sang à Morondava. La gendarmerie signale un mort et douze blessés dont trois gendarmes, lors d’une attaque de caserne qui a provoqué un séisme dans la ville, aux alentours de 18 heures, hier soir.

Une source auprès de l’hôpital de Morondava indique pour sa part que deux morts et onze blessés graves y sont admis. Des habitants de la ville affirment pour leur part que le nombre de morts est beaucoup plus important. Ils signalent un mort lors des affrontements qui ont éclaté dans la ville, hier soir, un autre à Bemanonga où ont commencé les hostilités, et trois autres à Antsakoameloka, soit cinq morts au total, sans compter les deux corps placés à l’hôpital.

Hier, l’arrestation de sept employés de la société sucrière Sucoma à Bemanonga, montrés du doigt pour être des meneurs d’émeutes a mis le feu aux poudres.

De source de la gendarmerie, ces suspects ont été trahis par les enregistrements des caméras de surveillance de cette entreprise lorsqu’une manifestation des membres du personnel, basée sur des revendications salariales a viré en pillage, vandalisme et agression, le mercredi 26 novembre.

Grenade offensive

Deux chinois et une femme cadre malgache ont été blessés lorsqu’une meute de grévistes en furie, armés de bâtons et de pierre, ont envahi l’enceinte pour y mener une véritable intifada. Le bâtiment a été la cible de jets de pierres, des vitres ont volé en éclats et cinq tracteurs agricoles, quatre camions, un tractopelle, un gradeur, un fourgon pompe-tonne, un minicar et trois camionnettes ont été mis à mal.

« Les victimes ont porté plainte au parquet. Dans la matinée d’hier, des éléments mixtes ont été dépêchés à Bemanonga pour interpeller les sept meneurs qui ont été identifiés », explique un officier supérieur ayant voix au chapitre auprès de la gendarmerie nationale.

À l’entendre, la tension serait montée d’un cran lorsque les suspects ont été conduit au siège de la gendarmerie à Morondava pour être auditionnés. Du coup, leurs sympathisants se sont rameutés à Bemanonga, à 7 kilomètres du centre ville, dès le début d’après-midi.

Aux alentours de 16 heures, des représentants de l’Organe Mixte de Conception (OMC) se sont rendus sur place pour entamer des pourparlers mais les manifestants, en état d’énervement total, les ont lapidés.

Revigorés après avoir mis en déroute et chassés les autorités à coups de jets de pierre, ils ont décidé en fin d’après-midi, d’arracher à la gendarmerie leurs collègues placés en garde à vue.

« Quoi qu’on dise, il s’agissait bel un bien d’une attaque de caserne. La horde d’émeutiers enragés qui a envahi le camp avait des lances-pierres, des bâtons, des armes blanches et même des fusils de chasse. Les assaillants étaient très dangereux. Malgré des sommations, ils ont tenté un forcing. Du coup, il a fallu les repousser à tout prix », poursuit l’officier supérieur interrogé.

À l’entendre, les pierres pleuvaient de partout. « Des gendarmes tombés dans la nasse des émeutiers se sont défendus avec une grenade offensive », ajoute-t-il.

Le calme n’a été retrouvé qu’hier à des heures tardives de la nuit. Cet état de crise est devenu une affaire gouvernementale. La semaine passée, le ministre de l’Industrie Jules Étienne s’est rendu à Morondava pour désamorcer la tension entre la Sucoma et ses employés mais voilà que l’affaire connaît une autre tournure.

Leur presse (Seth Andriamarohasina, lexpressmada.com, 11 décembre 2014)

 

Madagascar : 2 morts après des troubles dans une sucrerie gérée par des Chinois

La gendarmerie est intervenue à Morondava, dans l’ouest de Madagascar, après des troubles sociaux dans une sucrerie publique gérée par des Chinois, et les affrontements ont fait deux morts et neuf blessés, a annoncé jeudi le gouvernement.

“Il y a eu deux morts et une destruction d’une partie de l’usine” de la société Sucoma, a déclaré à la presse le Premier ministre Roger Kolo.

Il a précisé que les affrontements avaient eu lieu mercredi, alors que la Sucoma est secouée depuis des mois par des revendications du personnel malgache, qui réclame des contrats de travail et des augmentations de salaire.

“Il y a eu neuf blessés”, a ajouté le ministre malgache de l’Industrie, Jules Étienne.

“Le magasin de stockage des sucres de Sucoma a été totalement vidé par des pilleurs et une partie de l’usine incendiée”, a également indiqué à la presse le chef de la région de Menabe, Romain Gilbert.

“Il n’y a pas de Chinois tué ni blessé. Ils ont été évacués”, a précisé à l’AFP le colonel Anthony Rakotoarisoa, le directeur du service de renseignement de la gendarmerie.

Contactée par l’AFP, l’ambassade de Chine à Madagascar s’est refusée à tout commentaire. La Sucoma est une entreprise publique gérée par des Chinois, qui paient une redevance à l’État malgache.

“Cette situation a commencé par une réclamation d’un établissement d’un contrat de travail pour les employés saisonniers et une augmentation de salaire pour les employés permanents”, a expliqué jeudi le chef du gouvernement.

“Le problème de la société Sucoma est un problème interne. Il y a déjà eu auparavant des affrontements entre les personnels malgaches et les gérants chinois, aboutissant parfois à des actes de vandalisme et des agressions physiques sur les Chinois”, a indiqué à l’AFP le colonel Anthony Rakotoarisoa.

Des négociations entre les Chinois gérants de l’usine et le personnel malgache étaient en cours depuis mai selon la gendarmerie, et le gouvernement s’était impliqué pour tenter de trouver un accord.

Le mois dernier, des affrontements ont fait deux blessés parmi les Chinois, ainsi que des dégâts matériels.

C’est après l’arrestation mercredi de deux meneurs du mouvement, à la suite de l’incident de novembre, que le mécontentement a dégénéré, selon le colonel Rakotoarisoa.

Furieux, les employés de l’usine ont décidé de se rendre au camp de la gendarmerie pour réclamer la libération de leurs leaders. Un barrage a été instauré par les forces de l’ordre et cinq autres personnes ont été arrêtées pour empêcher les manifestants d’avancer.

Dans l’après-midi de mercredi, “des personnes munies d’arme blanche et d’un fusil de chasse ont de nouveau entrepris des marches en direction de la caserne de la gendarmerie”, a raconté le colonel Rakotoarisoa.

“Il y a eu des accrochages entre les manifestants et les forces de l’ordre obligeant ces derniers à se replier vers la caserne”, a-t-il ajouté, précisant que “lorsque les forces de l’ordre se sont enfermées dans la caserne, les manifestants ont encore continué à lancer des pierres, obligeant les éléments de la gendarmerie à procéder à des tirs en l’air”.

La gendarmerie affirme ainsi n’avoir tiré sur personne, tandis que des radios privées malgaches font état d’une troisième victime, tuée dans les affrontements.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 11 décembre 2014)

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Résistons Ensemble n° 136 – décembre 2014

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Résistons Ensemble

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[Tenir la police en respect, par tous les moyens nécessaires] Une liste de fournisseurs des forces de l’ordre

Tenir la police en respect, par tous les moyens nécessaires
… une liste de fournisseurs des forces de l’ordre

Depuis la mort de Rémi Fraisse, tué par la police aux abords des grilles du chantier du barrage de Sivens, une vague traverse le pays. Elle n’a rien d’inédit. C’est un air connu, qui a déjà fait trembler les murs de nombreuses métropoles à travers le monde, de Villiers-le-Bel à Ferguson. Ce mouvement, de manifs en blocages, d’assemblées en occupations de place, entend résister à l’existence que la police nous impose. Il met à mal la capacité de l’État à répondre à tout ce qui lui échappe par la terreur – d’être arbitrairement tué, mutilé, enfermé.

Confirmant, comme l’a déclaré Cazeneuve que ce décès n’était « pas une bavure », mais bien le fonctionnement normal des forces de l’ordre, la police a continué à blesser au flashball, à la grenade, à la matraque. Ces dernières semaines, une répression intense a frappé ceux qui s’organisent pour la tenir en respect et établir un rapport de force en sa défaveur dans les quartiers, dans les luttes.

De nombreux rassemblements ont été interdits, les arrestations préventives ont été massives, systématiques : on ne compte plus les procès pour port d’opinel. En parallèle, une opération de storytelling, agitant l’imaginaire du casseur-extrémiste-black-blocs, visait à susciter la peur envers nous, et la division entre nous.

Malgré ce discours régurgité quotidiennement à travers les médias, malgré le déploiement considérable des forces de l’ordre, nous étions chaque fois plus nombreux et divers à tenir la rue, qu’on cherchait à nous interdire. Dans ce mouvement naissant, de nouvelles formes ont émergé : on a vu naître des Zad sur les places de certains centres-ville, on a vu des manifestant faire reculer la police en avançant les mains en l’air, on a vu plusieurs gendarmeries cadenassées… En permettant à davantage de personnes de s’organiser et d’agir en commun, elles ont fait reculer un eu plus le besoin de police.

Ce besoin de police, incarné aussi bien par l’extrême-droite que par Manuel Valls, a été battu en brèche en certain lieux. Des territoires où les habitants gagnent de haute lutte une existence politique, reprennent leur destin en main, rendant ainsi la police inutile, se sont multipliés. Ils défont l’éternelle menace selon laquelle sans pouvoir, viendrait le chaos. Ils sont une des lignes de force pour prolonger ce qui a été vécu dans la rue le mois dernier.

La seconde perspective consistera à perturber ou paralyser la logistique qui fait fonctionner la machine policière.

Le 3 décembre dernier à Pont-de-Buis, à l’appel du Comité 29 contre la répression a eu lieu un blocage de l’usine Nobelsport (fabricant de flashball). Ambiance joyeuse de piquet de grève, grilles arrachées, barbecue et assemblée. À Paris le lendemain, les locaux de l’entreprise Alsetex (fabricant de grenades offensives et lacrymogènes) étaient redécorés du portrait de tout ceux que l’entreprise avait contribué à blesser ou tuer.

Ces actions témoignent d’une conscience nouvelle dans le mouvement : que le pouvoir ne s’incarne pas seulement dans le corps des agents de l’ordre, mais qu’il se déploie à travers un dense maillage d’infrastructures : usines de munitions, centres de recrutement, fournisseurs, etc. Ce sont ces infrastructures que nous entendons mettre en lumière, par cette liste.

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Nous faisons un double pari en la publiant. Tout d’abord, qu’elle inspirera des gestes originaux, permettant à tous et à toutes d’agir avec ses moyens et ses amitiés, hors des cadres délimités. Mais aussi qu’en ce propageant, ces actions tendent à pousser la police sur la défensive, plutôt qu’à quadriller les territoires, écraser les luttes.

Nous faisons ce pari stratégique car nous nous trouvons à un tournant. Soit, les manifs de ces dernières semaines s’éteignent peu à peu, soit quelque chose d’autre advient. Se laisser écraser dans le silence, la peur, et la résignation, signifie laisser pour longtemps toute marge de manœuvre à l’État, et ouvre le champ à tous ceux qui le souhaitent plus écrasant et réactionnaire encore.

Jack Attalist & le Zad Think Tank – paru le 12 décembre 2014 sur ZAD

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[Ali Ziri] Mort une 1re fois des mains de la police le 9 juin 2009 Mort une 2e fois des mains de la justice le 12 décembre 2014

NOUS CRIONS
C’EST TROP D’INJUSTICE !

Ali Ziri
Mort une 1re fois des mains de la police le 9 juin 2009
Mort une 2e fois des mains de la justice le 12 décembre 2014

La Cour de Rennes vient de confirmer le non-lieu pour les policiers, non-lieu que la Cour de Cassation avait remis en cause pour défaut d’instruction !

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Lorsque des policiers sont en cause dans la mort d’un homme … la justice regarde ailleurs : c’est pourtant la Cour de Cassation qui avait critiqué le manque d’enquête (aucun acte d’instruction pendant 3 ans). Mais la Cour de Rennes, sans nouvel acte d’enquête a confirmé le non-lieu pour les policiers. Ali Ziri est entré vivant dans le commissariat, il en sort mort et la justice 5 ans après dit : « Il n’est pas possible de retenir une cause certaine de la mort d’Ali Ziri » (Communiqué du Procureur du 12 décembre 2014).

Alors Quoi ?… Mort naturelle ? Coïncidant par pur hasard avec une interpellation policière et un transport au commissariat ? Les policiers ont reconnu devant la CNDS avoir utilisé la technique d’immobilisation dite du « pliage », technique interdite depuis 2003. Les policiers sont-ils définitivement au-dessus des lois et rendus intouchables par le pouvoir des juges ? Les citoyens ne peuvent accepter ni ce fonctionnement de la police, ni ce fonctionnement de la justice.

Participez à l’assemblée du Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri
Le jeudi 18 décembre à 19h
Local de l’ATMF, 26 Bd du Général Leclerc à Argenteuil

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L’extraction d’Ali Ziri du véhicule de police filmée par la caméra du commissariat d’Argenteuil.

Mailing – 15 décembre 2014

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[Urgence notre police assassine] « Une prédisposition institutionnelle au meurtre »

TRIBUNE : Amal Bentounsi « Permis de tuer : chronique de l’impunité policière, de Ferguson à Paris »

Amal Bentounsi est la sœur d’Amine Bentounsi, tué d’une balle dans le dos par un policier en 2012, et fondatrice du collectif “urgence notre police assassine”, qui regroupe plusieurs familles de victimes de crimes policiers. Déterminée à dénoncer l’impunité policière qui existe en France, elle a coécrit le livre Permis de tuer, aux éditions Syllepse.

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Ce n’est pas parce que c’est pire ailleurs qu’une situation inacceptable serait acceptable. En France comme aux États-Unis, les étendards de la morale et de la liberté doivent être fièrement portés lorsque la police assassine.

Certains diront que l’on a affaire à des accidents, qui ne sont que regrettables.

Certains diront que les personnes l’ont bien cherché.

Certains se diront même qu’il ne s’agit là pas d’une grande perte.

Il suffit d’écouter les réactions des syndicats policiers pour continuer les justifications indécentes, qui n’ont rien de logiques. L’occasion ne manque pas. Malgré des mensonges répétés les médias leur donnent régulièrement la parole, tout en nous la confisquant.

Comment expliquer que dans de nombreux pays, il n’y ait pas de morts suites à des arrestations policières ?

Comment ne pas voir le long processus qui s’est sournoisement infiltré et dont on peut comparer l’acte mortel au dernier mouvement de pièce qui met le roi mat ?

Est-ce d’ailleurs à la police de se faire justice ?

Est-ce une sanction juste ?

Existe-t-il des vies inutiles ?

En France comme aux États-Unis, des hommes se font assassiner pour ce qu’ils sont, et ce qu’ils font n’est qu’un prétexte. Il y a là une prédisposition institutionnelle au meurtre qui n’est que la partie visible de l’iceberg.

Lorsque l’on voit Obama, malgré la puissance des lobbies, reconnaître qu’il existe un racisme ancré, structurel alors que Monsieur Valls nous répète que les policiers sont républicains et qu’il n’existe pas de « deux poids deux mesures », comment en tant que Français ne pas s’offusquer ?

Lorsque l’on voit que les médias parlent ouvertement d’un permis de tuer, d’une police raciste aux États-Unis et pratiquent la langue de bois ou l’auto-censure lorsque la police assassine en France, comment le comprendre ?

Lorsque l’on voit que la France, championne du monde des délais judiciaires explosés, oriente les enquêtes menées par des collègues policiers via des experts corrompus, via des pressions sur magistrats, pour mieux nettoyer les preuves et dédouaner des assassins, comment l’accepter en tant que citoyen ?

Si en France comme aux États-Unis la police assassine et la justice acquitte, la France par ses médias et ses politiques se distingue par son hypocrisie, par un mépris institutionnalisé et médiatique d’une partie de son peuple, mais surtout par son manque de courage et d’amour.

Amal Bentounsi
Collectif « Urgence notre police assassine »
Clique.tv – 11 décembre 2014

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