[Flics, porcs, assassins / Vérité et justice pour Wissam El-Yamni] Un des flics mis en examen pour coups mortels

Décès après une interpellation à Clermont-Ferrand : un policier mis en examen

L’un des deux policiers visés par l’information judiciaire ouverte après la mort d’un jeune homme à Clermont-Ferrand, en janvier 2012, a été mis en examen pour coups mortels le 24 février dernier, a appris Le Monde, jeudi 6 mars, auprès du procureur de la République. Son collègue devrait être convoqué par les deux juges d’instruction chargés de l’affaire dans les jours qui viennent. « Enfin ! » s’est exclamé Me Jean-Louis Borie qui défend, avec son confrère Jean-François Canis, les intérêts de la famille de Wissam El-Yamni.

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Quelque 500 à 600 personnes avaient défilé le 7 janvier 2012 à Clermont-Ferrand en soutien à Wissam El-Yamni, arrêté de façon “musclée” la nuit du réveillon, décédé après plusieurs jours de coma.

Les faits remontent à plus de vingt-six mois. Pendant la nuit de la Saint-Sylvestre 2011, l’interpellation musclée de ce chauffeur de 30 ans, qui avait jeté une pierre sur une voiture de police avait mal tourné. Tombé dans le coma, il était décédé neuf jours plus tard. Le rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) révélé par Le Monde avait avancé l’hypothèse que le coma ait été provoqué par un « pliage », une technique de contention non autorisée par les règles d’intervention de la police. Dans la voiture de la brigade canine qui emmenait Wissam El-Yamni vers le commissariat, le policier assis à l’arrière du véhicule l’avait maîtrisé en lui appuyant « de haut en bas sur la tête, la maintenant contre les genoux durant le transport », selon l’IGPN. C’est ce policier qui vient d’être mis en examen. L’autre policier mis en cause conduisait la voiture. Le « pliage » avait été mis en cause dès 2003 par la Commission nationale de déontologie de la sécurité après la mort de deux sans-papiers maintenus dans cette position sur leur siège d’avion à l’occasion de leur reconduite dans leurs pays d’origine.

ZONES D’OMBRE

« Le motif de la mise en examen est en cohérence avec les réquisitions du procureur qui mettaient en avant des coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner », note Me Borie. Les causes de la mort ne sont toutefois pas encore établies avec certitude. Une première autopsie avait suggéré une « compression des artères carotides internes […] lors du maintien de M. El-Yamni en hyper-flexion (tête entre les genoux) » comme cause du coma. Une expertise toxicologique avait de son côté mis en avant l’action toxique aiguë sur le cœur d’un mélange d’alcool et de cocaïne. Cette deuxième hypothèse est contestée par les avocats de la famille de Wissam El-Yamni qui ont produit une contre-expertise mettant en doute l’interprétation de l’analyse toxicologique. En janvier, les deux magistrats instructeurs ont accédé à la demande de Mes Borie et Canis de désigner un collège d’experts pour tenter d’y voir plus clair.

D’autres zones d’ombre subsistent sur les conditions de l’interpellation, qui s’est déroulée à la Gauthière, l’un des quartiers nord de la capitale auvergnate. Initialement, la police avait indiqué que trois véhicules avaient été envoyés sur les lieux. « En définitive, il y en avait neuf », affirme Me Jean-Louis Borie. Alors que le parquet avait demandé, après avoir été informé du coma, des contrôles d’alcoolémie pour tous les policiers présents, seuls trois équipages ont été contrôlés. Il serait bon d’éclaircir l’ambiance générale qui régnait ce soir-là. »

Leur presse (Manuel Armand, LeMonde.fr, 6 mars 2014, mis à jour le 7 mars)

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[Face aux armes de la police / Notre-Dame-des-Landes] BACeux avec un lance-pierre lors de la manif nantaise du 22 février

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Copwatch bigouden via la Maison de la Grève

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[Montpellier] Karnavalls des Gueux (2)

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[Montpellier] Karnavalls des Gueux

Montpellier : valses au carnaval des gueux

Hier soir, près de mille déguisés ont fêté et brûlé sa majesté Carnaval…

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Des hommes déguisés en femmes voilées et enceintes jusqu’au cou, des soldats, des prisonniers, des êtres-plantes étranges… Le carnaval des gueux, cour des miracles, a du sens. Et si dans la foule, un jeune crétin se baladait avec une pierre dans une chaussette pour casser les vitrines ; si un autre aspergeait ses copains de gaz lacrymogène ou si encore un quadra stupide ne rêvait que de balancer les chariots en feu dans les rues en pente, la très grande majorité des présents était bien rassemblée pour faire la fête et évacuer angoisses du présent, peurs d’avenir. Une jeunesse politique et engagée. Mais pas enragée. Qui parle de l’Ukraine comme du manque critique de WC dans cette ville qui se vante de ne jamais se coucher… Et qui regrette que le Peyrou soit fermé. Car “là bas, on aurait pu faire la fête sans trop déranger”.

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Leur presse (MidiLibre.fr, 5 mars 2014)

 

CARNAVAL DES GUEUX : 30 COMMERCES VANDALISÉS ! LA CCI DEMANDE AU PRÉFET D’INTERDIRE CETTE MANIFESTATION

Mardi dernier, le festival des Gueux a, une nouvelle fois, mal tourné. Malgré une présence policière renforcée, de nombreux actes de vandalisme ont eu lieu et une trentaine de vitrines de commerces du centre-ville (rues de la Loge, Foch et la rue de l’Argenterie, Foch…) ont eu leur vitrine brisées ou taguées et de nombreux containers ont été incendiés dans le centre.

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Dans un courrier adressé ce jeudi au Préfet de Région, et au Maire de Montpellier, le Président de la CCI de Montpellier, André Deljarry, à la demande des commerçants exaspérés par cette situation, demande que cette manifestation ne soit, à l’avenir, plus autorisée dans le centre-ville. La CCI de Montpellier dénonce fermement ces actes de vandalisme sur les commerces ; la nécessité de mobiliser un nombre important de forces de l’ordre pour encadrer cette manifestation et la tranquillité perturbée des résidents.

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Image du Carnaval des Gueux en 2011 qui avait mal tourné !

Leur presse (Thierry Boussarie, voussaveztout.com, 7 mars 2014)

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[Vient de paraître] Brochure sur l’autodéfense informatique

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L’Informatique : Se défendre et attaquer

Cette brochure a été faite par désir de rassembler les connaissances théoriques et les outils pratiques actuellement les plus efficaces à nos yeux, pour utiliser l’informatique pour des activités sensibles, sans se faire avoir. Concrètement, ça implique d’être en mesure d’agir de manière anonyme, confidentielle et en laissant le moins de traces possible derrière nous. Sans ces précautions, inutile d’espérer déjouer longtemps la surveillance et la répression employées par les États et leurs classes dirigeantes pour continuer à exercer tranquillement leur domination.

Se réapproprier les outils informatiques, c’est comprendre pour mieux se défendre et… attaquer, mais c’est aussi se donner les moyens de pouvoir choisir en connaissance de cause, quand ne pas utiliser l’informatique.

Le texte est disponible en ligne sur le site infokiosques.net.

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[Notre-Dame-des-Landes / Nantes] Des nouvelles de Quentin

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Les nouvelles de Quentin Torselli

La santé : L’opération d’hier s’est bien passée. Les multiples fractures ont été soignées, tout doit se consolider maintenant. C’est très douloureux pour l’instant.

Soins infirmiers 3 fois par jour pendant 15 jours pour l’œil.

ITT jusqu’au 4 avril pour l’instant.

Le moral : sans commentaire pour l’instant.

La justice : Quentin a déposé plainte le 27 février dernier.

La presse :

- Un bel article dans le Canard enchaîné de ce matin : « le nouvel aéroport coûte les yeux de la tête », de Jean-Luc Porquet. Nous vous le transmettrons quand nous l’aurons scanné. Mais vous pouvez acheter le journal !

- Un lien qui fait du bien

- et un autre lien qui dit les choses

Les témoignages :

Quentin n’a pas été le seul blessé. Ils sont nombreux parmi les manifestants pacifiques et les badauds. Les plaintes affluent.

- voici ce que raconte une jeune fille qui était aux côtés de Quentin :

« Le 22 février 2014 à Nantes, aux alentours de 18h00. Entre la rue Felix Éboué et l’allée de l’Ile Gloriette.

Nous étions en train de reculer face aux forces de l’ordre (à une cinquantaine de mètres) quand j’ai vu Quentin à terre. Quatre, cinq personnes, dont moi, ont accouru vers lui pour lui porter secours.

Quentin était touché à l’œil, conscient mais incapable de marcher ni même de se lever. (Quentin avait le visage découvert).

Ensemble, nous l’avons porté pour le mettre à l’abri, plus loin. Les CRS continuaient d’avancer vers nous, ils se sont approchés très vite. Des lacrymogènes continuaient à être lancés tout près de Quentin. Il nous a donc fallu l’éloigner à nouveau. Nous l’avons alors amené dans une rue perpendiculaire, beaucoup plus calme, rue Deurbroucq où, jusqu’alors, aucun manifestant ne se trouvait. Pensant avoir trouvé un endroit calme, nous le reposons au sol. À ce moment, l’un d’entre nous a appelé les pompiers.

Cependant, et contre toute attente, un rang de CRS et un camion anti-émeute, nous ont suivi. Ils arrivaient donc à nouveau dans notre direction. Les mains couvertes du sang de Quentin, je me suis alors avancée vers eux, doucement, le visage découvert et les mains en l’air pour leur faire signe d’arrêter. J’étais à quelques mètres d’eux et ils me voyaient. Ils ont visé le canon à eau sur moi et ont tiré.

Pendant ce temps, le reste du groupe avait à nouveau déplacé Quentin, cette fois-ci jusque dans un parking souterrain ouvert. Nous restons auprès de lui un long moment en essayant de le rassurer. C’est à ce moment que j’ai pris conscience de la gravité de sa blessure.

Un camion pompier arrive Quai de Tourville. Nous remontons Quentin dans la rue.

Les pompiers ne sortent pas immédiatement de leur camion. Ils demandent à tout le monde de se disperser.

Comme je tenais Quentin dans mes bras, je suis la seule à rester avec lui, au milieu de la rue. J’ai alors gardé Quentin dans mes bras un temps qui me semble être une éternité. Les pompiers ont mis beaucoup de temps à intervenir. Le brancard ne semblait pas être disponible. Ils semblaient aussi avoir peur de nous. Les pompiers se collaient à moi et à Quentin pour se protéger d’une « éventuelle » agression.

Enfin, ils ont amené une couverture de survie, enfin ils ont sorti un brancard, enfin ils l’ont emmené. »

pour terminer : encore et encore merci à vous tous, ça nous fait du bien de vous sentir près de nous. Le combat ne fait que commencer, nous voulons que les choses soient dites, soient sues. N’hésitez donc pas à transmettre ce mail.

Bien amicalement,

Famille Torselli – 5 mars 2014, via Infozone

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Bas les pattes sur le Jura Libertaire !

BAS LES PATTES SUR LE JURA LIBERTAIRE !

Le Jura Libertaire poursuivi par le ministère de l’Intérieur pour « diffamation » envers la Police.

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TÉLÉCHARGER L’AFFICHE – TÉLÉCHARGER LE FLYER

À l’été 2010, Brice Hortefeux porte plainte contre les sites web Indymedia Grenoble et Le Jura Libertaire, désignés comme « hostiles à la police » pour avoir relaté les exactions policières perpétrées dans le quartier populaire de la Villeneuve (banlieue de Grenoble). Après trois ans d’enquête, le plaignant est maintenant Manuel Valls et le procès du Jura Libertaire fixé au 14 novembre 2014.

Les ministres de l’Intérieur font leur travail, en protégeant « l’honneur » de leurs bandes armées. Quant à nous, nous défendrons dans les faits la liberté d’expression ainsi que la révolte des classes dangereuses contre la mafia capitaliste qui nous exploite et nous réprime. La CNT-Jura organise la solidarité avec Le Jura Libertaire.

Première soirée de soutien lors du week-end national de commémoration des victimes de crimes policiers, vendredi 14 mars à Hauteville-Lompnes (Haut-Bugey).

Que 1000 Jura Lib’ et Indy Grenoble fleurissent !

Autodéfense des médias libres ! Police hors de nos vies !

CNT JURA – BP 98, 39140 BLETTERANS CC

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Des nouvelles de Tarnac (2)

Ussel (Corrèze). Le projet de territoire lancé en 2010 par le fonds de dotation se traduira par un chantier, cet été

Les Tarnacois du Goutailloux et d’ailleurs ont déployé un projet d’animation du Plateau avec, au cœur, la rénovation de la ferme.

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La ferme la plus célèbre de Tarnac entreprend des travaux de rénovation pour étendre ses activités.

Depuis 2010, les Amis [de la Commune] de Tarnac ont lancé un projet de territoire financé via un Fonds de dotation et une association. L’objectif : dynamiser le Plateau de Millevaches, la solidarité entre habitants et organiser des manifestations porteuses pour le territoire et sa vitalité. Chaque été, une animation phare draine ainsi son public sur le territoire. Des locaux mais aussi des extérieurs qui songeraient, pourquoi pas, à s’installer.

En 2012, avec les résultats de la première campagne de dons, l’équipe a pu organiser les Nuits du 4-Août, rameutant sur le week-end des centaines de personnes sur Peyrelevade pour des animations de rue, des conférences, des échanges. L’été dernier, un séminaire de philosophie sur l’état de l’occident a réuni, une nouvelle fois, 400 personnes sur le Plateau de Millevaches et autour du noyau dur des Amis de Tarnac.

Un projet de société

En plus des événements annuels, le Fonds a permis d’investir dans des séances cinéma gratuites dans la salle du bar du magasin général et d’ouvrir un atelier garage participatif. Autre grand axe esquissé par le fonds de dotation, peut-être le plus important mais de longue haleine : la rénovation du bâtiment principal de la ferme du Goutailloux de Tarnac, lieu privilégié de rencontres et de discussions qui accueille déjà de la formation agricole et aux métiers du bois.

Pour ce faire, un chantier d’un an et demi de travaux a été imaginé afin de donner au lieu une allure plus contemporaine avec bâtiment d’hébergement (rénové l’an dernier) et grange dont la restauration sera lancée cet été. « L’idée du fonds de dotation est de permettre de financer des initiatives non lucratives et d’intérêt général à caractère social, écologique et solidaire pour le territoire, précisent les Amis de Tarnac. Sur la ferme, nous avons déjà refait la toiture et nous aménageons actuellement la partie hébergement. Notre atelier pôle bois construit déjà des modules pour des habitations. On était parti du constat qu’il y avait un besoin de se loger sur le Plateau mais un problème de prix du bâti pour beaucoup. Donc on a formé ceux qui le souhaitaient sur cette technique de modules pour qu’ils la mettent en pratique pour construire leur propre maison. Dans les prochains mois, le premier module de 72 m², fait à partir de produits locaux, devrait sortir de terre. »

Une démarche éco-responsable d’utilisation des essences locales, de transformation sur place (jusqu’à l’isolation avec des copeaux récupérés à la scierie), qui se traduira dans le chantier de rénovation de la ferme, cet été. « Les Compagnons bâtisseurs allemands ont choisi notre projet de chantier pour leur action annuelle, poursuivent les Amis de Tarnac. Ils viendront, en août, pour intervenir sur ce chantier collectif, ce sera l’occasion d’échanger également sur nos cultures, cela devrait être très intéressant. »

Le chantier est estimé à 200.000 €, autofinancés intégralement avec 70.000 € apportés par le fonds de dotation qui a déjà recueilli 40.000 €. « L’idée est de faire vivre le territoire. Chacun participe à son niveau. » Selon les Amis de Tarnac, 500 donateurs les soutiennent pour lancer leur projet de société sur un Plateau.

Leur presse (Magali Roche, LaMontagne.fr, 18 février 2014)

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[Flics, porcs, assassins] Wissam El-Yamni

Décès de mon frère Wissam : pour que l’enquête avance

Le 9 janvier 2012, mon frère Wissam est décédé suite à une interpellation par la police. Deux ans plus tard, l’enquête piétine : nous devons nous battre pour que justice soit faite.

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Dans la nuit du 31 décembre 2011 au 1er janvier 2012, mon frère Wissam el-Yamni tombe dans le coma après avoir été interpellé par la police. Il meurt neuf jours plus tard. Deux ans après ce drame, notre famille cherche toujours à connaître les raisons de sa mort. Au-delà de la souffrance physique et mentale que mon frère a subie, au-delà de notre souffrance de ne plus le voir assis autour de la table à nous faire rire, nous sommes très en colère de la manière dont l’enquête et les analyses médicales sont menées et avons le sentiment que beaucoup refusent de rechercher la vérité.

Aidés par nos avocats, nous continuons à nous battre pour obtenir justice et lançons une pétition sur Internet car nous ne pouvons pas accepter ce traitement. Nous demandons des réponses aux questions qui nous semblent légitimes. Je vais tenter ici d’expliquer tous les évènements, les hypothèses qui ont été évoquées et tout ce qui donne à notre famille l’impression de vivre un mauvais film.

Les faits

Le soir du 31 décembre 2011, mon frère est arrêté, soi-disant pour avoir jeté des pierres sur un véhicule de police. Quelques dizaines de minutes plus tard, au commissariat de Clermont-Ferrand, il est allongé inconscient face contre terre dans le couloir, le pantalon baissé et sans ceinture. Que s’est-il passé entre temps ? Il arrive à l’hôpital avec le visage très marqué et de gros bleus dans le cou.

La première équipe médicale qui l’examine évoque une strangulation. Quelques heures après les faits, des témoins et des procès-verbaux mentionnent des photos prises qui devraient être jointes au dossier mais qui ont disparu. Le lendemain, l’équipe médicale prend des photos (voir pièces jointes). Plusieurs jours plus tard, la police en fait à son tour : à ce moment, les marques au visage ont déjà cicatrisées et sont beaucoup moins visibles. Le 9 janvier 2012, Wissam décède.

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L’enquête de l’IGPN

Dans les jours qui suivent, l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) est censée réaliser une enquête sur cette mort suspecte, et alors que le scandale provoque des émeutes dans Clermont-Ferrand. Le récit des faits par les policiers est confus, incohérent : le procureur lui-même annonce qu’au maximum trois voitures étaient présentes sur les lieux de l’interpellation (un parking) – on apprendra plus tard qu’il y en avait une dizaine, les policiers disent que Wissam était conscient lors de son arrivée au commissariat et que, si son pantalon était baissé, c’est parce qu’il l’avait accroché à une porte lors du transport (nous n’avons aucune explication sur la disparition de sa ceinture, alors qu’on le voit avec sur une vidéo sur ces mêmes lieux !).

Surtout, ils racontent qu’ils ont utilisé la technique du « pliage » pendant le transport, c’est-à-dire qu’ils lui ont maintenu la tête entre les genoux, ce qui l’aurait empêché de respirer. Cette technique a été utilisée jusqu’en 2003 par la police de l’air et des frontières lors des opérations de reconduite à la frontière de clandestins. Elle a été interdite car elle a provoqué deux décès – mais durant des durées de transport beaucoup plus longues que celle de Wissam. C’est pourtant cette hypothèse que les agents de l’IGPN retiennent : pour eux, le décès de Wissam est dû à ce « pliage » – avant même les résultats de l’autopsie ! Nous n’avons jamais cru à ce scénario, monté de toutes pièces, et qui cherche à mettre la mort de Wissam sur le compte d’une simple erreur.

L’ouverture de l’enquête par le procureur

Le procureur de Clermont-Ferrand ouvre une information judiciaire dont le chef d’inculpation devient après la mort de Wissam « violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Il vise les deux policiers de la brigade canine qui ont procédé à l’interpellation et transporté Wissam au commissariat. Ces policiers n’ont pas la moindre égratignure, difficile de croire qu’ils ont fait preuve de la force strictement nécessaire : Wissam n’était pas un danger et plusieurs policiers affirment d’ailleurs qu’il était parfaitement calme.

Les trois juges d’instruction qui se sont depuis succédé sur ce dossier n’ont jamais pu réaliser d’enquête sérieuse. De nombreux témoins étaient présents lors de l’interpellation, et même dans le commissariat, et leur version diverge de celle des policiers. Pourtant, ils n’ont jamais été interrogés par la justice, malgré la demande expresse de nos avocats. De même, ils ont toujours pas examiné les vidéos des caméras de surveillance du commissariat ou écouter les communications radio entre les véhicules de police, et notamment celles des deux voitures sur lesquelles se portent les soupçons. Cette enquête n’est jamais allée plus loin que les conclusions arrangeantes de l’IGPN.

La première autopsie et l’hypothèse du pliage

Une première autopsie est réalisée le 11 janvier 2012. Le médecin légiste n’a pas le rapport médical de l’hôpital et ne prend pas en compte la cicatrisation des blessures. Wissam est autopsié comme s’il venait de mourir. Les différentes fractures à l’arcade et aux côtes, en voie de cicatrisation lors du coma, ne sont pas relevées.

Finalement, le médecin valide l’hypothèse de l’IGPN – qu’il a rencontrée et qui lui a donné une fausse version des faits. Les marques au cou ne seraient que des marques de frottement de vêtements : comment expliquer de tels bleus par de simples frottements ? De même, pour lui, le décès de Wissam est dû au pliage.

Il explique qu’il est mort d’« une compression des artères carotides internes, à l’origine d’un ralentissement de la circulation sanguine et de la perte de connaissance » et que cette compression résulterait d’une structure particulière des os de la tête, « des os temporaux en avant des conduits auditifs, excroissances […] qui sont particulièrement longues ». Mon frère était un grand sportif avec un cœur solide. Comment aurait-il pu mourir d’avoir eu la tête entre les genoux quatre à cinq minutes ? Et quel est le rapport entre une compression du cou et un pliage ? Aucun. Cette hypothèse sera reprise par le procureur pour écarter la suspicion d’une mort d’origine traumatique, une version largement diffusée par la presse.

Le corps non-conservé rend impossible toute expertise antérieure

Nous demandons immédiatement une contre-autopsie. Mais la justice refuse et souhaite d’abord faire une expertise. Pendant ce temps, rien n’est fait en parallèle pour que l’enquête avance, comme s’il fallait la faire durer pour mieux l’enterrer. C’est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui.

Autre problème : pendant six mois, le corps de Wissam n’est pas placé en chambre froide et aucune mesure n’est prise pour le conserver. Du fait de la décomposition, la contre-autopsie du second médecin légiste ne peut se baser que sur le dossier médical. Nous enterrons enfin mon frère en juin 2012, soit six mois après son décès.

L’ « expertise » et la thèse du « cocktail toxique de drogues »

À notre grande surprise, l’expertise est réalisée par le même médecin légiste que la première autopsie, comme s’il fallait lui donner un moyen de « se rattraper » avant la contre-autopsie. Pourquoi lui donner l’opportunité de faire une expertise de sa propre autopsie, qui devrait elle-même être une expertise ?

Le médecin revient alors sur son hypothèse du « pliage » et soutient cette fois que Wissam est mort à cause d’un « cocktail de drogues ». Or, les quantités de drogues retrouvées sont en faibles quantités et ne sont pas létales, même en cas de mélange.

La contre autopsie de juin 2012 à avril 2013

La deuxième autopsie est quant à elle réalisée par un médecin de Poitiers, d’où vient justement le procureur de Clermont-Ferrand. Les résultats devaient nous être transmis en septembre 2012, ce qui est déjà anormalement long, mais ils sont repoussés pendant presqu’un an, jusqu’en avril 2013.

Encore une fois, plusieurs éléments de cette seconde autopsie sont critiquables. Tout d’abord, le médecin a accès aux premières conclusions, ce qui peut influencer son appréciation. De plus, l’expertise cardiologique est réalisée par un expert en médecine générale (pourtant, la cour d’appel de Poitiers a bien un expert cardiologue enregistré). Si c’est bien une radiologue qui analyse les blessures, cette dernière n’est en revanche pas inscrite sur la liste des experts de la Cour et elle n’utilise que les radios réalisées plusieurs jours après le drame – alors qu’elle a les plus récentes.

Le problème des photos

Des photos ont été prises par la police le 1er janvier 2012 mais elles n’ont jamais été versées au dossier. À l’origine, seules y figuraient des photos prises plusieurs jours plus tard, alors que les marques avaient largement cicatrisées. Or, ces photos ont été présentées comme étant celles du 1er janvier. Lorsque nous les avons vues, nous les avons immédiatement contestées, ayant nous-même, ainsi que l’hôpital, pris des photos les 2 et 3 janvier sur lesquelles les marques sont beaucoup plus visibles.

En novembre 2012, la chambre d’instruction a ordonné une datation des photos dans le dossier ce qui, à ce jour, n’a toujours pas été fait.

Une nouvelle contre-expertise en cours

En juin 2013, nous faisons une nouvelle demande d’expertise, menée par de véritables experts. Faute de réponse, nos avocats saisissent la chambre d’instruction en novembre 2013. Un jour avant qu’elle ne se prononce, le 14 janvier 2014, le juge d’instruction désigne enfin un collège d’experts

On nous dit que cette expertise aura lieu dans les cinq mois, ce qui est anormal. De plus, il est clair qu’elle n’aura aucune valeur si elle se base encore une fois sur les mauvaises photos. Mais le procureur dit à la presse que la justice est déterminée à rechercher la vérité. Nous avons encore espoir en la justice mais nous espérons que cette expertise ne débouchera pas sur une énième fuite sur les raisons de la mort de Wissam. La justice va-t-elle enfin faire preuve de transparence ?

Nous nous battons parce qu’on ne peut pas accepter de supprimer la vie de Wissam comme on écraserait un insecte. Wissam était très aimé, il n’était pas un insecte. Nous nous battons aussi pour vous, vos amis, vos enfants, pour qu’ils soient en toutes circonstances protégés des autres et d’eux-mêmes. Si vous les aimez, si vous vous aimez, il est de votre devoir comme du nôtre d’agir pour bâtir une société juste, fraternelle. On est tous Wissam.

Farid EL-YAMNI – maveritesur.com, 26 février 2014

 

Mort après avoir été interpellé : bataille d’expertises médicales

Deux ans après la mort de Wissam El Yamni, tombé dans le coma suite à son interpellation le 1er janvier 2012, la justice s’enlise dans les rapports médicaux.

Il y a deux ans, Wissam El Yamni, chauffeur-routier clermontois de 30 ans, décédait après neuf jours de coma au CHU de Clermont-Ferrand, où il avait été conduit inanimé par les policiers après une interpellation houleuse la nuit du 1er janvier 2012. Le jeune homme était manifestement comateux dès son arrivée au commissariat où les policiers l’avaient déposé dans un couloir face contre terre, menotté et le pantalon abaissé.

Depuis, trois juges d’instruction se sont succédé sur le dossier. Aucun d’eux n’a entendu les deux policiers de la brigade canine, visés nommément par le réquisitoire introductif. Et pas davantage les témoins, malgré les demandes répétées des avocats de la famille de Wissam El Yamni. Mais le 15 avril 2013, le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Pierre Sennès, s’était empressé de convoquer une conférence de presse pour annoncer les résultats d’une expertise, arrivée à peine trois jours plus tôt sur le bureau du juge d’instruction. « Nous n’avions même pas encore eu connaissance du rapport », s’étrangle Me Jean-Louis Borie, un des deux avocats de la famille El Yamni. La raison de cet empressement ? Ce dernier rapport écarte toute responsabilité policière dans l’arrêt cardiaque du jeune homme, causé selon l’expert par « une action toxique aiguë de la cocaïne » associée à l’alcool et à une autre molécule (pseudoéphédrine). Le taux de cocaïne (4 ng/ml) relevé est très en deçà du seuil minimal de détection utilisé pour le dépistage routier (50 ng/ml). Mais selon l’expert, médecin légiste au CHU de Poitiers, même à ces concentrations, « cette situation créait un risque important et connu de troubles de la conduction cardiaque (attestés par un allongement du QT) ». Dans cette bataille d’expertises médicales, chaque détail compte : le juge d’instruction avait fait appel à un expert de la cour d’appel de Poitiers, ville où exerçait auparavant le procureur de la République de Clermont-Ferrand. Une coïncidence que les avocats de la famille trouvent « un peu curieuse ».

Dans son premier rapport de synthèse, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargée de l’enquête, avait d’abord envisagé la piste d’une mort consécutive à une « compression des artères carotides internes » lors du transport de Wissam El Yamni après son interpellation. Elle mettait en cause la technique policière du « pliage » consistant à maintenir la tête appuyée sur les genoux pour contenir une personne agitée. Une hypothèse exclue par l’expert de Poitiers, de même que celle d’une strangulation, avancée par la famille au vu des ecchymoses sur le cou du jeune homme et de la disparition de la ceinture qu’il portait ce soir-là. Lors de son admission aux urgences dans la nuit du 1er janvier 2012, le dossier médical mentionne des « traces de strangulation au niveau de la région cervicale ». La dernière expertise requalifie ces traces de simple « frottement par les vêtements » ou « frottement appuyé sur une surface »… Quant à la « fracture du nez et de l’orbite gauche » révélée par le premier scanner, il s’agit selon l’expertise de « lésions osseuses anciennes, très antérieures aux événements » au caractère « bénin », du type de celles causées par un coup de poing.

Sceptiques, les avocats de la famille ont fait appel au chef du service de cardiologie du CHU de Clermont-Ferrand, qui dément ces conclusions. Dans son rapport du 29 juillet 2013, le professeur estime que les anomalies relevées à l’hôpital sur l’électrocardiogramme du jeune homme (allongement du QT) n’étaient pas liées à la prise de cocaïne, mais au fait que le patient était alors maintenu en hypothermie par le personnel soignant pour éviter des dommages neurologiques. « Soit l’expert de Poitiers est incompétent, soit il est très malhonnête, affirme Me Jean-François Canis. Les électrocardiogrammes étaient forcément anormaux, puisque Wissam était sous sédation. Et on a essayé de nous faire croire qu’on pouvait en tirer des conclusions sur la cause de sa mort. » La famille a donc demandé une contre-expertise sur laquelle la chambre de l’instruction devrait trancher dans les prochaines semaines, selon Me Jean-Louis Borie.

Autre curiosité, l’expertise de Poitiers s’appuie principalement sur les photos prises lors de l’autopsie du 11 janvier 2012, soit après neuf jours de coma artificiel. « Ce qui a laissé le temps aux blessures de cicatriser », note Farid El Yamni, 27 ans, le frère de Wissam. La famille s’est pourtant battue pour que soient versées au dossier neuf photos réalisées par le CHU de Clermont-Ferrand le 1er ou le 2 janvier 2012, sur lesquelles les ecchymoses au visage et les marques rouges au niveau du cou sont bien plus visibles. Ce sont deux de ces photos que nous publions aujourd’hui, à la demande de Farid El Yamni. « Nous aurions préféré ne pas avoir à les montrer, mais puisque les experts et le procureur racontent n’importe quoi… », regrette le jeune ingénieur.

C’est le chef du service anesthésie et réanimation du CHU de Clermont-Ferrand qui avait finalement dû remettre lui-même ces neuf photos à la justice le 13 juin 2012, plus de six mois après la mort de Wissam El Yamni. « Les médecins nous ont dit que lorsque la police des polices était passée récupérer le dossier médical, les enquêteurs n’avaient pas tout pris et avaient laissé ces photos », s’étonne Farid El Yamni. Qui s’interroge également : « Pourquoi l’expert a-t-il utilisé les photos du 11 janvier alors qu’il avait celles du 2 janvier ? Parce qu’elles montrent des éléments plus compromettants ?»

En attendant, l’information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique » (un crime passible des assises) semble encalminée. Jean-Christophe Riboulet, le doyen des juges d’instruction de Clermont-Ferrand, en charge du dossier, a quitté ses fonctions fin août 2013 sans être remplacé. À charge pour les trois juges d’instruction restants de reprendre les 85 affaires de son cabinet. « En pratique, elles ne pourront pas être instruites, regrettait Jean-Christophe Riboulet peu avant son départ. Seules les urgences vont être traitées. Comme les dossiers des personnes détenues, par exemple. Matériellement, on ne peut pas faire autrement. » C’est la juge d’instruction Véronique Drahi qui a hérité de l’enquête sur la mort de Wissam El Yamni. « J’espère que la juge va reprendre le dossier en main, et mener a minima l’audition des policiers », indique Me Jean-Louis Borie, qui craint que l’affaire ne s’éteigne sous les rapports médicaux. Le Défenseur des droits, qui s’était autosaisi du dossier, n’a lui non plus toujours pas entendu les policiers. Il devrait rendre sa décision au premier semestre 2014.

Leur presse (Mediapart, 31 décembre 2013)

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L’antiterrorisme est un mode de gouvernement

Le groupe de Tarnac : « L’antiterrorisme est un mode de gouvernement »

L’antiterrorisme est magique. Il a non seulement l’art de faire passer des chihuahuas pour des loups, mais en outre celui de faire taire toute protestation à son sujet. Deux lycéens de 15 et 16 ans dont on s’alarmait en janvier, entre compassion et surprise, qu’ils aient pris le chemin de la Syrie sont ainsi devenus à la fin du mois des « apprentis djihadistes » sous contrôle judiciaire. Et nul ne moufte. Deux gamins mis en examen pour « participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », deux gamins ramenés de Turquie par des proches et cueillis à leur retour par la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) en guise de comité d’accueil. Tout est dans l’ordre, passons à la suite.

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Les deux amis étaient partis le 6 janvier avec l’intention de rejoindre les jeunes Français qui se battent au côté des djihadistes contre le régime de Damas.

Un enquêteur qui déclare qu’il s’agit en fait de « décourager les autres petits jeunes radicalisés sur Internet qui auraient l’intention de se rendre là-bas », qui déclare donc que l’on inculpe des gens pour intimider les autres, et nul ne s’en émeut. Un ministre de l’intérieur qui multiplie par trois le nombre, déjà gonflé par les services, des Français qui seraient actuellement en Syrie à combattre l’armée de Bachar Al-Assad, et personne pour noter la magouille.

Il faut dire que sans le genre de petites opérations de terreur discursive dont l’antiterrorisme est coutumier, on n’aurait pu si simplement tordre le cou à l’évidence. Ce qu’il y a de sidérant, c’est évidemment que depuis trois ans on laisse un peuple se faire massacrer, bombarder, torturer, gazer par tout un appareil contre-insurrectionnel déchaîné, et non que des jeunes gens trouvent cela intolérable et décident d’agir en conséquence.

C’EST EUX OU NOUS

Moralement, il est vrai, c’est eux ou nous : ou bien nous sommes des lâches, des cyniques, des cœurs tannés qui assistent tranquillement au carnage du fond de nos sofas, ou bien nous avons affaire à des « monstres embrigadés en un mois sur Internet » au terme d’un « processus d’autoradicalisation fulgurant ».

Ici, gober le bobard est le prix à payer pour notre confort moral. En d’autres temps, on n’aurait pas attendu pour monter des brigades internationales de volontaires auxquelles auraient participé de futurs George Orwell, et c’est bien sûr de ne l’avoir pas fait que nous avons, en lieu et place, des Brigades Al-Nosra et des otages. Rééduquer par l’antiterrorisme des gamins de 15 ans, voilà qui permet à bon compte de faire un peu oublier la contradiction saignante entre la position officielle de la France envers le régime syrien et sa paralysie effective. Nous disions, à peine arrêtés, que l’antiterrorisme ne ciblait pas centralement ceux sur qui il s’abat, mais l’ensemble de la population ; qu’il n’était donc pas une procédure judiciaire, mais un mode de gouvernement.

Depuis lors, les révélations d’Edward Snowden sur les activités de la NSA ont achevé d’en administrer la preuve : c’est au nom de l’antiterrorisme que l’on espionne la totalité de la population, et au nom de l’antiterrorisme que Barack Obama entend rendre cela acceptable.

Comme s’en expliquait le Napoléon III de Maurice Joly dans ses dialogues imaginaires entre Machiavel et Montesquieu, cela ne pose aucun problème puisqu’« il n’y aura que les factieux qui souffriront de ces restrictions ; personne d’autre ne les sentira ». Il suffit pour cela d’organiser l’anesthésie générale, et l’amnésie en temps réel.

Les politiques encouragent et les magistrats assument. C’est par une application raffinée de la loi que l’on met en examen deux élèves de seconde « pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Raffinement qui permet de leur reprocher d’avoir voulu se rendre dans un pays étranger où ils auraient pu rejoindre des groupes, qui eux-mêmes auraient pu les amener à éventuellement commettre des faits délictueux à leur retour en France.

ABRITÉS DERRIÈRE LE SECRET-DÉFENSE

On ne s’embarrasse même plus de démontrer une intention malfaisante, le crime est désormais défini par son anticipation même. L’affaire de Tarnac elle-même est si peu une simple aberration de l’ère Sarkozy que l’instruction se poursuit à ce jour.

Abrités derrière le secret-défense, depuis le silence feutré de leurs bureaux, policiers et magistrats continuent de préserver et d’étendre le domaine de la lutte antiterroriste – que leur travail consiste, dans notre cas, à ne rien faire n’est en rien contradictoire. Avec le temps, on oubliera bien qu’il y a jamais eu une « affaire de Tarnac » et qu’elle mettait à nu la logique même de cette lutte.

Sur ce point comme sur les autres, un changement de gouvernants n’altère en rien la physionomie générale du gouvernement. Il n’y a pas de droite ni de gauche en matière antiterroriste. Si les nouveaux locataires du pouvoir ne peuvent que reprendre à leur compte la construction sarkozyste de « l’ultragauche tendance anarcho-autonome », c’est que l’antiterrorisme est en lui-même une politique.

Le Parti socialiste n’a pas plus le pouvoir d’être socialiste que celui de sortir du paradigme mondial, libéral de la sécurité. Quant aux magistrats, n’en parlons pas : comment oseraient-ils contredire la police de la société ?

Par Christophe Becker, Mathieu Burnel, Julien Coupat, Bertrand Deveaud, Manon Glibert, Gabrielle Hallez, Elsa Hauck, Yildune Lévy, Benjamin Rosoux, Aria Thomas, mis en examen dans l’« affaire de Tarnac », notamment pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » – LeMonde.fr, 14 février 2014, mis à jour le 16 février.

 

France : un cyber-djihadiste condamné

Le cyber-jihadiste Romain Letellier, animateur d’un site internet francophone qui avait, sous le pseudonyme d’Abou Siyad Al-Normandy, publié des traductions en français de la revue de propagande d’Al-Qaïda a été condamné aujourd’hui à un an de prison ferme. Le tribunal correctionnel de Paris l’a déclaré coupable d’apologie et provocation au terrorisme et l’a condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis.

Son avocat Me Thomas Klotz a estimé cette peine “un peu lourde”, mais ne devrait pas faire appel. Son client, qui a déjà effectué près de six mois en détention provisoire, sera “très rapidement accessible à une mesure de libération conditionnelle”, a-t-il ajouté. Dans son réquisitoire, le procureur Annabelle Philippe a évoqué le “jihad médiatique” sur internet, “nouveau vecteur de propagande des terroristes”. Elle avait requis trois ans de prison, dont la moitié avec sursis. La magistrate s’en est prise à l’attitude du prévenu, qui a publié des textes glorifiant notamment les attentats du marathon de Boston en 2013 et “qui nous répond aujourd’hui ‘j’ai fait une grosse bêtise’”.

Cheveux longs noués en catogan, longue barbe, le prévenu a exprimé des regrets et cherché à minimiser les faits. La publication sur le site de traductions en français de la revue de propagande d’Al-Qaïda Inspire, publiée en anglais, était “une erreur, je le reconnais”, a déclaré le jeune homme, musulman converti à l’âge de 20 ans qui a grandi dans une famille “athée et communiste”.

Cette revue est publiée depuis le Yémen. Elle a été rédigée par un Américain d’origine pakistanaise, Samir Khan, et l’influent imam américain d’origine yéménite Anwar Al-Awlaqi en était un fréquent contributeur. Tous deux ont été tués par des tirs de drone américain au Yémen.

Romain Letellier avait justifié la publication de traductions de la revue par “devoir d’information”. Le tri qu’effectuait Romain Letellier dans les passages de la revue consistait principalement à supprimer les éléments “techniques”, comme des plans de sabotages. Pourtant, sur le site, il avait expliqué que s’il avait effectué un tri, c’est “pour notre propre sécurité et celle des traducteurs”. “Mon but c’est pas d’inciter les gens à faire des choses en France ou aux États-Unis”, a-t-il assuré.

Quid du message “Malheur à la France et malheur à son peuple” accompagné d’une photo de la Tour Eiffel, publiée sur le site ? “À ce moment-là, j’étais pas fier d’être Français”, a expliqué le prévenu, qui reproche à la France “d’être trop complaisante avec les Américains”. Pour lui, il s’agissait d’un “mouvement d’humeur passager”. Son avocat, Thomas Klotz, s’est dit “certain” que son client “ne représente aucun danger”.

Romain Letellier avait été arrêté le 17 septembre dernier par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) dans le Calvados, où il réside. Son placement en détention provisoire avait été une première depuis une loi de décembre 2012, adoptée après l’affaire Merah, qui permet de placer en détention provisoire une personne mise en examen pour apologie d’actes de terrorisme ou provocation au terrorisme.

Leur presse (LeFigaro.fr avec l’Agence Faut Payer, 4 mars 2014)

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[Brésil] L’antiterrorisme travaille

Mondial : le Brésil resserre l’étau sur les manifestants violents

Les autorités brésiliennes ont les protestataires radicaux dans le viseur à l’approche du Mondial et sont déterminées à juguler tout débordement violent susceptible d’entacher la grande “fête” du football.

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Un manifestant face aux forces anti-émeutes, le 26 février 2014 à Rio de Janeiro.

Une répétition à l’identique de la fronde sociale massive qui avait ébranlé le pays en juin 2013 semble peu probable à en croire les sondages d’opinion.

Mais les manifestations demeurent la principale préoccupation sécuritaire des autorités qui vont mobiliser 170.000 policiers et militaires dans les 12 villes hôtes.

Unies sous le slogan “La Coupe n’aura pas lieu”, l’extrême gauche et la nébuleuse néo-anarchiste brésilienne restent farouchement mobilisées. Et si elles ne rassemblent plus guère à chaque fois que 1.000 à 2.000 protestataires, les manifestations de Rio de Janeiro et Sao Paulo dégénèrent systématiquement en affrontements brutaux entre militants anarchistes des Black Blocs et une police militaire (PM) aux méthodes brutales.

La mort d’un caméraman de télévision, atteint en pleine tête par une fusée d’artifice lancée par des manifestants, le 6 février à Rio, a suscité une grande indignation dans le pays et un net durcissement du gouvernement. “Nous n’aurons aucune complaisance avec ça, il faut réprimer”, a lancé la présidente de gauche, Dilma Rousseff.

Elle a ravivé le débat parlementaire sur un double front : durcissement en vue du code pénal pour punir les débordements, et élaboration d’une loi anti-terroriste prévue de longue date mais qui a peu de chances d’aboutir avant le Mondial.

Certains parlementaires souhaitent qualifier en “actes de terrorisme” les violences des militants radicaux. Mais le Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir, qui a lui-même un long passé de manifestations, marche sur des œufs et cherche un délicat équilibre entre préservation du droit à manifester et sécurité.

“Le terrorisme est une chose, d’autres crimes relèvent d’autres qualifications”, a souligné le ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, favorable à l’interdiction de manifester le visage masqué. “D’un côté nous devons garantir la liberté de manifestation, y compris en protégeant les manifestants qui veulent s’exprimer démocratiquement. De l’autre, nous ne pouvons tolérer que des personnes se servent des manifestations pour tuer, blesser ou casser”, a expliqué le ministre.

Sur le terrain, la police militaire, mal formée au maintien de l’ordre, tente laborieusement depuis des mois d’adapter ses méthodes.

Policiers “ninjas”

Lors d’une manifestation “anti-coupe” le 22 février, elle a inauguré à Sao Paulo une nouvelle tactique qui pourrait faire école : marquage au maillot des manifestants par des policiers marchant à leurs côtés et recours à des policiers “ninjas” experts en arts martiaux pour limiter l’usage des armes non-létales. Une dispersion “préventive” avait ensuite eu lieu avec gaz lacrymogènes, encerclement et arrestations aveugles de plus de 200 manifestants et de journalistes sur la seule base d’”informations” portant sur l’imminence de troubles…

Sans l’avouer publiquement, les 12 villes-hôtes traînent des pieds pour installer les “fans-fests” exigées par la Fifa, où des dizaines de milliers de supporteurs sont censés assister aux rencontres sur des écrans géants. Elles rechignent à de nouvelles dépenses publiques impopulaires en année électorale. Et craignent que ces “fans-fests” ne deviennent des cibles de choix pour les militants anti-système.

De récentes scènes d’extrême violence entre supporteurs ultras ont également tiré la sonnette d’alarme à l’étranger. Au Brésil, on ne s’en inquiète pas trop : le hooliganisme est endémique autour de certains clubs (30 morts en 2013) mais la Seleçao n’a jamais suscité de passions violentes.

Enfin, le pays reste miné par une criminalité très élevée. La reprise en main par les forces de l’ordre d’une quarantaine de favelas de Rio, jusqu’alors infestées par le crime organisé, a fait baisser le taux d’homicides de plus de 40% dans la “Ville merveilleuse”.

Mais les trafiquants de drogue ont riposté ces dernières semaines, en tirant sur des policiers. Quant aux vols avec agressions, ils sont en forte recrudescence dans les quartiers touristiques de Rio depuis plusieurs mois.

“Le Brésil est préparé pour assurer la sécurité de ses citoyens et des visiteurs. Si besoin, nous mobiliserons aussi les forces armées”, a assuré la présidente Rousseff. Rendez-vous dans 100 jours.

Presse terroriste (Agence Faut Payer, 4 mars 2014)

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[Montréal, samedi 15 mars] 18e manif annuelle contre la brutalité policière

18e Journée Internationale Contre la Brutalité Policière : Réagissons à la militarisation !

Cette année marque la 18e édition de la Journée Internationale Contre la Brutalité Policière (JICBP). Mais ça ne signifie pas que la brutalité n’existe que depuis 18 ans. Depuis que le premier corps policier a vu le jour, la brutalité, les abus, les injustices, le profilage (tout ce qui nous enrage) a vu le jour avec lui. Comme l’a si bien dit Yves Francœur, président de la Fraternité des policiers de Montréal : « Notre boulot, à la police, c’est la répression. Nous n’avons pas besoin d’un agent socio-communautaire comme directeur, mais d’un général. La police est un organisme paramilitaire ne l’oublions pas. »

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Ces dernières années auront d’ailleurs été un excellent exemple de cette répression sur la population alors que des milliers de personnes ont été arrêtées sous le motif de règlements discutables et dont la constitutionnalité est présentement contestée en cour. On pourrait aussi pointer l’ironie que Ian Lafrénière, porte parole du SPVM célèbre entre autres pour son portrait graffiti, est aussi un ancien militaire des forces canadiennes. Il a d’ailleurs récemment été agent de liaison en Tunisie pour venir en aide à la police pour contrôler les mouvements de révolte qui y avaient cours. (Parenthèse intéressante : le SPVM a, au moins une fois sinon plusieurs, refusé la candidature d’une personne sous prétexte qu’elle n’était pas suffisamment aggressive ! Dans un contexte international, à New York on ne peut faire partie de la police dépassé un certain niveau de QI !)

Sinon on peut aussi compter Jean-Loup Lapointe, assassin de Fredy Villanueva promu au SWAT team pour ses prouesses meurtrières, parmi les anciens militaires du SPVM. Mais on ne peut trop s’étonner que l’armée soit autant privilégiée chez la police québécoise quand on sait que tous les flics sont formés à Nicolet, une école-caserne où on rééduque ces individus en robots brainwashés qui répondent sans chigner aux ordres. D’ailleurs, après l’émeute de Montréal-Nord en 2008 la police a demandé conseil à l’armée pour mieux faire face aux soulèvements populaires, histoire de bien prouver l’alliance évidente entre la police et l’armée et contourner la loi qui empêche l’armée d’agir contre « son propre peuple ».

Alors que l’indignation populaire augmente face aux mensonges et aux atrocités des policiers et policières, leur arsenal de guerre augmente lui aussi. Et on ne peut que la remarquer cette militarisation. Pensons simplement à la scène surréaliste de Victoriaville au printemps 2012 et aux nombreuses victimes de cette même brutalité (étudiants et étudiantes, personnes racisées, itinérants et itinérantes, marginaux et marginales, and so on !), grenades assourdissantes, chars blindés, hélicoptères, fusils à balles de plastiques, masques à gaz, poivre de Cayenne, pistolets, taser en plus de leur traditionnelles matraques et boucliers. C’est là l’image de leur “justice”.

Devant tous les bleus que ces barbares nous ont donnés, nous donnent et continueront de nous donner, il faut montrer une colère noire, rouge, jaune, multicolore ! Ne nous perdons plus en querelles inutiles entre nous, l’ennemi c’est la police, mais surtout les gouvernements qui l’engagent et les compagnies (multinationales et monopoles capitalistes de toutes sortes) qu’elle protège au détriment du peuple. N’oublions pas David Lacour, Donald Ménard, Alain Magloire, qui ne sont que 3 victimes parmi une liste beaucoup trop longue de personnes innocentes tuées par le SPVM.

Ami-E-s, camarades, humains et humaines quoi ! Ce 15 mars, prenons la rue ensemble ! Parce que c’est notre silence qui laisse cette violence se perpétrer. Parce que nous subissons tous et toutes des oppressions systémiques. Parce que la rue nous appartient ! Parce que nous sommes la seule révolution possible !

Le Collectif Opposé à la Brutalité Policière

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[Bordeaux, samedi 15 mars] Journée internationale contre les violences policières

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Journée Internationale contre les violences policières – Samedi 15 mars 2014

Bonjour,

Pendant 5 ans, sous le règne d’une droite dure décomplexée, la France a progressé dans l’instauration d’une société de contrôle total dans laquelle chacun-e d’entre nous se voit répertorié-e, fiché-e, filmé-e.

Nos libertés individuelles ont cédé face aux alarmantes sirènes de l’État rappelant le danger d’un ennemi intérieur que nous sommes tous et toutes sensé-e-s incarné-e-s ou alimentant nos peurs avec la menace d’un terrorisme aveugle qui peut désormais s’abattre n’importe où et sur n’importe qui.

Parallèlement, la répression de tout mouvement contestataire est elle aussi allée croissante avec une police de plus en plus armée, une « justice » de plus en plus sévère, voire arbitraire, avec à la clé, des dizaines de bless-é-s plus ou moins graves, des centaines d’arrestations et de condamnations.

Enfin, nous avons pendant tout ce temps ajouté des morts à la déjà longue liste des crimes policiers, victimes dont les noms nous interpellent et mettent en lumière le racisme à peine voilé qui règne au sein des commissariats français.

Heureusement que nous n’avions pas cru un seul instant au slogan de campagne de François Hollande.

Tant au niveau des outils de surveillance, de la répression des militant-e-s, des violences et crimes policiers, la continuité, c’est maintenant. Rien n’a changé, ou du moins tout est pire. Et c’est une gauche sans complexe qui conforte l’État autoritaire qui nous contraint aujourd’hui.

C’est pourquoi, pour la quatrième année, dans le cadre de la journée internationale contre les violences policières, le collectif Contre Les Abus Policiers (C.L.A.P33) se mobilise aux côtés du Collectif Opposé à la Brutalité Policière (C.O.B.P) du Québec et des familles de victimes de violences policières à Paris.

Cette journée aura lieu le samedi 15 mars 2014.

Voici le programme proposé par le C.L.A.P33 à Bordeaux.

15h – Hommage aux victimes des violences policières – Place Camille Julian
Avec le collectif de soutien à Notre Dame Des Landes – Déambulation

17h-19h – Formation Garde à vue – Tchaï Bar – 49 rue du Mirail
En présence d’une avocate – Témoignages

20h – Soirée contre le fichage A.D.N – Le Samovar – 18 rue Camille Sauvageau
En soutien à Jean-Charles, militant pacifiste harcelé par la justice pour refus de cracher.
Rencontres/Concert avec L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre (O.P.A)

Nous profitons de ce mail pour lancer notre campagne anti-drone « Alerte Coopérative Anti-drone sécuritaire ». Il s’agit d’exprimer notre NON collectif, notre refus de l’utilisation des drones policiers, de créer pour résister au contrôle par des mouchards high-tech et à la militarisation de l’espace public. Nous vous en disons plus bientôt.

Tant qu’il n’y aura pas de justice, il n’y aura pas de paix. Tant qu’il y aura des violences policières, des atteintes à nos libertés, nous les dénoncerons et nous les combattrons !

Merci de faire suivre ce bulletin dans vos réseaux.

Solidairement,

Le collectif Contre Les Abus Policiers (C.L.A.P33) – Bordeaux, 4 mars 2014

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[Strasbourg, dimanche 23 mars] Journée antifasciste

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VOIR LES INFOS

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[Égypte, 3 mars 2014] Des grèves, des grèves, des grèves…

Égypte, 3 mars 2014 : des grèves, des grèves, des grèves…

Pour la seule journée du 2 mars, la presse relève que la grève des postes pour le salaire minimum à 1200 LE et le limogeage des dirigeants s’est étendue à tout le pays.

Par exemple, dans le seul gouvernorat de Beni Souef, 42 bureaux de poste étaient en grève sur un total de 106. C’est semble-t-il la déclaration d’un directeur accusant les grévistes de « voyous » qui a mis tout le monde en colère et qui a incité un grand nombre de postiers à entrer en grève. À Minya les postiers ont manifesté en ville. À Kafr el-Sheikh, les postiers ont repris le travail un jour, après 6 jours de grève, parce que de nombreux retraités qui ne pouvaient pas toucher leur pension, stationnaient jour et nuit devant le bureau de poste.

Toujours que la journée du  2 mars et pour le salaire minimum mais aussi très souvent pour virer les responsables, grève des travailleurs temporaires du ministère de la santé à Qena, grève illimitée des personnels infirmiers, techniciens, ouvriers, administratifs, sécurité à l’hôpital universitaire de Tanta, 5e jour de grève à l’usine chimique Kima d’Assouan, 2e semaine de grève à l’usine Shebin el Koum de Menoufya, grève à l’usine des huiles et savons d’Alexandrie, 8e jour de grève des ouvriers et employés de l’université de Kafr el-Sheikh, grève dans une usine de matériel de Nouvelle Vallée, poursuite de la grève des employés au semences à Kafr el-Sheikh, grève des services d’irrigation à Nag Hammadi comme à Sharqiya où c’est la 3e semaine de grève, grève à l’usine de verre pharmaceutique de Suez…

Pour les salaires, conditions de travail et raisons diverses, grève à l’usine de céramiques Cléopatria de Suez, grève dans une autre usine du Canal de Suez à Port Saïd, 6e jour de grève de certains enseignants à Port Saïd, sit-in devant le siège de la direction des ouvriers des chantiers de la marine nationale pour demander le paiement des arriérés de salaires et le limogeage des dirigeants corrompus (des généraux)…

Par ailleurs, la route était coupée par des habitants de Damanhour pour protester contre la diminution de la part de pain subventionnée passant de 15 à 10 pains par famille, blocage du commissariat de police du village de Khattara près Qena, pour exiger le limogeage du chef de la police à cause de ses brutalités, conférence de presse des médecins de Suez confirmant qu’ils seraient partie prenante dans la grève nationale illimitée des professions de santé commençant le 8 mars, conférence de presse des étudiants de l’université de génie du canal de Suez, déclarant qu’ils ne retourneraient pas en cours tant que la police aurait le droit de rentrer dans les universités…

Jacques Chastaing – Vive la révolution arabe, 4 mars 2014

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[Notre-Dame-des-Landes] Témoignage de manifestants du 22 février à Nantes

Nous, M. et M., casseurs extrémistes de l’ultra gauche autonome. 23 février 2014.
Bien entendu ce titre est à prendre (très précisément) au second degré.

Nous sommes un couple, la quarantaine, pas membres d’une quelconque organisation (ah si, l’un de nous est syndiqué). Nous relatons ici notre ressenti des évènements d’hier à Nantes, samedi 22 février, dans le cadre de la manifestation contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Les enfants n’ont pas voulu venir. Heureusement !

13 heures. Nous arrivons vers la préfecture, après avoir contourné tous les barrages routiers. Au milieu de milliers de manifestants, nous trouvons des copains ! Ils nous parlent des tracteurs qui sont à Commerce. Nous allons voir ça, en remontant le cours des 50 otages.

13h30. Les tracteurs sont en vue. Déboulent alors des dizaines de camions de gendarmerie et de gardes mobiles qui investissent la dernière section du cours, juste avant Commerce. Nous continuons pour faire le tour des centaines de tracteurs (insolite !), puis décidons de retourner au rassemblement qui est à la préfecture. Mais les forces de l’ordre sont en train de boucler, dans toute sa largeur, l’extrémité du cours de 50 otages, avec des murs boucliers impressionnants, de plusieurs mètres de haut. Nous passons par les rues intérieures.

14h15. Nous revenons au rassemblement. Le cortège s’est déjà mis en marche, par la rue de Strasbourg, des milliers de gens sont encore partout autour du pont Morand. Nous décidons de vite remonter le défilé pour regarder les différents chars et cortèges. Lorsque nous arrivons vers l’île Feydeau, la foule est déjà là, et s’étend partout. Parfois éparpillée, parfois compacte, sur Commerce, sur les grands boulevards et dans les ruelles pavées, jusqu’à l’entrée de la place de la petite Hollande. Les tracteurs, les gens sont partout.

15 heures. Nous sommes samedi après-midi, à Nantes, dans le cadre d’une manifestation populaire, où sont présentes des centaines de familles, des dizaines de milliers de manifestants. Et là c’est l’hallucination collective : les forces de l’ordre, derrière leur mur-bouclier des 50 otages, activent les canons à eau, lancent des dizaines de grenades lacrymogène et des bombes assourdissantes.

S’en est suivie une longue, très longue, trop longue, petite guérilla urbaine, à tous les abords de la manifestation (une impressionnante barricade est dressée au croisement de Kervégan et du Guesclin), avec des forces de l’ordre qui finissent, petit à petit, avec les même méthodes (pluies de lacrymogènes, canons à eau, et bombes assourdissantes, le tout facilité par la présence permanente d’un hélicoptère au dessus de nos têtes), par repousser l’ensemble de la foule jusque vers la place de la petite Hollande.

17h30. Les tracteurs sont tous partis ou presque (certains ont des heures de route à faire, et les convois étaient déclarés en préfecture). Les deux heures qui suivent, nous sommes beaucoup moins nombreux, mais certainement deux ou trois milliers quand même. Les forces de l’ordre (camion béliers, canons à eau, gardes mobiles et autres CRS) se déploient sur toute la largeur de la zone : des bâtiments du quai de la fosse, jusqu’aux bâtiments côté piscine Gloriette ! Ils avanceront jusqu’au milieu de la place environ. Là, ils lâchent une bonne part de leur stock d’engins explosifs et agressifs. Pour ceux qui se donnent la main, collés aux premiers rangs de CRS, ce sera la matraque. Les gens (oui, des gens, hein, pas des extrémistes-black-blocks-venant-de-l’étranger), extrêmement choqués par le déferlement de la violence policière (nous avons vu plusieurs manifestants sortis sur des brancards de fortune), n’en démordent pas. Nous saluons, sous les vivats et les dernières cartouches, le repli des forces de l’ordre. Le sol est jonché de bris de verre, de cartouches de lacrymos et autres bombes ; des containers de poubelles, une voiture TAN sont en feu ; l’hélicoptère tourne toujours. Des scènes qu’on n’oubliera pas.

Jean-Marc Ayrault a raison : les violences doivent être condamnées. Mais nous, nous déclarons que le déchaînement de violence a été sciemment préparé et planifié par la préfecture et les forces de l’ordre. Oui il y a eu de la casse, c’est indéniable. Nous avons de sérieux doutes sur l’identité des auteurs de ces dégradations. Ce n’étaient pas les « jeunes de banlieue », ça c’est certain. C’était des types, souvent costauds, et qui avaient l’air de très bien savoir s’y prendre pour casser une vitrine ou un abribus. Quoi qu’il en soit, ce qui est un fait, c’est que ni l’un ni l’autre n’avions déjà vu un tel déploiement policier à Nantes. Ce qui est un fait aussi, quelles qu’aient été les éventuelles « provocations », c’est que l’offensive policière a été enclenchée, dès 15 heures, et de manière très violente, au beau milieu de dizaines de milliers de manifestants, qui pour 99 % d’entre eux défilaient bien gentiment sous un petit rayon de soleil bienvenu.

Nous ne sommes pas des « Zadistes ». Nous ne sommes allés que deux fois sur la Zone À Défendre, lors des grands rassemblements. Nous sommes contre ce projet d’aéroport, c’est sûr. Cet aéroport, pour nous, n’est qu’un exemple (tout à fait éloquent du reste) de la domination de banques et des grands groupes sur notre société et sur nos vies. L’État, les politiciens, viennent une nouvelle fois de montrer quels intérêts ils servent. Cette fois ci, c’est pour Vinci.

Notre seul regret pour hier, c’est que nous n’ayons pas su nous regrouper tant que nous étions très nombreux, tous au même endroit, par exemple sur cette place de la petite Hollande. Nous ne sommes pas des activistes non plus. Mais si un prochain jour, comme en Ukraine, en Égypte et ailleurs, nous décidons de faire nôtre une place, que ce soit celle-ci ou une autre, alors nous en serons. M. dit qu’elle aura un bouclier. Samedi 1er, nous sommes libres…

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[Marseille, vendredi 7 mars] Concert de soutien à la caisse de solidarité

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Marseille Infos Autonomes

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[Lausanne] Perquisition musclée et portes forcées derrière l’espace autogéré

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Perquisition musclée et portes forcées derrière l’espace autogéré

Le mardi 11 février 2014, une intervention de la police judiciaire a ébranlé les pentes du bosquet situé sous le parc de la Solitude, sur l’avenue César-Roux à Lausanne, derrière l’espace autogéré. Des dizaines de flics en tenue d’intervention et plusieurs véhicules pour une perquisition qui visait les quelques personnes qui trouvent refuge dans un abri de fortune derrière le bâtiment depuis environ un mois. Un énième contrôle musclé de la police lausannoise s’inscrivant dans le contexte répressif et discriminant actuel sous couvert de chasse aux trafiquants et hors-la-lois, de préférence étrangers et sans-papiers. La suite des descentes spectaculaires orchestrées à travers la ville depuis que Junod trône sur le dicastère de la police et de la sécurité publique. Vraiment pas de quoi rassurer…

Nous sommes arrivé-e-s sur les lieux, quelques heures après le passage du groupe d’intervention, pour découvrir une scène de dévastation : le matériel stocké derrière le bâtiment, ainsi que les affaires personnelles se trouvant dans l’abri, avaient été renversées et dispersées sur une dizaine de mètre, sur toute la pente.

Deux portes du bâtiment ont été forcées, un cadenas cassé et, selon les dires de l’inspecteur de la police judiciaire Jordan, l’espace autogéré n’étant pas concerné par cette affaire, il ne fait qu’encaisser « les dommages collatéraux » de cette opération menées contre de dangereux « arabes ». Mais comment croire que ces faits ne témoignent pas d’un soupçon de complicité entre les « voleurs » et l’espace autogéré. Pourquoi forcer un local de chaufferie et un autre local, tous deux sous clé ? Que recherchaient les justiciers dans une armoire métallique où se rangent des bonbonnes de gaz ? Auraient-ils agi de la sorte ailleurs, dans des lieux plus respectables ?

Il est clair que ces faits témoignent, une fois de plus, de la brutalité de la police et de sa manière d’agir. La configuration des lieux, ce confinement derrière le bâtiment à l’écart des regards et du passage, leur a offert une certaine discrétion et leur a permis de se lâcher avec mépris et violence, comme si souvent dans ce genre de situation. Dans le contexte actuel, la police estime que son territoire est partout, sans limites. Omniprésence dans la rue et descentes jusque dans les lieux d’accueil et de soins (distribus, accueil de jour et de nuit, hôpitaux, ambulances…).

Contrôles racistes et délits de faciès, excès de zèle et autoritarisme, dérives et dérapages, de quoi installer un climat d’insécurité totale pour les gens à la rue, qui se retrouvent dans l’illégalité, peu importe les raisons.

Espace Autogéré, 28 février 2014

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[Notre-Dame-des-Landes / Valls kyste my ass] « Les stratèges du maintien de l’ordre réfléchissent à hisser le niveau de la riposte »

Casseurs de Nantes : l’étau se resserre

Quelque trois cents « activistes professionnels » proches de l’ultragauche sont dans le collimateur de la police.

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La manifestation contre la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, samedi à Nantes, a viré à l’émeute.

L’étau se resserre sur les casseurs qui ont mis à sac une partie du centre-ville de Nantes samedi dernier, en marge de la manifestation hostile au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le jour des incidents, les forces de l’ordre avaient évoqué la présence d’environ 800 « militants radicaux ». Selon nos informations, les services chargés de décrypter en détail les scènes de guérilla urbaine ont recentré leur attention sur une nébuleuse d’environ 300 fauteurs de troubles, animés par un « noyau dur » d’« activistes professionnels » inspirés des redoutables « Black Blocs » ou gravitant dans la mouvance de l’ultragauche. Parfaitement rodés, ces techniciens du chaos jaillissent puis se replient dans les défilés grâce à la complaisance d’une partie des manifestants. Et ils entraînent dans leur sillage une cohorte de desperados massés en fin de cortège et rêvant du grand soir. « A priori, l’ampleur de la contestation a été sous-estimée », concède une source informée confiant que « la préfecture s’attendait à une mobilisation de 10.000 à 11.000 manifestants » quand, le jour J, s’en est présenté près du double. Un poste de police et le tribunal administratif barbouillés de rouge, des bâtiments publics maculés de tags, des caténaires des voies TGV caillassés et endommagés, des engins de chantiers enflammés et des vitrines de commerces brisées… CRS et gendarmes mobiles ont dû tirer quelque 1760 grenades lacrymogène avant de ramener la situation au calme.

Piqué au vif par ces « débordements inacceptables », Manuel Valls a repris dès mardi dernier à l’Assemblée nationale sa posture favorite, celle de l’intransigeance et de l’ordre républicain. Sans détour, il a pointé du doigt « les groupes violents de l’ultragauche et les anarcho-autonomes qui ne défendent aucune cause démocratique, qui sont là pour casser et s’en prendre aux forces de l’ordre ». Pris sous une pluie de projectiles divers, dont des plaques d’égout et des billes d’acier tirées par lance-pierres, 129 policiers et gendarmes avaient été blessés ou contusionnés. Huit d’entre eux avaient été évacués aux urgences. Martelant qu’« il ne pourrait y avoir de complaisance », quitte à déplaire à sa collègue du gouvernement Cécile Duflot, le ministre de l’Intérieur a prévenu qu’« un groupe d’enquête spécialisé, placé sous l’autorité judiciaire, exploite l’ensemble des images prises tout au long du parcours ».

La palme du désordre

Depuis lundi, dix policiers de la sûreté départementale de Loire-Atlantique se livrent à plein-temps à ce méticuleux travail d’identification. « Nous allons prendre tout le temps nécessaire et ceux qui seront reconnus répondront de leurs actes, quitte à ce que des mesures de dissolution soient prises si un groupuscule est identifié », confie-t-on au cabinet du ministre.

À Nantes, le dispositif, pourtant composé de 1300 membres des forces de l’ordre, dont 300 de la Sécurité publique, s’est soldé pour l’heure par un maigre bilan en terme d’interpellations : seuls 16 individus ont été appréhendés pour « violences à policiers », « attroupement armé », « recel de vol » et « dégradations ». « Très mouvants et extrêmement toniques lors de leurs opérations coups de poing, ces émeutiers professant l’idéologie autonome sont quasi insaisissables », grince un officier expert en maintien de l’ordre qui décerne la « palme du désordre » aux Black Blocs.

« Les Black Blocs constituent des groupes éphémères, dont l’objectif est de commettre des actions illégales, en formant une foule anonyme non identifiable. » — Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur

Nés en Allemagne dans les années 1980 avant de monter en puissance lors d’émeutes en marge du sommet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle en 1999, ces anarchistes portant volontiers le masque blanc du film V pour Vendetta, des gilets pare-balles et boucliers de fortune, ont depuis lors appris à métamorphoser avec méthode les rassemblements altermondialistes en champ de bataille.

« Les Black Blocs constituent des groupes éphémères, dont l’objectif est de commettre des actions illégales, en formant une foule anonyme non identifiable, confirme Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur. C’est la raison pour laquelle ces individus portent des vêtements noirs ou très sombres, ce qui rend difficile le travail d’identification et d’interpellation. Ils s’habillent ainsi au dernier moment, et changent immédiatement de tenue une fois les exactions terminées. » Compliqués à infiltrer, ces nihilistes refusent par définition toute hiérarchie, n’appartiennent à aucune structure et répondent à des mots d’ordre spontanés diffusés sur les réseaux sociaux. Certains slogans, comme « une balle = un flic », sont ensuite retrouvés peints sur les façades, comme à Nantes. Tandis que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et le Renseignement territorial (RT) patrouillent sur le Web, les stratèges du maintien de l’ordre réfléchissent à hisser le niveau de la riposte. Tout en sachant que le moindre dérapage, susceptible d’être filmé sur le vif et diffusé sur la Toile, aura des effets calamiteux.

Publié par des « journalistes professionnels » (Christophe Cornevin, LeFigaro.fr, 27 février 2014)

 

(…) « Leurs camarades allemands leur ont inspiré tout un savoir-faire, grimace un haut fonctionnaire. Aguerris et parfaitement organisés, ils échangent sur Internet des modes d’emplois sur la conduite à tenir en cas de garde à vue ou de perquisition… », poursuit-il.

« Ces ultraradicaux de gauche sont de tous les combats altermondialistes violents, explique pour sa part Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur. Ils ont une haine des forces de l’ordre. Hier, sur certaines façades à Nantes, on pouvait lire “une balle = un flic”. »

450 à 500 individus

Selon les services de renseignements, ces casseurs s’organisent autour d’un noyau dur de 450 à 500 individus très déterminés. « La plupart d’entre eux sont identifiés par nos services, confie un responsable du renseignement. Le gros de ces troupes, composé de nihilistes gravitant pour la plupart dans la mouvance autonome parisienne, est complété par des activistes issus de sections grenobloises ou toulousaines menant croisade contre les nanotechnologies, des militants situationnistes [LOL - NdJL] ou encore des radicaux venant de Rouen, un des berceaux des contestataires du mouvement Sud. »

Hostiles à « l’appareil répressif », au « fichage systématique », pourfendeurs des lois pénales et du système pénitentiaire, vomissant le capitalisme et la mondialisation, ces irréductibles se sont greffés au mouvement de contestation contre l’aéroport.

Sur le millier de fauteurs de troubles à Nantes, seuls 14 individus ont été placés en garde à vue pour violences à agents de la force publique, attroupement armé, recel de vol et actes de vandalisme. « Très mobiles, ils sont passés maîtres dans l’art de changer de physionomie et de vêtements en cours de manifestation », avoue un policier. Une façon de répondre à la polémique naissante sur l’arrivée à Nantes de centaines de radicaux censés être identifiés et surveillés. Par la voix du député Éric Ciotti, l’UMP a par ailleurs regretté dimanche le faible nombre d’interpellations et demandé « la dissolution des groupes d’extrême gauche violents ».

Publié par le savoir-faire français (Caroline Beyer, LeFigaro.fr, 23 février 2014)

 

(…) Manuel Valls a mis en cause le groupuscule d’extrême gauche « Black Bloc ». Faut-il le dissoudre et plus généralement renforcer la surveillance de l’ultragauche ?

C’est une bonne question, mais la réponse n’est malheureusement pas satisfaisante : on ne peut dissoudre ce qui n’existe pas, du moins officiellement. Ce que l’on appelle les Black Bloc ne sont pas des associations en bonne et due forme. Pas de listing d’adhérents, pas de déclaration en préfecture ! Ce sont des petites unités autonomes, sans hiérarchie ni réelle organisation. Ces groupuscules sont gérés de façon à faire échec aux poursuites classiques. On ne peut pas dissoudre un mouvement qui n’existe pas. Il faut adopter une démarche davantage calquée sur la lutte contre la criminalité.

Presse anti-émeute (Hugues Moutouh, conseiller spécial du ministre de l’Intérieur au moment de l’affaire Merah, puis préfet, désormais avocat ; propos recueillis par Alexandre Devecchio, LeFigaro.fr, 24 février 2014)

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[Notre-Dame-des-Landes] Et si ce n’est maintenant c’est quand ?

Et si ce n’est maintenant c’est quand ?

« Les coups qui réussissent le mieux ce sont ceux que l’ennemi ne vous croit pas capables de faire. » — Primo LEVI

- I -

Déambuler et faire nombre, à l’ancienne, ce jour dans les rues de Nantes paraît évidemment moins excitant qu’en novembre 2012, la réoccupation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et la construction de bâtiments au nez et la barbe de l’État. Pourtant on aurait tort de ne pas sentir combien une action directe collective et concrète sur le terrain doit se renforcer par une démonstration politique qui attire des alliés : il y a  un moment où il faut jeter tout son poids dans la balance.

Puisque cet État est en proie à un continuel atermoiement, nous serions bien avisés de suspecter qu’il puisse se payer, enfin, un coup d’autorité sur son seul et véritable ennemi : ces populations bigarrées qui s’organisent par elles-mêmes pour ne plus céder de terrain à la machine-vampire, à la mafia des cravatés publiques et des cravatés privés, à leur ignoble chantage à l’emploi (le préfet de Loire-Atlantique qui a supervisé la relance du projet d’aéroport a été ensuite embauché par VINCI).

Pourtant, rien ne laisse augurer que déserteurs, dissidents, réfractaires et autres dégoûtés du chaos capitaliste auront tous su nourrir cette pensée stratégique pour laquelle le rapport de forces minimal pour ne pas étouffer en France, c’est de battre l’État, VINCI et leurs mercenaires à Notre-Dame-des-Landes.

- II -

Des vagues successives de milliers de jeunes gens sont venus respirer sur la ZAD l’air d’un possible, celui de tourner le dos au « système », et de commencer sans attendre à détourner l’existant pour construire autre chose. Le mouvement de refus du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est déjà parvenu au-delà de la seule protestation contre un « projet inutile » (« inutile » à qui ? Cet aéroport-là seulement serait inutile ?). Le souffle de liberté de la ZAD qui a attiré tant de monde fait se condenser une dissidence diffuse présente sur tout le territoire qui  apparaît dès lors comme une puissance politique concrète. Voilà longtemps qu’une lutte locale n’avait pas incarné toute son époque ; voilà pourquoi elle a déclenché des ondes qui réveillent partout des affinités et des rencontres.

Cependant, on y rencontre aussi les défauts de l’époque : la faiblesse d’une pensée stratégique collective, soit par excès de réaction émotionnelle immédiate sans recul, soit du fait de ce goût pour les expériences individuelles sans lendemain, qui a la hantise de trop s’engager et veut rester maître de ses choix. Si on peut comprendre la nausée de la jeunesse à l’égard de la manipulation des ferveurs collectives, on peut se demander quel degré “d’informel”, de “liberté” personnelle par rapport à un engagement concerté peut quand même nourrir une stratégie collective ?

C’est que l’informel a son outil, ou plutôt le numérique et le téléphone mobile ont diffusé leur conditionnement : celui de pouvoir changer à tout moment, de n’être engagé par rien, de ne pas décider une bonne fois pour toutes, de ne pas se sentir tenu à une décision, et donc de ne pas  mûrement la réfléchir.

- III -

Jusque-là, la jeunesse actuelle ne paraissait pas la mieux armée en théorie stratégique pour subvertir l’ordre existant, mais au moins n’attendait-elle pas le soulèvement spontané du prolétariat industriel qui imprégnait des théories révolutionnaires : comme elle ne s’inscrit pas dans une dynamique critique établie à l’avance et englobante, c’est souvent une vue d’ensemble qui lui manque et alors il lui faut défricher au fur et à mesure, et essayer de s’organiser tout de suite pour gagner de l’autonomie et mettre à distance la dépendance savamment entretenue, en fortifiant des bases arrières le plus souvent hors des villes. Mais desserrer l’étau capitaliste ne résultera pas d’une addition de désertions et de débrouilles ingénieuses. À l’opposé, avec raison, est rejetée toute dénonciation du monde capitaliste qui n’est pas conjointe avec le mouvement de ne rien en attendre et de lui tourner le dos : d’un côté, l’indignation ne sait pas par quoi commencer et fantasme une réforme globale ; de l’autre, les tentatives singulières concrètes de s’extraire de l’incarcération industrielle n’attendent à juste titre plus rien d’une rêverie politique ; mais, malheureusement, elles désertaient aussi le point de vue universel en s’abstenant publiquement d’affirmer la perte de toute légitimité de l’organisation sociale existante et se confinaient dès lors au pur choix personnel, à la débrouillardise astucieuse, à l’incognito chanceux. « Tourner le dos » semblait s’opérer préférentiellement en catimini, même si s’établissent des affinités entre déserteurs, des entraides et des réseaux. Si pour la génération radicale précédente, la critique de la vie quotidienne était déjà bien cette pratique critique à entamer sans attendre, maintenant on gagnerait à prendre de vitesse l’écroulement du château de cartes capitaliste, mais pas dans le sauve-qui-peut individuel. Les sécessions individuelles qui n’attendent pas, tout en restant limitées, et les protestations collectives lénifiantes contre ce « tout », abstrait et inaccessible à remettre à l’endroit, sont bien entendu les deux faces de ce qui se cherche.

- IV -

Belle jeunesse, ignorer les vieux cons qui profèrent que le meilleur de l’humanité va disparaître avec leur génération. Ne croyez pas non plus d’autres anciens qui vous acclameraient volontiers, de loin, d’avoir osé ce qu’eux-mêmes n’ont su faire !

- V -

Qui peut encore adhérer au leurre de croire peser sur le cours des choses au travers de la démocratie institutionnelle ? La médiation politique se discrédite totalement : plus ça permute, plus c’est pareil…  Ainsi se laisseraient bercer par la prophétie auto-réalisatrice tous ceux pour qui « on n’y peut rien » : à mesure que des gens pensent qu’on ne peut rien faire, il ne se passera évidemment rien. Au point où en est la rapacité du système technico-marchand de faire de tout un gisement de profitabilité, ce qu’il en vient à exiger c’est la soumission totale ; alors comme disent les amis grecs : « ne vivons plus comme des esclaves ! »

Ça ne viendra pas tout seul ; il est dénué d’intérêt de se complaire dans la critique entre soi : la paralysie de l’action s’enracine dans l’invocation de la complexité qui dédaigne que l’on prenne « le problème » par un petit bout, comme si cela avait peu de poids alors qu’il faut bien commencer par quelque chose et que là est la vitalité qui ne se paralyse pas à vouloir tout anticiper ; là est sa confiance en elle-même à savoir se corriger constamment. N’est pas idéologique de persister à penser qu’on peut peser sur le cours des choses en s’organisant à la base.

- VI -

« Qui organise l’espace social à travers la maîtrise du sol, contrôle aussi le comportement et l’activité des humains et façonne ainsi leur espace mental. » (in Le Communard, journal de la montagne limousine, hiver 2012-2013).

La question reste de savoir si est à notre portée la seule autodéfense de notre sensibilité ou de convaincre de larges parties de la population de sortir du somnambulisme (C’est un manque d’action qui mène au ressentiment populiste). À la réflexion, c’est en honorant notre sensibilité par une autodéfense vigoureuse qu’elle en deviendra convaincante : d’une pierre deux coups !

Deux perspectives de lutte se complètent : une, centrifuge, que les comités locaux qui viennent ici par « solidarité », et pour peser sur les événements ici à NDDL, créent eux-mêmes leur ZAD (il y a partout des projets de zone commerciale sur des terres agricoles à bloquer).

L’autre plus centrale, que le mouvement d’opposition au projet d’aéroport de NDDL n’hésite pas à s’inscrire dans le mouvement d’occupation des places (Zocalo d’Oaxaca, place Tahrir au Caire, place Syntagma à Athènes, place Puerta del Sol à Madrid, place Maïdan à Kiev, mais aussi Bangkok, etc.), et sorte de son cantonnement dans la ZAD pour exiger l’abandon du projet d’aéroport.

- VII -

« C’est reculer que d’être stationnaire, on le devient de trop philosopher, debout, debout,  vieux révolutionnaire … ! »

On s’est assez saoûlé de tours d’horizon critiques désarmés ; on a bien assez écrit, lu, discuté sans pouvoir en faire des leviers pour provoquer l’émergence du possible. Et le possible est revenu avec le visage du bocage !

Nantes, le 22 février 2014
Antoine GARAMOND

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[Barcelone] Ouverture de l’athénée coopératif La Base

Ateneu Cooperatiu « La Base »

Face à la “Crise” actuelle et à son lot de destructions, nous avons décidé de construire une “base” dans le quartier. Cette idée, qui nous traversait depuis quelques temps déjà, devient incontournable dans la situation actuelle : une base comme lieu à partir duquel commencer à construire en commun  ouverte à tous ; une base comme lieu où l’on peut se rencontrer et conspirer, imaginer et expérimenter – face à l’intolérable nous nous organisons, nous construisons des réalités habitables, des espaces de sécession.

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VOIR LA VIDÉO DE PRÉSENTATION

Nous aimons définir “La Base, athénée coopératif”, à partir des trois objectifs que nous nous sommes fixés :

1) Se doter d’une infrastructure économique autogérée, pour commencer à résoudre ensemble la question de nos besoins matériels (économie, espaces de vie et d’activité, alimentation, soin, savoirs…).

2) Construire de la communauté, c’est-à-dire mettre en jeu des pratiques dans le but de retisser les vies du quartier entre elles sur une base d’entraide et de confiance ; s’approprier, en tant que classes populaires, notre histoire commune, ce qu’il se passe et ce qui nous arrive, afin d’inventer ensemble des solutions.

3) Ériger une position politique, liée à ces principes et à ces pratiques. Une position qui rende clair ce qui est hostile et ce qui est ami. Un lieu d’où prendre parti dans les conflits qui nous traversent.

Nous voulons que La Base soit un espace qui aille au-delà de la question des identités politiques, professionnelles ou culturelles. Un espace où, partant de certaines réalités partagées (lieu de rencontre, coopérative de consommation, club d’informatique, cantine populaire, bourse du travail, crêche…) et d’une certaine disposition à l’écoute et à l’entraide, nous pouvons re-construire de la communauté : là, dans la rue, au pas de sa porte, entre ceux et celles qui habitent le quartier  sans oublier, bien évidement, de nous relier avec ceux qui s’organisent dans d’autres quartiers, d’autres territoires, d’autres continents.

La destitution de l’ordre capitaliste avance par fragments, mais cette aspiration est planétaire et c’est avec elle, partout, que nous cherchons à nous lier.

Intersquat69 mailing list, 26 février 2014

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[Notre-Dame-des-Landes] Compte-rendu politique de la manif du 22 février à Nantes

Manifestation du 22 février 2014 à Nantes contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes
L’État avait choisi la stratégie de la tension

Par de multiples signes, dès les préparatifs de la manifestation du 22 février, l’État avait affiché la couleur ; a fortiori pendant le déroulement de la manifestation.

La gestion par l’État des manifestations sur la voie publique ne procède pas d’un à-peu-près : depuis longtemps, des techniques éprouvées ont été mises en place, des manuels publiés à usage interne des services concernés. Chaque orientation dans le choix des dispositifs ou dans les négociations avec les organisateurs des défilés indique l’attitude de l’État, conciliante et portée au compromis ou intraitable.

C’est bien une attitude intraitable qu’a prise la préfecture de Loire-Atlantique dans des négociations interminables avec les organisateurs. À ce propos ces organisateurs émanaient des différentes tendances présentes dans le mouvement qui ont su au fil des mois et des années discuter et contribuer collectivement aux échéances cruciales – cohésion dont témoignera le communiqué publié le 22 au soir après “les évènements” (cf. le site zad.nadir).

Premièrement,  la préfecture a exclu du parcours le cours des Cinquante otages qui est un classique de toutes les manifestations du mouvement social depuis des lustres, soi-disant pour protéger le centre ville des “casseurs” –  on a vu qu’il n’en a rien été !

Deuxièmement, la longueur d’un parcours est fonction de l’affluence estimée à l’avance ; même si les organisateurs eux-mêmes ont pu être surpris, à quelques dizaines de milliers près, du succès de la mobilisation (ils espéraient plus de 20’000, nous fûmes certainement plus de 40’000 – et 500 tracteurs agricoles venus aussi des départements limitrophes. Les services de renseignement intérieurs savaient par exemple le nombre de bus qui convergeraient sur Nantes ; il y en a eu plus de 60 – la DCRI avait téléphoné à des transporteurs). Il s’agit donc bien d’un choix délibéré de cantonner une grosse manifestation sur un petit parcours amenant le début du défilé à piétiner, très tôt, à la fin du parcours, devant les grilles qui barraient le cours des Cinquante otages.

Troisièmement, tout au long du parcours les dispositifs anti-émeutes ont été installés à chaque coin de rue, au contact de la manifestation ; là aussi c’est un classique qui, justement, n’a pas été observé : les barrages sont en général installés au coin de rue précédent, en retrait.

Quatrièmement, le départ du cortège ayant été donné à 13h00, sa fin ne s’est ébranlée que 2 heures plus tard. Mais dès 15h30, donc bien avant le moment de la dispersion qu’on associe en général à un certain délai après l’arrivée de la fin du cortège, les forces de l’État, en bas du cours des Cinquante otages, ont tiré des salves de grenades lacrymogènes sur une foule bigarrée où ne figuraient que quelques dizaines de lanceurs de canettes mais aucun Black Block. La foule déjà manifestait une résistance à ces injonctions armées à s’éloigner.

Cinquièmement, après la dispersion du cortège, le centre-ville a été couvert de gaz lacrymogènes avec au moins une situation où de “simples” manifestants et des passants se sont retrouvés cernés – les manuels théoriques de maintien de l’ordre indiquent pourtant que pour éviter panique ou rage il convient que le dispositif policier laisse une issue de sortie –, et ont pu se réfugier dans le magasin des “Galeries Lafayette” réouvert  par le personnel peu après le moment de la fermeture (témoignage fiable recueilli).

Rien d’étonnant donc que cette manifestation chauffée à blanc par l’attitude de l’État ait pu contenir, comme des poissons dans l’eau, des groupes incontrôlés.

Du fait que les organisations historiques de l’opposition au projet d’aéroport (ACIPA, ADECA) ont tissé des complicités croissantes avec la jeunesse frondeuse qui est venue occuper depuis 2009 la ZAD, l’État les met de manière croissante dans le même sac : l’État n’a pas dès lors garanti le droit à manifester, il a tout juste toléré, dans des limites étroites, la présence du mouvement d’opposition à l’aéroport à NANTES, ville du Premier ministre. L’État a bien considéré ce mouvement comme un ennemi. Les soi-disant précautions prises pour éviter le saccage dans le centre ville avaient surtout pour fonction d’indiquer aux manifestants qu’ils étaient en territoire hostile. Le vandalisme dans le centre-ville aura pu donner un avant-goût aux “braves gens” de la violence que serait le saccage du bocage (par les engins de chantiers et les bétonneuses) ; à cette différence près que le saccage du bocage (paysage ô combien poétique) serait, lui, irrémédiable.

Le 25 février 2014
Tristan VEBENS (qui a quitté le centre ville vers 17h)

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[Notre-Dame-des-Landes] Lettre ouverte du mouvement armé au Préfet de Loire-Atlantique, M. Christian de Lavernée

Lettre ouverte du mouvement armé au Préfet de Loire-Atlantique, M. Christian de Lavernée

Sur la zad, le lundi 24 février 2014

Cher Christian,

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Christian de Lavernée

Vous avez déclaré hier, « L’opposition institutionnelle à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ». Il nous serait facile de vous reprocher, M. Le Préfet, de vouloir à votre tour briser des vitrines. Mais après la manifestation de samedi, autant l’avouer tout net et cesser enfin de nous cacher : nous sommes bel et bien un mouvement armé.

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ps: Quentin a perdu un œil.

Nous sommes un mouvement armé de bon sens remuant et d’idées explosives, de palettes et de vis, de pierres parfois — même s’il y a ici plus de boue et de prairies, de carottes et de poireaux, d’humour et de tracteurs, d’objets hétéroclites prêts à former spontanément des barricades et d’un peu d’essence au cas où, d’aiguilles à coudre et de pieds de biche, de courage et de tendresse, de vélos et caravanes, de fermes et cabanes, de masques à gaz ou pas, de pansements pour nos blessés, de cantines collectives et chansons endiablées, de livres, tracts et journaux, d’éoliennes et de radios pirates, de radeaux et rateaux, de binettes, marteaux, pelles et pioches, de liens indestructibles et d’amitiés féroces, de ruses et de boucliers, d’arcs et de flêches pour faire plaisir à Monsieur Auxiette, de salamandres et tritons géants, de bottes et impers, de bombes de peinture et de lances à purin, de baudriers et de cordes, de grappins et de gratins, et d’un nombre toujours plus important de personnes qui ne vous laisseront pas détruire la zad.

Vous ne nous ferez pas rendre ces armes.

Et vous, M. Le préfet, quand cesserez-vous d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ?

Sincèrement,

Les Black Ploucs
Zone à défendre

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[Face aux armes de la police] Blessures et police politique

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Blessures et police politique

Deux mois ont passé depuis que la responsabilité de l’État a été reconnue pour une blessure  au flashball et que le préfet de Paris a été condamné à verser une indemnité à Clément  Alexandre qui avait eu la joue arrachée le 21 juin 2009.

Sans surprise, la liste des blessés et des éborgnés ne cesse de s’allonger. À Grenoble, Quentin, un pompier, perd l’usage de son œil lors d’une manifestation devant la préfecture le 27 décembre 2013. Le 1er février 2014 pendant les récentes émeutes à la Réunion (Le Port), c’est Steve, 16 ans, qui perd son œil à la suite d’une intervention de la BAC. Enfin, ce samedi 22 février à Nantes, lors d’une manifestation contre l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes, la violence policière déployée rappelle celles des journées du 22 et 23 novembre 2012. Des armes inédites sont employées – des armes de guerre. On compte de nombreux blessés. Quentin, un charpentier de 29 ans, perd un œil à son tour.

Nous l’avons déjà dit, s’il n’y a pas de réparation possible, il y un certain usage stratégique du droit qui devrait relever en l’espèce du harcèlement. Dans les deux premiers cas (Grenoble et Le Port), une  enquête a été confiée aux services de police (IGPN). Nous pensons que dans ce genre d’affaire il faut prendre soi-même les choses en main et ne pas se fier une seconde à ce que diront les  flics, les préfets et les procureurs.

C’est le préfet qu’il faut attaquer devant le tribunal administratif (TA) puisque c’est lui qui arme la police et que le policier est toujours couvert pas sa hiérarchie. Ce sont ses propres expertises, médicales et balistiques, qu’il faut produire après avoir fait nommer un expert au TA. C’est avec ses propres moyens et sans se raconter d’histoire qu’il faut attaquer sur ce terrain avec un avocat auquel on peut faire confiance. Il n’y a pas d’erreur ou de faute policière derrières ces blessures, il n’y a pas de mauvais usage de ces  armes, flashball ou grenades en tout genre, mais un usage politique qui repose sur la terreur et la mutilation.  C’est à ce niveau qu’il faut porter l’offensive juridique et médiatique – aussi.

S’il y a toujours quelque chose d’absurde dans le fait d’adresser une revendication au pouvoir, surtout quand c’est celui qui nous mutile, il y a des coups à jouer et donner pour entraver l’usage de ces armes. Nous avons un avocat, nous connaissons une procédure qui a partiellement fait ses preuves, nous ne nous faisons pas d’illusion sur la justice et nous savons qu’accepter le caractère individualisant de la blessure, c’est perdre, pour soi et pour les autres. Que tous les préfets se retrouvent avec une procédure sur le dos, que tous les blessés élaborent une stratégie commune pour penser et contrer les violences policières, et que tous ceux qui luttent s’organisent pour les contrer pratiquement.

Face aux armes de la police, 24 février 2014
Contact : mail@free.fr ou mail@riseup.net ou 07 81 10 81 85

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[Notre-Dame-des-Landes] 22 février – Contre-feu face à la dévastation médiatique

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