[Valls kyste my ass] Les RG travaillent (2)

La gendarmerie table sur l’anticipation opérationnelle

L’anticipation opérationnelle de la gendarmerie s’appuie sur cette puissante « base de données de sécurité publique ».

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Il est essentiel pour les gendarmes d’avoir un regard le plus précis sur les ultras qui se glissent parmi les “bonnets rouges” ou les manifestants de Notre-Dame-des-Landes.

Dans le cadre de la refonte du renseignement de proximité, la gendarmerie a mis en place un outil visant à fournir à son directeur général, Denis Favier, tous les éléments permettant d’ajuster la manœuvre de ses forces sur le terrain. Créée le 1er janvier dernier, la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (Sdao) se présente comme une « structure complémentaire, agissant de façon transparente et interactive » avec le renseignement territorial. Relayée par une chaîne de 500 analystes répartis à travers le pays et dont elle assure le pilotage, l’anticipation opérationnelle de la gendarmerie s’appuie sur sa puissante « base de données de sécurité publique ». Depuis décembre 2011, elle poursuit une inéluctable montée en puis­sance.

Selon nos informations, cette base garde actuellement en mémoire quelque 150.000 fiches d’analyses passant au crible les conflits sociaux et leurs acteurs, ainsi qu’une multitude de signaux précoces permettant à la direction de la gendarmerie d’anticiper ses dispositifs de protection, notamment de la vingtaine de centrales nucléaires, et de maintien de l’ordre. Un logiciel « morphosyntaxique » permet, à partir d’un nom, de multiplier les croisements et d’éventuelles connexions.

« À côté du renseignement territorial qui va fournir des informations stratégiques sur les revendications de tel ou tel, l’anticipation opérationnelle offre un éclairage spécifique permettant d’identifier les modes opératoires, les moyens déployés par nos adversaires ainsi que leur degré de radicalité afin d’ajuster notre niveau de riposte, précise le colonel Pierre ­Sauvegrain, patron de la Sdao. Il est essentiel d’avoir un regard le plus précis sur les ultras qui se glissent parmi les “bonnets rouges” ou les manifestants de Notre-Dame-des-Landes. » Pour les gendarmes, le renseignement est consubstantiel à la fonction. Ce qui confère à cette force 100.000 « capteurs » potentiels.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Christophe Cornevin, LeFigaro.fr, 27 mars 2014)

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[Mère de Dieu, chasse Poutine] Témoignage de Nadejda Tolokonnikova à Kiev : « Ici l’auto-organisation n’est pas qu’un joli mot. »

Nadia Tolokno, Member of the Russian Group Pussy Riot, Visited Kyiv

I was in Kyiv. To anyone who hasn’t yet been there – I advise you to go. Especially if you claim to have an opinion about Kyiv.  As they say, one look is worth a thousand words.

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On the eve of my trip to Kyiv I asked my internet-kitties on Twitter the following question: Can anyone give me instances of any recent violence by extremists in Kyiv? On March 29, on the eve of my departure for Kyiv, Putin in a telephone call to Obama had specifically complained about rampages by extremists. I did not get a single response to my question. The masses of Kremlin trolls who swamp my account, didn’t manage to deliver. Poor things.

And so, what became clear to me as a result of my trip to Kyiv?

One. It’s peaceful in Kyiv. I didn’t get attacked even once by “bands of neo-Nazis.” My purse did not get snatched. Although I walked around the streets at night.  And in spite of the fact that generally speaking, you don’t see any policemen in the city. Here ‘self-organization’ is not simply a pretty word. On Maidan and Khreshchatyk everything is in perfect order. Clean. Rubbish is automatically collected and carefully packed up.

Two. I did not observe any looting.  On the contrary, I observed that Sberbank Russia – the bank of the aggressor nation, located on the Maidan itself, in the midst of the barricades, did not have a single pane of broken glass, not a single scratch.

Three. I spoke in Russian – and did not get slapped in the face. I got smiles and words of thanks that there are Russians who do not support the aggressor Putin. Sturdy men from Lviv explained to me and Alekhina and Verzylyov why we need to shake off Putin in our own country.

Four. “We love Russians, we despise Putin.” This slogan, very likely, more than anything else reflects the mood of Kyiv at this time. It’s not an accident that such a banner hangs in the middle of Maidan – on the frame of that same Christmas tree, from whose installation on November 30, 2013 everything began, when the Berkut beat up the students.

Five. Maidan is a place of unbelievable power. Candles in memory of the heroes of the Heavenly Hundred, masses of flowers. A list of names the dead, read out at midnight from the stage of Maidan: “Eternal memory!” Children’s drawings, dedicated to the fallen. The words of the priest from the stage: “Thank you for your patience! And thank you for tolerating me for so many months…” True faith, a priest who is a true Christian.

Six. I hope that everything will turn out well for them. And perhaps, the consciences of  our putins and kiseliovs will awaken, and they will stop scoffing at people who have already lost too many and too much, yet in spite of this, have managed to hold their own.

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Source: echo.msk.ru, 31 mars 2014 – traduit en anglais par Kalyna 14 et publié le 13 avril sur EuromaidanPR.com

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[Faits divers] Les exploits des coreligionnaires du général Puga

Les séances d’exorcisme tournent aux viols

Un prêtre de 40 ans, ancien directeur d’une école privée de Goussonville dans les Yvelines, a été mis en examen et écroué mercredi pour viols, tortures et actes de barbarie sur trois enseignantes.

http://juralib.noblogs.org/files/2014/04/011.jpegL’horrible secret que portait un prêtre est resté longtemps confiné dans l’enceinte de l’école privée Notre-Dame de la Sablonnière, à Goussonville (Yvelines). Mercredi, l’abbé a finalement été mis en examen et écroué pour viols, tortures et actes de barbarie par un juge d’instruction de Versailles, rapporte Le Parisien. Entre septembre et octobre 2010, l’homme de 40 ans aurait violé à plusieurs reprises trois enseignantes de l’établissement de la Fraternité Saint Pie X, dont il était le directeur.

L’homme aurait profité de son influence spirituelle pour abuser des trois femmes. Il aurait choisi comme première cible une femme de famille fragile et déjà abusée sexuellement. « Il lui a fait subir un exorcisme avant de mimer des actes sexuels pour tenter de soigner “le mal par le mal” », explique le site du quotidien. La victime était tellement secouée par cette séance d’exorcisme qu’elle n’a pas pu raconter les sévices subis. Après elle, deux autres femmes seront les victimes présumées du religieux. En 2013, deux d’entre elles ont porté plainte. Lorsque la vérité éclate, la fraternité Saint Pie X sanctionne son membre lors d’un procès canonique et l’éloigne pendant deux ans dans un monastère.

“Obnubilé par la question du sexe”

Interrogé lundi par les enquêteurs, l’homme d’église a reconnu partiellement les faits, raconte France 3 Ile-de-France. Il a expliqué que les victimes étaient consentantes et qu’il s’était contenté de mimer l’acte sexuel, sans aller au bout. Il n’a pas reconnu les actes de violence. Selon LesNouvelles.fr l’accusé souffrirait de troubles de la personnalité. « Il est obnubilé par la question du sexe », explique une source proche du dossier citée par le site.

La fraternité Saint-Pie-X, à laquelle appartient l’ecclésiastique écroué, a été fondée en 1970 par Mgr. Marcel Lefebvre. Ce dernier a été excommunié en 1988 par le pape. Congrégation composée de prêtres catholiques traditionalistes, le groupe refuse de se ranger dans le giron du Vatican, malgré les multiples appels de l’ancien pape Benoît XVI.

Leur presse (Amandine Bourgoin, Paris-Match, 10 avril 2014)

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[Rio de Janeiro] Vers l’unité des favelas

Police Clash With Squatters in Rio de Janeiro Slum

RIO DE JANEIRO — Violent clashes broke out on Friday between police officers and squatters here when the authorities dislodged thousands of families from a newly formed favela, or slum, in a complex of abandoned commercial buildings, focusing attention on the rising tension over surging rents and housing shortages.

Just two months before Brazil is to host the World Cup soccer tournament in Rio de Janeiro and other cities, police officers used tear gas and rubber bullets to disperse the squatters at a decaying property in the city’s gritty northern zone owned by Oi, one of the largest telecommunications companies in Brazil.

The squatters fought back by pelting the police with rocks, tossing firebombs and setting buses and police vehicles on fire. Even when officers managed to assert control over the settlement after hours of clashes, the protesters turned to looting nearby banks and a supermarket.

One of the squatters, Nicole Evangelista, 22, said she had put down stakes at the complex just days ago. In a stunning example of how favelas coalesce in Rio, thousands of people had moved to the site this month, coordinating their moves over social media, building wooden shacks and calling their community the Telerj Favela, a nod to the state phone company that used to own the property. Thousands of people had moved to the slum this month, coordinating over social media.

“Five thousand people moved here because they wanted their own home,” said Ms. Evangelista, who is unemployed and came to the settlement from Mandela, another favela in Rio. “But this morning police got here when I was still sleeping,” she said. “An officer told me he was going to fill my head with bullets.”

No deaths were reported in the clashes, but as many as 20 people were injured, including several police officers, according to local media reports.

Photographs on the G1 news websiteshowed children suffering from tear gas inhalation. At least 26 people were detained by the police in connection with the clashes and subsequent looting. Fires from the clashes sent up billows of smoke that could be seen across Rio. Police units also made forays into Jacarezinho and Rato Molhado, two favelas adjacent to the newer squatter settlement, after protesters sought refuge in the mazes of cinder-block houses.

“The operation unfolded as it was planned,” Lt. Col. Cláudio Costa, a spokesman for Rio de Janeiro’s military police, said in televised comments. “We didn’t have problems inside the property, just on the outskirts where there was confrontation.”

Still, the images of the clashes brought into sharp relief the discontent over rising costs of living in Rio as it experiences a frenetic investment surge ahead of the World Cup and the 2016 Summer Olympics, which Rio will also host. Real estate prices and rents have climbed throughout the city, including in many slums, squeezing low-income residents.

At the same time, the construction of affordable housing in Rio has lagged behind. Guilherme Simões, 29, a housing activist working with the squatters, said the Telerj Favela had been occupied because it lay vacant for years. Pointing to the desperation of some of the squatters, he said, “They moved more out of necessity than knowing it would work.”

Leur presse (Simon Romero, The New York Times, 11 avril 2014)

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[Afrique du Sud] Manifs pour les services de base à Christiana, Bloemhof, etc.

Un adolescent tué lors de manifestations en Afrique du Sud

Un adolescent a été tué mercredi lors d’une violente manifestation à Christiana, dans une région du centre de l’Afrique du Sud secouée par des émeutes depuis une semaine, ont indiqué les autorités jeudi.

Selon le gouvernement provincial, le propriétaire d’une taverne a ouvert le feu pour se protéger contre les pillards, tuant l’adolescent et blessant deux autres personnes. “Un adolescent a été tué. Il y a eu une manifestation, il y avait une foule en colère, et quelqu’un a sorti une arme à feu et tiré sur le jeune homme, qui est décédé sur place”, a indiqué à l’AFP Thulani Ngubane, porte-parole de la police de la province du Nord-Ouest.

Deux personnes ont été arrêtées pour être interrogées, a-t-il précisé. Des manifestations violentes secouent depuis plusieurs jours la ville voisine de Bloemhof où les maisons de responsables municipaux, des bâtiments publics et des magasins ont été incendiés lundi. Des routes ont été barrées.

Les violences se sont étendues mardi à Christiana et à d’autres localités de la région. Les troubles ont commencé le 2 avril avec des manifestations “contre les mauvais services publics et pour exiger le départ de certains responsables municipaux”, selon le brigadier Ngubane.

Les manifestations violentes en Afrique du Sud pour exiger des services de base — logement, eau, électricité, éclairage public —, pour dénoncer la corruption des élus ou réclamer des emplois sont en hausse constante depuis dix ans. Face à ces manifestations tournant régulièrement à l’émeute, la police sud-africaine manque d’effectifs équipés et entraînés [sic - NdJL].

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Belga via 7sur7.be, 10 avril 2014)

 

Bloemhof homes go up in flames

More than 15 houses belonging to police officers in Bloemhof have been torched by livid protesters, North West police confirmed yesterday.

Speaking to The Citizen, police spokesperson Brigadier Thulane Ngubane said officers’ lives and those of their families had also been threatened by angry protesters.

“Seven of the houses were burnt in one night,” he said.

Responding to claims that police officers have been instigating the violent protests by supplying tyres to demonstrators, Ngubane said the question was “malicious and lacked merit”.

He said the police would continue to monitor the area, as well as neighbouring areas to which the protests had spread.

Just after 3pm, the police were forced to close the N12 road to traffic, following the resumption of the protests.

Meanwhile, the provincial department of Public Works, Roads and Transport yesterday embarked on a clean-up campaign in Bloemhof, following days of violent protests.

Provincial government spokesperson Lesiba Kgwele said the aim was to normalise the area and ensure that schooling at eight schools affected by the protests resumed on Monday.

Most of the roads were barricaded with burning tyres, rocks and rubble by disgruntled protesters, who accuse officials at the Lekwa-Teemane local municipality of nepotism, corruption and failing to deliver basic services.

The protests have also spread to areas such as Christiana and Itsoseng.

Premier Thandi Modise claimed on Thursday senior community leaders were instigating violence in the municipalities and police officials were conniving with protesters in Boitumelong and Coverdale townships near Bloemhof.

Modise has since called for an investigation into the protests.

More than 100 protesters have been arrested in connection with the destruction of property and torching of houses of five councillors.

Three officials and 71 protesters appeared in court yesterday. They were remanded in custody and their cases postponed to Monday.

Two men suspected of having shot and killed a 17-year-old boy during a protest march to the local municipality are expected to appear in court on Wednesday.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Steven Tau, Citizen.co.za, 12 avril 2014)

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[Maison d'arrêt d'Arras] Les porte-clefs travaillent

Arras : des “beuveries” dans la prison

Le syndicat Ufap-Unsa Justice de la maison d’arrêt d’Arras dénonce les “beuveries” auxquelles s’adonnent lors des promenades les détenus, qui se fournissent grâce aux colis lancés de l’extérieur, contenant alcool, mais aussi viande ou drogue, a expliqué vendredi un représentant du personnel.

“Avec l’alcool, la promenade est plus folle !” s’exclame l’Ufap-Unsa Justice dans un communiqué daté du 25 mars, d’abord adressé à la direction régionale des services pénitentiaires puis rendu public auprès de la presse. “Tous les weekends, lors des promenades et plus particulièrement l’après-midi, des individus extérieurs à l’établissement balancent (par dessus le mur d’enceinte, ndlr) dans les cours de promenades des bouteilles d’alcool qui sont rapidement ingurgitées par les détenus”, explique le syndicat, qui dénonce “un rituel”.

Le 9 mars, après de nouvelles projections, une quinzaine de détenus émêchés ont refusé de réintégrer leurs cellules, a dit Frédéric Charlet, secrétaire régional adjoint de l’Ufap-Unsa. Les surveillants ont alors mis plus d’une demi-heure pour les faire rentrer. “Pour des raisons de sécurité on n’intervient pas dans une cour de promenade”, a précisé Charlet, qui regrette des effectifs insuffisants. “C’est un problème récurrent sur bon nombre d’établissements pénitentiaires”, a ajouté Frédéric Charlet, qui estime que le préfet pourrait bientôt recevoir les représentants du personnel.

L’Ufap-Unsa Justice demande une multiplication des rondes de police à l’extérieur, “le weekend pendant les créneaux horaires de la promenade”, la “pose rapide de filets anti-projections ainsi que l’organisation de fouilles sectorisées ou encore le transfert systématique des meneurs. Les projections, a expliqué Charlet, sont souvent faites par des personnes mineures, ce qui complique leur interpellation. Des bouteilles de plastique utilisées sont remplies d’alcool et emballées dans du papier bulle pour les protéger.

D’autres colis contiennent souvent du cannabis ou de la viande, mais aussi des armes et autres objets interdits (burins, lames de scie), selon les syndicats. “En cinq minutes, il peut y avoir une trentaine de colis qui arrivent”, a décrit Charlet. “Il y a ce qui est consommé sur place et ce qui remonte dans les cellules”.

Presse carcérale (LeFigaro.fr avec l’Agence Faut Picoler, 11 avril 2014)

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Manif antiaustérité à Rome

Italie : scènes de guérilla urbaine dans une manifestation à Rome, un blessé

Un Péruvien a perdu une main dans l’explosion d’un pétard samedi au cours d’une manifestation à Rome contre les politiques de logement et de l’emploi du gouvernement, qui a dégénéré en scènes de guérilla urbaine, faisant des dizaines d’autres blessés.

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Selon des sources sanitaires, le blessé le plus grave est un Péruvien de 47 ans qui a eu une main amputée après l’explosion d’un pétard qu’il s’apprêtait à lancer.

On compte une dizaine d’autres blessés plus légers parmi les manifestants et une vingtaine au sein des forces de l’ordre, ont indiqué les autorités qui ont fait état aussi de six arrestations.

La manifestation avait été organisée par les militants pour le droit au logement, les mouvements dénonçant les mesures d’austérité, des syndicats protestant contre le travail précaire, des étudiants ainsi que les opposants au TGV Lyon-Turin. Les manifestants ont affirmé être 15.000, sans que ce chiffre soit confirmé par les autorités.

Partie vers 13H00 GMT de Porta Pia, juste en dehors de l’enceinte du vieux Rome, elle s’est déroulée pacifiquement jusqu’à son arrivée deux heures plus tard devant les ministères de l’Industrie et du Travail, via Veneto, la rue immortalisée au cinéma par le film La Dolce Vita.

Des protestataires brandissant une banderole avec un “non au plan logement et au jobs act (la réforme du marché du travail, ndlr) du gouvernement Renzi !”, ont commencé à jeter des œufs et des oranges sur le bâtiment.

Beaucoup de slogans ont été scandés contre le gouvernement et la précarité comme “(…) donnons l’assaut à l’austérité et à la précarité” et “Logement, revenu, dignité”. Sur les murs avaient été apposées des affiches en forme de défis : “vous pouvez nous appeler Neet (acronyme anglais pour définir ceux qui n’étudient pas, ne travaillent pas, ne se forment pas), nous sommes surtout des précaires en colère”.

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À un moment, certains manifestants, la tête cachée sous des capuches, ont commencé à lancer des pétards et des pierres vers les véhicules blindés de la police dont 2.000 agents ont été déployés dans tout le centre historique de Rome.

Les policiers et les carabiniers les ont repoussés en chargeant à deux reprises le cortège et en faisant usage de gaz lacrymogène. C’est alors que le Péruvien de 47 ans a été blessé par l’explosion du pétard.

Après les charges policières, le cortège s’est dispersé dans plusieurs rues.

Sur le sol, via del Tritone, près de la Place Barberini, et via Veneto, la chaussée était jonchée de banderoles, drapeaux et calicots abandonnés et même de chaussures de tennis.

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Selon les médias, les manifestants les plus virulents ont endossé des k-way bleus, pour se distinguer des anarchistes des “black blocs”. Une sorte de provocation de ces “blu bloc” à l’encontre de la police italienne qui porte des tenues de la même couleur.

À propos des longues minutes de guérilla urbaine qui ont dévasté des rues très touristiques, le maire de Rome Ignazio Marino, revenu spécialement au Capitole pour piloter une cellule de crise, a déploré des actes de violence “qui ont pénalisé l’ensemble de la capitale”.

La fédération des commerçants Federmoda a pour sa part affirmé que certains magasins restés fermés de crainte de dérapages avaient perdu 70% de leur chiffre d’affaires par rapport à un samedi normal.

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Presse antiémeute (Agence Faut Piller via LePoint.fr, 12 avril 2014)

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[Notre-Dame-des-Landes] On s’approche aujourd’hui d’une victoire majeure pour les luttes contre l’aménagement gestionnaire et marchand du territoire

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[Made in China] La liberté ou la mort

Chine : une fuite de pétrole à l’origine d’une importante contamination d’eau

PÉKIN – Une fuite d’hydrocarbures imputée à un géant pétrolier chinois est à l’origine d’une importante pollution au benzène d’un réseau d’eau du robinet dans l’ouest du pays, a indiqué samedi un officiel local cité par un média d’État.

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Des analyses menées jeudi et vendredi matin avaient détecté dans le réseau de distribution des eaux de la métropole de Lanzhou des niveaux de benzène, une substance cancérigène et incolore, vingt fois supérieurs à la limite nationale, selon des médias officiels.

La nouvelle, suivie de l’arrêt de l’approvisionnement en eau d’une partie de la ville, avaient crée vendredi un vent de panique chez les habitants, les poussant à prendre d’assaut les rayons de bouteilles d’eau minérale des magasins.

Un responsable des autorités locales chargé de l’environnement, cité par l’agence officielle Chine nouvelle, a précisé samedi qu’une fuite de pétrole par une filiale du groupe public CNPC était à l’origine de la contamination.

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Lanzhou, une nouvelle ville champignon en plein centre de la Chine

Selon lui, les enquêteurs ont ainsi retrouvé des traces d’hydrocarbures tout au long d’une conduite reliant deux usines de traitement gérées par la compagnie locale des eaux, coentreprise entre Veolia Water, filiale du français Veolia Environnement, et un partenaire chinois.

La plupart des cours d’eau en Chine sont sévèrement pollués par les rejets des exploitations agricoles et des usines qui les bordent, et les standards environnementaux que prône Pékin font l’objet d’une application extrêmement laxiste.

L’incident de Lanzhou intervient un mois après un grave épisode de pollution de l’environnement dans la région du Guangxi (sud), où des rejets de cadmium par des usines chimiques avaient contaminé des sources d’approvisionnement en eau desservant plusieurs millions de personnes.

Leur presse (Agence Faut Polluer, 12 avril 2014)

 

Chine : la presse d’État critique après une grave pollution au cadmium

SHANGHAÏ – La presse officielle chinoise a critiqué mercredi le rôle des autorités d’une région du sud du pays face à la grave pollution d’un important cours d’eau fournissant de l’eau potable à des millions d’habitants.

Des dangereux niveaux de cadmium, métal hautement toxique pour l’organisme, ont été relevés dans la rivière Longjiang, la contamination concernant un segment de 300 kilomètres.

Les autorités ont affirmé tard mardi avoir contenu cette pollution mais le quotidien China Daily a estimé qu’il fallait une meilleure surveillance des industries et que l’action des responsables locaux laissait beaucoup à désirer.

Les autorités locales doivent enquêter en profondeur sur les causes de l’accident, a insisté le journal, en estimant que ce désastre environnemental devait servir de signal d’alarme.

Les autorités ont placé en garde à vue sept dirigeants d’usines chimiques suspectés d’être responsables de rejets toxiques dans cette rivière de la région méridionale autonome du Guangxi.

Le gouvernement a mobilisé des milliers de militaires pour larguer des dispersants censés diluer le cadmium et en limiter l’impact.

Mercredi, le gouvernement du Guangxi a assuré avoir endigué la pollution après avoir obtenu des résultats probants grâce aux dispersants. Les taux de cadmium restaient toutefois 2,6 fois supérieurs à la limite maximale dans certaines zones, a indiqué la municipalité de Liuzhou.

La pollution avait provoqué une ruée sur l’eau en bouteille à Liuzhou, une ville de plus de trois millions d’habitants, ainsi que dans la commune de Liujiang, qui dépasse 1,5 million d’habitants.

Le cadmium est une substance reconnue toxique et cancérogène, qui s’accumule dans le corps humain tout au long de la vie, avec des impacts sur les reins, les os, le foie et le système respiratoire. Le cadmium est notamment utilisé dans les batteries.

Les déversements accidentels de produits chimiques avec de graves conséquences pour la santé sont fréquents en Chine, où le respect de l’environnement est encore souvent sacrifié sur l’autel de la croissance économique.

Leur presse (Agence Faut Polluer, 1er février 2012)

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[Passeurs d'hospitalités] « Respect de la loi ou rébellion ? »

« Respect de la loi ou rébellion ? » : c’est l’alternative dans laquelle le préfet du Pas-de-Calais situe l’action de Kévin Reche, leader du collectif d’extrême-droite Sauvons Calais, organisateur de la manifestation prévue ce dimanche et annulée par la préfecture.

Le choix des mots interrogent. La rébellion n’est pas en soi un délit, sauf dans un cas bien précis d’une résistance violente généralement aux forces de police [Article 433-6 du Code pénal : Constitue une rébellion le fait d’opposer une résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public agissant, dans l’exercice de ses fonctions, pour l’exécution des lois, des ordres de l’autorité publique, des décisions ou mandats de justice.] : ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Dans une tradition démocratique multiséculaire, la rébellion face au tyran ou la résistance à l’oppression sont à la fois des droits et des devoirs du citoyen [Article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. Article 35 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.]. Enfin il est paradoxal de qualifier de “rebelle” quelqu’un qui défend une conception ultra-concervatrice de l’ordre social.

On peut donc s’interroger si le choix du terme “rébellion” ne vise pas d’autres personnes, et n’annonce pas, au nom de l’interdiction d’extrême-droite, une répression accrue contre d’autres personnes. Quand on voit une population jetée à la rue et harcelée par la police, forcer la porte d’une maison vide, y mettre son nom et en assumer les conséquences judiciaires, pour que les personnes à la rue aient un toit, c’est un authentique acte de rébellion. Être présent au petit matin pour filmer les violences policières au risque de les subir soi-même, c’est un acte de résistance au sens des deux Déclarations des droits de l’homme et du citoyen suscitées. Rien à voir avec la complicité bienveillante dont le mouvement d’extrême-droite Sauvons Calais a joui de la part de la police et de l’autorité préfectorale à l’occasion de l’attaque du squat de Coulogne.

“Respect de la loi” : ni le Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, ni la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, ni le Défenseur des Droits, parmi beaucoup d’autres, ne pensent que cette expression qualifie l’action de l’État vis-à-vis des exilés et de ceux qui les soutiennent à Calais. Le préfet du Pas-de-Calais n’a plus aucune autorité autre que la force pour employer cet argument. Alors qu’on appelle État de droit un État qui respecte ses propres lois, et n’abuse pas de violence à son profit ou à celui de ses dignitaires.

Deux actes du préfet du Pas-de-Calais au matin du 11 avril : d’un côté il fait détruire le campement des exilés soudanais et arrêter ceux d’entre eux qui se trouvent sur place ; de l’autre  il interdit la manifestation de Sauvons Calais prévue le 13 avril. Les uns sont jetés à la rue et arrêtés, leurs habitations sont détruites; personne ne détruit les maisons des membres de Sauvons Calais ni ne les arrête, le préfet interdit un rassemblement ponctuel à Calais après les avoir soutenus à Coulogne. Cette balance pipée qui penche outrageusement d’un côté n’est pas celle de la justice.

Et ce n’est pas là une action de l’État dans laquelle nous pouvons nous reconnaître.

Passeurs d’hospitalités, 12 avril 2014

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La police assassine et mutile, retour sur la manifestation du 5 avril

Samedi 5 avril, près de 400 personnes se sont réunies au métro Anvers pour manifester contre les violences et les crimes policiers, à l’appel de plusieurs familles de personnes tuées par la police, de collectifs constitués autour de personnes mutilées par la police, mais aussi de collectifs luttant contre les violences policières, le contrôle au faciès, la répression des luttes sociales et le racisme.

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Retour sur la manifestation contre les violences et crimes policiers

Samedi 5 avril, près de 400 personnes se sont réunies au métro Anvers pour manifester contre les violences et les crimes policiers, à l’appel de plusieurs familles de personnes tuées par la police, de collectifs constitués autour de personnes mutilées par la police, mais aussi de collectifs luttant contre les violences policières, le contrôle au faciès, la répression des luttes sociales et le racisme [Urgence-Notre-Police-Assassine, Collectif Angles Morts, Collectifs et familles de Wissam El Yamni, Lahoucine Ait Omghar, Youssef Mahdi, Amine Bentounsi, Lamine Dieng, Ali Ziri, etc., Brigade Anti Négrophobie, Collectif Stop le Contrôle au Faciès, Réseau Résistons Ensemble, Collectif "Huit Juillet" autour de Joachim Gatti, Collectif "27 Novembre" autour de Pierre Douillard, Parti des Indigènes de la République, Mouvement Inter Lycées Indépendant…].

Après quelques prises de parole, la manifestation a quitté la place d’Anvers vers 16h, avant de suivre les boulevards Magenta, rue du Faubourg Poissonnière et Réaumur pour rejoindre Opéra, toujours étroitement encadrée par plusieurs centaines de CRS et de flics en civil. La préfecture avait en effet prévenu qu’un dispositif de proximité serait mis en place et averti qu’elle sévirait à la moindre prise de parole “diffamatoire” ou “outrageante” à l’égard de l’institution. Cela pour caresser dans le sens du poil le syndicat policier Alliance qui, scandalisé par la teneur des affiches appelant à la manifestation, avait demandé la veille que la manifestation soit interdite [Voir le communiqué sur le site du syndicat Alliance]. Ce sont donc près de 50 CRS devant et 100 derrière, ainsi qu’une centaine en réserve dans les rues latérales qui ont été mobilisés.

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Si certain-e-s ont appelé à l’apaisement et insisté sur le fait que la manif n’était pas “anti-flics”, qu’il s’agissait de dénoncer les “voyous dans la police” responsables de “dérapages”, d’autres n’ont pas manqué d’exprimer la responsabilité de l’ensemble des flics dans les agissements de certain-e-s d’entre elleux, et que l’omerta qui entoure tous les crimes et mutilations perpétrés par la police accuse l’ensemble de l’institution.

Des prises de parole à la sono et au mégaphone ont émaillé tout le parcours, tandis que les slogans “Urgence, la police assassine en toute impunité”, “Pas de justice, pas de paix”, “Police partout, justice nulle part”, résonnaient dans les rues étroites et peu fréquentées du 9e arrondissement.

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Faire taire les indésirables, ou pourquoi la police assassine

La police, dans sa vocation à préserver l’État de toute atteinte, a carte blanche pour « désintégrer » ceux et celles qu’il estime « non intégrables », ceux et celles qui, par leur comportement ou leurs prises de position expriment un mépris des cadres institutionnels posés par la république, ou tout au moins une volonté de ne pas s’y laisser « intégrer ».

Dans les quartiers dits « sensibles », mais pas seulement, on met dans les mains des policiers des armes de guerre, puis on y accole l’étiquette « non létale » pour tromper l’opinion. Les policiers, ainsi formés à la va-vite, arment leur jouets mortels et tirent dans le tas. C’est comme ça qu’ils gèrent la foule. C’est aussi comme ça qu’ils maintiennent l’ordre public.

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Mais on s’étonnera de constater que l’arme la plus létale du policier, c’est ses propres mains. Quand on regarde de près la longue liste de morts impliquant la police au cours des trois dernières décennies [282 recensés sur atouteslesvictimes.samizdat.net ; près de 320 recensés sur bastamag.net], on s’aperçoit que l’arme du crime a le plus souvent cinq doigts : étranglement, clés de bras, pliage, c’est souvent à force d’improbables et inutiles contorsions que les corps de leurs victimes se brisent.

Quand le policier intervient à l’encontre d’un étranger ou d’un militant « gauchiste », il sait déjà que sa hiérarchie le couvrira s’il se lâche. Les policiers sont imprégnés des représentations à l’égard des « non français » et des « non citoyens » véhiculées dans les médias et par les hauts représentants de l’État.

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Il a été démontré par des études approfondies de l’institution policière que certains corps policiers ont été constitués dans un esprit réactionnaire (les CRS sont institués en 1944) et néocolonial (la BAC succède en 1994 aux différentes brigades (BNA, BAV, BDT, BSN) jusqu’alors placées sous l’égide du Service de Coordination des Affaires Algériennes : on prend les mêmes et on continue !), qu’ils portent en eux l’héritage des anciennes polices coloniales et de leur “savoir-faire” contre-insurrectionnel acquis durant la bataille d’Alger…

Pas étonnant donc que les policiers incarnent la préservation d’un modèle depuis longtemps étrenné, en pliant les personnes issues de l’immigration dans les cadres fixés par un appareil d’État empreint de préjugés racistes et conservateurs.

Quand l’IGPN et la Justice cherchent les coupables… du côté des victimes.

Quand une personne perd la vie, ou parfois son œil à cause d’un tir de flashball [Voir le site d’information "27 novembre 2007"], c’est bien souvent un long processus judiciaire qui s’enclenche. Bien malgré eux, les victimes ou leurs proches se retrouvent brutalement entraînés sur un chemin semé d’embûches. Autopsies et expertises judiciaires tronquées, manipulées pour faire apparaître des causes imaginaires ou disparaître des symptômes réels [À ce sujet, lire l’analyse de l’affaire El-Yamni], mais aussi frais de justice élevés, désinformations des médias, harcèlement de la part des autorités, fins de non recevoir et autres non-lieux…

Sans compter que chaque procédure commence invariablement par la case IGS/IGPN où on tente de convaincre les familles des victimes que la faute ne se place pas forcément du côté de la police, que les victimes ont peut-être provoqué ce qui leur est arrivé. Et si elles ne sont pas découragées par cet accueil suspicieux et hostile, les familles se retrouvent en fin de compte avec un non-lieu, fondé sur des autopsies et rapports médicaux falsifiés qui concluent à des insuffisances cardiaques : on s’étonnera, au regard de la moyenne d’âge des victimes (25 à 30 ans), d’un aussi grand nombre de cardiaques…

Les proches de victimes ou les personnes blessées par un tir de flashball ou de LBD racontent bien souvent la même histoire quand il s’agit de décrire l’accueil reçu par la police des police, par les procureurs ou par certains juges : leur douleur est ignorée, les traumatismes évidents niés et les questions orientées bien souvent dans le sens d’une mise en accusation des victimes. Les policiers quant à eux, sont toujours abrités par leur bon droit et une présomption implicite de légitime défense, bien que cette dernière notion ne connaît à ce jour aucune traduction juridique.

La peine capitale existe toujours, mais ce sont les flics qui jugent.

Quand un flic interpelle, tabasse puis étouffe une personne menottée, quand il sort sont arme et abat une personne qui n’en pointe pas sur lui, quand il vise et tire à la tête avec une arme “non-létale” en risquant de provoquer des lésions mortelles, il met en pratique une exécution sommaire fondée sur son seul sentiment de légitimité. Il juge et exécute sa sentence à la fois, c’est une mise à mort extrajudiciaire. Et lorsque la justice et sa hiérarchie le protègent, le couvrent, le disculpent de cette mise à mort, alors l’exécution devient judiciaire, on appelle ça la peine de mort : on tolère et avalise même le droit du fonctionnaire de police à tuer.

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C’est d’ailleurs tout le sens de la guillotine et de son pantin décapité qui ont été installés samedi sur le toit du véhicule de tête à l’arrivée de la manifestation place de l’Opéra, accompagnés des inscriptions “Abolie la peine de mort ? ça dépend pour qui !” et “Dans certains quartiers, la peine de mort existe encore. Et les policiers y sont seuls juges”. Il s’agissait aussi d’évoquer le caractère raciste de ces mises à mort, qui comme l’enquête de Bastamag le rappelle, concerne généralement “un homme noir ou d’origine arabe, habitant un quartier populaire de l’agglomération francilienne ou lyonnaise”. On ne peut nier au policier la conscience qu’il a de l’acte qu’il commet : il sait pertinemment qu’il peut aller beaucoup plus loin lorsqu’il a en face de lui une personne d’origine étrangère, y compris en lui ôtant la vie.

Il y a dans l’usage de la violence plusieurs niveaux, que le policier franchit ou non en fonction de l’origine sociale et ethnique de la personne qu’il a face à lui. Et, au regard des précédents judiciaires, à savoir des nombreux non-lieux dont bénéficient les policiers criminels, mais aussi du soutien de la hiérarchie et des syndicats policiers, ainsi que des discours convenus sur la nature délinquante des “populations immigrées”, le flic a bien ancrée dans son subconscient l’idée que l’étranger peut mourir sans que ça ne fasse de vague.

Quand le ministère éructe, la BRDP travaille

Lorsque des voix s’élèvent pour dénoncer les collusions entre les flics, la justice et les politiques qui les commandent, le silence médiatique se fait complice, l’indifférence et/ou la culpabilité sont criantes. Et lorsque ces mêmes voix sont leur propre média, qu’elles hurlent sur internet leur sentiment d’injustice ou même plutôt de fausse justice et qu’elles pointent du doigt l’assassinat policier, les ministres de l’intérieur et les syndicats policiers crient à la diffamation. Combien de fois n’a-t-on pas vu le flic qui frappe porter plainte pour outrage et rébellion et les flics qui ratonnent manifester leur sentiment de vulnérabilité aux violences subies ?

Comme écrit plus haut, la veille de la manifestation du 5 avril, le syndicat Alliance criait au scandale, à la diffamation du corps policier et s’étonnait que la préfecture de Paris ait pu autoriser une manifestation qui ose critiquer la noble et exemplaire institution policière.

De même, lorsque qu’Amal Bentounsi alimente son site “Urgence Notre police assassine” avec les éléments et témoignages à charge contre les flics, elle se retrouve convoquée à la Brigade de Répression de la Délinquance à la Personne, la BRDP, une division de la Police Judiciaire spécialisée dans les délits de presse (diffamations) et qui sert de tâcheron pour les attaques contre les médias libres. Ainsi le Jura Libertaire ou IMC Grenoble sont poursuivis par Hortefeux puis Valls suite à des articles sur la BAC de Marseille, Copwatch Nord-Idf pour ses publications sur les flics [Le site reste difficilement accessible sans passer par Tor], Non-Fides et Lucioles pour un article sur les Correspondants de nuit, etc.

Quand les syndicats de flics grondent, les ministres demandent des têtes, la BRDP s’exécute et ce sont les médias libres qui trinquent. Tu as le droit de manifester en silence mais surtout ne t’avise pas de communiquer, c’est une liberté qui n’est pas accordée à tous, mais seulement à ceux qui s’expriment dans les cercles autorisés ou qui bénéficient du privilège de leur fonction ou de leurs relations dans les milieux de pouvoir. C’est d’ailleurs ce qui a été rappelé ce lundi 7 avril par Mathieu Rigouste lors de l’audience au TGI d’Amal Bentounsi où il intervenait comme témoin (audience qui fera l’objet d’un autre article).

Pourquoi les blessés et les morts doivent s’unir

Face au silence contraint qu’imposent ceux qui ne veulent pas qu’on parle de leurs “bavures” et “dérapages”, mais aussi pour faire face à l’isolement et au sentiment d’impuissance vécu par les proches de victimes ou les victimes elles-mêmes, la manifestation de samedi aura surtout été l’occasion d’une rencontre entre ceux qui vivent des situations similaires mais n’ont pas toujours les opportunités de faire route ensemble.

À l’issue de la manifestation, la Cantine des Pyrénées a prêté son local pour une bouffe partagée entre différents collectifs et personnes, venus notamment de Nantes, Lille, Blois ou Clermont-Ferrand pour rencontrer ceux de la région parisienne, partager leurs expériences et envisager des perspectives communes.

Plusieurs d’entre les victimes ont exprimé le souhait de mettre un terme à leur période de deuil pour initier un combat, qu’Amal aura eu pour sa part la franchise de qualifier de “thérapie” lors de son procès, pour au moins mettre en lumière la vérité sur leurs affaires. S’unir quotidiennement pour lutter aura toujours plus de sens que de se réunir une fois l’an pour commémorer nos morts.

Confrontés à une violence policière industrielle, il n’y a encore une fois qu’en faisant front commun qu’on pourra espérer tenir tête.

Paris-Luttes.info, 9 avril 2014

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[Mort aux el-Assad et à tous leurs complices !] La lutte des Syriens pour la libération et pour déterminer leurs propres destins continuera à vivre

Syrie : À propos des interventions et de la révolution syrienne

La révolution syrienne est une révolution qui a commencé comme une lutte pour l’auto-détermination. Les Syriens exigeaient de déterminer leurs propres vies. Et, pendant plus de deux ans, contre toute attente, face à la répression massive et à la destruction occasionnée par le régime Assad, ils ont persévéré.

Au cours du processus révolutionnaire, beaucoup d’autres acteurs sont apparus sur la scène pour travailler contre la lutte pour l’auto-détermination. L’Iran et ses milices, avec le soutien de la Russie, sont venus à l’aide du régime, pour s’assurer qu’on ne donnerait pas ce droit aux Syriens. Les djihadistes de l’État Islamique d’Irak et du Sham et d’autres, sous couvert de « combattre le régime Assad », ont tout autant travaillé contre ce droit. Et je pressens la même chose de toute intervention occidentale.

Certains vont soutenir que nous avons parcouru un long chemin depuis, il ne s’agit plus de l’auto-détermination, mais plutôt simplement d’arrêter le massacre. C’est une position que je ne peux pas soutenir. S’il s’agissait simplement d’arrêter le massacre, alors j’aurais supporté les djihadistes lorsqu’ils vinrent, parce que, personne ne peut le nier, ils sont les mieux armés et les mieux équipés pour défier le régime Assad. Mais je ne l’ai pas fait, et beaucoup d’autres non plus, car ils ne partageaient pas les objectifs du peuple syrien. Ils voulaient contrôler le peuple syrien et étouffer sa capacité à déterminer sa propre destinée. À cause de cela, ils étaient contre-révolutionnaires même s’ils combattaient contre le régime.

Et maintenant, face à une possible intervention occidentale en Syrie, je garde la même position. Beaucoup diront que je suis idéologique et que je devrais juste me concentrer pour arrêter le massacre ; mais ceux-là ignorent que, même en termes pragmatiques et selon leurs propres modes de raisonnement, leur argument n’a aucune influence, après l’insistance répétée des US selon laquelle « il n’y aurait que des frappes punitives » et qu’ils « ne tenteraient pas d’abattre le régime ». Quels sont les signes qui indiquent que ces frappes feront quoique ce soit pour arrêter le massacre, ou pour « résoudre » la crise syrienne.

Je ne me soucie pas de la souveraineté. De nos jours, la Syrie est devenue un pays pour n’importe qui sauf les Syriens. Ce n’est pas à cause du mythe de la souveraineté syrienne que je m’oppose à l’intervention. Ni dans la perspective de la destruction de la Syrie, car elle a déjà été détruite par ce régime criminel. Je m’oppose à l’intervention occidentale parce qu’elle va travailler contre la lutte pour l’auto-détermination, c’est-à-dire contre la révolution syrienne.

Assad a utilisé des armes chimiques contre son propre peuple. Je n’ai aucun doute à ce propos. Et ceci aurait pu être empêché si en fait on avait donné des armes à la résistance syrienne qui auraient pu faire basculer l’équilibre contre le régime. Mais les pouvoirs étrangers ont gardé les bras croisés, ne souhaitant pas qu’Assad gagne, mais ne souhaitant pas plus que la résistance gagne. Ils ne pouvaient pas donner des armes aux Syriens pour qu’ils se défendent eux-mêmes, ont-ils dit, qui sait dans quelles mains elles seraient arrivées ? Elles auraient pu accidentellement arriver, c’est-à-dire, dans les mains des Syriens qui voulaient déterminer leurs propres destinées en dépit des intérêts étrangers !

Nous avons donc fait un tour complet. Personne n’a armé la résistance syrienne, alors ils ont été tués par le régime, ou forcés de mettre en place l’infiltration du djihad. Donc Assad a utilisé des armes chimiques contre les Syriens, et l’Ouest veut répondre pour donner une leçon à Assad, une réponse qui garantit encore que les Syriens n’auront rien à dire en ce qui concerne leur futur. Et le régime survivra probablement à une intervention « punitive » occidentale, et le massacre ne s’arrêtera probablement pas.

Mais malgré cela, la révolution syrienne, et en son cœur, la lutte des Syriens pour la libération et pour déterminer leurs propres destins, continuera à vivre.

Par Darth Nader – 28 août 2013
(traduction française Manuel Sanchaise, pour Juralib)

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« En France, plus qu’ailleurs (…) il n’y a pas de respect de la police » LOL

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Bouches-du-Rhône : quand la force publique devient illégitime…

39 cas de violences policières ont été relevés en 2012 et 2013 dans le département

Pendant huit mois, ils avaient nié. Et leurs collègues avaient complaisamment fermé les yeux. Il avait fallu toute la persévérance d’un procureur entêté, et la vigilance de l’Observatoire départemental sur les violences policières illégitimes (OVPI), pour que l’affaire éclate au grand jour et se termine devant le tribunal correctionnel. Deux policiers avaient roué de coups un vendeur à la sauvette dans les locaux de l’Évêché. L’un d’eux lui avait enfoncé le canon de son arme dans la bouche avant de lui jeter un drapeau tricolore sur les épaules. La scène avait même été immortalisée par une photo prise à l’aide d’un téléphone portable détourné d’un scellé ! L’ADN de la victime retrouvé sur le Beretta d’un fonctionnaire avait sifflé la fin de leur carrière. Fin 2006, ils écopaient de 3 ans de prison dont 1 an ferme…

Cette sordide affaire qui avait fait trembler les murs de l’Hôtel de police a-t-elle modifié les comportements ? “Les violences policières dans les commissariats et dans les geôles ont quasiment disparu [sic - NdJL], note, 8 ans plus tard, Chantal Mainguy de la Ligue des Droits de l’Homme, coordonnatrice de l’OVPI. En revanche, elles s’exercent toujours autant sur la voie publique”. Selon le dernier rapport d’activité de cette structure créée en 2001, 39 cas, dont 9 issus du centre de rétention, ont été recensés au cours des années 2012 et 2013.

“Beaucoup de personnes, persuadées d’être le pot de terre contre le pot de fer, ne donnent pas suite aux violences. Elles sont persuadées qu’on ne leur viendra pas en aide”, souligne Chantal Mainguy, en remarquant, néanmoins, quelques améliorations. La présence de l’avocat en début de garde à vue, la possibilité de saisine de l’IGPN par la victime depuis quelques mois, l’initiative de citoyens qui n’hésitent plus à filmer des “bavures” ou encore l’affaire de la Bac Nord auraient rendu les policiers plus prudents. “Mais malgré ces avancées, nous avons constaté que des personnes interpellées sont encore victimes de “violences gratuites”, à savoir exercées après leur immobilisation”. Menottes excessivement serrées, gifles, coups de pied, passage à tabac, étranglement… “Toutes ces violences étaient inutiles et elles n’ont jamais été sanctionnées, martèle-t-elle. La hiérarchie n’intervient jamais et trop souvent, les juges condamnent les victimes. L’esprit de corps règne toujours…”

“On est la profession la plus contrôlée de France, rétorque David-Olivier Réverdy, secrétaire zonal du syndicat Alliance. On a une obligation d’exemplarité que l’Administration entend bien faire respecter. On voit souvent des faits montés en épingle… ” “Le métier de policier est compliqué, et en France, plus qu’ailleurs car il n’y a pas de respect de la police, déplore Pierre-Marie Bourniquel, patron de la sécurité publique. En 2013, il y a eu 32’425 interpellations sur tout le département. Donc, ces quelques cas qui posent problème, je les regrette… ” Toutes les plaintes sont traitées, assure Jean-Jacques Fagni, procureur adjoint. Mais les faits dénoncés ne correspondent pas toujours à de véritables infractions. Être maîtrisé par la force est souvent assimilé à une violence”.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Laetitia Sariroglou, LaProvence.com, 10 avril 2014)

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Cryptoparty

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Hello !

Le 7 avril, un informaticien de Google a découvert une faille de sécurité dans un programme qui chiffre les échanges entre votre navigateur et les deux tiers des sites web de la planète.

Cette faille s’appelle heartbleed. Le programme touché s’appelle OpenSSL.

En résumé, le petit cadenas qui devait assurer la confidentialité des échanges (quand vous vous connectez à votre mail par exemple, en allant sur https://mail.riseup.net/) était cassé depuis quelque temps. On ne sait pas si des agences gouvernementales ont découvert cette faille et l’ont exploitée avant le 7 avril.

Pendant ces échanges, vos données, y compris vos mots de passe, ont pu être déchiffrées par des tierces personnes mal intentionnées.

La correction doit être faite par les personnes qui gèrent ces différents serveurs web (le bug n’est pas dans votre navigateur, mais seulement sur le serveur web).

En pratique, pour un utilisateur d’internet, il est recommandé de s’informer si les sites qu’il utilise habituellement ont été touchés, s’ils ont déjà corrigé la faille (les sites importants comme Google, Gmail, Yahoo, Facebook, Twitter ont déjà corrigé la faille).

Après correction du bug, il faut changer tous vos mots de passe.

Concernant Tor, il est recommandé de ne plus utiliser le réseau Tor pour des communications sensibles avec des sites web classiques pendant 1 semaine, le temps que les clefs de chiffrement soient automatiquement changées.

Si vous utilisez des sites Tor en .onion (services cachés), assurez-vous que leur adresse a changé. Si l’adresse .onion n’a pas changé, le site est vulnérable, ne l’utilisez pas.

Le live CD ou live USB Tails n’est pas touché car il utilise une version plus ancienne de OpenSSL.

En bref :

• changez tous vos mots de passe utilisés sur des sites web

• n’utilisez pas le même mot de passe pour des sites web différents (ajoutez 1 truc différent à votre mot de passe pour chaque site)

• un mot de passe sérieux contient au moins 12 caractères dont au moins 1 majuscule, 1 minuscule, 1 chiffre, 1 caractère spécial (*!:%$,.?#°] etc.)

• Astuce : pour améliorer votre mot de passe sans vous prendre la tête, ajoutez plein de fois le même caractère au début, à la fin, voire au milieu. Exemple de mauvais mot de passe : fckMP2013  –> +++fckMP2013***  là c’est mieux

Page donnant de bons conseils pour créer des mots de passe faciles à mémoriser et efficaces :
https://support.mozilla.org/fr/kb/creer-mots-passe-surs-proteger-identite

Questions, critiques, en savoir plus, etc. : cryptomars@cryptoparty.fr,
https://www.cryptoparty.fr et Twitter @cryptomars

P.-S. : Malgré toutes les failles passées, présentes, futures, chiffrer toutes vos communications, même les plus triviales, c’est mieux que de ne pas les chiffrer : ça donne énormément plus de travail aux surveillants et ça augmente la taille de la botte de foin.

Marseille Infos Autonomes, 10 avril 2014

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[Éducation] Tournée autour d’une école autogérée, coopérative et communautaire

Débat le dimanche 20 avril à 17h, suivi d’une petite animation musicale.
“Chez Zoubir”, Pizzeria culturelle et militante
2 rue Bertrand de Born (qui fait l’angle avec la place Belfort) Toulouse

Une école de la vie, où l’on apprend grâce au collectif, où le travail manuel est inséparable du travail intellectuel et où la liberté du groupe garantit la liberté individuelle.

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TÉLÉCHARGER L’AFFICHE

Voilà à quoi ressemble une école autogérée qui se veut être une alternative réelle dans la société dans laquelle nous vivons. Celle que nous voulons vous présenter devrait voir le jour dans le quartier de Sants à Barcelone.

Les initiateurs de ce projet se posent comme défi d’arriver à l’autosuffisance économique. L’organisation de leur tournée en France, par la CNT, a pour objectif de leur apporter un soutien financier mais aussi de partager des expériences éducatives autogérées entre toutes et tous les participant-es.

Nous vous attendons nombreuses et nombreux,

Les militant-es du syndicat santé, social, éducation de la CNT 31

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[La police est le meilleur des métiers pour être au-dessus des lois] Bas les pattes sur Amal Bentounsi ! (3)

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Les violences policières s’invitent à la 17e chambre

Peut-on parler d’impunité policière sans risquer une condamnation pour diffamation ? Ça dépend de qui parle. Au procès d’Amal Bentounsi, poursuivie par l’ex-ministre de l’intérieur Manuel Valls pour avoir dénoncé une police « au-dessus des lois », des militants ont rappelé que plusieurs rapports d’ONG et ouvrages de chercheurs disaient la même chose, sans jamais avoir été attaqués.

Il a surtout été question de violences policières ce lundi 7 avril 2014 au tribunal correctionnel de Paris. Plusieurs militants, proches de victimes ou victimes et sociologues étaient présents à la 17e chambre au procès pour « diffamation envers une administration » d’Amal Bentounsi, poursuivie à la suite d’une plainte de l’ex-ministre de l’intérieur Manuel Valls.

Le frère d’Amal Bentounsi, Amine, a été tué d’une balle dans le dos par un gardien de la paix de 33 ans, le 21 avril 2012, à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Choquée par les photos de son autopsie, Amal Bentounsi, 38 ans, avait publié le 3 novembre 2013 sur le site de son collectif Urgence-notre-police-assassine.fr un clip vidéo dénonçant l’impunité des forces de l’ordre auteures de bavures. Une vidéo parodiant les campagnes de recrutement de la police, qui affirmait : « Vous voulez commettre des violences et crimes en toute impunité sans jamais être inquiété par la police ? Vous êtes violent, insultant, ne respectez pas le code de déontologie ? (…) Prêt à tuer sans être en état de légitime défense ? En argent de poche en fin du mois coller des outrages à agents (…) ? Ne vous inquiétez pas, même si vous êtes coupable, on s’arrangera pour que vous ne le soyez plus. Alors n’attendez plus, la police est le meilleur des métiers pour être au-dessus des lois. »

Au bord des larmes, cette ex-commerçante, mère de trois enfants, a témoigné lundi de l’état de détresse des familles de victime de violences policières. « Personne n’est venu taper à nos portes pour savoir si nous avions été traumatisés, a-t-elle dit. C’est presque vital, le seul combat qui nous reste, c’est de pouvoir dénoncer. » À la procureure qui lui fait remarquer que le policier qui a tué son frère a été mis en examen pour « homicide volontaire », Amal Bentounsi répond en reconnaissant le « courage » de la juge d’instruction. « Mais dans d’autres affaires quand quelqu’un est mis en examen avec un chef d’inculpation aussi lourd, il devrait être en détention provisoire », rappelle-t-elle soulignant que, bénéficiant de la mobilisation des syndicats policiers en sa faveur, le fonctionnaire continue à percevoir son salaire. « Est-ce qu’un justiciable policier a plus de droits qu’un justiciable ouvrier ? » demande Amal Bentounsi.

Elle rappelle également que bien souvent, lorsque des policiers finissent par être poursuivis, c’est grâce à l’obstination des familles. « Si les familles ne sont pas au courant, plein d’éléments passent à la trappe ou disparaissent, soutient-elle. Et les syndicats de police inversent les rôles : la victime est rendue coupable. »

Appelé comme témoin à la barre, Farid El Yamni a raconté son propre parcours du combattant pour obtenir la vérité sur la mort de son frère Wissam, mort à 30 ans, après une interpellation violente la nuit de la Saint-Sylvestre 2012. « Près d’une dizaine de témoins disent qu’il a été lynché, il a été retrouvé le pantalon baissé avec des traces de strangulation et son corps nous a été rendu en état de putréfaction six mois après car ils n’avaient pas pensé à le conserver au froid, raconte-t-il. Un enfant comprendrait que ce qui s’est passé n’est pas normal ! » Deux policiers ont récemment été mis en examen pour « coups mortels » dans son affaire. Alors pour le jeune homme de 28 ans, ingénieur, le clip d’Amel Bentounsi fait figure d’« euphémisme » à côté de ce que les familles de victimes vivent. « On a le droit de dire ce que les gens refusent de voir », a-t-il conclu.

Quant à Sihame Assbague, porte-parole du collectif Stop Le contrôle au faciès, elle a rappelé que les rapports d’ONG, comme Amnesty International, dénonçaient avec régularité l’impunité policière en France. Ou encore que l’Inspection générale de l’administration avait récemment dénoncé les abus des policiers en matière de procédure pour outrage et rébellion.

« Il y a des gens qui ont le droit de critiquer la police et d’autres non, a remarqué le chercheur et militant Mathieu Rigouste, 32 ans, lui aussi cité comme témoin. J’ai moi-même écrit des choses qui ressemblent beaucoup à ce qu’a fait Amal et je n’ai pas été attaqué. » Pour l’auteur de La Domination policière – Une violence industrielle (La Fabrique éditions, 2012), la stratégie des autorités est double : « Il s’agit de punir parmi ceux qui subissent la violence policière ceux qui luttent et dénoncent, ainsi que de caresser les appareils répressifs quand ceux-ci grognent par la voie de leurs syndicats. » Face à ce tribunal parisien, le chercheur, qui a passé une trentaine d’années en banlieue, affirme que les propos d’Amal Bentounsi sur l’impunité policière « résonnent pour énormément de gens dans les quartiers populaires ». « Ce qu’Amal dénonce est la réalité », martèle Mathieu Rigouste, en reconnaissant qu’il n’existe pas de statistiques officielles sur le sujet.

Sceptique sur le « vecteur » – un blog – choisi par la prévenue « pour faire avancer son dossier », la procureure Aurore Chauvelot a toutefois demandé sa relaxe. « Est-ce que pour autant les propos de Mme Bentounsi dépassent les limites admissibles de la liberté d’expression dans une société démocratique ? Je ne le crois pas », a-t-elle déclaré, en rappelant que toute une partie des propos attaqués par le ministre de l’intérieur étaient prescrits. Allant plus loin, la procureure a estimé que la police était « un corps sans doute insuffisamment encadré, mais on ne peut pas dire que c’est un corps insuffisamment contrôlé ».

Me Michel Konitz, l’avocat d’Amal Bentounsi, a également demandé la relaxe. « Quand quelqu’un vient me voir pour se plaindre de violences policières, je lui demande s’il a une vidéo et cinq ou six témoins, a-t-il expliqué. Car tout le monde sait qu’il y a une omerta dans la police et que les policiers se protègent entre eux. ». À ses yeux, la plainte de Manuel Valls en date du 21 janvier 2013 n’était donc qu’une « opération de communication interne pour faire plaisir aux syndicats ».

Leur presse (Louise Fessard, Mediapart, 7 avril 2014)

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Résistons Ensemble n° 129 – avril 2014

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Résistons Ensemble

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[Flics, Porcs, Assassins] Bas les pattes sur Amal Bentounsi ! (2)

Les violences policières au cœur d’un procès

Les violences policières étaient aujourd’hui au cœur du procès de la sœur d’un homme tué par un policier en 2012, jugée par le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation après une plainte du ministère de l’Intérieur.

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Noisy-le-Sec le 5 mai 2012. Amal Bentounsi (à droite) dans une manifestation contre les violences policières.

Amal Bentounsi, sœur d’Amine Bentounsi, tué d’une balle dans le dos le 21 avril 2012 à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), est poursuivie pour “diffamation publique envers une administration publique”. Elle avait déclaré dans une vidéo publiée sur son site : “Vous voulez commettre des violences, crimes, en toute impunité sans être inquiété ? La police recrute”. Fondatrice du collectif “Urgence notre police assassine”, elle avait été visée par une plainte signée par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, en janvier 2013.

Très émue, cette mère de famille a raconté que pour elle, “tout a basculé” à la mort de son petit frère. Cette commerçante s’est retrouvée alors au “bord de la route”, “victime collatérale” du drame. “Pour moi, ça a été trop fort, trop lourd. (…) Il fallait que je crie, il fallait que ça sorte. C’est pour ça que j’ai créé ce site et que par un soir dramatique, j’ai monté ce clip”, s’est-elle expliquée. Dans la salle d’audience, de nombreux amis et militants associatifs étaient venus la soutenir.

Tout en reconnaissant du “courage” au magistrat qui a mis en examen pour homicide volontaire le policier en cause, qui a argué de la légitime défense, Amal Bentounsi a regretté que ce dernier “continue à percevoir son salaire en attendant son procès et pour l’instant, il n’est pas en détention provisoire”. “Est-ce qu’un justiciable policier a plus de droits qu’un justiciable ouvrier ?” s’est-elle interrogée.

Quatre témoins ont décrit les violences policières qu’ils combattent et exprimé le sentiment d’impunité des policiers ressenti dans certains quartiers. “Amal est une victime. Nous sommes des victimes et nous sommes traités comme des agresseurs”, a déploré Farid El-Yamni, frère de Wissam El-Yamni, décédé à 30 ans, après avoir été interpellé dans des conditions controversées la nuit de la Saint-Sylvestre 2011 à Clermont-Ferrand. Deux policiers ont été mis en examen dans cette affaire.

“Il y a des gens qui ont le droit de critiquer la police. Amnesty international dit dans un rapport que la police est au-dessus des lois. J’ai moi-même écrit ces choses-là”, a témoigné Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales.”Par contre, ce sont souvent le même genre de personnes qui sont attaquées”, a-t-il opposé, “il semblerait que le pouvoir n’ait pas intérêt à laisser ceux qui subissent la violence policière la dénoncer”.

“Je ne suis pas certaine” que le blog soit le “bon vecteur” pour la “thérapie personnelle” de la prévenue, ni pour faire “avancer son dossier” ou faire “avancer le débat citoyen”, a commenté la procureure Aurore Chauvelot. “Est-ce que pour autant les propos de Mme Bentounsi dépassent les limites admissibles de la liberté d’expression dans une société démocratique ? Je ne le crois pas”, a-t-elle poursuivi. L’avocat de Amal Bentounsi, Me Michel Konitz, a également demandé la relaxe, expliquant que les propos de sa cliente étaient un “cri de douleur”.

Le ministère de l’Intérieur n’était pas représenté. La décision sera rendue le 28 mai.

Leur presse (LeFigaro.fr avec l’Agence Faut Payer, 7 avril 2014)

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[Flics, Porcs, Assassins] Quand Manuel Valls muselle la critique de la police

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Quand Manuel Valls muselle la critique de la police

On l’a vu dernièrement, le ministre de l’Intérieur a la censure facile. Mais s’il parade pour interdire un spectacle de Dieudonné, il reste plus discret sur les poursuites qu’il intente ou dont il menace ceux qui osent s’en prendre aux bavures de la police nationale.

Le 7 avril prochain aura lieu le procès d’Amal Bentounsi, attaquée par le ministre pour « diffamation envers une institution représentant l’autorité publique ». En cause : son site internet Urgence, notre police assassine qui répertorie les violences policières mortelles.

Valls en relais d’Hortefeux

Amal y dénonce régulièrement l’impunité judiciaire dont bénéficient certains auteurs de bavures, comme celle qui coûta la vie à son frère Amine le 21 avril 2012. Celui-ci fut abattu d’une balle dans le dos par un agent de la BAC à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) alors qu’il fuyait un contrôle d’identité. Bénéficiaire d’une permission de sortie de prison, Amine Bentounsi n’avait toujours pas regagné la maison d’arrêt de Châteaudun (Eure-et-Loir). Plusieurs propos tenus à l’égard de policiers dans un vidéo-clip titré “Outrage et Rebellion”, valent à l’auteure du site les foudres du premier flic de France. Notamment en cause : « Vous voulez commettre des violences et crimes en toute impunité sans jamais être inquiété par la police ? Vous êtes violent, insultant, ne respectez pas le code de la déontologie ? (…) La police est le meilleur des métiers pour être au-dessus des lois. »

Amal n’est pas la seule à être dans le viseur de l’Intérieur. En novembre prochain, ce sera au tour du blog Le Jura Libertaire de comparaître pour « injure et diffamation publiques contre la police ». En juillet 2010, Brice Hortefeux annonce qu’il porte plainte contre ce site Internet et celui d’Indymédia Grenoble. Il reproche à ces médias alternatifs d’être « hostiles à la police ». Ceux-ci avaient dénoncé les exactions policières perpétrées dans le quartier populaire de Villeneuve lors des révoltes de juillet 2010. Révoltes elles-mêmes survenues à la suite de la mort de Karim Boudouda, abattu par des policiers de la BAC au mitan du mois. Trois ans d’enquête plus tard, le plaignant est toujours le ministre de l’Intérieur, mais il s’appelle Manuel Valls.

Dénoncer les dérives de l’institution policière

Dans un autre registre, le Réseau Résistons Ensemble contre les violences policières et sécuritaires subit lui aussi la pression. En décembre dernier, le collectif distribuait à Gennevilliers son 125e bulletin mensuel intitulé Crimes policiers, crimes racistes, trente ans après rien n’a changé. Quatre agents de la BAC embarquent alors les dangereux militants au poste de police et les placent en cellule sans autorisation de téléphoner. Une arrestation en représailles au contenu édité dans le bulletin, leur signalent les policiers avant de les menacer de poursuites judiciaires pour propos diffamatoires. Des empreintes digitales sont relevées et le matériel n’est pas restitué. Une intervention identique avait déjà eu lieu en avril 2013. Dans les mêmes conditions, pour les mêmes raisons. Deux événements tous deux restés sans suite. « S’agit-il d’une initiative locale du commissariat de Gennevilliers ? Il serait important de recenser, pour commencer, ce genre d’atteintes graves à la liberté de presse, d’opinion et d’expression », s’interroge le collectif dans un échange de mail sur un réseau militant.

Dénoncer les dérives de l’institution policière demeure une activité sensible. Elle n’est pourtant pas vraiment infondée. Contrairement à d’autres pays, aucun recensement officiel des bavures n’existe en France. On compte autour de dix morts par an en moyenne, liées à une action des forces de l’ordre. Et dans les faits, peu de d’agents de celles-ci sont, sinon emprisonnés, au moins jugés pour leurs actes mortels. Non-lieu, relaxe, acquittement, classement sans suite jalonnent cinquante ans de quasi impunité en la matière. Environ 5% des policiers et gendarmes impliqués dans des affaires judiciaires de ce type sont passés derrière les barreaux. Souvent au prix de la grande lenteur des procédures [Lire à ce propos sur le site Basta ! : "Homicides, accidents, « malaises », légitime défense : 50 ans de morts par la police" et "Bavures policières mortelles : trente ans de quasi impunité ?"]. Le policier ayant tué Amine Bentounsi, toujours en fonction, a pour sa part été mis en examen pour homicide volontaire. Ce qui est rare. Mais la tenue de son procès se fait attendre. L’instruction close en septembre dernier vient d’être relancée par une demande de contre-expertise balistique de la part de l’avocat du policier.

Le précédent de La Rumeur

Intimider, affaiblir moralement et financièrement ceux qui luttent auprès des familles de victimes de violences policières plutôt que de concourir à leur quête de vérité et de justice… Manuel Valls semble avoir choisi sa voie. Dans la droite ligne de ses prédécesseurs UMP. Pas sûr que cela serve ses intérêts.

Le rappeur Hamé du groupe La Rumeur nous le rappelle. Nicolas Sarkozy l’attaque en justice en 2002 en tant que ministre de l’Intérieur puis que président pour des propos tenus dans le fanzine qui accompagnait la parution du premier album du groupe. À savoir, « les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété ». Après huit ans d’acharnement judiciaire, la Cour de cassation relaxe finalement Hamé en 2010. Les magistrats ont estimé que si ses écrits « revêtaient un caractère injurieux, [ils] ne constituaient pas le délit de diffamation envers une administration publique ». Au delà de défendre la liberté d’expression, le rappeur s’est servi du passage devant le juge pour démontrer le fondement de ses dires en appelant à la barre historiens, sociologues, policiers, citoyens… L’affaire La Rumeur a-t-elle fait jurisprudence ?

En attendant, Amal Bentounsi invite toutes les familles de victimes de bavures à prendre la parole au palais de justice de Paris. « Nous demanderons à la justice qui sera là pour me juger, de prendre ses responsabilités et de condamner ces policiers qui commettent des meurtres en toute impunité », déclare-t-elle. Et faire de ce tribunal une tribune autour d’une question encore taboue. Serait-ce le but recherché par le ministère de l’Intérieur ?

Ludo Simbille, Regards.fr, 27 mars 2014

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[In memoriam] Que fait la police ?

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Éditorial : Aurons-nous des successeurs ?

Il fallait bien terminer (peut-être provisoirement), cette aventure de Que fait la police ? Après la création de l’Observatoire des libertés publiques, le 6 avril 1994, un an jour pour jour après le véritable assassinat du jeune Makomé M’Bovolé (17 ans) au commissariat des Grandes Carrières, dans le 18ème arrondissement de Paris, bien connu pour sa tendresse immodérée envers la population issue de l’immigration colorée. Nous étions bien seuls avec mon camarade Jean-Michel Mension (Alexis Violet), pour montrer la police de la République pour ce qu’elle est réellement, et non pas une troupe de gardiens de la paix destinée à apaiser les conflits au sein de la population.

Les difficultés envisageables ne devaient pas nous empêcher de publier 122 numéros imprimés du bulletin Que fait la police ?, puis après le décès de Jean-Michel, en juin 2006, la poursuite de cette action de salubrité publique avec 88 numéros, parus sur Internet. Une certitude : ce bulletin intéressait vivement nos premiers lecteurs qui, avec 300 abonnés payants entretenaient des liens très forts avec l’Observatoire des libertés publiques, rassemblant des milliers de signataires dans nos pétitions contre la violence policière ou pour la dissolution des BAC. Par la suite, lors du passage, gratuit, sur Internet, notre audience – j’étais seul désormais – devait se décupler, jusqu’à atteindre près de mille visites par jour sur notre site, mais il n’était plus possible de connaître ceux qui s’intéressaient à notre activité. Toujours est-il que les méthodes et les mauvaises manières policières n’ont guère évolué durant les vingt années qui viennent de s’écouler, depuis qu’en 1994, un ministre de l’Intérieur comme Charles Pasqua – dans la droite ligne d’un Raymond Marcellin – s’appliquait à créer le désordre au nom d’un ordre nullement menacé. Cela ne pouvait qu’étonner mais il faut bien constater que, vingt ans plus tard, le socialiste proclamé Manuel Valls, ne se conduit pas tellement différemment de ce mafieux gaulliste, et la provocation est restée l’arme habituelle d’une police qui n’est trop souvent républicaine que de nom. Ce qui s’est passé à Nantes, le 22 février 2014 ne fait que le démontrer. C’est donc sur ce dernier exploit de notre police que va se clore le bulletin Que fait la police ? qui, au cours des deux décennies écoulées, a relaté quelque 6.000 « faits divers » policiers. Nous ne nous sommes jamais aventurés dans l’éternel débat sur l’utilité de la police mais toujours est-il que lorsque les forces de l’ordre sont absentes, les situations ne dégénèrent jamais aussi violemment que lors de leur présence active. Par ailleurs, si les « racailles » ne sont pas plus nombreuses qu’il y a un siècle, il faut bien constater que les victimes de l’ordre se trouvent face à des fonctionnaires d’autorité assermentés, armés comme s’ils partaient en guerre. Ce qui paraît bien naturel car, comme de toute éternité, il faut bien mater la « canaille ». C’est pourquoi nos sociétés modernes se sont donné les moyens nécessaires pour y parvenir au prix de nombreuses vies humaines. Sans que soit évoquée, bien évidemment, l’abolition de la peine de mort, en octobre 1981.

Rien n’a changé, ou presque, durant les années écoulées. Ceux qui, depuis la place Beauvau, dirigent une armée policière plus répressive que préventive, tendent à se ressembler. La pseudo-défense des institutions leur procure cette nuque raide qui sied aux grands républicains pour qui l’existence d’une police d’ordre présente plus d’intérêt que la défense des libertés fondamentales. C’était le leit-motiv de Jean-Pierre Chevènement, lorsque cet homme, soit disant de gauche, était ministre de l’Intérieur. Si notre actuel Premier flic de France ne cesse de proclamer qu’il est inflexible dans le combat contre le racisme et l’antisémitisme (pourquoi séparer ces deux aspects de la sinistre stupidité populacière ?), il a malgré tout tenu le cap du rejet des Roms, initié par Nicolas Sarkozy, lors de son calamiteux discours de Grenoble, le 30 juillet 2010, annonçant l’ouverture de la chasse, avec l’honnête Brice Hortefeux en porte-flingue.

Inutile de trop s’attarder sur la politique de l’ordre (musclé) régnant au pays des Droits de l’homme – on nous croirait de parti-pris. Si les hommes (et les femmes) qui nous gouvernent ont peut-être, parfois, des états d’âme, il en va très différemment de ceux (et celles) qui manient la matraque et prétendent assurer aussi bien l’ordre moral que l’ordre public. Tant que les contrôles d’identité au faciès resteront la pratique habituelle de nombre de nos anges-gardiens, il sera possible d’affirmer que les mœurs policières n’ont pas changé depuis la période de l’occupation nazie, lorsque les policiers harcelaient ceux dont le profil ne leur paraissait pas très catholique. Tout comme ceux qui, de nos jours, n’hésitent jamais à détruire les campements précaires des familles Roms, veulent oublier que leurs anciens défonçaient les portes des logements de ceux qu’ils étaient chargés de rafler, de l’été 1941 à l’été 1944, lorsque leurs victimes désignés tardaient à répondre à l’injonction : « Ouvrez, police ! »

Restons-en là de ces comparaisons qui pourraient paraître outrageantes, en espérant qu’un jour lointain, la police pourrait devenir un véritable service public, en lieu et place d’une force répressive dont il est quasiment interdit de critiquer les pratiques.

Il paraît qu’il ne peut être question de comparer la gestion policière de nos prétendus socialistes à la main de fer de la droite, lorsque celle-ci est au pouvoir. En fait, les uns et les autres font en sorte qu’il est difficile de les différencier, en matière répressive. C’est là un constat désespérant mais la nature humaine est ainsi faite que les possibles victimes de l’ordre ne cessent d’apprécier ceux qui affirment hautement qu’ils sont les régulateurs de la société.

Du Larzac à Nantes…

Qui aurait pu imaginer que les socialistes, de retour au pouvoir, auraient eux aussi cette profonde épine dans le pied que représentait le Larzac, au temps où Michel Poniatowski régnait sans partage sur les services de la place Beauvau. Il était alors nécessaire de chasser de ce plateau, où venaient s’alimenter les brebis, les incorrigibles écologistes qui s’opposaient à l’installation d’un camp militaire. Il y avait eu un mort et de nombreux blessés, mais contrairement à la morale dite républicaine, force n’était pas restée à la loi. Devant le détermination des militants venus de la France entière, et même de l’étranger, nos CRS et gendarmes mobiles n’avaient pas eu d’autre alternative que de se retirer de ces terres ingrates où il n’est possible que de brouter…

Près de quarante ans plus tard, c’est un scénario presque identique qui nous est proposé, à Notre-Dame-des-Landes. À la volonté forcenée de construire un aéroport sur les terres humides de Loire-Atlantique, répond, depuis une trentaine d’années, le refus des agriculteurs, soutenus par les écologistes. Le projet, pharaonique, conçu pour accueillir le Concorde n’est pas de saison mais l’ancien maire de Nantes, devenu Premier ministre, s’accroche à ce possible chantier, pour la plus grande satisfaction du groupe privé de travaux publics Vinci. Tout comme pour le Larzac, de nombreuses forces de l’ordre sont régulièrement sur le terrain pour remettre à la raison ces rêveurs, présentés comme de dangereux opposants au progrès. Il n’y a pas encore eu de morts mais cela pourrait bien arriver si les policiers de Manuel Valls continuent à être mis sur le terrain.

Ce qui s’est passé, le samedi 22 février, dans les rues de Nantes, à l’occasion d’une grande manifestation, qui se voulait pacifique, ne fait que démontrer l’acharnement du pouvoir, socialiste cette fois, à réaliser cet aéroport dont bien des experts estiment qu’il est coûteux et inutile. Qu’importe, une fois de plus, force doit rester à la loi et les manifestants n’ont pu que constater la difficulté de s’opposer aux certitudes d’un pouvoir démocratique n’ayant nullement l’intention de discuter ses décisions irrévocables. D’où la nuque raide du ministre de l’Intérieur et l’attitude rugueuse des forces de l’ordre.

Comme nos CRS et gendarmes mobiles sont toujours disponibles pour réprimer, cela fait donc bien des années qu’ils répondent à l’appel du préfet de Loire-Atlantique et du ministre de l’Intérieur de l’époque en utilisant les grands moyens contre les militants écologistes et les petits paysans de la région qui défendent farouchement leurs terres. À ce stade, tout comme lors de l’affaire du Larzac, il ne peut être question d’erreur de jugement mais bien de la volonté d’en découdre avec des manifestants qui ont le grand tort de faire face à la volonté du pouvoir.

Il n’en reste pas moins qu’après la lamentable démonstration de force du 22 février 2014, la volonté gouvernementale était avant tout de démontrer que la manifestation violente était surtout l’œuvre de bandes vandales organisées, avec l’évocation de ces fameux « Blacks-Bloc » n’ayant pour objet que de semer le désordre. Certes comme dans toutes les manifestations de ce genre, on trouve toujours quelques dizaines, voire quelques centaines de « casseurs », comme on dit. Pour autant, les services de Manuel Valls, qui ont surtout mis l’accent sur les policiers blessés, et les dégâts en centre ville, oublient que tout avait été mis en œuvre pour assurer l’échec d’une manifestation qui aurait pu être pacifique.

Le quotidien Libération, daté du 25 février, rappelait fort opportunément que le cortège – de 20.000 à 50.000 manifestants – s’était heurté, dès le début du parcours, à des grilles hérissées, comme à des canons à eau qui n’étaient pas là uniquement pour faire de la figuration. Par ailleurs, des artères prévues pour le passage des manifestants avaient été bloquées, alors que 1.500 policiers attendaient, sans doute impatiemment, le moment de passer à l’action. Selon un témoin l’interdiction d’emprunter le parcours traditionnel des manifestations à Nantes, ne pouvait que provoquer une « saturation du défilé réduit à une marche sur un petit kilomètre ». Ce qui ne pouvait manquer de « cristalliser les premiers affrontements ».

Une enseignante raconte : « Les lacrymogènes sont commencé à partir sans que rien ne se soit passé… Tout le monde s’est alors dispersé les familles avec les gamins les anciens… » Il est intéressant de noter que quelque 500 tracteurs de la Confédération paysanne, en majorité, avaient tenté de s’interposer entre les grilles des forces de l’ordre et les milliers de manifestants, afin « d’éviter la casse », expliquait un manifestant, mais les tracteurs devaient s’éloigner, repoussés par les « jets de gaz et de grenades assourdissantes ». Tout était donc prêt pour une violente intervention des CRS. Toujours dans Libération du 25 février 2014, l’une des victimes des charges policières, Quentin, explique que, comme ses camarades il n’était pas équipe comme l’était une minorité de casseurs. « Je ne suis pas armé, je ne porte pas de masque à gaz et de lunettes de protection. Je suis là pour répondre à u assemblement familial et festif…On rentrait pour se replier, les CRS avançaient vers nous avec les camions, et moi je reculais avec des gens en les regardant pour ne pas être pris à revers et pour vois les projectiles qui arrivaient. »

Ce manifestant paisible n’avait pourtant pas imaginé ce qui allait lui arriver : « J’ai senti un choc, comme une explosion dans mon visage, et une douleur extrêmement vive. » En fait, cet homme, âgé de 29 ans qui avait cru recevoir en pleine face une grenade assourdissante, devait apprendre en arrivant au service ophtalmologique du CHU de Nantes qu’il s’agissait plutôt d’un projectile tiré par un flash-ball ou de sa version améliorée : le LBD 40. Vous savez, cette arme non-létale dont on interdit aux policiers et aux gendarmes de les utiliser en visant la tête, et moins encore pratiquement à bout portant. La mère de Quentin affirme que son fils a été victime d’un tir tendu. Elle confiait à Libération : « Le scanner a montré des fractures multiples tout autour de son orbite gauche, qui est vide. Son globe oculaire est irrémédiablement perdu. » De son côté, Quentin rappelle qu’avant de tomber sous cette balle, qui aurait pu être meurtrière, il a vu : « Les CRS gazer n’importe qui. On les voyait viser des gens au flash-ball, ils les suivaient pour les shooter… »

Après l’hospitalisation de Quentin, le préfet de Loire-Atlantique ne manquait pas de promettre : « Il y aura une enquête pour déterminer dans quelles circonstances s’est produite cette blessure, bien entendu regrettable. » Ce même préfet cité par l’hebdomadaire L’Anticapitaliste, daté du 6 mars 2014, n’avait pas manqué d’affirmer tranquillement, au soir des affrontements : « …L’opposition institutionnelle à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est la vitrine légale d’un mouvement armé ! »

En fait, les armes étaient du côté des forces de l’ordre. Les policiers auraient été attaqués, alors que la provocation des forces de l’ordre était flagrante. Curieusement, la préfecture de Loire-Atlantique ne manquait pas d’expliquer, au cours d’une conférence de presse : « … On l’avait pressenti : on savait même que des gens de l’ultragauche, dont les méthodes s’apparentent à celles des Blacks Blocs, allaient venir affronter la police, et casser ! » D’où l’indispensable questionnement : pourquoi ne pas les avoir arrêtés, interrogent les témoins, et la réponse toute empreinte de jésuitisme policier : « Au nom de la liberté de circulation… »

Les bavures et les multiples dérives imputables aux forces de l’ordre ont toujours eu leur justification, au nom de l’ordre menacé qu’il est indispensable de défendre. Jusqu’à commettre l’irréparable dont la responsabilité sera attribuée aux organisateurs de manifestations hostiles au pouvoir en place. D’où cette réaction de Françoise Verchère, conseillère générale de Loire-Atlantique, membre du Parti de Gauche qui, dans une lettre ouverte adressée à Manuel Valls, se demandait si : « Le désordre n’a pas été entretenu à dessein pour discréditer notre combat ». Courrier resté sans réponse, bien entendu.

Ce qui est certain, et il est important d’y revenir, c’est que lors des affrontements des manifestants anti-mariage pour tous, avec les forces de l’ordre, les 26 janvier et 2 février 2014, les réactions policières avaient été nettement moins vigoureuses. Pourtant, la violence déchaînée par des éléments ouvertement fascistes, comme ceux du mouvement catholique intégriste, Civitas, les groupes nostalgiques de l’Action française, les gros bras du Comité anti-islam, et les néo-nazis de l’Œuvre française, n’ont pas connu la réaction brutale, répétons-le, mise en œuvre à Nantes, le 22 février 2014.

La police serait-elle moins sensible aux gesticulations des nervis de l’extrême droite, censés agir au nom de la morale que face à un mouvement populaire ? Cette interrogation est récurrente et la réponse est évidente. Les manifestations relevant de problèmes sociaux propulsent dans nos villes des hordes « d’individus » incontrôlables, alors que les démonstrations relevant de la défense de l’ordre seraient bien plus conformes aux préoccupations de nos supposés gardiens de la paix.

État des lieux

Nos hygiénistes feraient bien de se pencher sur les lamentables conditions sanitaires vécues par les défenseurs de l’ordre public. Il serait nécessaire, indispensable même, d’envisager l’assainissement de ces lieux où les policiers, tous comme leurs congénères, éprouvent le besoin se soulager vessies et intestins. Comme nous ne voulons pas en rester à une note nostalgique, au moment où nous cessons provisoirement notre activité de veilleur, l’histoire policière qui va suivre ne peut que faire sourire. Elle a pour victime des policiers soumis à de très mauvaises odeurs sur leur lieu de travail quotidien, là même où ils peuvent prendre quelques moments de repos en sirotant une petite « Kro ».

La triste histoire qui nous intéresse ici se passe au commissariat de police de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Le quotidien Libération, daté du 3 mars 2014, nous informait que ce commissariat avait dû être évacué en urgence, quelques jours plus tôt, en raison des odeurs déplaisantes qui incommodaient fortement nos fonctionnaires chargés de maintenir l’ordre public. « Odeurs pestilentielles » précisait un policier. Aucun détail ne nous était épargné sur le vécu des victimes d’une mauvaise gestion des lieux destinés à des fonctions bien naturelles : gorge qui gratte, yeux qui piquent, nez qui coule ; et comme tout doit être connu des déboires sanitaires des protecteurs de nos libertés, il faut y ajouter les maux de ventre et les vomissements. Pauvres agents de la force publique que l’administration faisait vivre dans un cloaque où se concentraient tous les remugles des gardes à vue, mélangées à ceux résultant du passage dans les mêmes lieux de fonctionnaires n’ayant pas d’autre choix que ce partage non souhaité. L’histoire ne nous dit pas s’il se trouvait des « virgules » sur le mur, faute de papier.

Il y a peu de temps, un délégué du syndicat de policiers UNSA de ce commissariat, se confiait à un journaliste de l’AFP : « On est tous intoxiqués. Il y a des gens qui restent un quart d’heure, et qui font des malaises ». Même les pompiers, alertés étaient dans l’incapacité à identifier l’origine des effluves déplaisantes. Une société privée, qui effectuait des analyses commençait à parler d’odeurs prononcées d’ammoniaque. Suite aux visites médicales de leurs collègues, nos syndicalistes policiers ne manquaient pas de consulter à leur tour, et faire des prises de sang, pour apprendre que l’inhalation d’ammoniaque peut provoquer les malaises évoqués plus haut, et même des œdèmes pulmonaires. De là à évoquer une maladie professionnelle, plutôt coûteuse pour la Sécurité sociale, il y a un pas qui n’a pas été franchi. Toujours est-il que, fort heureusement, des bâtiments préfabriqués vont bientôt abriter nos policiers malmenés par des odeurs malvenues menaçant leur intégrité physique. Cela sans que la source des mauvaises odeurs destructrices a pu être trouvée. Dur métier que celui de policier, risquant d’être affronté aux mêmes difficultés respiratoires que les égoutiers, dont il paraît que la durée de vie est réduite en raison de l’activité qu’ils exercent. Pour leur édification, comment ne pas conseiller à nos braves gardiens de la paix la lecture du petit chef d’œuvre de mon cher Roger-Henri Guerrand, aujourd’hui disparu, Les Lieux, aimablement sous-titré « Histoire des commodités » (La Découverte 1997). Il faut bien rire un peu, avant de nous quitter.

Ce n’est peut-être qu’un au-revoir

Que fait la police ? prend momentanément congé de ses lecteurs, avec ce constat : sous la gauche, comme sous la droite, le comportement policier ne s’est guère amélioré. Il n’en reste pas moins qu’avec le retour probable de la droite au pouvoir nos policiers se sentiront bientôt de plus en plus légitimes pour représenter la colonne vertébrale d’un État fort. Au service de ceux qui ne songent qu’à remettre au pas ceux qui ont eu l’audace de les marginaliser.

QUE FAIT LA POLICE ? – Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus – 1er avril 2014

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[La police travaille] Le panoptique numérique et le nouveau régime de punition

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Le panoptique numérique et le nouveau régime de punition

Après les condamnations sévères suite à la manif du 22 février 2014 à Nantes nous devons prendre en compte la nouvelle situation.

Les nouvelles méthodes de l’État sont basées sur la surveillance et le profilage. Le dossier présenté au tribunal peut être “mince”, c’est la dangerosité supposée de la personne qui compte, ce ne sont plus seulement des actes précis avec des preuves tangibles, l’essentiel c’est ce danger qu’il faudra éliminer ou réduire. Le panoptique numérique permet d’accumuler des données diverses et variées, dont l’historique des recherches sur internet, les mails, la géolocalisation, les communications téléphoniques, etc. ;
Pour E, son passé police justice, il avait du sursis, puis l’Adn prélevé sur le fumigène trouvé intact sur place et les photos sur sa présence lors de la manif ;
Pour P du Dal, ils n’avaient que des photos montrant qu’il était là dans un endroit vers Commerce où c’était assez tendu et son parcours militant.

Le juge a posé beaucoup de questions sur leur comportement ce jour là, les personnes avec qui illes étaient, s’illes connaissaient ou étaient avec des personnes cagoulées, si eux-mêmes se sont couvert le visage, ce qu’ils ont lancé sur les flics ou cassé, etc. Si les gens étaient restés jusqu’à 19h, c’était des coupables de fait. Beaucoup de questions sur leur vie à partir des éléments que la justice avait déjà via les diverses institutions. Pourquoi illes avaient fait cela, s’illes étaient militant-es ou connaissaient des militant-es.
Les aveux chez les flics et au Tribunal ont été des éléments déterminants. Il faut toujours raconter son histoire personnelle.

La recherche du profil est donc corollaire de la recherche du profit, par Vinci notamment.

L’atteinte aux personnes représentant l’autorité publique (loi Sarkozy) est un élément clé qui entraîne automatiquement condamnation ; cela comprend : les flics bien sur, les pompiers, les agents de la Tan —entreprise de transport de Nantes-, etc., dont la Caf, Pôle emploi…

Il y a bien une articulation entre : la police, les politiques, les médias et la justice, tout ça appuyé sur la surveillance tout azimut.
Les entreprises privées jouent leur rôle comme les fournisseurs d’accès, les fichiers sont croisés d’où qu’ils viennent. Le panoptique numérique permet une gouvernementalité algorithmique disent certains auteurs comme C. Laval et nous incitent à reprendre et réactualiser les analyses de Foucault.
Ce qui permet de comprendre que presque n’importe qui peut être blessé le jour même de la manif et poursuivi après si besoin. Ce qui explique également pourquoi avec si peu d’éléments, on peut prendre aussi lourd, ainsi que le mépris des juges, l’arrogance des keufs ou des journalistes et des représentants de la Tan.

C’est toujours une guerre sociale et politique contre les classes dangereuses, un apartheid social qui prend de multiples formes, le libéralisme et le sécuritairesont deux composantes du néolibéralisme actuel, le capitalisme de notre temps.

Le cadre général :
surveillance et contrôle, panoptique numérique, un régime de gouvernementalité algorithmique =>
profilage statistique, accumulation énorme de données — importance du Big data déjà signalé par notre camarade Hervé —, exploitation des données comme le Data mining. Tout cela permet de constituer un double digital de la personne humaine qui sert debase aux recherches en cas de besoin pour l’État et pour le développement de la marchandise et du spectacle, … Ce double digital de notre vie nous échappe complètement, il est récolté partout et tout le temps.

§ Le jour même de l’événement :
* Police => surveillance et enregistrement de données, maintien de l’ordre, bouclage de la ville, répression, blessures graves par tirs tendu avec grenades et flash ball, arrestations musclées, coups, brûlures par les gaz projetés à courtes distances, …

* Rôle des politiques et des médias, => traitement de l’info, dramatiser, utiliser les images choc, désigner les coupables, isoler et discréditer les auteurs de violences, mise en avant du coût des dégâts, insistance sur les blessures du côté des keufs …

§ Après => la police recherche les profils, ce ne sont plus des enquêtes style Maigret ou Colombo ;
=> fichiers Adn, Stic, Rg, Dcri, etc. photos, vidéosurveillance, témoignages ;
panoptique numérique, traces Internet, historique de navigation, mails, historique des communications téléphoniques, écoutes, géolocalisation, répertoire et réseau relationnel, facebook, twitter, …. => nécessité de se protéger : Tails, Tor, …

§ Lors de la garde à vue la police complète son dossier souvent presque vide : elle cherche à faire parler les gens, tout ce qui est dit peut servir à faire condamner la personne, elle cherche à vérifier avec qui vous étiez, elle montre des photos de soi et d’autres personnes, si vous connaissez des zadistes, si vous allez sur la Zad, etc. ;
elle fait de l’intimidation, les flics utilisent toutes sorte de tactiques, ils sortent ce que les fichiers contiennent sur vous, il se servent de tout ce qui est à leur disposition comme les photos dans les téléphones ou les appareils numériques persos, les sms, les mails, les réseaux sociaux, …
L’examen des ordinateurs saisis peut permettre de trouver des documents légaux comme le « Guide du manifestant arrêté » du Syndicat de la magistrature, ce qui montre que vous avez une attitude qui met en cause la police et la Justice. Il y a bien sûr tous les fichiers liés aux activités militantes qui peuvent être retenus contre vous.
L’aveu est toujours un élément important de la procédure policière et judiciaire ;
=> le « je n’ai rien à déclarer » reste donc d’actualité, il faut pouvoir s’y préparer et s’y tenir, ce qui n’est pas forcément facile vu les pressions des keufs et tout ce qu’ils savent sur votre vie, le panoptique numérique tend à nous rendre transparent, ce qui peut faire flipper.

§ Justice : => nouvelles méthodes = profil de dangerosité, neutralisation ou élimination du danger potentiel. Les actes réels deviennent secondaires. La vie des gens est examinée via les infos disponibles et interprétées sous un angle bien précis : le mauvais comportement des personnes. La notion de « mauvaises intentions » fonctionne à plein régime et toujours à charge contre nous. Le juge devient le grand inquisiteur. Les mauvaises intentions sont prouvées par notre profil et les infos fournies, entre autres, par le panoptique numérique.
C’est la confirmation que continue la guerre sociale, l’apartheid social, le mépris de classe vis à vis des classes dangereuses ou susceptibles de l’être.
L’atteinte aux personnes en situation d’autorité est un éléments aggravant et justifie à lui seul les condamnations : flics, pompiers, policiers municipaux, Tan, agents des Mairies, personnel Caf dont les enquêteurs des visites domiciliaires, Pôle emploi, Sécurité sociale, Impôts, éducation nationale, Pjj, Assistantes sociales, vigiles, etc.
Les flics auteurs de violences sont protégés, il y a un traitement différentiel suivant qui on est.
Les condamnations à des peines de prison sont souvent assorties d’interdictions de territoire ou de manifester ce qui peut limiter de participer à beaucoup d’activités ;
Des interdictions de port d’armes style couteau de poche avec cran d’arrêt, lance-pierres, bombes lacrymo, matraques.
Il y a des interdictions de travail en lien avec des enfants ce qui revient à un interdit professionnel pour les profs ou autres personnes en contact avec des jeunes, les interdits peuvent avoir des conséquences graves pour les chauffeurs routiers ou des personnes qui travaillent pour les services publics.
Il y a eu des retraits de permis de conduire pour des gens qui en ont besoin tous les jours,
Toutes ces interdictions font que les contrôles des flics sont facilités comme la possibilité de condamnations ultérieures.

Des textes en ligne sur le panoptique numérique

Philippe Coutant, Nantes le 4 avril 2014 – Infozone

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La France au cœur du génocide des Tutsis

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[Flics, Porcs, Assassins] Quelle est donc cette fâcheuse et sale habitude qu’ont des fonctionnaires de police de tirer alors que rien ou presque ne se passe ?

Quand l’inutilité d’un tir de Flash-ball conduit à la perte d’un œil

Mais qu’est-il bien arrivé à Quentin Torselli ce 22 février 2014, place de la Petite Hollande aux alentours de 18h25 pour ainsi perdre l’usage d’un œil ? Et que dire de la manière douteuse dont les CRS ont apprécié son évacuation par des manifestants ? Pourquoi harceler un groupe qui protège un homme au sol, gravement blessé ? La vidéo et le texte ci-dessous reviennent sur le contexte qui entoure ce tir inutile aux conséquences graves.

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Quentin est transporté quelques secondes après le tir.

Rappelons que les affrontements les plus violents ont eu lieu plus tôt dans la journée à l’entrée du Cour des 50 otages et qu’à notre connaissance aucune utilisation de Flash-ball n’a été faite à ce moment-là.

En mars 2012, la dispersion de la manifestation anti-aéroport avait été courte. Les unités mobiles avaient facilement écumé les derniers récalcitrants du Cour des 50 otages qui était resté ouvert.

Contrairement à ce 22 février où les forces de l’ordre s’invitent tôt dans une manifestation avortée à cause d’un effet d’embouteillage dû à la taille trop courte du parcours, imposé par la Préfecture.

Une dispersion interminable

Cela fait des heures que depuis le boulevard Phillippot, devant le CHU, des CRS accompagnés d’unités mobiles avancent face à des manifestants majoritairement pacifistes et des “jeteurs” hétéroclites qui, sporadiquement, les harcèlent.

Par vaguelettes successives, les CRS et les unités mobiles, paradoxalement fixes ce jour-là, n’en finissent pas de repousser les manifestants jusqu’à la Place de la Petite Hollande. Après 18 heures on ne retrouve plus ou peu d’”autonomes” mais majoritairement des lanceurs de pierres d’un jour ou des “jeteurs” extérieurs à la manifestation. À leur niveau ou en retrait, des manifestants dont Quentin Torselli fait partie, qui observent et petit à petit quittent la place. Et aussi des badauds.

Une éclatante disproportion

Au moment où Quentin est touché, le container-poubelle du début de la place de la Petite Hollande est en feu. Sur la grande largeur qui va du quai de la fosse à l’allée de l’île Gloriette, les rangs sont assez clairsemés du côté manifestants. Ici et là des invectives, des doigts d’honneur, quelques jets de pierre.

Comme on le voit sur la vidéo qui accompagne ce texte, Quentin est isolé au moment du tir. Il ne représente aucun danger dans ce temps qui semble suspendu. Alors pourquoi le viser et si mal ? Car ce tir touche bien la zone interdite qu’est le visage. Quand on sait que le Lanceur de Balles de Défense (LBD) est censé être précis grâce à un système de visée efficace (Eotech), on s’interroge sur les intentions du tireur ?

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VOIR LA VIDÉO

Quelle est donc cette fâcheuse et sale habitude qu’ont des fonctionnaires de police de tirer alors que rien ou presque ne se passe ? Pierre Douillard, derrière les grilles du rectorat de Nantes en 2007, ne représentait pas non plus de danger. Pas plus que moi-même avec ce tir reçu au thorax le même jour que Quentin — voir mon récit ici — ou que de nombreux autres cas à travers la France.

Il semblerait que quelques policiers se prennent pour des cow-boys des temps modernes. Ces “écumeurs de manifs” issus de toutes les strates de la police ont-ils été frustrés de ne pas pouvoir trop sortir des rangs ce jour-là pour avoir la détente aussi facile, à distance ? Comment expliquer autrement ces tirs inutiles qui transforment une arme défensive en une arme offensive et mutilante ?

Une “responsabilité sans faute”

Nombreux sont ceux qui dénoncent l’usage du Lanceur De Balles (LBD) et du Flash-ball, qui n’a de “Super Pro” que le nom car il n’est pas précis, pour maintenir l’ordre. Ces armes sont en effet un réel danger quand elles tombent dans les mains de fonctionnaires zélés qui outrepassent leurs droits.

Le Défenseur des droits a beau s’agiter depuis des années, les ministres de l’intérieur successifs font l’impasse sur le sujet. Suite à des plaintes, la police, acoquinée avec la justice, s’en est jusqu’ici toujours tirée au pénal. Mais pour la première fois, fin 2013, la “responsabilité sans faute” (!) de l’État a été reconnue par le tribunal administratif de Paris suite à une plainte déposée par Clément Alexandre.

Trop nombreux sont les yeux qui s’éteignent par la faute de l’instinct militaire qui animent quelques-uns. Armés, ils jouissent de viser le manifestant désarmé et de l’atteindre avec la bénédiction de la hiérarchie. La hiérachie, la belle affaire.

Yves Monteil, Citizen Nantes, 3 avril 2014

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[Se défendre de la police] Suite aux réquisitions du procureur – Communiqué du collectif 8 juillet

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Nous reproduisons le  communiqué du collectif du 8 juillet suite à la décision du parquet de renvoyer le policier responsable du tir devant les assises. Une première pour un cas de mutilation au flashball. Le dossier était bloqué par le procureur depuis deux ans. Leur lettre récente a débloqué les choses prouvant ainsi qu’il est toujours efficace de mettre la pression.

Comme d’autres, le collectif avec lequel nous avions publié une tribune, a choisi une tactique juridique double :

1. Une attaque au pénal contre le flic responsable du tir. Même si ce n’est pas gagné, le renvoi devant la cour d’Assises devrait quand même en refroidir plus d’un et constitue en lui-même une petite humiliation.

2. Une attaque au tribunal administratif qui vise cette fois le préfet, c’est-à-dire l’autorité qui est responsable de l’armement des flics, procédure pour laquelle le préfet de Paris a déjà été condamné pour une blessure au flashball.

Ensemble, nous pensons qu’il est capital de toujours tenter ces deux procédures et de ne pas attendre l’échec possible (relaxe ou non-lieu comme ce fut le cas à Nantes ou à Toulouse) pour entamer la procédure administrative.

Face aux armes de la police

 

Suite aux réquisitions du procureur

Après avoir attendu deux ans et quatre mois la procureure de Bobigny vient de rendre ces conclusions. Sur les trois policiers mis en examen, le parquet requiert un non lieu pour deux d’entre eux. Il demande le renvoi devant la cour d’assises du policier qui a tiré sur Joachim Gatti.

Nous sommes six à avoir été touchés et blessés ce soir-là, nous sommes quatre à avoir porté plainte. Tous les tirs étaient dirigés vers nos visages. Nous avons été touchés à la nuque, à la clavicule, au front et à l’œil. Tous les tirs auraient pu nous blesser grièvement. Or, le parquet ne demande le renvoi devant la cour d’assises que d’un policier, celui qui a éborgné Joachim.

Il est pourtant évident que les trois tireurs mis en examen par le juge d’instruction partagent la responsabilité. En droit, il y a une expression pour dire cela : il s’agit d’un cas avéré de violence en réunion. On retrouve les mêmes entorses au règlement d’utilisation du flash-ball : le non respect de la distance de tir, de la zone de tir, et aucune légitime défense n’est soutenable comme l’a confirmé le parquet. Donc la même intention de faire mal, de blesser. De ce fait, il n’y a aucune raison de ne renvoyer qu’un seul policier en cour d’assises.

Car ce qui est en cause ici, c’est une opération policière où l’on retrouve chez les policiers une volonté partagée d’en découdre, de punir des personnes qui depuis des années militent pieds à pieds dans la ville contre les rafles de sans-papiers, contre les expulsions de logement, contre les radiations dans les pôles emplois.

Opération policière dans laquelle la hiérarchie a une grande responsabilité. Sinon comment expliquer la détermination partagée des policiers à nous tirer dessus, alors que nous étions en train de nous disperser ? Entre autres éléments du dossier, on peut évoquer la carte blanche donnée aux policiers ce soir-là.

Devant le caractère accablant du dossier, la police et la justice ont décidé de lâcher un policier et de lui faire porter toute la responsabilité, laissant croire qu’il s’agit-là d’un acte isolé, d’un accident en somme.

Croyez-nous, nous avons bien plus de colère contre ceux qui ont armé les policiers et les ont lâchés sur nous, que contre les tireurs. Qu’ils comptent sur nous pour ne pas les oublier. Notons qu’avec d’autres personnes blessées par la police, nous avons porté plainte devant le tribunal administratif.

Pour l’instant, nous attendons la décision du juge d’instruction auquel nous allons remettre des observations dans ce sens.

Pour l’instant, nous attendons les décisions concernant toutes les histoires où des policiers ont tué ou blessé des personnes.

Et nous appelons à la manifestation nationale des victimes de la police, au métro Anvers à  15 h à Paris aujourd’hui le 5 avril 2014.

Collectif huit juillet – Se défendre de la police
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Tir de gomme-cogne à Montreuil : un policier renvoyé devant les assises

Un policier a été renvoyé devant les assises, vendredi 4 avril, après avoir blessé un homme au gomme-cogne sur la place du marché de Montreuil (Seine Saint-Denis) en 2009 au cours d’une opération de police, a annoncé le parquet de Bobigny.

Il sera jugé pour « violences volontaires ayant entraîné une mutilation », après que l’homme visé, qui manifestait contre une expulsion de squatteurs, a perdu un œil. Il est établi que « le policier n’a pas agi en état de légitime défense de lui-même ou d’autrui » et que « le blessé n’était pas personnellement visé », explique le parquet dans un communiqué.

Le 8 juillet 2009, Joachim Gatti, un réalisateur de 34 ans impliqué depuis plusieurs années dans les activités de La Clinique occupée, à Montreuil, avait décidé de protester, avec d’autres résidents du lieu, contre l’évacuation de l’ancienne clinique devenue à la fois salle de projection, centre d’information sur les droits sociaux et espace de débat.

Le soir de la fête protestataire, la police était intervenue à l’entrée de la rue piétonne du quartier Croix-de-Chavaux, procèdant à trois arrestations et tirant au gomme-cogne pour disperser les participants. Joachim Gatti a été emmené à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, à Paris, le visage en sang. Il venait de perdre son œil droit.

UN USAGE ABUSIF DU FLASH-BALL

Une information judiciaire avait été ouverte à la fin de juillet 2009 pour déterminer les circonstances de ce tir. Le policier avait été mis en examen en septembre de la même année, à l’issue d’une enquête de l’Inspection générale des services (IGS, la « police des polices »). Celle-ci avait conclu que des policiers n’avaient apparemment pas respecté les règles d’utilisation du gomme-cogne, en vigueur dans la police, lors du tir incriminé.

Le parquet a toutefois prononcé un non-lieu à l’encontre du policier et de deux autres mis en examen, concernant cinq autres victimes « légèrement blessées », estimant « qu’aucun lien n’avait pu être établi entre les autres tirs de Flash-Ball et leurs blessures ».

En décembre 2010, un rapport de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) avait estimé que l’utilisation de gomme-cogne n’était alors « pas indispensable et proportionnée à la menace ». La CNDS « consid[érait] surtout, au vu des témoignages précis recueillis, que le cadre légal d’emploi n’était pas respecté pour ce qui concerne l’un des tirs du gardien de la paix ».

Dans un rapport datant de mai 2013, le défenseur des droits dénonçait également les « recours irréguliers ou disproportionnés ».

Leur presse (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 4 avril 2014)

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[Flics, Porcs, Assassins] La BAC travaille à Marseille

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Marseille : mort à 17 ans en voulant fuir la police

FAIT DIVERS – Un adolescent est mort ce week-end après une course-poursuite avec la BAC. Pris en flagrant délit de vente de cannabis, il aurait fait une chute mortelle en enjambant une balustrade.

Encore mineur mais déjà “charbonneur”, c’est-à-dire vendeur de drogue. L’adolescent aurait été repéré ce mardi à Marseille en pleine transaction de cannabis dans une tour de la cité Font-Vert, située au cœur d’un quartier sensible réputé pour les trafics de stupéfiants, et notamment de cannabis.

D’après France Bleu Provence, des agents de la BAC, la brigade anticriminalité, se seraient lancés à sa poursuite. Le jeune homme aurait alors pénétré dans un appartement du 2e étage. Arrivé sur le balcon, il aurait alors enjambé la rambarde pour tenter de gagner le logement voisin.

Son avocate veut porter plainte

C’est à ce moment que le fuyard glisse et fait une chute mortelle. Il succombera à ses blessures dans la nuit de vendredi à samedi. L’histoire ne s’arrête pas là. D’après le journal La Provence, l’avocate de l’adolescent, Me Anne-Sophie Grardel, s’apprête à déposer plainte en son nom.

L’avocate souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du drame. L’IGPN (l’Inspection générale de la police nationale, police des polices) aurait également été saisie par le parquet de Marseille.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Stéphane Burgatt, Metronews.fr, 6 avril 2014)

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